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15 octobre 2017 7 15 /10 /octobre /2017 11:46
Berlin de 1945 à nos jours Partie 2 TST2S
Berlin de 1945 à nos jours Partie 2 TST2S

2) 1961-1989 Une ville coupée en deux par le mur


 

Depuis sa création en 1949, la RDA subit un flot d'émigration croissant vers la RFA, particulièrement à Berlin. La frontière urbaine est difficilement contrôlable, contrairement aux zones rurales très surveillées, car les reseaux de communication (trains et métros) permettent de passer de l'Est à l'Ouest. Entre 2,6 et 3,6 millions d'Allemands fuient la RDA par Berlin entre 1949 et 1961. On dit alors d'eux qu'ils "votent avec leurs pieds", à défaut de pouvoir s'exprimer par les urnes.

Dans la nuit du 12 au 13 août 1961, le dirigeant soviétique Khrouchtchev (Staline est mort en 1953) et les dirigeants de la RDA décident, sans prévenir la population, de couper toute communication avec Berlin-Ouest et d'ériger progressivement un mur fortifié.

Le mur est bordé de mines anti-personnelles, de pièges pour tanks, de barrières d'alarme... Au mur de 3,5 m de hauteur courant sur 155 km autour de Berlin-Ouest s'ajoutent ensuite les « murs » créés par la fermeture des réseaux de communication ferroviaire et métropolitain (métros) entre Berlin-Ouest et Berlin-Est.

Les échanges économiques cessent entre les deux Berlin : 63 000 berlinois de l'Est perdent leur emploi à l'Ouest, et 10 000 de l'Ouest perdent leur emploi à Berlin-Est.

En 1963, J.F Kennedy se rend à Berlin. Il prononce un discours célèbre dans lequel il exprime son soutien aux Berlinois de l’Est et dénonce le « mur de la honte » et la politique soviétique : « Ich bin ein Berliner ».

 

Documents 3, 4, 5 et 6 en images ci-dessus.

 

 

Questions. Utilisez les documents, le commentaire et le cours général sur l'Europe depuis 1945.

 

1. Comment peut-on expliquer la construction du mur de Berlin?

 

2. Quelles ont été les conséquences de l'édification de ce mur?

 

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15 octobre 2017 7 15 /10 /octobre /2017 11:39
Berlin de 1945 à nos jours Partie 1 TST2S
Berlin de 1945 à nos jours Partie 1 TST2S

Sujet d’étude : Berlin, une ville dans l’Histoire de 1945 à nos jours

 

 

La trace écrite fournie ici est à compléter en exploitant les informations contenues dans le ou les documents correspondants. Ce type de travail se rapproche de celui qui est demandé en seconde partie du Bac d'histoire-géographie: il concerne des documents et porte sur une étude au choix.

Les compétences demandées sont les mêmes que celles attendues au Bac pour cette seconde partie. Les voici:

 

"Cette partie de l'épreuve conduit le candidat :

- à dégager l'apport d'un document à la connaissance d'une question figurant dans les programmes ou à la compréhension d'une notion ;

- ou à mettre en relation deux documents, pour en dégager les points communs, les différences, les oppositions ou les complémentarités."

- la réponse est à organiser.

 

 

1. La première crise de la guerre froide: le blocus de Berlin (1948-1949).

 

 Au lendemain de la 2ème GM, l’Allemagne est défaite. Berlin est une ville détruite et ressemble à un champ de ruine. Elle est alors divisé en 4 zones d’occupation par les alliés (EU, URSS, RU, France). A l’ouest se regroupent les 3 secteurs des Occidentaux et à l’Est le secteur russe.

 

Les Alliés Occidentaux décident de réunir leurs zones, pour y créer une monnaie commune. Face à ce choix, Staline, dirigeant suprême de l'URSS, qui n'a pas été consulté, réplique en bloquant les routes terrestres d'accès à Berlin-ouest. Le 23 juin 1948 commence donc le blocus de Berlin. Le but était d'asphyxier Berlin-Ouest. Mais l'objectif fondamental de Staline est d'aller plus loin: chasser de Berlin, les Occidentaux pour faire passer toute la ville sous son autorité.  Les Alliés refusent de lâcher prise. 

 

Le président américain, Harry Truman organisa un pont aérien pour acheminer des provisions et sauver les habitants de la famine. Dans les périodes de pointe, un avion atterrissait à chaque minute. Celui-ci dura 300 jours. Le 12 mai 1949, Moscou mis fin à son blocus, qui fut un échec.

 

Document 1: en image ci-dessus.

 

Document 2: en image ci-dessus

 

A la suite de cette crise du blocus de Berlin, l’Allemagne est coupée en deux : République fédérale allemande (RFA) créée par les Occidentaux en mai 1949, République démocratique allemande (RDA) créée par les Soviétiques en octobre 1949. Cette division entraine la division municipale de Berlin : deux villes désormais se font face. L’administration de Berlin-Ouest relève des Alliés et de la RFA. Berlin-Est devient la capitale de la RDA.

 

 

Questions.

1. Compléter la trace écrite du premier paragraphe en expliquant quand la décision de diviser l'Allemagne a été prise et pourquoi. (Utilisez le cours général sur l'Europe depuis 1945)

2. En vous appuyant sur le document 1, expliquez ce qu'on appelle "le blocus de Berlin".

3. En vous appuyant sur les documents 1 et 2, montrez toute l'importance de cet événement dans la guerre froide.

 

 

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15 octobre 2017 7 15 /10 /octobre /2017 11:34
Troisième exercice sur cartes TERMINALE ES

Comprendre la complexité du monde par les cartes

CONSIGNE. En quoi ce document permet-il d’approcher la complexité du monde actuel sur le plan géoéconomique et géoenvironnemental? Quel regard critique peut-on porter sur ce document?

 

Les émissions de CO2 dans le monde en 2012 (enmillions de tonnes)

Document ci-dessus

 

 

Exemple de correction

 

Introduction et présentation du document.

 

  •  Le réchauffement climatique est aujourd'hui incontestable et dangereux pour la préservation des équilibres du monde. Le CO2 est un des gaz à effet de serre responsable de la transformation du climat. Les émissions de CO2 rendent compte d’une lecture géoenvironnementale du monde, mais ces émissions sont fonction de la création de richesse des pays et illustrent une lecture géoéconomique. Il faut donc croiser ces deux lectures pour analyser correctement ce cartogramme.
  • Un premier axe présentera les grands équilibres géoenvironnementaux du monde. Une deuxième partie fera une lecture géoéconomique et montrera les limites de ce document.

 

  • Le document est ce qu’on appelle un cartogramme ou anamorphose, c’est-à-dire une carte où la variable représentée (ici, les émissions de CO2 par pays en 2012) remplace la surface des territoires. Ce procédé permet de spectaculariser les différences d'un pays à l'autre mais la lisibilité de la carte suppose d'avoir en tête la surface réelle des pays pour comparer. Par souci de clarté, les pays ont été coloriés par grands ensembles régionaux.
  • L’unité est le million de tonnes, ce qui signifie que 9621 (Chine) signifie 9621millions de tonnes de CO2 émises, ou encore 9,621milliards de tonnes. Les pays qui émettent plus de 200Mt de CO2 comportent leur rang mondial entre parenthèses.
  • Aucune source n'est indiquée, ce qui n'est pas suffisant pour mesurer la fiabilité du document

 

 

Partie I. L’organisation du monde en lecture géoenvironnementale (ne marquez pas de titre sur la copie mais rédigez une phrase qui annonce l'idée principale de la partie)

- Les ensembles de couleurs sont pratiques car elles permettent une lecture par sous-continent.

- Dans cette correction, le correcteur a choisi de confronter la carte à la vision conventionnelle Nord/Sud:

L’opposition Nord-Sud a longtemps été la base de toute description de l’organisation du monde. On retrouve globalement cette opposition entre un Nord fortement émetteur et un Sud très en retrait. La comparaison des masses montre la prééminence d’un Nord démographiquement faible mais dont les principaux pays se classent dans les premiers rangs: États-Unis (avec 5118Mt), Japon, Corée du Sud en Asie, pays européens (Allemagne au 6erang, Russie au 4erang) ou encore l’Australie.

Toutefois, cette opposition Nord-Sud n’est pas entièrement vérifiable. D’assez nombreux pays du Sud sont fortement émetteurs, au premier rang desquels la Chine: avec 9621Mt émises, la Chine représente presque deux fois le no2, les États-Unis. Mais d’autres pays complètent ce tableau d’un Sud fortement émetteur: l’Inde (no3), l’Asie du Sud-Est, l’Iran et l’Arabie saoudite, l’Afrique du Sud et le Brésil. L’opposition Nord-Sud géoenvironnementale est donc à nuancer.

Il est vrai qu’il existe tout de même un Sud faiblement émetteur, peu ou pas responsable du réchauffement climatique. Il suffit de comparer l’Amérique latine (hors Brésil) aux États-Unis, ou encore l’Afrique à l’Allemagne: un milliard d’Africains (hors Afrique du Sud) émettent moins de CO2 que 82millions d’Allemands!

 

Partie 2. Mais une lecture géoéconomique plus complexe

Les émissions de CO2 étant fonction de la création de richesse, cette lecture géoenvironnementale permet de dériver vers  une lecture géoéconomique de l’organisation du monde:

- on retrouve la Triade encore riche et dominante avec un pôle nord-américain, un pôle européen et un pôle nippo-coréen.

- Mais cette lecture est brouillée par les pays émergents, dont on lit la croissance par leurs émissions: Chine, Inde, Brésil, Afrique du Sud, Turquie…

- Restent les PMA (pays les moins avancés, principalement dans l'Afrique subsaharienne): faibles émissions, faible PIB.

- Mais on peut nuancer l'analyse avec le cas de l'Europe: l’Europe, alors qu'elle est en production de richesse le1er PIB mondial, a une production de CO2 plustôt réduite par rapport à ses performances économiques. L’Allemagne, 4e économie mondiale, est 6e pour les émissions de CO2. La France, 5e économie mondiale, tient le 18erang: cette faible intensité énergétique ­s’explique par le parc nucléaire français qui fournit une énergie abondante… sans émettre de CO2. La lecture géo­économique du monde à travers ce cartogramme est donc plutôt complexe. Ce n’est pas là la seule limite du document.

- Autres limites: l’adoption d’une même couleur (bleu) pour l’Asie du Sud et de l’Est ainsi que pour l’Océanie. Il eût sans doute été plus judicieux de créer une catégorie «Asie développée» et une autre «Asie en développement», qui aurait évité de mettre sur le même plan l’Australie et l’Indonésie.

Le cartogramme donne une image statique. Au lieu de régionaliser les données, la couleur aurait pu donner une idée de l’évolution des émissions. On aurait alors vu le freinage considérable de nombreux pays du Nord et l’explosion des émissions chez les pays émergents.

 

 

 

Conclusion

Ainsi, le cartogramme présente une lecture géoenvironnementale que l’on peut croiser avec une lecture géoéconomique du monde. Ces lectures croisées permettent de décrire une organisation du monde beaucoup plus nuancée que les catégories simples, de type Nord/Sud. Cependant, les nombreuses limites inhérentes à ce document ne permettent pas d’apprécier correctement le phénomène des émissions de CO2. Impossible, donc, d’estimer à partir de ce seul cartogramme les responsabilités de chacun.

 

 

 

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15 octobre 2017 7 15 /10 /octobre /2017 11:19
Deuxième exercice sur cartes TERMINALE ES
Deuxième exercice sur cartes TERMINALE ES

Thème 1 introductif :

Comprendre la complexité du monde à partir de cartes.

 

Représenter les musulmans dans le monde

 

Documents en image ci-dessus

 

        1. Le cartographe a choisi quel centrage et quelle échelle pour ces deux cartes et pour quels avantages?

 

Centrage: Moyen-Orient et Asie du Sud
 
Échelle: la carte ne cadre pas le monde dans sa totalité mais plusieurs régions relevant de l’Afrique et de l’Eurasie
 
Avantage: cela permet une vue d’ensemble du monde musulman  placé entre Europe, Afrique et  Asie
 

2. L’information cartographiée dans ces deux cartes porte sur le même thèmes mais de deux manières différentes. Quel est l’intérêt de  chacun des deux types de mesure?

 

Ce sont deux manières complémentaires de chiffrer la population musulmane:

 

soit de façon absolue en nombre de personnes, ce qui permet de repérer facilement les deux centres de gravité de la population musulmane,

 

soit de façon relative en proportion de la population totale de chaque pays, ce qui donne une toute autre image du monde musulman. Exemple de l’Inde: une masse très importante mais une minorité religieuse.
 

3. Quelles sont les limites de ces cartes? Qu’ont-elles choisi de ne pas montrer et pourquoi?

 

le continent américain n’est pas représenté: le cartographe a donc choisi de ne pas tenir compte des musulmans sur ce continent probablement parce qu’ils sont très peu nombreux (5M en Amérique du N et 2 M en A du S) mais aussi pour concentrer l’attention du spectateur sur les variation entre Afrique, Europe et Asie .
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8 octobre 2017 7 08 /10 /octobre /2017 15:11
Comprendre le monde par les cartes. TERMINALE ES
Comprendre le monde par les cartes. TERMINALE ES
Comprendre le monde par les cartes. TERMINALE ES
Comprendre le monde par les cartes. TERMINALE ES

Thème 1 introductif :

Comprendre la complexité du monde à partir de cartes.

 

Ce cours vise 2 buts:

1. Permettre de prendre conscience,  par le biais de cartes, de la complexité du monde actuel et la rendre compréhensible par l’utilisation de 4 points de vue différents:

  • Une approche géopolitique: relations entre les Etats, effacement relatif des frontières, etc.
  • Une approche géoéconomique: inégalités de développement, massification des échanges, etc.
  •  une approche géoculturelle: limites de l'uniformisation culturelle.
  •  une approche géo environnementale: problème de la durabilité des développement des territoires

 

2. Développer une analyse critique de ce qu'est une carte: elle ne reflète pas la réalité mais construit une image partielle et intéressée du monde.

Au Bac, ce thème ne donnera pas lieu à une composition mais à une étude critique de une ou deux cartes.

 

Première idée: une carte est le résultat d'un choix fait par le cartographe: La carte est un outil qui permet de représenter une réalité en la simplifiant. Mais une carte n’est pas neutre. Elle est construite par un acteur qui a fait des choix et qui a une vision précise du phénomène qu’il veut représenter. Ces choix peuvent même être guidés par des habitudes intellectuelles ou par une idéologie. 

 

2e idée: le cartographe réalise ce choix à partir de certains outils comme:

  • Le centrage: c’est le choix cartographique qui privilégie l’espace placé au centre de la carte. Il modifie la vision qu'on a du monde en la centrant sur tel ou tel territoire
  • L’échelle c’est le cadrage choisi par une carte: local, régional, national, sous continental, global. L'échelle choisie permet de mettre en valeur les détails de tel phénomène ou, au contraire, oblige à simplifier ce phénomène. Les détails d'un phénomène ne peuvent pas être cartographiés dans une carte à échelle global ou continental mais, en revanche, on peut facilement comparer beaucoup de territoires entre eux.
  • La projection: c’est le procédé choisi pour représenter à plat la Terre qui est une sphère. Il en existe plus de 200 mais aucune n’est absolument exacte car on ne peut représenter une sphère en deux dimensions sans intégrer certaines déformations.

 

3 exemples de projections.

1er exemple: voici une projection cartographique que l'on a l'habitude de voir. Elle est une application de la projection Mercator, un géographe du XVIe siècle.

- La projection Mercator, qui permet de représenter les continents ainsi, paraît normale mais a un défaut technique Elle respecte la forme des continents mais, en donnant une idée déformée des surfaces. Ainsi : l’Amérique du Sud semble plus petite que le Groenland; en réalité, elle est neuf fois plus grande : 17,8 millions de kilomètres carrés contre 2,1 millions. L’Inde (3,3 millions de kilomètres carrés) semble de taille identique à la Scandinavie (1,1 million de kilomètres carrés). L'importance de l'Antarctique est surestimée: il paraît être le plus grand des continents alors qu'il est le 5e par sa superficie.

 2e exemple: un mode de projection né des calculs d'un cartographe contemporains, Arno Peters (1916 - 2002).

- La projection Peters est exacte dans la prise en compte de la taille réelle des continents contrairement à la projection Mercator: l'Afrique apparaît bien 14 à 15 fois plus grande que le Groenland, ce qui est vrai.

- Dès lors, on peut voir que, contrairement la projection Mercator, c'est la moitié sud du monde qui est valorisée par rapport à la moitié nord. Elle entretient donc une vision du monde qui privilégie le point de vue des pays du Sud du monde sur ceux du Nord. La projection Mercator fait l'inverse.

3e exemple:

une projection cylindrique faite à partir du pôle Nord dite projection Bertin. Ce mode de construction de la carte tente de respecter à la fois la surface et la forme des différents continents tout en donnant l'image de la sphéricité de la Terre. Ce mode de projection est pratique pour représenter les flux continus dans un espace mondialisé d'un continent à l'autre sans la rupture imposée par le planisphère de type Mercator

- Conclusion à tirer de ces exemples: représenter le monde dans une carte est une affaire de choix.

 

 

Bilan. Les cartes sont une interprétation du réel mais jamais le réel. La réalisation d'une carte est en effet toujours le résultat d'une série de choix qui portent à la fois sur les éléments représentés, la façon de les représenter, les échelles de mesure et de répartition, les critères et seuils de représentation.... Or, tout cela dépend d'une manière de voir, d'une appréciation, d'une intention, mais aussi souvent d'une approximation en fonction des données statistiques et de la nature du phénomène cartographié.

 

Du point de vue méthodologique au bac, voici les questions qu'il faut se poser face à une carte:

Que veulent montrer et démontrer les cartes ?

Quels procédés ces cartes utilisent-elles pour représenter le sujet cartographié?

Quelles sont les limites de chaque carte ?

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8 octobre 2017 7 08 /10 /octobre /2017 15:05
Exercice sur les cartes pour comprendre la complexité du monde TERMINALE ES
Exercice sur les cartes pour comprendre la complexité du monde TERMINALE ES
Exercice sur les cartes pour comprendre la complexité du monde TERMINALE ES

Des cartes pour comprendre le monde.

 

Cartographier le développement mondial en utilisant la délimitation Nord-Sud

 

Document 1. Un planisphère extrait d'un manuel scolaire de 1989.

Voir images ci-dessus

 

Document 2. Limite Nord-Sud et IDH.

 

Document 3. L'IDH de la Chine et de Taiwan.

 

 

CONSIGNE. Après avoir présenté les documents, vous montrerez qu'ils permettent d'appréhender la complexité à cartographier le développement à l'échelle mondiale.

 

  • Rédigez une courte introduction présentant le document et présentant votre plan.
  • Organisez votre réponse en 2 ou 3 idées principales argumentées.

 

 


CORRECTION.

 

Confrontation au niveau de la présentation des documents 1, 2 et 3.

 

- Planisphère / Projection Bertin à partir du pôle Nord: permet de rendre dans une certaine mesure la sphéricité de la Terre et donc permet une vision de la continuité entre les océans et les continents contrairement au doc 1 qui est un planisphère et qui divise le Pacifique.

 

 

- Centrage identique des deux documents sur l'Europe et l'Afrique

 

 

- Echelle mondiale des deux documents contrairement au document 3 qui est construit à partir d'une échelle régionale et qui permet donc plus de nuances.

 

 

- Date de réalisation des cartes: un document ancien face à deux documents récents.

 

 

- Sources: le doc 1 provient d'un manuel scolaire dont on ne connait que la maison d'édition (Belin). On peut simplement dire qu'il témoigne du savoir enseigné aux élèves français de l'époque. En revanche, les deux autres documents ont une source bien mieux identifiées: le PNUD ou programme des Nations Unies pour le développement Et une sources officielle et sérieuse.

 

Problématique et plan.

L'objectif du dossier de cartes est de marquer des ruptures dans la façon de cartographier le développement mondial dans le temps (Partie1) et dans le choix des échelles (Partie2).

 

 

P1: délimitation problématique de la limite N/S

 

 

Doc 1:

  • le modèle N/S est commun dans les années 1980: pourquoi peut on affirmer cela?
  • Il promeut une représentation très claire du développement des pays dans le monde à cette époque: division binaire qui s'appuie sur la division de la Terre en deux moitiés presque égales.
  • C'est aussi une façon de voir le monde très simple: chaque Etat appartient soit au N soit au S. Il n'y a pas d'ambiguïté.
  • Proposer des essais d'explication de cette différenciation dans le développement des pays ou continents à la fin des années 1980: pourquoi certains pays sont au Nord développé et d'autres au Sud en problème de développement

 

 

Doc 2:

  • Définir la notion d'IDH
  • Entre 1989 et 2015, la division N/S est remise en cause: montrez comment.
  • Mais, malgré cette remise en question de la pertinence de cette division, la limite N/S continue de s'imposer: comment?

 

 

P.2: cartographier le développement suppose un changement d'échelle pour une approche plus exacte des réalités.

 

P.2: cartographier le développement suppose un changement d'échelle pour une approche plus exacte des réalités.

 

 

Doc 3:

 

  • La carte de la Chine et de Taiwan utilise l'IDH comme le doc 2 mais de façon plus nuancée: montrez comment.
  • En conséquence, on aboutit à une représentation beaucoup plus précise que celle du doc 2
  • 4 ensembles apparaissent de l'est vers l'ouest
  • Cette division met en valeur l'importance capitale dans notre monde des littoraux: pourquoi selon vous?
  • Pour caractériser ces territoires, utilisez des mots comme pôles de développent / territoires centraux / territoires périphériques / enclavement /
  • Le cartographe a choisi de ne pas représenter seulement la République Populaire de Chine (RPC) seulement mais d'y adjoindre dans le classement des territoires selon leur IDH Taiwan. Pourquoi?

 

 

 

 

 

 

Doc 2 et 3.

 

  • Montrez que le doc 2 continue malgré tout à induire une division binaire du monde: elle est simplement modernisée par rapport à celle du doc 1.
  • En revanche, le doc 3 permet de montrer que cette simplification n'a pas beaucoup de sens dès que l'on passe d'une échelle mondiale à une échelle régionale. Les inégalités de développement sont immenses en Chine: comment le montrer?

 

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20 septembre 2017 3 20 /09 /septembre /2017 15:50

 

 

Discours de de Gaulle sur la place de l'Hôtel de Ville de Paris en 1944

QUESTIONS.

 

1. Quelle mémoire de la Seconde Guerre mondiale le général de Gaulle propose-t-il aux Français?

 

Idée générale: une mémoire héroïque

Arguments:

- cette mémoire affirme qu'il n'y a pas eu de division entre les Français et que globalement tous ont participé à la résistance. "la France toute entière". De Gaulle utilise constamment dans le premier paragraphe des notions générales qui lui permettent de nier les différences entre les attitudes des Français comme "France" ou "Paris" ou "peuple"

- Il occulte totalement l'Etat de Vichy: il n'y aurait pas eu d'Etat autoritaire, xénophobe et antisémite. Il parle de "la vraie France, la France éternelle": il n'y aurait donc pas de rupture dans les principes de le République entre 1939 et 1944. La France est toujours restée fidèle à ses généreux principes: liberté, égalité, fraternité.

- Dans l'image que de Gaulle construit et propose aux Français, il minimise l'aide des Américains et des Britanniques: les alliés ne sont mentionnés qu'une fois et encore, dans une phrase dans laquelle ils ne sont pas le sujet central.

 

- Pour  que cette image soit reçue et intériorisée par les Français et qu'elle devienne mémoire, il faut qu'elle les séduise par le style lyrique et par les effets de répétition. Le premier paragraphe est une longue et unique phrase marquée par un rythme qui monte en vagues et par la répétition de trois mots importants: "Paris", "peuple" et "France" qui eux aussi sont de plus en plus intenses.

 

 

2. Dans quel but?

 

Le but politique de cette construction de la mémoire est dans le dernier paragraphe: "l'union nationale". Pour de Gaulle, il est nécessaire de ne pas regarder la réalité en face, d'occulter, d'embellir le passé récent pour mettre la population au travail et réaliser la reconstruction du pays. Voir dans le cours le passage au début de la partie 1 et l'intégrer dans la réponse.

 

 

Texte de Robert Aron en 1954

 

Robert Aron (1898-1975) entreprend, à partir de 1950, un important travail de recherches historiques portant sur l'histoire contemporaine de la France, avec, notamment, Histoire de Vichy (1954), Histoire de la Libération (1959), Histoire de l'Epuration (1967-1975)

 

 

1. Comment l’intellectuel Aron explique t-il la situation de la France dans la Seconde Guerre mondiale?

L'historien confère des rôles différents à Pétain et de Gaulle dans la Seconde Guerre mondiale.

Le premier se consacre aux Français après la défaite et pendant l'occupation allemande. Le texte mentionne son rôle de protecteur des populations face aux Allemands. "Protéger les populations" des exigences des nazis, c'est donc assumer un rôle d'avocat ou de père des Français et donc un rôle positif. Le second assume, lui, le rôle du résistant.

Il met également en parallèle leurs valeurs respectives, ce qu'Aron nomme l'honneur. Pour de Gaulle: un honneur "militaire", glorieux. Pour Pétain: un honneur "civique" dans la mesure où il assume un devoir civique, celui de négocier avec les Allemands pour le bien de la population. C'est aussi pour Aron un honneur plus discret que celui de prendre les armes.

Donc les deux hommes travaillent chacun à sa manière à sauver la France. D'où leur complémentarité et cette formule du glaive et du bouclier.

 

 

 

2. Sa thèse va-t-elle dans le sens de la mémoire officielle sur le rôle de la France et des Français dans la Seconde Guerre mondiale?

 

Là le cours est à utiliser largement et précisément.

Expliquez ce qu'est le mythe du résistancialisme, pourquoi il s'est imposé et comment.

Montrez que la thèse de Robert Aron s'inscrit dans ce mythe en l'élargissant jusqu'à y inclure Pétain

 

 

 

 

3. Que pouvez-vous en conclure sur l'attitude des historiens dans les années 1950?

Là aussi le cours est à utiliser: 5e point de la P1.

Jusqu’en 1970, la mémoire dominante que les Français ont de la SGM est sous contrôle du mythe du résistancialisme et les historiens eux-mêmes y sont sensibles.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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17 septembre 2017 7 17 /09 /septembre /2017 10:54
L'Europe de Yalta en 1945 à l'Union européenne Terminale ST2S
L'Europe de Yalta en 1945 à l'Union européenne Terminale ST2S
L'Europe de Yalta en 1945 à l'Union européenne Terminale ST2S
L'Europe de Yalta en 1945 à l'Union européenne Terminale ST2S
L'Europe de Yalta en 1945 à l'Union européenne Terminale ST2S
L'Europe de Yalta en 1945 à l'Union européenne Terminale ST2S
L'Europe de Yalta en 1945 à l'Union européenne Terminale ST2S
L'Europe de Yalta en 1945 à l'Union européenne Terminale ST2S
L'Europe de Yalta en 1945 à l'Union européenne Terminale ST2S
L'Europe de Yalta en 1945 à l'Union européenne Terminale ST2S
L'Europe de Yalta en 1945 à l'Union européenne Terminale ST2S
L'Europe de Yalta en 1945 à l'Union européenne Terminale ST2S

 

Chapitre 1. Question obligatoire.
 L’Europe de Yalta aux derniers élargissements de l'Union européenne

RESUME du COURS

 

L’histoire de l’Europe de 1945 à nos jours est marquée par 2 phases successives :


1. L’Europe après la 2eGM est au coeur de la Guerre froide qui est un conflit idéologique et politique qui divise l’Europe et le monde de 1947 à 1990. Les Etats-Unis et l’URSS sont les deux puissances rivales qui sont chacune à la tête d’un bloc (blocs de l’Ouest et de l’Est). Les deux superpuissances ne s’affrontent pas directement d’où l’expression de « guerre froide » mais elles s’affrontent par pays interposés et de graves crises provoquent de fortes tensions entre les deux blocs.
L’effondrement du bloc soviétique (1989-1991) et la fin de la Guerre froide mettent fin à la division de l’Europe.

 

2. Dans le contexte de Guerre froide les pays d’Europe de l’Ouest construisent progressivement une union politique et économique dans le cadre d’un projet européen: c'est la CEE (Communauté économique européenne. En 1989-1991, l'effondrement du bloc communiste offre de nouvelles perspectives au projet européen avec un approfondissement de la construction européenne et des élargissements de celle-ci dans le cadre de l’Union européenne.

 

 

I. Une Europe divisée au cœur de la Guerre froide.

A. Une Europe divisée et sous tension au lendemain de la Guerre froide.

Conférence de Yalta (février 1945). Les 3 grandes puissances alliées (Etats-Unis, URSS, Grande-Bretagne) décident du sort de l’Europe après la chute de l’Allemagne nazie.

Remaniements territoriaux. C’est l’Allemagne qui est le territoire le plus bouleversé et divisé : son territoire ainsi que Berlin sont divisés en 4 secteurs d’occupation (américain, anglais, français et soviétique). L’URSS annexe des territoires en Europe orientale (Etats baltes, partie de la Pologne).

Le « rideau de fer ». En mars 1946, W. Churchill prononce un discours aux Etats-Unis dans lequel il dénonce la coupure de l’Europe en deux à cause de la politique menée par les Soviétiques dans les territoires qu’ils occupent. Les Soviétiques installent dans les pays sous leur domination des gouvernements communistes sans organiser de véritables élections libres. Les décisions prises à Yalta ne sont donc pas respectées. Ainsi l’Europe se trouve coupée en deux par un « rideau de fer » qui délimite une frontière de plus en plus hermétique entre l’Ouest démocratique et l’Est communiste. Cette division annonce la Guerre froide.

 

B. La naissance de la Guerre froide en Europe (1947-1948).

La Guerre froide est un affrontement politique, idéologique et économique qui prend naissance en Europe en 1947.

La doctrine Truman (12 mars 1947), énoncée par le Président américain, vise à aider tout pays luttant contre le communisme : dans cette démarche les Etats-Unis lancent le plan Marshall (1948) qui est une assistance financière pour aider les pays européens à se reconstruire ; 15 pays européens acceptent cette aide mais les Soviétiques interdisent aux pays européens qu’ils dominent d’accepter cette aide.

  •  A l’Est de l’Europe se forment donc des "démocraties populaires' qui adoptent le modèle soviétique, tous les partis communistes européens doivent soutenir l’URSS et combattre le capitalisme. Les Soviétiques imposent aux pays d’Europe de l’Est leur modèle si nécessaire par la force (comme à Budapest en Hongrie en 1953).
  •  Ainsi l’Europe est coupée en deux blocs économiques et politiques : l’Ouest capitaliste et démocratique soutenu par les Etats-Unis et l’Est communiste contrôlé par l’URSS.

 

C. Tensions et crises en Europe.

La Guerre froide se caractérise par une bipolarisation du monde et de l’Europe c'est-à-dire la domination du monde par deux superpuissances qui constituent les deux pôles majeurs d’influence mondiale.

La question au choix qui sera traitée ensuite en classe porte sur la ville de Berlin et le cours sur Berlin pourra être utilisé ici

Création d’alliances militaires: OTAN en 1949 pour les Occidentaux avec adhésion de la RFA en 1955 ; Pacte de Varsovie en 1955 pour l’URSS et ses alliés.

 

D. L’effondrement du bloc de l’Est et ses conséquences en Europe.

Les difficultés politique et économique de l’URSS poussent le dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev à des réformes à partir de 1985 : Perestroïka (modernisation de l’économie soviétique) et Glasnost (démocratisation).

Ouverture du « rideau de fer » en 1989 : ouverture de la frontière entre l’Autriche et la Hongrie. 9 novembre 1989 : chute du Mur de Berlin.

Fin des démocraties populaires. 1990 : fin de la RDA avec la réunification allemande. Chute du communisme par élections libres en Hongrie, en Pologne et en Tchécoslovaquie. Destitutions de dirigeants communistes en Bulgarie et Roumanie.

1991 : effondrement et disparition de l’URSS. Les Etats composant l’URSS deviennent indépendants.

Création de nouveaux Etats en Europe (Tchécoslovaquie se divise en Tchéquie et Slovaquie en 1993, Etats baltes indépendants en 1990)

Guerres dans l’ex-Yougoslavie (1995-2001) provoquant l’éclatement de la Yougoslavie en 5 pays comme la Serbie ou la Croatie.

 

 

2. La construction européenne (1950-2013).

 

Le projet européen se construit avec la volonté de créer un espace de paix après deux guerres meurtrières ; il se fonde sur la réconciliation franco-allemande.

 

1948. 1ère étape: le Conseil de l’Europe:

  • Le Royaume Uni est porteur d’un projet de rapprochement des pays européens qui conduit à la création du Conseil de l’Europe (1949)
  • Il voit s’opposer deux visions de l’Europe: fédéralistes / unionistes ou souverainistes.
  • Le fédéralisme: construction européenne fondée sur la création d’institutions supranationales qui peuvent imposer leurs décisions aux Etats.
  • Le souverainisme : construction européenne fondée sur la coopération entre Etats sans créer de structures supranationales contraignantes.

La construction européenne est un mélange des deux visions.

 

1951, deuxième étape: la création de la CECA (Communauté européenne du charbon et de l’acier)

  1. Projet piloté par Robert Schuman et Jean Monnet
  2. Mise en commun de la production de charbon et d’acier: produits stratégiques
  3.  Le rapprochement concerne d’abord l’Allemagne et la France, puis les Pays-Bas, la Belgique et le Luxembourg = l’Europe des 6.

 

1954, troisième étape: échec du projet de communauté européenne de la défense (CED). Les Français s'oppose au réarmement de l'Allemagne de l'Ouest

 

1957, quatrième étape: la Communauté Economique Européenne ou CEE:

  1. La création de la CEE en 1957 par le Traité de Rome entre les 6 pays de la CECA
  2. C'est une union économique visant à créer un Marché commun dans lequel les frontières sont abolies pour la circulation des marchandises.
  3.  L’organe supranational de gestion de la CEE est la Commission européenne. Un Parlement européen est créé mais il n’a pas de réel pouvoir.
  4. Un conseil des chefs d'Etats et un conseil des ministres sont créés qui représentent les intérêts des différents pays. Ce sont ces deux institutions qui ont vraiment le pouvoir de décider.

 

Dans les années 1960-1980, la construction européenne s'approfondit:

  1. On parle d’ « approfondissement » de la construction européenne quand celle-ci se développe dans de nouveaux projets politiques.
  2. 1er exemple: la CEE se donne les symboles d'une nation : un drapeau à 12 étoiles, un  hymne (L'Hymne à la Joie de Beethoven), un jour de fête depuis 1985 (le 9 mai, anniversaire de la déclaration Schuman qui fonde la CECA.
  3. 2e exemple d'approfondissement: élection d’un Parlement européen au suffrage universel.

 

La CEE s'élargit au cours des années 1970-1980: l'Irlande, le Royaume-Uni et le Danemark puis la Grèce, l'Espagne, le Portugal. Dans les années 1990-2000, avec la fin de la guerre froide,  les élargissements se feront vers l'est.

 

Cinquième étape en 1992: création de l’Union européenne par le traité de Maastricht en 1992 qui approfondit la construction européenne.

  • Le traité crée une citoyenneté européenne: le droit de circuler et de résider librement dans les pays de la Communauté ; la protection à l'étranger, le droit de voter et d'être élu dans l'Etat où l'on réside pour les élections européennes et municipales.
  • Le traité met en place une union monétaire avec l'euro
  • Il permet aux pays de l'Union européenne de se rapprocher davantage sur le plan des politiques économiques, de défense et de justice.

 

Forces et faiblesses de l’Union européenne:

  • Espace démocratique , de paix (l'UE reçoit le prix Nobel de la paix en 2012) et de promotion des droits de l’homme.
  • Puissance économique majeure

 mais:

  •  Influence limitée dans le domaine de la politique étrangère car chaque Etat mène sa propre politique.
  •  Le Brexit (voté par les Britanniques en 2016) est un événement majeur car c’est la 1ère fois qu’un pays quitte le projet de construction européenne. Le Brexit illustre la défiance de plus en plus grande des citoyens européens face à l’UE. Néanmoins les conséquences du Brexit seront-elles néfastes pour l’UE ou permettront- elles à l’UE de se réformer et de relancer un projet attractif pour les citoyens ?

 

 

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10 septembre 2017 7 10 /09 /septembre /2017 18:12
L'hôpital et la laïcité
L'hôpital et la laïcité
L'hôpital et la laïcité
L'hôpital et la laïcité
L'hôpital et la laïcité

Consigne.

Prenez en compte l'avis des personnes interrogées dans la vidéo ou des prises de position qui ont été fixées dans le document rédigé par l'Observatoire de la laïcité et publié sur le site du gouvernement français..

Comprenez-les puis donnez votre avis en argumentant.

 

 

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4 septembre 2017 1 04 /09 /septembre /2017 18:18
Les historiens et les mémoires de la Seconde Guerre mondiale en France
Les historiens et les mémoires de la Seconde Guerre mondiale en France
Les historiens et les mémoires de la Seconde Guerre mondiale en France

Thème 1. Le rapport des sociétés à leur passé.

ETUDE DE CAS.

Les historiens et les mémoires de la Seconde Guerre mondiale en France 

 

Introduction : 

Première notion à définir: la mémoire collective d'un événement :

- c'est une représentation du passé liée à un vécu que partage un groupe et dont il entretient le souvenir. Elle est donc subjective, liée à l'émotion et n'intègre que les informations qui la confortent. Elle est parfois du registre du sacré, de la croyance collective.

- Elle est plurielle: il n’y a pas une mémoire mais des mémoires d’un même événement rapportés aux différents groupes  qui en ont été les acteurs et qui en construisent des images différentes. 

- Elle est l'objet d'une construction souvent a posteriori et peut évoluer selon les contextes.

- Dans une mémoire construite à propos d'un événement  il y a toujours une part de spectacularisation et une part d'occultation ou de refoulement par le rejet de ce qu’elle refuse de voir.  


- La  mémoire fait parfois l'objet de décision de l'Etat pour lui rendre hommage et en faire une mémoire officielle. Ce sont les politiques de la mémoire. Exemple: lorsqu'un lieu entre dans le patrimoine national parce que des événements importants s'y sont déroulés. Autre exemple: des jours deviennent fériés et des cérémonies y sont organisées. Autre exemple: les programmes scolaires se doivent d'intégrer tel événement au nom d'une reconnaissance officielle de l'événement.

Seconde notion à définir: le travail de l'historien face aux mémoires.

L'historien a pour tâche de restituer le passé de la manière la plus objective possible. Il s'appuie sur une étude critique des sources (écrites, orales, archéologiques, etc.). Ainsi, mémoires et histoire ont des différences quant au type de questionnements adressés au passé. Les mémoires veulent réhabiliter, "sauver de l'oubli", alors que l'histoire veut comprendre et expliquer le passé. Même si l'historien ne doit pas, dans un souci d'objectivité, être soumis aux enjeux des mémoires, il peut être influencé par la pression collective de la société dans laquelle il vit et travaille. Il existe ainsi de nombreux liens et interactions entre mémoires et historiens.

Problématiques du cours :  

La Seconde Guerre mondiale en France représente un traumatisme majeur: l'armée française a été rapidement battue par les Allemands, le nouveau dirigeant français, le maréchal Pétain, a très vite renoncé à toute résistance et a collaboré avec les Nazis.  

Dès lors quelle(s) représentation(s) les Français vont-ils construire après-coup de leur participation à ces événements des 1944, année de la libération du territoire, jusqu'à nos jours? Et quel fut le travail des historiens?

Annonce du plan:

Pendant plus de vingt ans, de 1944 jusqu'au début des années 1970, les Français vécurent avec l'idée que la France avait été totalement résistante (Partie 1). C'est seulement après 1970 que cette mémoire sera remise en question et que les historiens pourront commencer à vraiment travailler de façon plus objective sur l'attitude des Français au cours de la SGM (Partie 2).

 

 

Partie 1.  Le mythe résistancialiste et les historiens: de la Libération (1944) au début des années 1970.

 

 

1. Une société traumatisée

La France sort de la guerre désunie et affaiblie :

  • La France a subi de nombreuses pertes humaines avec plus de 500 000 morts.
  • Les bombardements ont détruit de nombreuses villes et des installations industrielles.
  • La France est divisée entre les collaborateurs (environ 55 000 personnes ont servi avec les forces allemandes ou pétainistes) et les résistants (200 000 personnes possèdent la carte de combattant de la Résistance) sur environ 40 millions de personnes.

2. La priorité à l'union nationale

L'objectif au lendemain de la guerre est de mettre en avant l'unité du pays dans son combat contre l'occupant allemand :

  • L'ordonnance du 9 août 1944 indique que "la forme du Gouvernement est et demeure la République. En droit, celle-ci n'a pas cessé d'exister". L'Etat autoritaire et xénophobe de Pétain (le régime de Vichy) ne peut pas, officiellement, être considéré comme légitime.  L'objectif est de minimiser la responsabilité de la France et des Français dans le régime de Vichy, que De Gaulle considère comme "nul et non avenu".
  • Le terme de "mythe résistancialiste" est utilisé par l'historien Henry Rousso pour décrire la lecture héroïque d'une France qui aurait été totalement résistante.

Lors du retour de De Gaulle au pouvoir en 1958 (naissance de la Ve Répubique), le mythe résistancialiste est à son apogée. Il est volontairement entretenu dans un contexte difficile pour la France engagée et divisée dans la guerre d'Algérie :

  • Les commémorations de la Résistance se multiplient.
  • Le mémorial de la France combattante est inauguré au Mont-Valérien en 1960.
  • En 1961, le Concours national de la Résistance et de la déportation est créé afin de permettre de maintenir vivant la mémoire de la Résistance auprès des jeunes Français.
  • En 1964, les cendres de Jean Moulin sont transférées au Panthéon et la cérémonie est retransmise à la radio. Ce moment est considéré comme l'apogée du mythe résistancialiste.
  • Ce mythe résistancialiste n'est pas entretenu que par le pouvoir, il est assez répandu au sein de la population.

Le film La Grande Vadrouille en 1966 met en avant le soutien de nombreux Français à la Résistance.

3. Les communistes français construisent une mémoire qui, en glorifiant leur engagement contre les nazis, va dans le même sens et renforcent le mythe résistancialiste.

Les communistes ne veulent pas laisser aux seuls gaullistes la glorification de la Résistance :

  • Ils présentent le Parti communiste comme le "parti des 75 000 fusillés". Ce chiffre est exagéré puisque les historiens estiment à 30 000 le nombre de fusillés dont une majorité est communiste.
  • Dans un contexte de début de guerre froide, les communistes souhaitent entretenir le prestige dont ils jouissent auprès de la population. Ils veulent aussi faire oublier leur soutien au pacte germano-soviétique de 1939.

4. Les autres mémoires sont refoulées.

- La mémoire des victimes des génocides: les Juifs et les Tsiganes

Personne pour écouter prendre en charge les Juifs déportés revenus (env. 2500/80 000). Lesquels ont la plus grande difficulté à récupérer des biens, à trouver des coupables à leur déportation. En outre, ils ont un sentiment de culpabilité d’être survivant. Ils ont une difficulté à exprimer par des mots ce qu’ils ont vécu, difficulté à se faire entendre car ce qu'ils ont à dire n’entrent pas dans la mémoire qui est en train d’être forgée, celle du résistant.

 

5. Dans ce contexte, le travail d'historien devient très difficile:

- la pression du mythe résistancialiste rend difficile une mise à distance critique

-  Aucune archive publique n’est accessible en France avant 1979.

- D'où  cette thèse parue dans Histoire de Vichy, en 1954, de l'intellectuel Robert Aron: il énonce la théorie du "glaive et du bouclier" selon laquelle Pétain aurait été le bouclier de la France et l'aurait protégée des nazis alors que de Gaulle aurait été le glaive qui, de Londres, tentait d'affaiblir l'ennemi commun. Robert Aron développe donc l'idée d'un double-jeu de Pétain face à Hitler.  

- Ce livre est resté une référence jusqu'au début des années 1970 où les travaux d'un autre historien, Robert Paxton l'ont remis en question.

 

 

Partie 2. Le travail des historiens et la remise en question du mythe du résistancialisme à partir des années 1970

 

1. La fin du mythe résistancialiste

Les historiens français, après la guerre, ont épargné le régime de Vichy et la collaboration.. Il faut attendre la fin des années 1960 et surtout les années 1970 pour assister à un retour des mémoires et voir se briser le mythe résistancialiste.

Plusieurs facteurs expliquent cette évolution :

  • Le parti communiste décline lors des élections et perd de son prestige. De plus, le général de Gaulle meurt en 1970.
  • Les nouvelles générations n'ont pas vécu le conflit et ne sont pas prisonnières de cette volonté de glorifier le rôle des Français pendant la guerre.

Plusieurs acteurs vont agir pour remettre en question le mythe du résistancialisme.

1er acteur: en 1971, Marcel Ophüls, dans un film-documentaire, Le Chagrin et la pitié, retrace le quotidien des Français à Clermont-Ferrand pendant la guerre. Ce documentaire bouscule les idées reçues sur les Français pendant la guerre.

  • Il montre que la Résistance était minoritaire et que la majorité de la population, quand elle n'était pas pétainiste, était très passive face au régime de Vichy.
  • La télévision publique refuse de diffuser le reportage, mais lors de sa sortie au cinéma en 1971, ce sont plus de 500 000 personnes qui assistent à sa diffusion.

2e acteur: en 1972, l'historien américain Robert Paxton, à partir d'un travail sur les archives allemandes, publie l'ouvrage La France de Vichy. Il y montre la complicité active du régime de Vichy avec le régime nazi:

  • la collaboration de la France avec l'Allemagne n'a pas été imposée, comme on le croyait, par les nazis vainqueurs mais c'est Vichy qui proposa une collaboration d'Etat, c'est-à-dire une association à part entière avec l'Allemagne nazie.
  • La France de Vichy avait, montre Paxton, de tous les pays occupés, fourni le plus d'ouvriers à l'Allemagne pour dynamiser son économie.
  • L'historien américain met également en valeur le fait que la France de Vichy a pleinement participé à la Solution finale et aidé, de son plein gré, à les déportations des 75 000 juifs français.

 

2. Le réveil de la mémoire de la Shoah

Après la guerre, les témoignages des Juifs rescapés des camps de concentration, lorsqu'ils sont exprimés, sont peu entendus. Après le temps du refoulement vient le temps de la prise de conscience des mémoires refoulées.

Le procès d'Eichmann en Israël, en 1961, constitue un choc dans la mémoire de la Shoah car ce procès libère la parole des témoins de la Shoah.

  • Une mémoire émerge progressivement sur le sort particulier subi par les Juifs lors de la Seconde Guerre mondiale.

Les différents travaux, ainsi que les procès, permettent à la mémoire de la Shoah de s'intégrer progressivement dans la mémoire nationale :

  • Serge Klarsfeld et sa femme Beate adoptent une "stratégie judiciaire". Ils pourchassent les criminels nazis, en s'appuyant sur la loi de 1964 qui rend imprescriptibles les crimes contre l'humanité. En 1987, le procès de Klaus Barbie, chef de la Gestapo lyonnaise et responsable de la torture et de l'exécution de Jean Moulin, le condamne à la perpétuité.
  • En 1985, Claude Lanzmann réalise Shoah, un reportage de 10 heures expliquant le génocide et s'appuyant sur des témoignages et des prises de vue sur les lieux du génocide.

Mais ce réveil de la mémoire juive provoque, en réaction, une montée du négationnisme en France:

  • Exemples: Louis Darquier de Pellepoix, ancien commissaire général de la question juive de Vichy, déclare en 1978 dans un magazine français : "À Auschwitz, on n'a gazé que des poux." Robert Faurisson publie en 1979 une tribune dans Le Monde intitulée "Le problème des chambres à gaz, ou la rumeur d'Auschwitz". Dès 1987, Jean-Marie Le Pen expliquera dans une émission radiophonique à RTL que les "chambres à gaz sont un point de détail de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale" et le répétera dix ans plus tard à un journaliste du magazine américain New Yorker.

 

  • Le négationnisme consiste ainsi à prétendre, notamment par la négation de l'existence des chambres à gaz ou de la volonté d'extermination des Juifs d'Europe par les nazis, que la réalité de ces crimes relèverait de mythes

 

3. Le rôle de l'Etat face au réveil des mémoires.

L'État français, depuis le général de Gaulle, n'a pas reconnu le rôle de la France en précisant que "Vichy, ce n'était pas la République".

Dans le cadre de la préparation des commémorations des 50 ans de la rafle du Vélodrome d'Hiver en 1992, un scandale naît autour du rôle joué par François Mitterrand durant le régime de Vichy :

  • Mitterrand a été fonctionnaire du régime de Vichy avant de rejoindre les rangs de la Résistance. Il fait partie du groupe des "vichysto-résistants", c'est-à-dire des personnes qui ont suivi le régime de Vichy avant de s'en détacher pour rejoindre les rangs de la Résistance.
  • La presse indique que le président fleurit chaque année la tombe de Pétain.
  • Mitterrand annonce alors en 1993 la création d'une journée nationale des victimes des persécutions racistes et antisémites.
  • Il est aussi l'artisan de la réconciliation franco-allemande.
  • Pour lutter contre le négationnisme, l’Etat  met en place, sous la présidence de Mitterrand, la loi mémorielle Gayssot qualifiant de délit la contestation de l’existence  des crimes contre l’humanité. (1990). Une loi mémorielle est une loi dont le rôle est de veiller au respect des mémoires

Avec le président Jacques Chirac, l'Etat français reconnait officiellement et solennellement les crimes de l'État français :

  • Le 16 juillet 1995, Jacques Chirac reconnaît officiellement la responsabilité de la France dans la déportation des Juifs et déclare que la France a "commis l'irréparable".
  • Cette prise de position est le résultat d'une prise en compte des travaux des historiens sur la question.

Depuis la repentance de Jacques Chirac, de nombreuses journées mémorielles sont instituées et les mémoriaux se multiplient.

 

4. Le rôle des historiens face au réveil des mémoires et à l'action de l'Etat.

Les historiens s'interrogent sur cette résurgence des mémoires et son incidence sur leur travail :

  • En 2005, des historiens, dont Benjamin Stora, lancent la pétition "Liberté pour l'histoire" pour dénoncer les lois mémorielles comme la loi Gayssot. Ce texte, signé par plus de 600 personnes, critique ces lois qui "ont restreint la liberté de l'historien" et indique que ce n'est pas "le Parlement ou l'autorité qui doit définir la vérité historique".

 

  • L'historien Pierre Laborie permet avec ses travaux d'éclairer le rôle des Français pendant le régime de Vichy et de sortir de l'opposition traditionnelle entre collaborateurs et résistants. Il confirme que la Résistance était un phénomène minoritaire, mais il indique qu'elle n'aurait jamais pu tenir sans le soutien silencieux d'une majorité de la population. Ainsi, l'histoire, en retraçant la complexité du passé, permet de sortir d'une vision manichéenne de la société.

 

Les historiens contribuent aussi à faire émerger des mémoires qui sont marginales.

  • Le génocide des Tziganes tient une place marginale dans les commémorations des victimes de la guerre. Emmanuel Filhol utilise le terme de "mauvaises victimes". Il montre que les traces de ce génocide ont été ensevelies et que, par exemple, de nombreuses communes refusent d'admettre l'existence de camps de Tziganes sur leur territoire pendant la guerre.

 

CONCLUSION.

Après la période de deuil et d’unanimité qui suit la libération, les différentes mémoires de la Seconde Guerre mondiale n’ont jamais cessé de s’affronter. La France a réussi sa réconciliation avec l’Allemagne, mais pas avec elle-même. Le mythe résistancialiste a refoulé Vichy pendant un quart de siècle, puis dans les années 70, le mythe s'est effondré et un sentiment de culpabilité diffus s’est installé pour un nouveau quart de siècle.

 

 

 

 

 

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