Dimanche 29 juillet 2007
                              
                               Le monde en 1945.
 
Introduction. En septembre 1945 s’achèvent six années d’une guerre mondiale et apocalyptique. Les Alliés ont gagné mais le monde est détruit. Tout le monde espère que cette guerre sera la dernière et les Alliés s’efforcent de construire des instruments de paix entre les nations.
Le problème de l’état du monde en 1945 est donc un problème double : en quoi l’année 1945 constitue-t-elle la fin d’un monde de destruction et, en même temps, comment parvient-elle à donner naissance à un nouvel ordre mondial capable d’assurer la paix tant attendue ?
Le devoir sera donc structuré en deux temps : dans une première partie, les conséquences destructrices de la guerre seront présentées ; dans une seconde partie, il s’agira de caractériser ce nouvel ordre mondial mis en place en 1945.
 
1. Un lourd bilan
 
A.   Un bilan humain catastrophique.
 
- La guerre la plus meurtrière de l’histoire : plus de 50 millions de morts donc 5 fois plus que la Première Guerre mondiale. Cela est lié aux caractères fondamentaux de ce second conflit mondial : c’est une guerre planétaire, de longue durée (6 ans). C’est aussi une guerre idéologique : l’adversaire est diabolisé.
- Pour la première fois, la population civile est autant touchée que les soldats : 1 mort sur 2 est civil.Cela s’explique par plusieurs causes. D’abord, les bombardements de villes dans une stratégie de terreur (Londres dans la bataille d’Angleterre, Hambourg, Tokyo, Hiroshima et Nagasaki). Ensuite, la mise en place par les Nazis dès 1941 des conditions d’extermination systématique de populations : génocide de plus de 5 millions de juifs et 200 000 Tziganes exécutés. A cela s’ajoutent les épidémies, les privations, les résistants exécutés
- Le bilan est contrasté entre pays.
* Les pays les plus touchés sont : en premier lieu, l’URSS, de loin le plus touché en valeur absolue : près de 21 millions de morts. Cela s’explique par la transformation que Hitler a donné à la guerre à partir de juin 1941 : elle est devenue une guerre d’extermination à l’égard des Slaves et du communisme. La Pologne est aussi le pays le plus touché mais en chiffre relatif (18% de sa population) car la population juive y était nombreuse.
* Les pays les moins touchés sont : en premier lieu : les E-U avec 300 000 morts car leur territoire a été sauvegardé.
- Des migrations les plus importantes de l’histoire dans un temps court.
* On évalue à près de 30 millions le nombre de personnes déplacées entre 1944 et 1946. Ce sont des déportés et prisonniers de guerre qui rentrent chez eux, des Allemands fuyant l’Armée Rouge ou expulsés des territoires enlevés.
 
  
B.    Ampleur des destructions.
 
- Bilan contrasté :
* Etats-Unis : leur potentiel industriel est en développement grâce à la guerre car ils ont servi d’usine aux Alliés et leur territoire a été préservé de tout bombardement. A la fin de la guerre, ils détiennent les 2/3 du stock d’or mondial et sont les créanciers du monde.
* L’Europe : la plus grande partie de l’Europe est ravagée et l’appareil industriel plus ou moins détruit. La production industrielle de l’Europe a diminué de 50% depuis 1939. D’où pénurie, rationnement et inflation. Les Etats sont endettés.
* Le Japon n’est plus capable d’assurer son ravitaillement.
 
C.     Le traumatisme moral.
 
- La libération des camps nazis a révélé l’horreur absolue.  L’utilisation de la bombe atomique à Hiroshima et Nagasaki en août 1945 comme arme nouvelle de destruction accroît l’inquiétude des plus conscients.
- D’où crise de confiance des valeurs humanistes qui fondent la culture occidentale : la confiance dans la perfectibilité de l’homme et dans l’influence bienfaisante de la civilisation européenne extrêmement riche. Ces valeurs n’ont pas suffi à empêcher dans le cas de la Shoah des milliers d’hommes de préparer efficacement et froidement le crime le plus monstrueux de tous les temps.
- Pourtant, dans leur majorité, les peuples ne sont pas gagnés par le pessimisme : des élections libres sont prévues ; partout le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes est affirmé. Le pacifisme semble triompher. Le baby-boom est porté par cet optimisme.
- Le 20 novembre 1945 commence le procès de Nuremberg qui doit permettre le jugement des criminels de guerre nazis. C’est alors qu’est élaborée la notion de « crime contre l’humanité » : nouvelle notion de droit international, elle vise toute action dont le but est de détruire ou asservir un groupe humain pour des raisons religieuses, politiques raciales ou culturelles. 21 dignitaires nazis dont Goering sont ainsi jugés.
 
 
 
 
2. Un monde nouveau.
 
Un nouvel ordre mondial apparaît placé sous la domination de deux grandes puissances (Etats-Unis et Union soviétique). Il consacre l’affaiblissement de l’Europe et tente de mettre en place les institutions qui doivent garantir la paix.
 
A.   Une carte d’un monde modifié.
 
·- En Europe. L’Union soviétique obtient de nouvelles frontières. La puissance de l’Armée Rouge et les pressions qu ‘elle exerce dans les pays qu’elle occupe (Europe orientale) lui permettent d’annexer de nombreux territoires : les pays baltes, une partie de la Pologne et de la Finlande. L’Allemagne est partagée provisoirement en 4 zones d’occupation (américaine, britannique française et soviétique). La ville de Berlin est aussi divisée en 4 secteurs. L’Allemagne n’existe donc plus en tant qu’Etat. Ces décisions ont été prises lors d’une réunion entre Roosevelt, Churchill et Staline à Yalta en URSS, au bord de la mer Noire en février 1945
· - En Asie. Le Japon perd son empire. Il est occupé par les troupes américaines qui imposent au Japon une démocratie et une démilitarisation. La Corée qui doit accéder à l’indépendance, est partagée le long du 38è parallèle en 2 zones d’occupation, soviétique au nord et américaine au sud.
 
B.     Les peuples colonisés commencent à contester la domination coloniale européenne :
- En Algérie, le 8 mai 1945, à Sétif, des manifestations arabes sont écrasées dans le sang avec une violence inouïe par l’armée, la gendarmerie et la population française d’Algérie.
- Septembre 1945, Hô Chi Minh annonce la création de la République du Viêt-Nam, au cœur de la colonie française de l’Indochine.
 
C. De nouvelles institutions internationales pour une paix durable.
 
- L’organisation des Nations Unies
*  Lors de la conférence de San Francisco, 50 Etats fondateurs adoptent une Charte des Nations Unies (juin 1945).
*  Ses buts : assurer la paix, le respect des droits de l’homme et le développement des pays.
* Ceux-ci sont membres de l’Assemblée générale et ont un voix chacun pour voter. Mais l’Assemblée n’a qu’un pouvoir de recommandation.
* Le pouvoir de décision est au Conseil de Sécurité. Or là, l’organisation accorde un rôle prépondérant aux 5 grands vainqueurs: les Etats-Unis, l’URSS, la France, le Royaume-Uni et la Chine possèdent un siège permanent au Conseil et ont un droit de veto bloquant ainsi toute décision. Les 6 puis 10 autres membres sont élus pour 2 ans.
* Le Secrétaire général est élu pour 5 ans : il propose au Conseil de Sécurité et supervise l’utilisation des casques bleus
 
- Les E-U veulent instaurer une organisation économique du monde capable d’assurer la reconstruction du monde et d’éviter les crises économiques. D’où les accords de Bretton Woods en 1944 qui aboutissent à 3 décisions:
*1. Le dollar devient la monnaie de référence internationale : seul le dollar est une monnaie suffisamment forte pour satisfaire la demande internationale croissante en liquidités. Son taux de change est garanti par le gouvernement américain, par la puissance de l’économie américaine et par le fait que les 2/3 de l’or mondial sont détenus par les Etats-Unis.
 
*2. Création du FMI (Fonds Monétaire International) dont le but est d’intervenir dans les situations de crise économique. Son siège est à Washington. Le moyen d’action du FMI est financier et provient du versement par chaque Etat membre d’une somme proportionnelle à sa richesse. Les E-U contribuent à eux seuls en 1944 pour 31% du total du Fonds.
 
*3. Création de la BIRD (Banque internationale pour la reconstruction et le développement) ou Banque mondiale. Son siège est à Washington. Ses 2 buts sont de financer la reconstruction des pays ruinés par la guerre et d’aider les pays en retard de développement. Les E-U participent plus que les autres Etats à la constitution du fonds commun de la banque et ont de ce fait un droit de veto sur l’utilisation de ce fonds.
 
 
Conclusion.
 
Par les destructions qu’elle occasionne en Europe et en Asie, par le traumatisme moral qu’elle crée dans les populations, la Seconde Guerre mondiale apparaît comme une période de rupture puisqu’elle anéantit l’ordre ancien dans lequel l’Europe jouait une rôle important. Mais cette période débouche aussi sur un ordre nouveau dominé par deux superpuissances, les Etats-Unis et l’Union soviétique. L’année 1945 apparaît donc comme une année charnière qui voit l’émergence d’un monde nouveau avec les prémices de la décolonisation, la division du monde en 2 blocs idéologiques (capitaliste et libéralisme contre collectivisation et dictature) et l’émergence des conditions d’une prospérité future.
 
        Sujets possibles au bac et au contrôle.
 
1.       La situation de l’Europe en 1945.
2.     La suprématie des Etats-Unis en 1945.
3.     Les Etats-Unis et la reconstruction du monde en 1945.
4.     Quelles sont les conditions qui, dès 1945, peuvent induire un risque de tension entre les Etats-Unis et l’URSS ?
5.     L’organisation du monde en 1945.
6.     Quel est le prix de la victoire contre l’Axe 
 
          Devoir d’entraînement : sujet 2
Consignes :
* l’introduction et la conclusion sont rédigées
* le développement est présenté sous forme d’un plan détaillé
* le plan comporte une division en 2 ou 3 grandes parties, chacune étant une réponse possible à la problématique énoncée en introduction.
* chaque partie est structurée.
 
 
                              
Sujet : comment expliquer la suprématie des E-U en 1945 ?
 
 Critères d’évaluation du devoir :
* être capable de rassembler toutes les connaissances pertinentes répondant au sujet
* être capable de les assembler de façon cohérente.
 
Introduction :
-présentez la Seconde Guerre mondiale (durée, extension spatiale, caractère exceptionnel de violence)
- présentez les E-U : implication tardive et décisive dans le conflit
- Problématique : déduisez de cette double présentation un état contrasté du monde en 1945 qui placera les E-U en situation prépondérante
- Annonce du plan : Il y a 3 causes à la prépondérance des E-U en 1945.
 
1.    Les E-U sont sortis dans la guerre en position de force
* Pertes démographiques faibles comparativement aux autres pays impliqués comme l’URSS. Donnez les causes : territoire sauvegardé et donc population civile protégée. Rappelez alors que la caractéristique de cette guerre hyper violente est l’ampleur des pertes civiles (presque 1 mort sur 2). Cela montre bien la situation enviable des E-U
* Les E-U ont montré au monde une puissance militaire exceptionnelle : présence sur tous les fronts de guerre en Asie et en Europe, utilisation de l’arme atomique, arme sans équivalent dans l’histoire.
* Ils restent présent militairement en Europe (présentez la division et l’occupation de l’Allemagne) et en Asie (présence militaire au Japon et en Corée du Sud + transformation politique du Japon = expansion de leur conception politique)
* Leur puissance économique est sans concurrence. Cause ; territoire sauvegardé + puissance industrielle stimulée pendant la guerre pour ravitailler les pays alliés. D’où : 2/3 stock d’or mondial + dollar monnaie de confiance + capacité à aider le monde détruit.
 
2.    Face à eux, les E-U n’ont pas d’adversaire hormis l’URSS.
* Montrez l’état de faiblesse de l’Europe : les bombardements ont détruit l’industrie et les transports. D’où pénurie, rationnement. Traumatisme.
* Montrez l’état du Japon aussi désastreux que celui de l’Europe
* Seul compétiteur dans certains domaines : l’URSS. Atouts : puissance de l’Armée Rouge + présence de l’URSS au cœur de l’Europe dans le secteur Est de l’Allemagne + avancée des frontières de l’URSS vers l’Ouest + présence de l’URSS en Corés du Nord + une idéologie attirante.
 
3.    Les E-U ont donc profité de cette suprématie pour réorganiser le monde dans un sens favorable à leurs intérêts.
* E-U = initiateur du projet d’une ONU. La signature de la charte et l’installation de l’ONU ont lieu aux E-U sont les signes de cette volonté de faire triomphé une institution plus adéquate à ses objectifs que la SDN. Mais le fait qu’ils possèdent un siège permanent et le droit de veto au Conseil de sécurité ne suffit pas à établir leur suprématie, seulement à confirmer qu’ils font évidemment parti des pays les plus importants avec 4 autres.
* Rôle du FMI et de la BIRD + siège et influence prépondérante des E-U dans ces 2 organisations.
* Rôle du dollar comme monnaie de référence pour toutes les autres monnaies du monde capitaliste. Il n’est pas étonnant que l’URSS n’ait pas signé les accords de Bretton Woods en 1944.
 
Conclusion : la Seconde Guerre mondiale donne naissance à un moment exceptionnel au cours duquel un pays parvient à une hyper puissance sans équivalent dans l’histoire. Nul doute que pour l’URSS la situation ne peut évoluer que vers une confrontation généralisée.
 
 
 
par france publié dans : HISTOIRE Série ES
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Jeudi 30 août 2007
Relations internationales de 1945 à 1991
                     
                       Séquence 1. Le monde en 1945.
 
Introduction
En septembre 1945 s’achèvent six années d’une guerre mondiale et apocalyptique entre l’Axe et la Grande Alliance. La guerre a généré une violence sans limite : génocide, civils brûlés vifs ou irradiés par les armes nucléaires.
 Le monde en 1945 est donc marqué sauvagement par cette guerre sans précédent mais en même temps une situation nouvelle se met en place car les peuples espèrent que la guerre sera la dernière et parce que leurs dirigeants s’efforcent de donner au monde les instruments d’une paix éternelle sous forme d’institutions internationales.
L ‘année 1945 est donc comme un pont, une charnière entre deux mondes, entre deux temps. En quoi constitue-t-elle réellement la fin d’un monde et en même temps comment parvient-elle à donner naissance à un nouvel ordre mondial capable d’assurer cette paix tant attendue ?
A cette double problématique correspondent deux parties : la première dresse le bilan du conflit, la seconde envisage le nouvel ordre mondial issu de la guerre.
 
 
1. Un lourd bilan
 
A.   Un bilan humain catastrophique.
 
- La guerre la plus meurtrière de l’histoire : plus de 50 millions de morts donc 5 fois plus que la Première Guerre mondiale. Cela est lié aux caractères fondamentaux de ce second conflit mondial : c’est une guerre planétaire, de longue durée (6 ans). C’est aussi une guerre idéologique et totale : la diabolisation de l’adversaire, la recherche de la capitulation sans condition ont conduit les adversaires à utiliser tous les moyens pour vaincre
- Pour la première fois, la population civile est plus touchée que les soldats.
Cela s’explique par plusieurs causes. D’abord, les bombardements de villes dans une stratégie de terreur. Exemple : à Dresde (Allemagne) en une nuit, le 13 février 1945, 150 000 personnes périssent dans les bombardements, Hiroshima et Nagasaki. Ensuit, la mise en place par les Nazis dès 1941 des conditions d’extermination systématique de populations dans le cadre du génocide avec plus de 5 millions de juifs et 200 000 Tziganes exécutés. A cela s’ajoutent les épidémies, les privations, les résistants exécutés.
- Le bilan est contrasté entre pays.
* Les pays les plus touchés sont : en premier lieu, l’URSS, de loin le plus touché en valeur absolue : près de 21 millions de morts. Cela s’explique par la transformation que Hitler a donné à la guerre à partir de juin 1941 : elle est devenue une guerre d’extermination à l’égard des Slaves et du communisme.  L’Allemagne est aussi très touchée avec 6 millions de victimes.
* Les pays les moins touchés sont : en premier lieu : les E-U avec 300 000 morts Or les E-U étaient présents sur les 2 théâtres d’opération de l’Asie et de l’Europe Mais leur territoire a été sauvegardé.
 
 
 
B.    Ampleur des destructions.
 
Le bilan est contrasté :
- Etats-Unis : leur potentiel industriel est en développement grâce à la guerre car ils ont servi d’usine aux Alliés et leur territoire a été préservé de tout bombardement. A la fin de la guerre, ils détiennent 2/3 du stock d’or mondial et sont les créanciers du monde. Les salaires de la population américaine augmentent et la consommation de masse s’intensifie.
 
- L’Europe : la plus grande partie de l’Europe est ravagée et l’appareil industriel plus ou moins détruit. La production industrielle de l’Europe a diminué de 50% depuis 1939. Les bombardements intenses ont détruit les villes, les centres industriels, les axes de communication. D’où pénurie, rationnement et inflation. Les Etats sont endettés.
- Le Japon n’est plus capable d’assurer son ravitaillement.
 
C.    Moralement, les populations sont partagées entre pessimisme et optimisme
 
- Pessimisme. La libération des camps nazis a révélé l’horreur absolue.L’utilisation de la bombe atomique à Hiroshima et Nagasaki en août 1945 comme arme nouvelle de destruction accroît l’inquiétude des plus conscients. Les tabous limitant la violence sont tombés et les opinions publiques ont accepté que soient utilisés des moyens inimaginables avant la guerre.
- L’angoisse générée par la nature de l’arme nucléaire (sa puissance destructrice sans parade) accentue le pessimisme des consciences
- Optimisme pour les progrès de la justice internationale. Le 20 novembre 1945 commence le procès de Nuremberg qui doit permettre le jugement des criminels de guerre nazis. C’est alors qu’est élaboré la notion de « crime contre l’humanité » : nouvelle notion de droit international, elle vise à punir toute action dont le but est de détruire ou asservir un groupe humain pour des raisons religieuses, politiques raciales ou culturelles. 21 dignitaires nazis sont ainsi jugés.
 
 
 
 
 
 
 
 
2. Un nouvel ordre mondial.
 
Un nouvel ordre mondial apparaît placé sous la domination de deux grandes puissances (Etats-Unis et Union soviétique). Il consacre l’affaiblissement de l’Europe et tente de mettre en place les institutions qui doivent garantir la paix.
 
A.   Une carte d’un monde modifié.
 
·         En Europe. L’Union soviétique obtient de nouvelles frontières. La puissance de l’Armée Rouge et les pressions qu ‘elle exerce dans les pays qu’elle occupe (Europe orientale) lui permet d’annexer de nombreux territoires : les pays baltes, une partie de la Pologne et de la Finlande. L’Allemagne est partagée provisoirement en 4 zones d’occupation (américaine, britannique française et soviétique). La ville de Berlin est aussi divisée en 4 secteurs. L’Allemagne n’existe donc plus en tant qu’Etat. Ces décisions ont été prises lors d’une réunion entre Roosevelt, Churchill et Staline à Yalta en URSS, au bord de la mer Noire (Crimée) en février 1945.
·         En Asie. Le Japon perd son empire. Il est occupé par les troupes américaines qui imposent au Japon une démocratie et une démilitarisation. La Corée qui doit accéder à l’indépendance, est partagée le long du 38è parallèle en 2 zones d’occupation, soviétique au nord et américaine au sud.
 
 
A.   De nouvelles institutions internationales pour une paix durable.
 
- L’organisation des Nations Unies.
*  Lors de la conférence de San Francisco, 50 Etats fondateurs adoptent une Charte des Nations Unies (juin 1945).
*  Ses buts : assurer la paix, le respect des droits de l’homme et le développement des pays.
* Ces Etats sont membres de l’Assemblée générale et ont une voix chacun pour voter. Mais l’Assemblée n’a qu’un pouvoir de recommandation.
* Le pouvoir de décision est au Conseil de Sécurité. Or là, l’organisation accorde un rôle prépondérant aux 5 grands vainqueurs: les Etats-Unis, l’URSS, la France, le Royaume-Uni et la Chine possèdent un siège permanent au Conseil et ont un droit de veto bloquant ainsi toute décision. Les 6 puis 10 autres membres sont élus pour 2 ans.
* Le Secrétaire général est élu par l’Assemblée générale pour 5 ans : il propose au Conseil de Sécurité et supervise l’utilisation des casques bleus
 
- Les E-U veulent instaurer une organisation économique du monde capable d’assurer la reconstruction du monde et d’éviter les crises économiques. A la conférence de Bretton Woods (1944), ils ont obtenu :
* de faire du dollar la référence de toutes les monnaies des pays capitalistes. Le dollar est prépondérant dans les échanges.
*la création du FMI (Fonds Monétaire International) dont le but est de veiller à la stabilité économique et financière du monde et d’intervenir dans les situations de crise économique régionale ou internationale. Son siège est à Washington. Le moyen d’action du FMI est financier et provient du versement par chaque Etat membre d’une somme proportionnelle à sa richesse. Les E-U contribuent à eux seuls en 1944 pour 31% du total du Fonds.
* création de la BIRD (Banque internationale pour la reconstruction et le développement) ou Banque mondiale. Son siège est à Washington. Ses 2 buts sont de financer la reconstruction des pays ruinés par la guerre et d’aider les pays en retard de développement. Les E-U participent plus que les autres Etats à la constitution du fonds commun de la banque et ont de ce fait un droit de veto sur l’utilisation de ce fonds.
 
Conclusion.
Par les destructions qu’elle occasionne en Europe et en Asie, par le traumatisme moral qu’elle crée dans les populations, la Seconde Guerre mondiale apparaît comme une période de rupture puisqu’elle anéantit l’ordre ancien dans lequel l’Europe jouait une rôle important. Mais cette période débouche aussi sur un ordre nouveau dominé par deux superpuissances, les Etats-Unis et l’Union soviétique. L’année 1945 apparaît donc comme une année charnière qui voit l’émergence d’un monde nouveau avec la division du monde en 2 blocs idéologiques (capitaliste et libéralisme contre collectivisation et dictature) et l’émergence des conditions d’une prospérité future. Mais les espoirs de paix et les principes de l’ONU seront très vite remis en cause par une guerre d’un type nouveau entre les superpuissances.
 
 
 
 
Questions de contrôle de connaissance possibles pour évaluer l'efficacité de la mémorisation mais pas de sujet de composition au Bac sur ce thème: 
1.       Caractériser la situation dans laquelle se trouve l’URSS en 1945.
2.      Comment expliquer la prépondérance américaine en 1945 ?
3.      Caractériser la situation dans laquelle se trouve l’Europe en 1945.
4.      ONU, FMI, BIRD : comparez ces organisations. Comment préparent-t-elles le nouvel ordre mondial ?
 
 
 
 
par france publié dans : HISTOIRE Série S
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Vendredi 14 septembre 2007
 
        La mondialisation ou globalisation
 
Introduction.
 
               1 Définitions et problématisation de la mondialisation.
 
1.    C’est un processus d’organisation du monde qui repose tout entier sur une idéologie et une promesse : sur l’idéologie du libéralisme qui promet la prospérité et le bonheur matériel aux pays qui choisissent de jouer le jeu du libre échange et de la concurrence internationale.
2. Ce processus est en germe en 1945 dans la nouvelle organisation du monde (FMI, BIRD, et GATT qui deviendra l’OMC)
3. Il s’accélère dans les années 90 avec :
- la fin de l’URSS, la fin du communisme et le développement du capitalisme en Russie et en Europe orientale.
- l’ouverture de la Chine, pays communiste, aux échanges mondiaux.
- le développement des NTIC.
4. Ce processus se transforme : du libre échange des marchandises, il passe dans les années 70 au libre échange des capitaux puis des services. Il n’y a que les migrations d’hommes qui restent contrôlées et brimées tout au moins celles en provenance des Sud.
5. Conséquences :
- la mondialisation ou globalisation crée une interdépendance de plus en plus forte entre les Etats, les entreprises, les individus, les cultures.
- elle favorise ou défavorise certaines parties du monde.
 
 
                                  2. Plan.
 
3 problématiques.
  1. Quels sont les principaux acteurs qui, dans des domaines différents, oeuvrent pour renforcer la mondialisation ?
  2. Quels sont les principaux flux qui dynamisent l’espace mondial ?
  3. Comment l’espace mondial se restructure-t-il sous l’effet de la mondialisation ?
 
 
 
 
Problématique 1 : quels sont les acteurs de la mondialisation ?
  
Réponse 1 : la mondialisation est promue par les Etats les plus puissants qui s’appuient sur des organisations internationales qu’ils ont créées et qu’ils financent. 


 
- L’OMC (Organisation mondiale du commerce). En 1995, elle succède au GATT (le General Agreement on Tariffs and Trade) créé en 1947. Fonctions : elle reprend les mêmes buts que le GATT : favoriser le libre échange, lutter contre le protectionnisme + éviter les formes de concurrence déloyale entre Etats ou entreprises. Mais elle a un pouvoir nouveau par rapport au GATT : elle devient un tribunal chargé d’arbitrer les différents commerciaux entre Etats ou entreprises. Siège : Genève. Nombre de membres en 2003 : 146 pays. Actions : il organise des cycles de négociations internationales pour réduire les tarifications douanières et favoriser le libre échange.
 
- Le FMI (Fonds monétaire international). Créé à la Conférence de Bretton Woods (E-U) en 1944. Fonctions : aider les pays en difficulté sous condition. Le FMI propose son aide mais en échange il impose aux pays bénéficiaires de cette aide des contraintes : limitation de l’intervention de l’Etat dans l’économie (exemple : privatisation des entreprises publiques). Il favorise donc le développement du libéralisme économique. But : sauvegarder l’ordre économique et réduire l’impact des crises financières et économiques sur les autres pays. Siège : Washington. Chaque pays membre verse au FMI une participation financière proportionnelle à son importance économique et en contrepartie il pourra obtenir une aide. L’importance des quotas versés détermine l’influence de chacun des membres dans les votes du FMI. Ceci avantage donc les pays les plus puissants.
 
- La BIRD (Banque internationale de reconstruction et de développement) dite « banque mondiale » Créée à la fin de la Seconde Guerre mondiale comme le GATT et le FMI. Fonction : financer des programmes productifs favorisant la croissance économique des pays membres : elle est le principal financier international du développement. Ses ressources = son propre capital, ses placements et des remboursements des emprunteurs. Siège Washington. Elle est ouverte à tout Etat mais elle reconnaît elle-même son caractère « occidental » dû à l’influence prépondérante des E-U : les droits de vote sont proportionnels aux parts de capital détenues par les pays membres. D’où prépondérance des E-U et des pays les plus développés.
 
- L’OCDE (Organisation de coopération et de développement économique). Créée en 1960 pour succéder à l’OECE (Organisation européenne de coopération économique). Fonctions : promouvoir chez ses membres des politiques économiques cohérentes. Pays participant à l’OCDE dès sa naissance: Europe occidentale + E-U + Canada + Turquie. Plus tard : Japon, Australie, Nouvelle Zélande. Au cours des années 90, avec le développement de la mondialisation, adhésion des anciens pays communistes + pays émergents comme Mexique, Corée du Sud. Siège : Paris.
 
 
 
 
Conclusion1 : ces 4 organisations ont été voulues par des Etats, principalement au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, dans le but de resserrer la coopération interétatique afin de mieux se protéger ou de gérer des questions communes. Elles favorisent donc fortement l’interdépendance.
 
Conclusion 2. Ces 4 organisation sont au service de la mondialisation : elles oeuvrent de façon cohérente pour la mise en place par les Etats de politiques libérales. Libéralisme = doctrine économique par laquelle l’Etat doit éviter d’intervenir dans le libre jeu de la concurrence
 Ex : libre échange par réduction des tarifications douanières.
 
Conclusion 3 : ces 4 organisations internationales sont dominées par les Etats-Unis et les pays développés
 
Conclusion 4 : ces 4 organisations internationales sont très puissantes car elles peuvent imposer des décisions telles que : application des règles de libre concurrence, contrôle de l’endettement à l’ensemble des pays de la planète et notamment aux pays les plus faibles économiquement.
 


 
- Autre forme de concertation des Etats : - Le G7/8 : né en 1975 d’une initiative du président français V. Giscard d’ Estaing .Il s’agit d’un forum de discussion réunissant les chefs d’Etat des pays les plus riches de la Terre : E-U, RFA, Japon, Royaume-Uni, France, Italie, Canada puis Russie. Les sommets du G8 ne sont pas institutionnalisés (informels)
 
 
 
 
 
 
Réponse 2 : les FTN sont au cœur de l’intégration économique mondiale.
 
Définition d’une firme transnationale : entreprises exerçant leurs activités directement ou par l’intermédiaire de leurs filiales ou de sous-traitants
Le siège social d’une FTN est le centre décisionnel de l’entreprise
 
Argument 1. Evaluation de la puissance des FTN.
- 2001: 63 000 dans le monde = 20% du PIB mondial, 1/3 de la production mondiale, 50% du commerce
- les 100 premières = 1/3 des investissements dans le monde.
- elles emploient 75 millions de salariés
 
Argument 2. Causes de la puissance des FTN
- cause 1 : leur puissance repose sur leur capacité à utiliser librement l’espace mondial en fonction de leurs intérêts. Les pays sont choisis par les FTN, soit pour leurs avantages économiques (coût de la main d’œuvre ou marché de consommation), soit pour les avantages financiers (défiscalisation), soit pour des avantages politiques (stabilité)
 
- cause 2 : leur puissance repose sur leur capacité à s’adapter aux cultures, aux habitudes des consommateurs, aux résistances des Etats et des citoyens. Exemples : rejet des OGM en Europe + transformation des menus Mc Donald en fonction des campagnes d’opinion à propos de l’obésité aux E-U ou en Europe
 
- cause 3 : leur puissance est rendue possible par l’abaissement des coûts de transport et les progrès des technologies de l’information.
 
Argument 3: géographie des centres décisionnels des FTN
- Les FTN gardent un ancrage national décisif = le pays d’origine conserve les centres décisionnels de l’entreprise : siège social, centre d’innovation.
 - Domination de la Triade= parmi les 500 premières FTN, plus de 400 relèvent d’un des pays de la Triade. Sur la carte projetée en cours, on relève par ordre hiérarchique : E-U (238 FTN sur les 500 premières) + Japon (50) + Europe occidentale (154 pour R-U, P B, All, Suisse, France, Italie, Belgique, Espagne….). Donc sur 500 :442.
 - Suprématie des E-U = presque la moitié des 500 premières FTN ou 1/3 des 100 premières selon leur CA
- Hors triade, l’écart est immense : 58 FTN sur 500 pour le reste du monde :
1 Asie de l’Est et du Sud (Corée du Sud, Chine, Inde + Australie)
2 Russie
3 Etats pétroliers
4 Mexique Brésil
Mais la montée en puissance de la Chine, de l’Inde et de la Russie modifie peu à peu l’équilibre global.
 
 
Réponse 3 : les ONG (organisations non gouvernementales)
 
Définition :
- association origine privée sans but lucratif = nature bénévole de leurs activités
- caractère international de leurs objectifs
Exemples :
* ONG des droits de l’homme comme Amnesty International
* ONG humanitaires comme Médecins sans frontière (MSF)
* ONG de défense de l’environnement comme Greenpeace
Evaluation de la puissance des ONG
- Elles sensibilisent et mobilisent l’opinion sur des causes transnationales : humanitaires, environnementales, …
- Elles influencent donc les opinions publiques des pays donateurs.
- Elles ont été longtemps absentes des lieux de décision mais peu à peu sont davantage associées aux discussions par les organisations internationales.
 
Réponse 4 : les organisations régionales pratiquant intensivement le libre échange.
Les Etats ont tenté de s’adapter à la mondialisation en s’associant avec les Etats voisins pour constituer des organisations régionales : les économies de ces pays associés pratiquent entre eux le libre échange jouant sur leurs atouts réciproques. C’est une façon de s’unir pour résister à la concurrence mondiale exacerbée. Par exemple, dans le cadre de l’association ALENA, le Mexique propose une main d’œuvre compétitive aux capitaux américains ; l’absence de droits de douanes ou de taxes financières entre ces deux pays favorisent les échanges et permet une croissance économique forte.
Exemples d’organisations régionales:
* l’Union européenne
* le Mercosur : Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay, Venezuela.
* l’ALENA : Etats-Unis, Canada, Mexique.
 
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   Exercice d'entraînement au contrôle qui portera sur la mondialisation.

             Sujet: les Etats
et la mondialisation.

Consignes:
- démontrez que les Etats sont des acteurs de la mondialisation.
- démontrez également que la mondialisation les déborde.
- Mettez-vous en situation du bac pour ne pas être pris au dépourvu au moment du contrôle. Utilisez donc seulement le cours mémorisé, c'est-à-dire la problématique 1 pour le moment.
- Rédigez votre démonstration
.
 
 
 
                           CORRIGE.
 
Question possible sur la mondialisation : la mondialisation conteste-t-elle la souveraineté des Etats ?  
 
             2 réponses à la fois contraires et complémentaires.
 
1. Dans la mondialisation, l’Etat est débordé un peu partout
- Par des acteurs transnationaux comme les FTN ou les ONG : leurs décision et actions passent souvent au-dessus des Etats.
- Par la liberté des flux de capitaux, liberté de circulation des flux d’informations.
- Par la puissance des institutions internationales avec lesquelles l’Etat en difficulté doit négocier un prêt, une aide, un sursis.
- Par l’économie informelle (drogue, prostitution) qui emprunte des réseaux d’échanges mondialisés.
- De lui-même, lorsqu’il entame un politique de désengagement de l’économie en privatisant les entreprises publiques. Il opère ainsi une  politique libérale.
 
2. Mais les Etats sont au cœur de la mondialisation :
- ils l’ont voulue dès après la Seconde Guerre mondiale; ils sont présents dans les organisations internationales et exercent leurs pouvoirs de décision : ils ont ainsi peu à peu accepté de limiter le protectionnisme en participant au GATT puis à l’OMC
- les FTN ont un ancrage national : elles concentrent les décisions à partir d’un pays dont elles augmentent ainsi la puissance de rayonnement.
- l’Etat reste le garant de la cohésion des sociétés : dès qu’il s’affaiblit (corruption ou guerre civile dans les pays africains), la mondialisation des échanges en est amoindrie (sauf en ce qui concerne l’économie informelle) : les FTN, les IDE, les projets des organisations internationales ont besoin de sécurité pour prospérer.
 
Il y a donc à la fois un affaiblissement de la souveraineté des Etats dans le processus de mondialisation et l’impossibilité pour la mondialisation de fonctionner sans l’action des Etats.
 
 
  
 
 
 
 
Problématique 2 : comment se manifeste-t-elle ?
 
Réponse 1 : par une explosion des flux de marchandises.
 
Définition :
- Flux de marchandises = matières premières, pétrole en tête parce qu’il est le produit le plus échangé dans le monde + produits manufacturés
 
Evaluation de cette explosion des flux de marchandises.
* Valeur des exportations passée de 500 milliards en 1973 à 6000 en 2000 = valeur décuplée en presque 30 ans. Il y a donc une intensification des échanges internationaux sans précédent (= idée globale)
 
Explication
* Cause 1. Baisse progressive des tarifs douaniers : rôle de l’OMC
 
* Cause 2. Développement des FTN 
 
* Cause 3. Révolution des transports. Des progrès spectaculaires ont été réalisés depuis 1945 : bateaux à grand gabarit, gros porteurs aériens, TGV, autoroutes. Tous les grands ports mondiaux se sont adaptés pour la conteneurisation maritime (Singapour, Hong Kong, Rotterdam).
- Conteneurisation : transport des marchandises par conteneur, grand coffre métallique de taille standard.
Mise en place de puissantes plates-formes multimodales dans les ports, les aéroports ou prés des grands échangeurs autoroutiers.
- Plate-forme multimodale : espace associant plusieurs modes de transport : rail, route, voie d’eau, liaisons aérienne. Elle permet de faciliter le transbordement des marchandises.
Conséquences de cette révolution des transports : accélération de la mobilité des marchandises et baisse du coûts des transports.
 
* Cause 4. Révolution de l’informatique= circulation d’informations en temps réel sur la planète grâce à des réseaux comme les satellites, les câbles à fibres optiques, l’Internet et la téléphonie mobile. D’où contrôle et accélération des décisions concernant la circulation des marchandises.
 
 Organisation des flux commerciaux dans le monde.
 
- Hiérarchisation des pôles :
* Poids écrasant de la Triade et de l’Asie orientale = plus de 80 % du commerce mondial
* Importance de l’Europe occidentale = 40% du commerce mondiale (Amérique du Nord = 19.5% et Japon + Chine et Asie –Pacifique = 23.5%)
* Pôles secondaires : l’Amérique latine ou la Russie et l’Europe orientale (6 à 5%)
* Très faible participation du continent africain au commerce mondial : 2%
 
 
Réponse 2. Les flux de capitaux irriguent la planète. 
 
Définition. Les capitaux circulant sur la planète sont évalués en IDE = investissements directs à l’étranger (sommes investies par les entreprises, les investisseurs d’un pays ou l’Etat de ce pays à l’étranger) ou investissement directs de l’étranger (sommes totales des investissements étrangers reçue dans un pays par les entreprises, les investisseurs ou par l’Etat de ce pays)
 
Evaluations.
* Volume : les volumes de capitaux échangés par jour sont devenus énormes : 1400 milliards de dollars en1999, contre 18 milliards au début des années 70 et 200 milliards en 1986.
 
Explications.
* Cause 1. Les réseaux de communication des informations en temps réel. Les actions que l’on achète et vend instantanément, la monnaie qui fait le tour du monde en quelques secondes sont dématérialisées : on ne transporte plus des lingots et des billets, on envoie des messages digitaux. La circulation des capitaux est donc d’autant plus facile qu’elle se confond avec l’information
* Cause 2. Ces réseaux sont articulés entre les places boursières qui organisent la circulation des capitaux sur la planète. La bourse = un marché où s’échangent actions et capitaux. Cette circulation se réalise 24h sur 24 : la bourse de Londres est ouverte de 8h à 16h mais de Londres il est possible de continuer de vendre et d’acheter par le biais de la bourse de N York de 13h30 à 21h et de celle de Tokyo de 0h à 6h.
* Cause 3. La déréglementation= démantèlement partiel ou total des règles qui organisent le fonctionnement d’un secteur d’activité. Le but : libérer totalement la concurrence et les échanges. A partir de la fin des années 70, les Etats acceptent le libre échange des flux de capitaux qui jusque là étaient réglementés pour protéger les monnaies nationales.
 
Conséquence : aujourd’hui fonctionne un marché mondial des capitaux.
 
 
 Géographie de la circulation des capitaux. Les capitaux circulant sur la planète sont évalués en IDE = investissements directs étrangers. Ils sont mesurés comme sortant d’un pays (pour être investis vers un autre) ou entrant dans un pays.
 
- Les capitaux circulent essentiellement entre pays riches
- Parmi les pays riches, les IDE concernent principalement l’UE et les E-U.
- Le Japon est bien placé pour les IDE sortant
- Les investissements évitent la moitié de la planète jugée trop pauvre ou instable = moins d’ ¼ des IDE parvient au Sud.
- 70% des IDE parvenant au Sud sont à destination d’une minorité de pays : une dizaine dont la Chine représente 15% de ce total + l’Amérique latine et l’Asie du Sud-Est 
 
Paradis fiscaux = places financières et bancaires généralement situées dans de petits Etats, îles, villes frontalières qui attirent les placements financiers internationaux en raison de leur faible fiscalité et de l’absence ou rareté des contrôles sur l’origine des capitaux. Estimation : 2 à 5% du PNB mondial (entre 650 et 1600 milliards d’euros) transitent chaque année dans ces paradis fiscaux. Ex en Europe : Andorre, Guernesey, Liechtenstein, Malte..).
 
Conséquences.
* Une logique financière et spéculative domine la mondialisation.
- Logique spéculative car les investisseurs recherchent un profit à très court terme
- L’objectif prioritaire des chefs d’entreprise = satisfaire les investisseurs quitte à sacrifier des objectifs sociaux, environnementaux ou économiques.
- L’objectif des Etats = attirer et retenir les capitaux et pour cela adopter des politiques économiques, financières et sociales qui soient jugées favorablement par les investisseurs
- En cas de retraits des capitaux, les économies fragiles sont déstabilisées : rareté de l’argent = hausse des taux d’intérêt = mise en difficulté des entreprises et ménages endettés = ralentissement de la croissance = chômage en hausse. Exemple : en 1997 crise financière des pays de l’Asie du Sud-Est.
 
 
 
 
 
                             
                              Bilan :
 
       Mondialisation des échanges flux 1 (marchandises) et flux 2 (capitaux)  =   un espace productif mondialisé
 
Argument : évaluation et évolution
1900 : 10 pays concentrent 95% de la production mondiale.
1950 : situation quasiment identique
2000 : une trentaine de pays concentrent 95% de la production mondiale = E-U, U E, Japon et Asie de l’Est
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Réponse 3. Les flux migratoires internationaux s’intensifient
 
Définitions :
-        migrations internationales = flux d’un Etat vers l’autre
-        migration : déplacement de population qui entraîne un changement durable ou définitif
-        émigration : mouvement d’un point de départ à une zone d’arrivée. Pour la zone d’origine, il est émigré. Pour la zone d’accueil, il est immigré.
 
Argument 1: typologie et évaluation
- Les hommes n’ont jamais été aussi mobiles : travailleurs, réfugiés, touristes.
- Du Sud au Nord : en 1965 = 45 millions……….. en 2002= 150 millions + 25 à 40 millions d’illégaux.
- 20 millions de réfugiés liés aux guerres et aux répressions.
- Tourisme de masse à échelle planétaire : 1950 = 25 millions………….. 2002 = 750 millions soit 8% de la population planétaire (Amérique du Nord + U E)
 
Argument 2: explication
-        Les inégalités de développement dans le monde qui maintiennent sans espoir d’amélioration une grande partie de la population planétaire.
-        Les guerres, les répressions, les catastrophes naturelles
-        La libre circulation des images produites par des médias occidentaux qui permet aux masses pauvres de « contempler » en permanence le mode de vie des pays développés, ce qui exacerbe le désir de partir.
 
Espaces de départ = Asie en développement : 40%, Bassin méditerranéen : 20%, Amérique latine, Afrique sub-saharienne : chacun de ces espaces  à 16%
 
- Pays émetteurs principaux : Amérique centrale + Colombie, Pérou, Bolivie……….. Maghreb, Afrique noire centrale (Mali), Afrique entre Equateur et Capricorne………… Turquie, Egypte Moyen Orient jusqu’au Pakistan…………….. Chine, Asie Sud Est sauf Thaïlande et Malaisie
 
Espaces d’accueil Amérique N=35M, Europe=20M, Pétro-monarchies=12M
 
- Pays d’accueil depuis le XIXè : Amérique N, France, Afrique Sud, Australie
 
Il existe un flux de travailleurs très qualifiés du Nord vers le Nord (UE vers E-U) et du Sud vers le Nord (Asie vers E-U et Afrique vers UE) : ce flux porte le nom de brain drain ou attraction des « cerveaux »
 
 
Conséquences ou impacts des migrations : les conséquences sont économiques, démographiques et socioculturelles.
 
-        Pour le pays de départ : bénéfices à court terme de cette « exportation de matière première humaine » = baisse de la pression sur le marché du travail, transferts d’argent envoyés par les travailleurs émigrés (des régions du Mali ou du Pakistan et du Maroc vivent grâce à ces transferts). Mais le pays perd en même temps une population jeune, dynamique et parfois qualifiée.
-        Pour le pays d’accueil : l’immigration accroît la population et réduit le vieillissement de cette population. Les travailleurs occupent majoritairement les emplois peu attractifs. Mais aujourd’hui, suite au ralentissement de la croissance économique, les pays mettent en place une politique restrictive (immigration « choisie »)
 
Les modèles d’intégration des immigrés en crise ?
-        Intégration : incorporation des étrangers à une population sans perte de leurs caractères culturels spécifiques.
-        Assimilation : fusion des étrangers dans une population d’accueil par renoncement progressif à leurs caractères spécifiques : mœurs, langues…
-        Dans les pays anglo-saxons : le modèle de l’intégration et du communautarisme est pratiqué mais les dysfonctionnements sont nombreux (ségrégation, fragmentation et manque de cohésion de la société, tensions interethniques)
-        En France : le modèle de l’intégration et de l’assimilation est pratiqué mais la promesse d’assimilation est partiellement discréditée pour certaines catégories de populations immigrées (ghettos urbains, exclusion trans-générationnelles pour une part des immigrés d’origine maghrébine et africaine)
 
 
 
Conclusion de la problématique 2: comment se manifeste la Mondialisation ?
 
* La Mondialisation repose sur une mobilité sans précédent des marchandises, des capitaux, des services, des hommes et des informations.
- Elle se caractérise par une interpénétration des économies : « la mondialisation, c’est l’échange généralisé entre les différentes parties de la planète /…/ » Olivier Dolfus.
- « Mais la mondialisation, c’est également le concept qui traduit les changements de toutes sortes (créations, destructions, mélanges, etc.) » provoqués par cette interpénétration des économies.
* Cette Mondialisation est géographiquement très sélective : si la révolution technique des télécommunications fait du monde un champ économique unifié, les inégalités demeurent très importantes: les flux se concentrent autour des 3 grands pôle capitalistes très bien reliés entre eux par de puissants réseaux.
 
 
 
par france publié dans : GEOGRAPHIE Série ES
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Dimanche 16 septembre 2007
Séquence 2. L’affrontement entre les Etats-Unis et l’URSS : deux idéologies face à face.
 
Introduction. Les conditions de la victoire de la Grande Alliance sur les forces de l’Axe créent une situation nouvelle en 1945 : le monde apparaît dominé par deux superpuissances : les Etats-Unis à l’ouest et l’URSS à l’est. Or ces pays sont porteurs de deux modèles idéologiques totalement différents et antinomiques : démocratie libérale et capitalisme aux E-U, dictature et économie collectivisée en URSS.
Dès lors les deux Grands entreront vite, entre 1945 et 1947, dans une situation de confrontation généralisée qui se terminera avec l’effondrement de l’URSS en 1991. Un conflit très long (plus de 40 ans), à échelle planétaire, mais un conflit d’un type nouveau dont les règles spécifiques émergeront peu à peu au fil des crises et des rapprochements entre les deux superpuissances. A ce conflit nouveau, deux Américains, un financier d’abord (Bernard Baruch) puis un journaliste (Walter Lippman), ont appliqué dés 1947 le terme de « guerre froide ». 
Le sujet suppose l’entrecroisement de deux problématiques distinctes : la première porte sur les deux modèles de vie à vocation universelle qui sont en jeu au cœur du conflit et répond à cette question : au nom de quels modèles idéologiques les deux blocs s’opposent-ils ? La seconde problématique prend en compte la mise en place et le déroulement de la guerre froide entre l’Est et l’Ouest et répond à cette question : comment évolue ce conflit et quelles sont les règles qui le caractérisent ?
Cette seconde séquence est centrée sur une étude séparée des 2 idéologies mais le cours réalisé au lycée, lui, proposera une étude comparative de ces modèles sur trois niveaux, politique, économique et sur le plan de leurs dysfonctionnements.
 
 
Problématique : la confrontation des modèles idéologiques.
 
Définition de modèle idéologique : conception du monde, de la vie des hommes, de leur organisation sociale, politique et économique. L’URSS et les E-U sont porteurs de deux modèles idéologiques radicalement opposés et à vocation universelle.
L’enjeu de l’affrontement E-U/URSS est la victoire d’un de ces 2 modèles idéologiques.
 
 
1. Le modèle américain offert au monde en exemple : années 50-60
 
                   1. Une démocratie originale.
 
* Le système politique des E-U est fondé sur une constitution datant de 1787, élaborée dans le contexte des Lumières et reposant sur la séparation des pouvoirs, la nation souveraine et la garantie des libertés individuelles.
 
* Cette organisation des pouvoirs joue sur le principe d’équilibre :
- équilibrer les 3 pouvoirs au niveau fédéral : le président a beaucoup de pouvoirs (il est élu pour 4 ans, rééligible une fois, il désigne les secrétaires d’Etat composant le gouvernement, il élabore la politique étrangère et applique les lois) mais il doit composer avec la Cour suprême (elle représente le pouvoir judiciaire et est formée de 9 juges inamovibles nommés par le président) et le Congrès (qui a le pouvoir législatif et vote le budget).
- équilibrer les Etats fédérés entre eux selon deux critères opposés et complémentaires : au Congrès, il y a une égalité de représentation au Sénat (2 représentants par Etat fédéré) mais, à la Chambre des représentants, les Etats fédérés sont représentés en proportion de leur population.
- Exemple de tensions et d’équilibre entre les pouvoirs : il y a deux partis qui dominent la vie politique américaine. Le parti républicain est plutôt hostile à l’intervention de l’Etat dans la vie économique et sociale, il fait confiance dans la volonté et la responsabilité individuelle pour sortir des crises et se méfie donc des politiques d’aide sociale qui favoriseraient l’assistanat et l’irresponsabilité. Le parti démocrate, lui, est davantage favorable à l’intervention de l’Etat dans l’économie et au développement de la protection sociale. Le successeur du président démocrate Truman est le républicain Eisenhower : celui-ci peut compter sur une majorité républicaine dans les deux chambres du Congrès mais il s’oppose à la Cour suprême, plus proche des démocrates, qui défend les droits civiques de la minorité noire.
 
* C’est aussi une démocratie libérale :
- les citoyens ont les moyens de contrôler les pouvoirs car mandats courts (représentants élus pour 2 ans, président pour 4 ans) + arbitrage de la Cour suprême à laquelle les citoyens peuvent s’adresser.
     - il existe des contre pouvoirs : médias + lobbying.
Un lobby est un groupe de pression influençant les décideurs. Tous les citoyens peuvent en constituer.  
         
 
 
               2. Des mythes qui font adhérer les citoyens au capitalisme
- Mythe du self made man: il existe un fort consensus autour de la réussite individuelle,du respect de la liberté de chacun et de l'ascension sociale gr