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19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 11:42
L'Afrique face au développement et à la mondialisation TERMINALE S
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L'Afrique et les défis du développement.

 

COURS 2.

Le continent africain face au développement et à la mondialisation

 

Le cours 1 était consacré à l'étude de cas sur le Sahara.

Un croquis est demandé au bac: il est présenté en images ci-dessus. La légende est divisée en trois partie. Un fond de carte suit la troisième partie de la légende.

 

INTRODUCTION.

 

L’Afrique est un continent qui, à l’échelle mondiale cumule les indicateurs économiques, sociaux et environnementaux défavorables, auxquels s’ajoutent de multiples conflits locaux, des problèmes de gouvernances et une place marginale dans la mondialisation.

En réalité, le continent africain n’est pas homogène en termes de développement et les situations ne sont pas figées. Des formes de décollage économique existent, malgré la persistance de problèmes aigus.

De même, on ne peut plus considérer que l’Afrique est à l’écart du monde. Le continent est largement placé en relation subordonnée dans les échanges mondialisés, mais des exemples d’adaptation aux mutations liés à la mondialisation doivent être soulignés, même si là encore, les réalités du continent sont très hétérogènes.

 

Quelle est la situation de l’Afrique face aux questions de développement ? Le continent connait-il un réel décollage économique ? Quels défis l’Afrique doit-elle encore relever ?

 

PLAN.

 

I. l’Afrique, un continent à l’écart du développement et du monde ?

A. Un continent qui cumule les indicateurs défavorables

B. Des freins multiples au développement

II. Une intégration marginale mais croissante dans la mondialisation.

A. Un décollage économique récent.

B Mais d’importants défis à relever.

 

 

 

Partie I. l’Afrique, un continent à l’écart du développement et du monde ?

 

A. Un continent qui cumule les indicateurs défavorables

 

1. La situation sociale et sanitaire du continent reste problématique : 300 millions d’Africains (près du tiers de la population du continent) n’ont pas accès à l’eau potable. La même proportion vit avec moins de 1 dollar par jour. La sous-alimentation et l’insécurité alimentaire touchent environ un tiers de la population. Une majorité de personnes n’ont pas accès à l’éducation, aux soins médicaux alors que c’est la région du monde la plus touchée par le sida : presque 24 millions de personnes sont atteintes du VIH (ce qui explique la baisse actuelle de l’espérance de vie dans plusieurs États).

 

La pauvreté est extrêmement répandue dans les campagnes, mais également dans les vastes bidonvilles et dans les villes elles-mêmes, puisque le taux de chômage y avoisine les 25 %. Cette situation est la source de tensions sociales qui traversent tout le continent. Celles-ci sont à l’origine des révolutions qui ont parcouru l’Afrique du Nord depuis 2011: les "printemps arabes". Elles représentent un défi pour l’ensemble des gouvernements africains, y compris dans les États les plus riches :

 

 

2. La situation de l’Afrique n’est toutefois pas homogène : si l’on procède à une analyse intra-africaine, on constate que les écarts entre Etats sont importants.

- Par exemple,  le Maghreb affiche un IDH relativement élevé (entre 0,65 et 0,8) ce qui est le signe d’un développement tangible. De même, l’Afrique du Sud, le Botswana ou encore la Namibie ont un IDH situé au-dessus de la moyenne continentale.

- l’Afrique du Sud qui est le pays le plus riche du continent mais il compte plus de 50 millions d’habitants vivant sous le seuil de pauvreté et son IDH est en baisse du fait de l’épidémie de sida qui a fait reculer l’espérance de vie sous les 60 ans au cours des vingt dernières années.

 

 

B. Des freins multiples au développement

 

  • Le premier obstacle au développement est l’instabilité politique. L’Afrique reste le continent qui a connu le plus grand nombre de conflits (inter et intra-étatiques) depuis la fin de la Guerre froide : elle est en ce sens une zone d’instabilité majeure. 20 % de la population africaine reste à la merci des conflits armés et les régimes autoritaires demeurent plus nombreux que les démocraties (même si ces dernières progressent). La corne de l’Afrique, mais également l’Afrique de l’Ouest et une partie de l’Afrique du Nord sont situés dans « l’arc des crises » et la guerre civile est quasiment permanente dans certains États telle que la République démocratique du Congo ou au Soudan. Les régimes démocratiques n’échappent pas eux-mêmes à la corruption et à la violence politique qui gangrènent la majorité des États africains.

 

  • La fuite illicite des capitaux en lien plus ou moins étroit avec la corruption des élites et la puissance des économies informelles expliquent également la faiblesse du développement.

Les estimations (délicates car il s’agit de flux illégaux) font état de plus de 800 milliards de dollars illégalement transférés depuis 40 ans d’Afrique vers le monde développé.

Cette richesse est détournée au profit d’une élite africaine et au profit des économies non africaines dans lesquelles elle est investie. Elle aurait pu financer des programmes de développement ambitieux ou servir par exemple à la construction d’infrastructures (éducation, santé, énergie…).

 

 

Partie II. Une intégration marginale mais croissante dans la mondialisation

 

A. Un décollage économique récent

 

  • L’Afrique connait encore aujourd’hui une intégration marginale dans le commerce international. Le commerce africain pèse financièrement très peu dans la mondialisation (363 milliards de dollars en 2007 soit 9 fois moins que l’Asie-Océanie, 13.67 fois moins que l’Europe par exemple).

 

Toutefois, l’Afrique capte de plus en plus d’IDE (1% en 2000 contre 4.5% en 2010). Les échanges commerciaux entre l’Afrique et le reste du monde ont triplé au cours des dix dernières années.

 

  • Dans certains domaines, l’Afrique s’insère rapidement dans la mondialisation. En témoigne par exemple le boom de la téléphonie mobile : 44% d’augmentation, 475 millions de connexions mobiles (sur 1 milliard d’habitants en 2012). Second marché mondial en nombre d’abonnés, ce secteur attise la convoitise des grandes firmes internationales mais nécessite à terme une amélioration des équipements par les Etats.

 

  • Une classe moyenne africaine est en formation dans beaucoup de pays africains. Le consommateur africain intéresse désormais les entreprises mondiales.

 

  • le pourcentage de la population en deçà du seuil de pauvreté absolue est passé de 66 % à 60 %.

 

  • Ces perspectives de développement attirent de nouveaux partenaires au premier rang desquels s’impose la Chine suivie de près par les pays d’Amérique du Sud et plus généralement par les grands pays émergents comme le Brésil. Ces nouveaux partenaires s’ajoutent aux puissances déjà présentes comme les Etats-Unis et les anciennes puissances colonisatrices qui ont souvent gardé des liens forts avec les Etats africains devenus indépendants (néocolonialisme économique)

 

B. D'importants défis à relever.

 

1. Faire face à la croissance démographique la plus forte de la planète.

 

- L'Afrique concentrera presque toute la progression démographique mondiale. Sa part dans la population mondiale devrait passer de 14,8% en 2010 (1 milliard) à 23,6% en 2050 (2,2 milliards). La population africaine devrait être de 3,6 milliards à la fin du siècle.

La quasi-totalité de la croissance démographique d'ici à la fin du XXI e siècle sera due à l'Afrique en raison d'une fécondité qui ne baisse que très lentement.

L’Afrique dispose d’une population jeune. Dans de nombreux pays subsahariens, la proportion des moins de 15 ans dépasse les 40%.

 

Cette croissance suppose des besoins énormes (nourriture, eau, travail, logement, soins, éducation…), besoins auxquels les Etats africains par manque de moyens ou de volonté politique ne répondent globalement pas

 

-.

 

 

 

 

- L'explosion démographique va de pair avec une explosion urbaine:

Un exode rural massif et la gestion de mégapoles constituent des défis majeurs pour l'Afrique du XXIe siècle

 

 

2. Nourrir le continent.

 

  • Il existe des causes multiples à l’insécurité alimentaire en Afrique.

- Surfaces agricoles cultivables insuffisamment exploitées

- Mauvaise conditions de stockage des productions agricoles

- Faiblesse des infrastructures agricoles  (matériel agricole rudimentaire, réseaux de distribution peu efficaces…)

- les populations pauvres sont dépendantes des variations des cours mondiaux des produits alimentaires.

 

  • Le problème du « land grabbing » : accaparement des terres agricoles par des puissances ou les firmes étrangères. Les terres agricoles deviennent des ressources stratégiques à la fois pour les groupes financiers et des Etats comme la Chine ou l’Arabie Saoudite ; ces acteurs prennent le contrôle de terres en les louant à fable prix (en Ethiopie, 1 hectare se loue 1,5 euro l'année) pour y développer des agricultures « off shore » destinées à leur propres besoins. La Chine a ainsi pris le contrôle de plus de 10 millions d’hectares en Afrique…

 

2. Surmonter les divisions  et progresser vers une intégration régionale.

 

Il existe une multitude d’organisations régionales en Afrique, ce qui ne favorise pas la résolution de problèmes globaux comme le terrorisme ou le développement économique et les pressions extérieures (FTN, Etats).

 

Exceptée l’Union Africaine (UA,  à vocation politique, économique et sécuritaire) qui rassemble les 54 Etats du continent, les onze autres organisations morcèlent l’Afrique en sous-ensembles distincts qui peuvent se montrer concurrents.

 

 

 

CONCLUSION.

 

Les défis restent nombreux à relever pour que l’Afrique sorte du sous-développement et s’intègre dans la mondialisation : maîtriser la croissance démographique et la croissance urbaine, subvenir aux besoins alimentaires et sanitaires des populations, surmonter l’instabilité politique et progresser dans la voie de l’intégration régionale.

 

Le développement durable, qui n’est pour l’instant pas une priorité pour les dirigeants africains, devra mieux être pris en considération, en particulier pour assurer aux populations africaines un accès plus équitable aux revenus générés par les richesses et les potentialités du continent.

 

 

 

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19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 11:25
La Chine et le monde depuis 1949 TERMINALE ES
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La Chine et le monde depuis 1949 TERMINALE ES
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Les chemins de la puissance

 

La Chine et le monde depuis 1949

 

INTRODUCTION

Présentation de la Chine et problématique.

 

Devenue communiste en 1949, la Chine s'est progressivement affirmée comme une puissance majeure dans les relations internationales. Définissez la notion de puissance vue en introduction du cours sur les EU.  D'abord alliée de Moscou, elle s'en est ensuite émancipée sans pour autant renoncer au communisme. Le paradoxe de cette affirmation progressive tient au fait que la stature de la Chine n'a cessé de croître depuis 1949 alors même que le communisme est entré en déclin depuis l'effondrement de l'URSS en 1991. D'où la problématique: quel fut le cheminement suivi par la Chine pour accéder à une certaine forme de puissance en 2017?

 

Annonce du plan.

 

P. 1. De l'alliance à la rupture avec Moscou (1949-1976)

 

A. Les difficiles débuts de la République populaire de Chine

Sortis victorieux de la guerre civile qui les oppose aux nationalistes du Kuomintang menés par Chang Kaï-chek, les communistes chinois, emmenés par Mao Zedong, proclament en 1949 la République populaire de Chine (RPC). Ils contrôlent l'ensemble du pays à l'exception de l'île de Taïwan où se sont repliés les nationalistes qui y maintiennent l'existence de la République de Chine jusqu'à nos jours.

 

• L'existence de cette Chine concurrente est pour Mao une source de problèmes : en effet, à l'exception de la Grande-Bretagne, soucieuse de conserver son influence sur Hong Kong, l'ensemble des puissances occidentales ne reconnaissent pas la légitimité de son gouvernement et s'accordent pour faire en sorte que ce soit le gouvernement taïwanais qui conserve le siège de la Chine au Conseil de sécurité de l'ONU.

 

• Dans ces conditions qui s'expliquent par le contexte de guerre froide, Mao n'a d'autres solutions que de chercher un appui du côté de l'URSS:

 

- Mao déclare en 1949, « la Russie d’aujourd’hui, c’est la Chine de demain ».

Il ajoute en 1962 que « le socialisme doit nous permettre de réaliser en quelques décennies seulement ce que les sociétés capitalistes ont réussi en matière de développement en un siècle ».

 

- En décembre 1949, Mao se rend à Moscou pour signer avec l’URSS une alliance défensive et de coopération économique: c'est le traité d'amitié sino-soviétique.

 

- L'aide soviétique permet de commencer une modernisation de l'industrie chinoise.

 

- La guerre de Corée: l'intervention de volontaires chinois du côté nord-coréen met en échec sur le coup l'avancée américaine sous mandat onusien. On peut voir en ceci deux choses: la Chine s'implique indirectement pour défendre la zone d'influence soviétique et répond donc à l'aide économique que lui apporte l'URSS. En même temps, la Chine s'affirme comme puissance capable de résister à l'armée des E-U.

 

- La Chine participe aux conflits de la guerre froide en Asie. Elle soutient le Viêt Minh en guerre contre les Français durant la guerre d'Indochine (1946 1954).

 

- La Chine, appuyée par l'URSS, se lance dans une politique expansionniste, envahissant le Tibet en 1950.

 

Ces différentes implications de la Chine soulignent son désir de s'affirmer sur la scène internationale.

B. La rupture avec Moscou

  • Mais les relations avec l'URSS se détériorent rapidement, surtout après la mort de Staline en 1953.

Rejetant le modèle soviétique dont il perçoit déjà toutes les limites notamment sur le plan économique, Mao livre sa propre version du communisme qu'il résume dans le Petit livre rouge. D'allié, il devient donc un rival de Moscou, chacun des deux pays prétendant désormais exercer le leadership sur le monde communiste.

 

- En 1960, la rupture est officielle lorsque l'URSS rappelle ses experts de Chine.

- En 1962, la Chine accuse l'URSS de trahison lorsqu'elle cède sur les fusées à Cuba.

- En 1964, les Chinois lancent leur première bombe atomique et inquiètent l'URSS.

- Des conflits éclatent sur la frontière entre les deux pays en 1969.

 

  • La Chine, en rupture avec l'URSS, veut développer une troisième voie et s'inscrit dans le mouvement des pays du tiers-monde

 

- Exemple: la conférence de Bandung en 1955. La Chine participe à cette conférence qui réunit les premiers pays décolonisés. C'est le début du lancement du mouvement des pays du Tiers monde marqué par le souci de ne pas jouer le jeu de la guerre froide en étant happé dans la zone d'influence américaine ou soviétique. La Chine s'affirme alors comme une puissance autonome, s'éloignant de l'influence soviétique, et capable d'aider les pays encore colonisés à acquérir leur indépendance sans passer dans la zone d'influence américaine ou soviétique.

 

• La rupture est consommée en 1960, date à laquelle Moscou cesse toutes ses politiques d'assistance à l'égard de la Chine. En 1964, Pékin se dote de l'arme atomique, signant par là son émancipation définitive à l'égard de Moscou. Les deux pays sont même au bord de la guerre en 1969 à propos d'un différend frontalier.

 

• Cette division qui affecte le bloc communiste est évidemment immédiatement mise à profit par les États-Unis. En 1972, le président Nixon se rend en visite officielle à Pékin. L'année précédente, la RPC s'était vue remettre le siège de membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU qui était jusqu'alors resté la propriété de la République de Chine taïwanaise.

C. L'âge d'or du maoïsme

Les années 1960 constituent pour la Chine un premier âge d'or en termes de rayonnement international. Largement discréditée par les révélations qui se succèdent sur sa face sombre, l'URSS ne fait plus rêver grand monde. De nombreux communistes reportent donc sur la Chine de Mao leurs espérances.

 

En Occident, de nombreux mouvements de jeunesse se revendiquent ainsi du maoïsme : c'est par exemple le cas en France durant les événements de mai 1968. Dans les pays du tiers-monde, comme au Cambodge ou en Albanie, c'est désormais la Chine qui sert de modèle à ceux qui entendent ne pas s'aligner sur les deux Grands que sont les États-Unis et l'URSS, renvoyés dos à dos.

 

• Mais ces succès du modèle chinois sont plus symboliques que réels : certes le pays rayonne sur tous les continents et y suscite des adeptes, mais sa situation intérieure n'est guère plus reluisante que celle de l'URSS. Exemple: les deux expériences de transformation communiste de la société chinoise

 

- 1er exemple: le "Grand bon en avant" (1958-1962). La collectivisation systématique des campagnes

 

  • La collectivisation de l’agriculture est poussée à son paroxysme. Une expropriation totale des biens est faite, y compris des ustensiles de cuisine. D’immenses fermes collectives rassemblent de 20 à 30 000 personnes.
  •  La commune populaire fournit à tous et gratuitement les repas, le logement, l’éducation, la santé… Mais en échange, la vie familiale est anéantie par le recours à des cantines et des dortoirs.
  • Les communes populaires fondent ainsi un système totalitaire jamais vu à échelle de millions de personnes
  • Les conséquences: un dérégulation de la production agricole et des famines: on estime que les famines sont à l’origine de 36 millions de morts et d’un déficit de 20 millions de naissances entre 1958 et 1961. L’économie agricole est totalement  désorganisée.
  • Les dirigeants ont mis 3 ans pour accepter le désastre et prendre des mesures  d’urgences. En juillet 1962, Deng Xiaoping prononce deux phrases célèbres : « Si elle augmente la production, l’agriculture privée est tolérable. Peu importe que le chat soit noir ou blanc pourvu qu’il attrape des souris ».

 

- 2e exemple: la Révolution culturelle: lancée à partir de 1966 par Mao Tsé-toung, alors contesté à la tête du régime, la «grande Révolution culturelle prolétarienne» a permis au dirigeant d'éliminer toute forme d'opposition, d'intensifier le culte autour de sa personne et de conforter son pouvoir personnel. Véritable guerre civile, cette période a été marquée par une mobilisation de la jeunesse au sein d'unités de gardes rouges censées réprimer les tendances à l'embourgeoisement, par la «rééducation» des intellectuels déportés dans les campagnes et par une anarchie débouchant sur des violences à grande échelle et un recul économique du pays.

 

 

Partie 2

De la mort de Mao (1976) à aujourd’hui: un statut de superpuissance?

 

Partie 2

De la mort de Mao (1976) à aujourd’hui: un statut de superpuissance?

 

 

A. Les "Quatre modernisations"

 

Des réformes s'imposent qu'il revient à Deng Xiaoping d'opérer à partir de la fin des années 1970. Sans remettre en cause le caractère autoritaire du régime sur le plan politique, ni même l'idéologie communiste, il engage un basculement radical vers le libéralisme économique. La propriété privée des biens de production est autorisée.

 

- La politique de modernisation voulue par Deng Xiaoping s'appuie sur une ouverture de l'économie chinoise à l'international :

  • Il veut attirer les capitaux étrangers (IDE) et notamment ceux de la diaspora chinoise.
  • Il profite de la main-d'œuvre chinoise abondante et peu chère pour faire de la Chine un "pays-atelier". Il espère aussi pouvoir bénéficier d'un transfert de technologies.
  • Il crée des zones économiques spéciales (ZES) installées le long des côtes orientales de la Chine. Les zones économiques spéciales sont des espaces dans lesquels les entreprises bénéficient d'un régime juridique particulier avec notamment une fiscalité avantageuse.
  • Deng Xiaoping multiplie les accords commerciaux avec les pays étrangers et permet la réalisation d'échanges universitaires.
  • Les exportations chinoises augmentent. La Chine, qui enregistre des taux de croissance avoisinant les 10%, devient un acteur incontournable dans le commerce international.
  • La Chine entre au sein de la Banque mondiale et du FMI en 1980.

 

 

Cette stratégie s'avère payante : alors que l'URSS s'enfonce peu à peu dans un marasme économique qui la conduit à son effondrement, la Chine commence à récolter les fruits de sa politique économique réformiste

 

 

B. Réactions sociales à la mutation.

 

Le virage opéré par Deng Xiaoping est cependant critiqué car limité au seul secteur de l'économie.

 

- Un mouvement de contestation se développe et vise à libéraliser également la vie politique, en autorisant par exemple la création de partis politiques rivaux du parti communiste et l'organisation d'élections libres.

 

- À la fin des années 1980, les équilibres internationaux se modifient avec la crise que traverse l'URSS. En effet, les réformes entreprises par Gorbatchev dans le cadre de la glasnost provoquent une libéralisation de la vie politique en URSS avec la fin du parti unique, le rétablissement d'élections libres et l'instauration de la liberté d'expression. L'URSS vacille, les démocraties populaires se détachent du régime soviétique. Les étudiants chinois espèrent une propagation de cette libéralisation à l'ensemble du monde communiste.

 

- Ces contestations se cristallisent en 1989 dans un mouvement de protestation étudiante qui se traduit par l'occupation de la place Tian'anmen de Pékin par les jeunes manifestants. En choisissant d'envoyer l'armée réprimer les manifestations au prix de milliers de morts, les autorités chinoises montrent qu'elles n'entendent céder en rien de leurs convictions.

 

- Cette violente répression, suivie dans le monde entier par la télévision, suscite un puissant mouvement de condamnation internationale. Des sanctions sont prises par de nombreux pays qui placent la Chine sous embargo, notamment pour les ventes d'armes.

 

 

C. Atout et limites.

 

Une puissance incontournable.

Les sanctions internationales liées à la répression du mouvement étudiant ne durent pas car la Chine devient l'usine du monde. D'où son enrichissement au point de devenir le 2e PIB du monde et, selon certains calculs, le 1er. Elle cherche à renforcer son soft power en accueillant des manifestations internationales comme les Jeux Olympiques ou en diffusant la culture chinoise par le biais des Instituts Confucius.

 

En Chine, l'idéologie officielle a évolué. Désormais, le nationalisme est la principale référence des autorités chinoises. Il est en effet difficile de continuer de se revendiquer du marxisme alors que l'économie est devenue capitaliste.

  • Elle bénéficie de la rétrocession de Hong Kong (anciennement britannique) en 1997 et de Macao (anciennement portugaise) en 1999.
  • Elle entreprend une modernisation de son armée en développant le nucléaire militaire et sa marine de guerre qui est déployée dans les mers voisines.
  • Elle joue un rôle dans les institutions internationales. Avec les principaux pays émergents, elle fait partie du groupe des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) et de l'Organisation de coopération de Shanghai qui regroupe des pays asiatiques.
  • Elle participe à des missions de paix sous mandat de l'ONU.
  • Elle se lance dans l'exploration de l'espace. En 2003, elle envoie son premier taïkonaute dans l'espace.
  • Elle multiplie l'organisation de rencontres internationales prestigieuses sur son territoire. En 2008, la Chine organise les Jeux olympiques, et en 2010, elle organise l'Exposition universelle de Shanghai.

 

Les limites politiques

Le principal problème de la Chine reste le poids prépondérant du PCC et le manque de démocratie. La "5e modernisation" (démocratisation en référence aux Quatre Modernisations menées par Deng Xiaoping) n'a pas eu lieu :

  • Les médias sont contrôlés et censurés.
  • La Chine détient le triste record mondial du nombre de condamnations à mort (plusieurs milliers chaque année).
  • Les journalistes et les militants des droits de l'Homme sont persécutés et enfermés.
  • Ni l'ancien président de la RPC, Hu Jintao, ni le nouveau, Xi Jinping, n'ont entrepris de réelles réformes pour démocratiser le pays.

Liu Xiaobo, prix Nobel de la paix en 2010 est encore emprisonné par le régime chinois.

La Chine n'accepte aucune ingérence sur la question du Tibet, mais elle est confrontée, depuis quelques années, à des actions terroristes dans la province du Xinjiang.

La Chine est perçue, notamment par ses voisins, comme une puissance menaçante :

  • Des tensions régulières éclatent entre la Chine et le Japon à propos de la revendication territoriale des îles Senkaku.
  • La Chine revendique toujours le retour de Taïwan au sein de la RPC.
  • La Chine a aussi des revendications territoriales en mer de Chine.
  • Il existe toujours des sujets de discorde avec l'Inde concernant des tracés frontaliers.
  • La Chine peut susciter des inquiétudes également quand les capitaux chinois sont investis pour racheter des parts de l'économie européenne.

 

 

 

 

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8 mars 2017 3 08 /03 /mars /2017 11:39

 

Thème 3. Dynamiques des grandes aires continentales

 

L’Afrique : les défis du développement

 

Cours 1. Le Sahara : ressources, conflits (étude de cas)

 

Cours 2. Le continent africain face au développement et à la mondialisation

 

 

Cours 1 : Le Sahara : ressources, conflits (étude de cas)

 

Le Sahara est le plus grand désert du monde. Il s’étend sur plus sur 8,5 millions de km² de l’Atlantique à la Mer Rouge et de la Méditerranée au Tropique du Cancer et couvre une dizaine de pays

Le Sahara, depuis une dizaine d’années, est revenu sur la scène internationale et médiatique : groupes terroristes islamistes, trafics de drogues et d’armes mais aussi d’abondantes ressources.

Le Sahara est un milieu contraignant mais, contrairement aux idées reçues, aux nombreuses ressources. Ces ressources peuvent être une source de richesses favorables au développement des pays qui les possèdent. Mais il faut pour cela qu’elles puissent être mises en valeur, que les revenus profitent aux Etats et aux populations (que les revenus ne partent pas à l’étranger et qu’elles ne soient pas détournées pas les classes dirigeantes, que leur exploitation rentre dans une logique de développement durable)

 

Problématique : Comment et pourquoi cet espace longtemps marginalisé est-il de plus en plus intégré à la mondialisation ?

 

 

 

PLAN.

 

Partie 1. Le Sahara, un milieu très contraignant

 

Partie 2.Mais c'est aussi un espace aux nombreux atouts

 

Partie 3. Un espace stratégique, confronté à une instabilité et convoité par des acteurs nombreux

 

 

 

 

Partie 1. Le Sahara, un milieu très contraignant.

 

1. Un milieu plutôt hostile.

 

- Un espace désertique. Le Sahara est le plus grand désert du monde: 8,5millions de km², 3000km de profondeur. 40% de l'Afrique et 10 millions d'habitants.

 

- Le climat du Sahara, chaud, ensoleillé et aride,

  • Les températures diurnes sont très élevées, pouvant dépasser 50°C, et l'amplitude thermique entre le jour et la nuit est souvent supérieure à 35 ou 40°C.
  • Les précipitations sont très rares et irrégulières et certaines régions, comme le désert de Libye, restent plusieurs années sans pluie. Les pluies peuvent survenir sous la forme d'averses très brutales, et l'eau ruisselle dans les oueds. Les précipitations augmentent dans les massifs montagneux du Hoggar et du Tibesti, et en marge du désert.

 

- Le désert est un désert de sable avec ses ergs mais surtout un désert de roche avec ses regs (déserts rocheux). Les ergs ne couvrent que 20% du Sahara. Le reste est constitué de plateaux et de massif montagneux comme le Hoggar dont les sommets avoisinent les 3 000m.

 

 

- Il couvre une dizaine de pays.

  • Ainsi le sud de la Libye et des trois États du Maghreb : Maroc, Algérie (l'État qui possède la plus vaste part du Sahara), Tunisie. Le nord de ces pays connaît un climat méditerranéen. À l'exception de la vallée du Nil, l'Égypte est presque entièrement occupée par le désert.
  • Les États situés au sud du désert (Mauritanie, Mali, Niger, Tchad, Soudan) connaissent une situation inverse. Le nord de leur pays est désertique, alors que plus au sud on trouve des steppes qui forment un espace de transition entre le milieu désertique et le milieu tropical. On appelle cet espace le Sahel. Depuis une cinquantaine d'années, le désert du Sahara tend à progresser vers le sud, parfois sur plus d'une centaine de kilomètres.

 

2. Ce désert est surtout humanisé à ses marges.

 

- Concentration de population dans les régions proches des littoraux et dans la vallée du Nil

 

- À l'intérieur c'est un espace de peuplement ponctuel (oasis).

 

- La faiblesse du peuplement s’explique par l’enclavement géographique, les conditions climatiques et les difficultés pour développer des activités économiques, de l’emploi en dehors des activités traditionnelles (élevage transhumant, une petite agriculture vivrière de type oasis) et, si la situation sécuritaire le permet, un peu de tourisme. L’extraction des richesses du sous-sol, activité fortement mécanisée, ne crée pas beaucoup d’emplois et les richesses dégagées par l’exploitation de ces ressources profitent très peu aux populations locales.

 

 

 

Partie 2. Mais c'est aussi un espace aux nombreux atouts.

 

1. Un sous-sol très riche

 

- La ressource essentielle du Sahara est l’eau qu’offrent les oasis aux habitants du Sahara et que l’on trouve surtout au centre du territoire.

  • Le sous-sol du désert dispose en effet d’immenses réservoirs d’eau souterraine, des nappes aquifères fossiles, qui ont été découvertes à l’occasion de prospections pétrolières. Ces réserves sont utilisées pour l’irrigation, mais également pour approvisionner les pôles urbains, en particulier en Afrique du Nord. Grâce à elles, certaines régions bordières du Sahara sont devenues des fronts pionniers agricoles (au Maroc, en Algérie, en Libye).

 

  • La question de la pérennité de l'aquifère se pose donc avec une acuité croissante à mesure que la demande augmente (la recharge par les eaux de pluie est beaucoup plus faible que les prélèvements, qui pourraient épuiser la ressource d’ici 50 à 100 ans au rythme actuel des prélèvements pour le réservoir septentrional du Sahara). Déjà des signes : le niveau des nappes a baissé de 25 à 50m dans certains secteurs ce qui tarit des sources dans les oasis traditionnelles. En même temps on observe une dégradation de la qualité des eaux, dont la concentration en sel augmente. Ensuite, les gisements sont transfrontaliers, ce qui pose donc des problèmes de partage des ressources entre les Etats.

 

- Le sous-sol du désert offre aussi de grandes ressources en hydrocarbures (gaz et pétrole) essentiellement en Algérie, en Libye et en Egypte.

 

- Le Sahara recèle également d’autres richesses naturelles en abondance : les minerais (ex : fer de Mauritanie, uranium au Niger, phosphate au Maroc et en Tunisie…). Les pays qui composent le Sahara dépendent donc largement d’une économie de rente.

 

- Immense potentiel en énergie solaire : degré d’ensoleillement exceptionnel lié à une demande d’énergie des pays méditerranéens qui pourrait doubler d’ici 2020 ou lié à la proximité de l’UE. Mais les investissements nécessaires devraient être très importants

 

- Enfin, le développement du " tourisme d’aventure " représente un nouvel enjeu pour les États sahariens. Basé sur l’imaginaire et la symbolique du désert de sable - erg - (alors que le désert est à 80% composé de cailloux - reg -) le désert permet d’attirer de nombreux touristes chaque année. Mais ce tourisme est dépendant de la sécurité dans la région. D'où sa fragilité actuellement.

 

2. Beaucoup de ces ressources sont destinées au marché mondial, ce qui place le Sahara en plein dans la mondialisation.

 

- Cette exportation massive se réalise par le biais de réseaux de transports nécessaires pour désenclaver le Sahara: gazoducs, oléoducs, routes, lignes de chemins de fer. But: désenclaver le Sahara, c'est-à-dire acheminer les ressources vers des villes portuaires en interface mondiale ou pour satisfaire les besoins des populations concentrées sur le littoral.

 

- Exemples: le réseau de routes transsahariennes sud-nord traversant les pays du Maghreb vers les ports de Tripoli (Lybie), Tunis, Alger, Arzee ou Rabat.

 

- Exemple: le projet du gazoduc allant du Nigéria à l'Algérie sur plus de 4 000km et visant à transporter les ressources gazières nigérianes directement aux ports algériens via le Niger. Le gazoduc transsaharien devrait être doublé par une autoroute et un câble à fibre optique.

 

- Exemple de réseaux de transport d'eau: stations de pompage, des aqueducs, des canaux: "La Grande Rivière Artificielle" en Libye: un réseau de canalisations (4000 km de tuyaux d'un diamètre de 4 m) et des réservoirs amenant l'eau des nappes souterraines du désert à la région côtière surpeuplée, pour un coût total de 20 milliards de dollars US.

- Donc, aujourd'hui, le Sahara demeure un espace largement tourné vers l'extérieur, sous des formes sans cesse renouvelées. Loin d'être replié sur lui-même et en marge de l'économie mondiale, l'espace saharien est intensément connecté au Maghreb, à l'ouest africain, mais aussi au Moyen-Orient et même à la Chine.

 

3. Mais l’exploitation des ressources n’est pas synonyme de développement, car la rente est confisquée par les détenteurs du pouvoir. De plus, l’économie de rente rend les pays concernés dépendants de la conjoncture internationale. Cela nuit aussi au développement d’une économie diversifiée. Enfin cette rente peut aussi être captée pour l’achat d’armes et la corruption.

 

4. Développement urbain entraîné par cette mise en valeur du Sahara.

- Le renouveau du désert s’opère depuis les années 50 et se traduit à la fois par une forte croissance démographique ainsi qu’une rapide urbanisation (90% des habitants habitent en ville)

- le Sahara est donc aussi un monde de villes. En 30ans le Sahara a gagné 5 millions d’habitants.

- Des villes nouvelles sont nées de la mise en valeur de richesses du sous-sol (pétrolières ou minières) : Zouerate pour le fer en Mauritanie, Arlit pour l’uranium au Niger, Hassi-Messaoud pour le pétrole en Algérie.

- D’autres sont voulues comme villes de commandement territorial, conçues pour organiser un territoire donné, y représenter les services de l’Etat. Nouakchott en Mauritanie par exemple.

 

 

 

Partie 3. Un espace confronté à une instabilité et convoité par des acteurs nombreux.

1. Des facteurs d’instabilité nombreux...

  • Un de ces facteurs concerne les frontières.

- Les Etats du Sahara ont un découpage frontalier hérité de la colonisation/décolonisation (frontières tracées à la règle et intangibilité des frontières admise comme préalable à la décolonisation) ce qui peut poser des problèmes en terme de peuplement car ce découpage « à l’aveugle » peut séparer en plusieurs Etats un même peuple (Touaregs, Toubous)

- Les frontières des Etats dans le Sahara n’existent pas pour ces tribus nomades et n’ont donc pas un rôle de barrières. Le Sahara a toujours été un espace de circulation intense, un espace de mobilité dans lequel le nomadisme reste un mode de vie majeur. Pour les groupes nomades qui utilisent le désert comme territoire de vie, ces frontières sont une entrave à leur fonctionnement quotidien puisqu’ils évoluent dans une « territorialité floue » qui s’oppose à la « territorialité dure » héritées de la colonisation puis de la décolonisation. C’est la raison première qui explique l’instabilité passée et présente de la région avant même la question des ressources. Le Sahara est un espace de mouvement et qui contrôle le mouvement, contrôle le pouvoir, la population, ce qu’ont bien compris les terroristes.

 

  • Autre facteur: la faiblesse des Etats.

On peut ici distinguer deux catégories d’Etats :

- au nord, des Etats riverains de la Méditerranée, qui ont amorcé un décollage économique, ont une certaine maîtrise de leurs ressources et les mettent en valeur : Algérie, Maroc, Lybie, Tunisie. Les territoires sahariens sont alors des arrières pays en voie d’intégration

- La situation est différente dans les Etats du Sud du Sahara, dans la bande sahélienne. Les autorités gouvernementales ont du mal à contrôler ces territoires désertiques, l’appareil de l’Etat y est parfois absent ou cantonné à quelques bourgades. (Niger, Mali notamment). Ces régions sahariennes sont des zones grises. Développement de réseaux islamistes dans le nord-Mali.

 

  • le Sahara, une zone de conflits multiples

- À l’Est, la longue guerre entre le Nord et le Sud du Soudan a abouti en 2011 à la création de deux États. Toutefois, les affrontements se poursuivent par milices interposées car le Soudan et le Soudan du Sud se disputent plusieurs territoires frontaliers riches en pétrole. Le Soudan du Sud a hérité des trois-quarts de la production de pétrole, tandis que le Nord possède les infrastructures permettant de l’exporter via les oléoducs vers Port-Soudan.

- . L’ouest du Sahara se caractérise par un conflit frontalier persistant dont l’enjeu est le Sahara occidental, ancienne colonie espagnole, que se sont partagés le Maroc et la Mauritanie en 1975. Les 450 000 habitants, appelés Sahraouis, se sont éparpillés dans ces deux pays ainsi qu’en Algérie. Certains se sont regroupés au sein du Front Polisario, qui revendique l’indépendance du Sahara occidental. Un cessez-le-feu a été signé en 1991 sous les auspices de l’ONU, mais ni le Maroc, ni le Front Polisario ne renoncent à leurs revendication sur ce territoire. La présence de phosphate dans la région ajoute un enjeu économique à la question territoriale.

- La région sahélo-saharienne sont également marqués par la rébellion des Touaregs, un peuple nomade d’environ deux millions d’habitants partagé entre l’Algérie, le Burkina Faso, la Libye, le Mali, la Mauritanie et le Niger. Plusieurs révoltes ont eu lieu depuis les années 1990 et récemment, le Mouvement National pour la Libération de l’Azawad (MNLA) qui revendique le nord du Mali s’est allié avec le groupe touareg islamiste Ansar Dine et des djihadistes d’Al-Qaida pour tenter de déstabiliser le pouvoir malien.

 

2. Un espace convoité par de nombreux acteurs.

- Longtemps considérée comme une région peu peuplée, peu développée et difficile à contrôler, le Sahara entre de plain-pied dans la mondialisation. Le Sahara est traversé par de nombreux flux de marchandises, souvent informels et illicites, et de migrants espérant pour certains rejoindre l’Europe. Il attire les convoitises des entreprises étrangères et des acteurs locaux pour contrôler le territoire. Il est représentatif d’un continent africain en changement et qui s’intègre dans la mondialisation.

 

Exemple: les flux illicites en transit. La région est marquée par l’essor du trafic de haschisch et de cocaïne (15% de la production mondiale de cocaïne transiterait par l’Afrique de l’Ouest). Depuis 2006 la route sahélo-saharienne est de plus en plus empruntée, en raison de la porosité des frontières et de la faiblesse des systèmes policiers et judiciaires nationaux. Ces flux de produits illicites sont souvent tolérés par les gouvernements ; et même parfois soutenus activement par des personnalités politiques et militaires. Les passages frontaliers permettent aux trafiquants d’être protégés. On a vu aussi depuis la guerre en Libye une accélération rapide des flux d’armes, d’abord légères puis lourdes.

Exemple: le terrorisme.

On trouve dans cette zone plusieurs groupes terroristes, notamment AQMI (Al Qaïda au Maghreb Islamique) depuis 2006. AQMI est aujourd’hui composé de plusieurs groupes, rejoints par certaines populations du Sahel comme les rebelles Touaregs du Niger et du Mali. Depuis 2008 on assiste à une recrudescence des attentats et prises d’otages perpétrés par AQMI. Contrairement aux idéaux revendiqués devant les médias (application stricte de la Charia), AQMI est impliqué dans des trafics de drogues, de cigarettes, d’hydrocarbures et dans le racket des migrants transsahariens. On parle de narcodjihadisme

 

 

Conclusion.

Le Sahara est un espace complexe et représentatif d’une Afrique qui change: un Afrique en développement, insérée dans la mondialisation mais aussi une Afrique traversé par des tensions et ne profitant pas assez de la mondialisation.

 

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23 février 2017 4 23 /02 /février /2017 11:58
Les Etats-Unis et le monde depuis 1918 TERMINALE ES
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Thème 3 - Puissances et tensions dans le monde de la fin de la Première Guerre mondiale à nos jours

Les chemins de la puissance

* les États-Unis et le monde depuis les « 14 points » du Président Wilson (1918).

* La Chine et le monde depuis 1949 ».

 

Il s’agit d’expliquer comment les Etats-Unis et la Chine se sont hissés ou se hissent chacun à leur façon et à leur rythme à la tête du monde

 

Notion de puissance dans les relations internationales:

- La puissance désigne la capacité d’un acteur à obtenir des autres acteurs qu’ils infléchissent leurs actions et leurs conduites dans le sens de ses propres intérêts, sans consentir en retour de concessions de même valeur

 

Cours 1.

Les Etats-Unis et le monde depuis les « Quatorze points » du président Wilson (1918 à nos jours)

 

Même si aujourd’hui s’est imposée l’image de la superpuissance étatsunienne active partout dans le monde, cette « évidence » est, en fait, issue d’une histoire particulière et parfois animée de tendances contradictoires qui a progressivement conduit les E-U à assumer des responsabilités mondiales. C’est cette histoire qu’il faut problématiser ici.

Lors de leur naissance, en 1776, les Etats-Unis ne sont constitués que de treize anciennes colonies britanniques ayant rompu avec leur métropole. Avec l’entrée dans l’ère industrielle, les Etats-Unis prennent une place de plus en plus importante dans le monde leur permettant même, à partir de la fin de la Première Guerre mondiale, d’influer sur la marche du monde.

Comment les Etats-Unis sont-ils devenus une grande puissance mondiale ? Comment cette puissance s’exerce-t-elle ? La puissance américaine est-elle aujourd’hui en déclin ?

Plan chronologique en 3 étapes

 

1ère partie. D’une guerre mondiale à l’autre (1918-1941)

 

  1. Passage de l’isolationnisme à l’engagement dans la 1ère guerre mondiale (1918-1921).

 

  1. La doctrine Monroe
  • 1823, le président James Monroe annonce que les E-U ne s’immisceront pas dans les affaires européennes à condition que les puissances européennes renoncent à leurs ambitions américaines. Il défend la mise du continent sous protection étatsunienne et la liberté commerciale.
  • Les E-U délimitent 2 hémisphères: l’Est dominé par l’Europe c’est-à-dire le Vieux Monde et l’Ouest qui est pour eux le Nouveau Monde. Ce dernier hémisphère doit échapper aux influences européennes. Les E-U s’affirment donc comme puissance régionale au XIXe.
  • Se forge également la certitude que les Américains. ont leur destin entre leurs mains et que leur société est idéale. Fondements: Bible, démocratie et économie libérale. Les E-U sont porteurs de valeurs qui peuvent servir de modèle au monde. C’est le mythe de la Destinée manifeste qui s’étend sur le continent américain tout entier

 

  1. L'engagement américain dans la PGM.
  • Les E-U ne souhaitent pas prendre part à la Première Guerre Mondiale. Le premier vingtième siècle est celui d’une puissance qui ne veut pas s’engager sur la scène internationale autrement que par son action économique.
  • Mais en 1917, les E-U s’engagent militairement. Pourquoi?
  • Entre 1914 et 1917, les E-U appuient l’effort de guerre franco-britannique (produits, énergie, capitaux sous forme d’emprunts). Il y a aussi des volontaires américains en Europe au sein d’armées étrangères (canadienne, britannique mais surtout française).
  • 1915, torpillage du Lusitania par un sous-marin allemand. 1 200 victimes civiles dont 128 Américains. Très vive émotion. D’autres torpillages suivront. Modification de l’opinion publique qui penche vers l’interventionnisme
  • Début 1917, l’Allemagne déclare la « guerre sous-marine à outrance ». Les navires neutres deviennent des cibles militaires. Télégramme Zimmemann: intention du Reich de se rapprocher du Mexique pour prendre à revers les E-U dans une action de guerre conjointe.

Tous ces éléments conduisent les E-U à entrer en guerre le 2 avril 1917. En fait, ils rentrent en guerre surtout parce que leurs intérêts commerciaux sont en jeu

 

  1. Les E-U vont essayer peser sur le Traité de Versailles.

- Les Etats-Unis contribuent de façon déterminante à la victoire de l’Entente contre l’Allemagne en 1918. Le président Wilson n’a alors pas de difficulté à convaincre l’opinion mondiale qu’une nouvelle diplomatie mondiale (« new diplomacy ») est nécessaire et il avance ses « Quatorze Points » pour la rédaction du Traité de Versailles

- Ses « 14 Points » se veulent une transposition à l’échelle internationale des valeurs de la démocratie libérale:

– Les cinq premiers points, de portée générale, préconisent la fin de la diplomatie secrète, la liberté des mers, le libre-échange, la réduction des armements et le droit des peuples colonisés à disposer d'eux-mêmes.

– Les points suivants se rapportent au règlement du conflit : restitution de l'Alsace-Lorraine à la France, création d'un État polonais indépendant...!

– Le dernier point, reflétant l'idéalisme du président, annonce la création d'une Société des Nations.

Cela donnera naissance à la SDN (Société des Nations)

 

2. Echec du président Wilson et retour vers un isolationnisme mais limité.

  • Wilson, au retour aux E-U, se heurte à une très forte réaction isolationniste et par deux fois, le Sénat refuse de ratifier le traité de Versailles
  • Le retour des républicains au pouvoir en 1920 marque le renouveau d’une politique isolationniste : le Sénat ne permettra pas aux E-U d’intégrer la SDN
  • Ils refusent de jouer le rôle que leur confère pourtant leur statut de première puissance mondiale. Leur priorité est de préserver les conditions nécessaires au développement (inégalé) de leur économie. C’est « l’Amérique d’abord » (selon le slogan du président Harding).
  • La croissance économique des années 20 est toutefois remise en cause en 1929 lors du krach boursier à l’origine de la crise des années 30 qui constitue l’autre priorité pour les Américains (Le New Deal est une politique de 1933 du président Roosevelt pour relancer l’économie et faire baisser le taux de chômage) .
  • Ce repli sur soi est à son maximum au milieu des années 30 et est symbolisé par les lois de neutralité de 1935-1936. La Loi de neutralité proscrit le commerce de matériel de guerre avec des nations belligérantes et interdit aux citoyens américains de voyager sur des vaisseaux appartenant à des nations belligérantes.

 

  1. Nouvel engagement progressif dans les affaires du monde: l’entrée en guerre des E-U en 1941
  • Mais à la fin des années 1930 (1937 alors que le Japon lance la Seconde Guerre Mondiale par l’invasion de la Chine), le président Roosevelt souhaite sortir le pays de l’isolationnisme alors que la guerre se profile, mais il doit attendre 1941 pour lancer la loi prêt-bail (les Etats-Unis prêtent au Royaume-Uni resté seul en guerre contre l’Axe) et la Charte de l’Atlantique (Roosevelt entreprend avec Churchill de jeter les fondements d'une nouvelle politique internationale prévue pour après la guerre).
  • Les Etats-Unis ne sortent véritablement de leur isolationnisme qu’en décembre 1941 après l’attaque japonaise contre leur base navale de Pearl Harbor.

Au final, l’isolationnisme américain est une réalité qu’il faut relativiser. Lorsque les intérêts économiques sont en jeux, les Etats-Unis savent durcir leur position et intervenir.

 

Partie 2. 1941 - 1991, la superpuissance assumée.

 

 

  1. Les Etats –Unis en 1945, une superpuissance qui impose un nouvel ordre mondial.

 

  • Dès les derniers mois de la Seconde Guerre mondiale, les Alliés mettent en place les bases de reconstruction d'un nouvel ordre mondial. Les Etats-Unis dominent un monde en ruine, auréolés de leur image de défenseurs de la liberté et pénétrés du sentiment qu’ils représentent le meilleur modèle de développement économique. Les pertes militaires américaines ont été faibles par rapport millions de morts soviétiques, européens ou chinois. Leur territoire a été sauvegardé de tout bombardement. Leur économie tourne à plein régime. Ils ont concentré une grande part du stock d’or mondial.
  • Ils imposent la mise en place d'institutions qui confortent la puissance américaine. Les accords de Bretton Woods de juillet 1944 créent le Fonds Monétaire International (il doit permettre la régulation du système monétaire mondial) et la BIRD (future Banque mondiale, elle doit financer les projets de reconstruction d'un monde meurtri, aider les pays pauvres). Ces deux institutions ont leur siège à Washington. De même les Etats-Unis sont à l’origine de la création de l’ONU en 1945. C’est une institution chargée de promouvoir la paix, mais aussi le libéralisme économique et de lutter contre la pauvreté dans le monde. L’ONU est donc une institution diplomatique et politique, mais aussi économique et sociale. Pour les Etats-Unis, les deux vont de pairs : la diplomatie ne peut aller sans des actions économiques et sociales.
  • La mission des Etats-Unis est donc élargie : libéralisme économique, libéralisation des échanges (GATT 1947), lutte contre la pauvreté, diffusion de la démocratie libérale dans le monde.

Cependant, le "rêve" d'un nouvel ordre mondial pacifié est vite contrarié par les tensions entre les deux grands vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale

 

2. Les E-U à la tête du « monde libre » pendant la guerre froide

A/ Contenir le communisme

  • Afin d'empêcher le communisme de se répandre au-delà de sa sphère d'influence d'alors, le Président des Etats-Unis énonce, dans son discours au Congrès du 12 mars 1947, la doctrine Truman s'appuyant sur l'idée du « containment ».
  • Les Etats-Unis s'affirment à travers celle-ci comme un modèle politique, celui de la démocratie libérale, dont l'objectif est le triomphe des valeurs dont ils se veulent porteurs : démocratie, liberté, capitalisme. Cela marque le début de la guerre froide et de la bipolarisation planétaire.
  • Afin de concrétiser la doctrine Truman, est mis en place le plan Marshall (5 juin 1947) d'aide à la reconstruction de l'Europe. Celui-ci constitue bien une intervention économique et politique, car la reconstruction de l'Europe doit permettre d'intégrer celle-ci dans la sphère d'influence étasunienne et consolider les intérêts des Etats-Unis tout en favorisant la libéralisation des échanges.
  • De plus, les tensions de la guerre froide amènent les Etats-Unis à intervenir politiquement à l'étranger et à intégrer un nombre croissant d'Etats dans des systèmes alliances militaires (OTAN en 1949).
  • Cet interventionnisme repose sur l'entretien d'une force armée très importante (plus de 3 millions de soldats en 1953) mais également sur le développement d'agences spécialisées comme la C.I.A.
  • Par exemple, les Etats-Unis ont ainsi mis fin au blocus de Berlin ouest (1947-48) et sont intervenus sous mandat de l’ONU dans la guerre de Corée (1950-53) ou plus tard au Vietnam (1964-73) afin d’endiguer et même de repousser (le « roll back ») la progression du communisme.
  • Mais les interventions sont parfois plus souterraines. C'est notamment le cas avec le soutien apporté à la réalisation de coups d'Etat contre des dirigeants dont la politique intérieure apparaît comme nuisible aux intérêts américains : par exemple en 1973, la CIA soutient le coup d’Etat du général Pinochet contre le gouvernement socialiste d’Allende au Chili La dictature se prolongera jusqu’en 1990.

 

B. Maintenir son influence.

L’influence américaine dans le monde s’exprime massivement et globalement depuis le début de la guerre froide dans tous les domaines de la puissance et surtout sur le plan idéologique (avec l'exportation de l'American Way of life), économique (avec la puissance des firmes américaines) et financier (le dollar reste la principale monnaie internationale, malgré la fin de sa convertibilité en or en 1971).

- Les films hollywoodiens, le star system, la musique, la danse, la mode vestimentaire ou alimentaire sont des vecteurs de l'exportation du modèle de l’american way of life. L’attractivité des États-Unis est telle qu’elle génère un brain drain (migration des diplômés vers les E-U) à l’échelle mondiale (Ex. le recrutement des ingénieurs de la Silicon Valley).

Cette force de séduction peut être utilisée comme arme de déstabilisation. Elle aussi peut faciliter le travail des diplomates américains pour persuader les pays de les rejoindre ; elle est pour cela surnommée le soft power, traduisible par « puissance douce ».

 

B/. Faire monter les enchères

- Si la suprématie mondiale américaine est assurée par le monopole du nucléaire, l’explosion d’une arme nucléaire soviétique le 29 août 1949 change la donne. La même année, l’Union soviétique devient une menace pour le territoire des États- Unis grâce à leurs premiers bombardiers longue distance.

La notion de dissuasion nucléaire se met en place dans la stratégie américaine: attaquer l'adversaire n'est plus possible sans accuser des pertes insupportables. Il faut lancer des défis à l'URSS mais  sur d'autres terrains que la confrontation militaire directe. D'où une course effrénée aux armements dans le but de (dé)montrer la supériorité du modèle américain sur le modèle soviétique. C'est une véritable course de vitesse vers la technologie de destruction de masse et vers la conquête de l'espace. L'objectif minimum: ne pas se faire distancer par l'adversaire comme les E-U l'ont été dans la course à l'espace (Gagarine) et si possible doubler l'adversaire ("alunissage" américain en 1969)

Cette situation entraîne un « équilibre de la terreur », une situation temporairement gelée par la menace d’une destruction mutuelle.

- La période de « détente » des années 1970 (correspondant aux présidences de Nixon, Ford et Carter) correspond à une pause dans la course aux armements et à une sorte de co-gestion du monde. La charge financière de la course aux armements est écrasante et les deux superpuissances tentent de la ralentir sinon de l'arrêter. D'où des traités comme:

  • la signature du traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (Treaty on the Non-Proliferation of Nuclear Weapons) en 1968,
  • puis celui de limitation des armements (Strategic Arms Limitation Talks : SALT I)
  • et la Convention sur les armes biologiques (Biological Weapons Convention : BWC) en 1972

- Enfin dans les années 1980 (présidences de Reagan), la course aux armements s’intensifie pour les armes nucléaires: 983, Strategic Defense Initiative : IDS ou bouclier spatial en français

- Peu après, le nouveau dirigeant de l'URSS (Gorbatchev 1985-1991) fait le constat de l'épuisement économique de son pays et tente de se retirer de la course aux armements. Il essaiera de réformer son pays pour sauver le communisme mais ne pourra y parvenir et démissionnera en 1991. Cette démission signe la fin de l'URSS et le triomphe absolue des E-U comme seule superpuissance mondiale.

 

P3. Dominer l’après guerre froide (1991 à nos jours)

 

À partir des années 1980, l’URSS, en proie à une stagnation économique, ne peut plus suivre les États-Unis dans la course aux armements. L’Union soviétique cesse d’exister en 1991.

Première puissance globale de l’histoire, les Etats-Unis font face à de nouvelles responsabilités et ont de nouvelles ambitions.

Se pose alors la question de l'exercice de leur leadership par une stratégie multilatérale (agir en fonction de leurs intérêts mais en concertation avec les institutions internationale) ou unilatérale (agir en fonction de leurs intérêts et sans l'accord des institutions internationales et en dehors de toute légalité internationale)

 

a. Etre le gendarme du monde

- 1er test: la première guerre du Golfe en 1990-1991

Les E-U ont un objectif: installer des bases militaires au Moyen-Orient et accroître leur influence dans cette région hautement importante pour eux en raison de ces richesses pétrolières.

A la base de l’invasion du Koweit et de l’engagement américain il y a un piège et des entreprises de désinformation.

Mais pour atteindre leur but les E-U ne s’engagent pas seuls et sans l’accord de l’ONU.

- Cet engagement dans le cadre du multilatéralisme se répète plusieurs fois dans les années 1990.

Les EU interviennent sous mandat de l’ONU (Somalie 1992-1994 ; Bosnie 1993-1995 ; Haïti 1994-1996) En Bosnie, ils sont présents par le biais de l’OTAN. Ils pallient les faiblesses des casques bleus

- Mais les EU refusent de participer à la convention de Kyoto en décembre 1997 (réduction de l’émission de gaz à effet de serre), d’Ottawa en 1997 (sur l’interdiction des mines anti- personnelles) et de Rome en 1998 (créant la Cour pénale internationale). Cela marque les limites de leur engagement au côté de l'ONU et de la gouvernance mondiale

 


b. S’adapter aux changements

 

A. Les attentats du 11 septembre 2001 à New York et à Washington changent la donne. Le gouvernement de George Bush junior (président de 2001 à 2009) annonce une « guerre contre le terrorisme ».

 

  • Bush ne fait pas que désigner Al Qaïda comme ennemi des E-U, il décide de considérer « le monde comme un champ de bataille »: tous les Etats, toutes les organisations susceptibles de soutenir directement ou indirectement le terrorisme ou de mettre en danger la sécurité du monde deviennent des cibles à abattre. C’est la signification de ce que président nomme: « l’axe du mal ».

 

  • Le président Bush transforme les deux interventions (en Afghanistan, en 2001, contre le régime islamiste qui accueille Al Qaïda et Ben Laden puis l'Irak en 2003) en une croisade des forces du bien contre les forces du mal.

- Le 11 septembre 2001, les Américains sont pour la première fois de leur histoire frappés directement sur leur sol ; ils se considèrent dès lors en guerre, et leur gouvernement réagit en intervenant en Afghanistan, avec un mandat des Nations Unies, pour mettre hors d’état d’agir les auteurs de ces attentats.

- En mars 2003, toujours au nom de la lutte contre le terrorisme, et cette fois en recherchant les Armes de Destruction Massive, soi-disant détenues par le régime irakien, les Etats-Unis lancent leurs troupes sur l’Irak, mais cette fois sans mandat de l’ONU.

- Dans les deux cas, Washington rencontre un succès, en tout cas militaire, puisque le régime des Talibans en Afghanistan, et la dictature de Saddam Hussein en Irak, sont renversés rapidement.

- Derrière ces opérations militaires, il y a l’idée de l’administration Bush de bouleverser politiquement le Moyen-Orient, et cette idée s’inscrit dans une « Initiative pour le Grand Moyen-Orient ». Le projet de « Grand Moyen-Orient » est avant tout un projet politique: instaurer la démocratie dans un ou deux pays de la zone et, par un effet domino, les régimes autoritaires des autres pays voisins tomberont.

 

  • C’est une guerre nouvelle, sans frontière et sans fin, que les E-U organisent avec une montée en puissance du rôle des forces spéciales américaines hors de tout contrôle du Congrès et des lois internationales de la guerre c’est-à-dire hors de tout cadre légal et partout où il est nécessaire sur la planète.

- Exemple: dans la prison américaine d’Abou Ghraïb en Irak, les tortures sont programmées et les torturés photographiés. Fin 2001, alors que le nouveau programme de capture et d'assassinat atteint son rythme de croisière, le numéro 3 de la CIA, Buzzy Krongard, déclare que "dans une large mesure, les Etats-Unis gagneront (cette guerre) grâce à des forces dont vous ne savez rien, à des opérations dont vous ne verrez rien et à des méthodes que vous préféreriez ne pas connaître. »

 

B. La présidence d’Obama (2008-2016) a-t-elle mis fin à cette guerre secrète et sans frontières?

 

  • Dans une certaine mesure oui avec le désengagement limité des forces américaines d'Afghanistan et d'Irak.

 

  • Mais non sur le fond d'une guerre mondiale, secrète et hors de tout cadre légal contre ce qui touche les intérêts américains et pas seulement le terrorisme.

- Exemple: les services de renseignement américains l(a NSA) espionnent l'ambassade de France à Washington, mais aussi les institutions européennes, et ont mis en place un système de surveillance des utilisateurs de Google, Facebook ou Skype.

- Exemple: Les Etats-Unis ont fait de l'assassinat un élément central de leur politique de sécurité nationale.

Régulièrement est mise à jour une « kill list » – terroristes confirmés, apprentis terroristes, suspects de terrorisme... bref, tous ceux que les services secrets américains considèrent comme une menace pour les Etats-Unis.

Cette liste est présentée au président Obama pour qu'il y appose son paraphe. Ni procès ni jugement : le jour où leur nom apparaît sur la liste, ces hommes sont morts — même quand ils sont citoyens américains. L'utilisation des drones tueurs est généralisée en Asie et en Afrique.

Voir le livre de Jeremy Scahill, Dirty Wars. Le nouvel art de la guerre.

 

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23 février 2017 4 23 /02 /février /2017 11:40
L'Afrique face au développement et à la mondialisation TERMINALE ES
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L'Afrique et les défis du développement.

 

COURS 2.

Le continent africain face au développement et à la mondialisation

 

Le cours 1 était consacré à l'étude de cas sur le Sahara.

 

INTRODUCTION.

 

L’Afrique est un continent qui, à l’échelle mondiale cumule les indicateurs économiques, sociaux et environnementaux défavorables, auxquels s’ajoutent de multiples conflits locaux, des problèmes de gouvernances et une place marginale dans la mondialisation.

En réalité, le continent africain n’est pas homogène en termes de développement et les situations ne sont pas figées. Des formes de décollage économique existent, malgré la persistance de problèmes aigus.

De même, on ne peut plus considérer que l’Afrique est à l’écart du monde. Le continent est largement placé en relation subordonnée dans les échanges mondialisés, mais des exemples d’adaptation aux mutations liés à la mondialisation doivent être soulignés, même si là encore, les réalités du continent sont très hétérogènes.

 

Visions contradictoires de l’Afrique entre optimisme et pessimisme. Par conséquent, quand on parle du continent, il faut privilégier le pluriel au singulier, il convient de raisonner en termes d’Afriques

 

Quelle est la situation de l’Afrique face aux questions de développement ? Le continent connait-il un réel décollage économique ? Quels défis l’Afrique doit-elle encore relever ?

 

PLAN.

 

I. l’Afrique, un continent à l’écart du développement et du monde ?

A. Un continent qui cumule les indicateurs défavorables

B. Des freins multiples au développement

II. Une intégration marginale mais croissante dans la mondialisation.

A. Un décollage économique récent.

B Mais d’importants défis à relever.

 

UN CROQUIS est demandé au Bac sur l'Afrique face au développement et la mondialisation. Il est présenté en images ci-dessus et en 3 temps correspondant aux trois parties de la légende.

 

Partie I. l’Afrique, un continent à l’écart du développement et du monde ?

 

A. Un continent qui cumule les indicateurs défavorables

 

1. La situation sociale et sanitaire du continent reste problématique : 300 millions d’Africains (près du tiers de la population du continent) n’ont pas accès à l’eau potable. La même proportion vit avec moins de 1 dollar par jour. La sous-alimentation et l’insécurité alimentaire touchent environ un tiers de la population. Une majorité de personnes n’ont pas accès à l’éducation, aux soins médicaux alors que c’est la région du monde la plus touchée par le sida : presque 24 millions de personnes sont atteintes du VIH (ce qui explique la baisse actuelle de l’espérance de vie dans plusieurs États).

 

La pauvreté est extrêmement répandue dans les campagnes, mais également dans les vastes bidonvilles et dans les villes elles-mêmes, puisque le taux de chômage y avoisine les 25 %. Cette situation est la source de tensions sociales qui traversent tout le continent. Celles-ci sont à l’origine des révolutions qui ont parcouru l’Afrique du Nord depuis 2011. Elles représentent un défi pour l’ensemble des gouvernements africains, y compris dans les États les plus riches :

 

 

2. La situation de l’Afrique n’est toutefois pas homogène : si l’on procède à une analyse intra-africaine, on constate que les écarts entre Etats sont importants.

- Par exemple,  le Maghreb affiche un IDH relativement élevé (entre 0,65 et 0,8) ce qui est le signe d’un développement tangible. De même, l’Afrique du Sud, le Botswana ou encore la Namibie ont un IDH situé au-dessus de la moyenne continentale.

- l’Afrique du Sud qui est le pays le plus riche du continent mais il compte plus de 50 millions d’habitants vivant sous le seuil de pauvreté et son IDH est en baisse du fait de l’épidémie de sida qui a fait reculer l’espérance de vie sous les 60 ans au cours des vingt dernières années.

 

 

B. Des freins multiples au développement

 

  • Le premier obstacle au développement est l’instabilité politique. L’Afrique reste le continent qui a connu le plus grand nombre de conflits (inter et intra-étatiques) depuis la fin de la Guerre froide : elle est en ce sens une zone d’instabilité majeure. 20 % de la population africaine reste à la merci des conflits armés et les régimes autoritaires demeurent plus nombreux que les démocraties (même si ces dernières progressent). La corne de l’Afrique, mais également l’Afrique de l’Ouest et une partie de l’Afrique du Nord sont situés dans « l’arc des crises » et la guerre civile est quasiment permanente dans certains États telle que la République démocratique du Congo ou au Soudan. Les régimes démocratiques n’échappent pas eux-mêmes à la corruption et à la violence politique qui gangrènent la majorité des États africains.

 

  • La fuite illicite des capitaux en lien plus ou moins étroit avec la corruption des élites et la puissance des économies informelles expliquent également la faiblesse du développement.

Les estimations (délicates car il s’agit de flux illégaux) font état de plus de 800 milliards de dollars illégalement transférés depuis 40 ans d’Afrique vers le monde développé.

Cette richesse est détournée au profit d’une élite africaine et au profit des économies non africaines dans lesquelles elle est investie. Elle aurait pu financer des programmes de développement ambitieux ou servir par exemple à la construction d’infrastructures (éducation, santé, énergie…).

 

 

Partie II. Une intégration marginale mais croissante dans la mondialisation

 

A. Un décollage économique récent

 

  • L’Afrique connait encore aujourd’hui une intégration marginale dans le commerce international. Le commerce africain pèse financièrement très peu dans la mondialisation (363 milliards de dollars en 2007 soit 9 fois moins que l’Asie-Océanie, 13.67 fois moins que l’Europe par exemple).

 

  • Toutefois, l’Afrique capte de plus en plus d’IDE (1% en 2000 contre 4.5% en 2010). Les échanges commerciaux entre l’Afrique et le reste du monde ont triplé au cours des dix dernières années. Selon le FMI, la part de l’Afrique dans la croissance mondiale était négligeable à la fin du XX (moins de 0,3% ….) ; cette part a atteint 2,5% depuis l’an 2000 et c’est un signe encourageant mais sans commune mesure avec la part de la Chine (20% !!).

 

 

  • Dans certains domaines, l’Afrique s’insère rapidement dans la mondialisation. En témoigne par exemple le boom de la téléphonie mobile : 44% d’augmentation, 475 millions de connexions mobiles (sur 1 milliard d’habitants en 2012). Second marché mondial en nombre d’abonnés, ce secteur attise la convoitise des grandes firmes internationales mais nécessite à terme une amélioration des équipements par les Etats.

 

  • Une classe moyenne africaine est en formation dans beaucoup de pays africains. Le consommateur africain intéresse désormais les entreprises mondiales.

 

  • le pourcentage de la population en deçà du seuil de pauvreté absolue est passé de 66 % à 60 %.

 

  • Ces perspectives de développement attirent de nouveaux partenaires au premier rang desquels s’impose la Chine suivie de près par les pays d’Amérique du Sud et plus généralement par les grands pays émergents comme le Brésil. Ces nouveaux partenaires s’ajoutent aux puissances déjà présentes comme les Etats-Unis et les anciennes puissances colonisatrices qui ont souvent gardé des liens forts avec les Etats africains devenus indépendants (néocolonialisme économique)

 

B. D'importants défis à relever.

 

1. Faire face à la croissance démographique la plus forte de la planète.

 

- L'Afrique concentrera presque toute la progression démographique mondiale. Sa part dans la population mondiale devrait passer de 14,8% en 2010 (1 milliard) à 23,6% en 2050 (2,2 milliards). La population africaine devrait être de 3,6 milliards à la fin du siècle.

La quasi-totalité de la croissance démographique d'ici à la fin du XXI e siècle sera due à l'Afrique en raison d'une fécondité qui ne baisse que très lentement.

L’Afrique dispose d’une population jeune. Dans de nombreux pays subsahariens, la proportion des moins de 15 ans dépasse les 40%.

 

Cette croissance suppose des besoins énormes (nourriture, eau, travail, logement, soins, éducation…), besoins auxquels les Etats africains par manque de moyens ou de volonté politique ne répondent globalement pas

 

 

 

- L'explosion démographique va de pair avec une explosion urbaine:

 

  • Actuellement, il y a plus de 400 millions d’urbains en Afrique soit un taux d’urbanisation de 40% ; d’ici 2050, le taux d’urbanisation devrait atteindre 60% soit 1,2 milliards d’urbains….47 villes dépassent le million d’habitants, dont Le Caire Lagos > à 15 m d’hab, Kinshasa autour de 8 m.

 

  • Un exode rural massif et la gestion de mégapoles constituent des défis majeurs pour l'Afrique du XXIe siècle. Problèmes que ce phénomène pose : problèmes des infrastructures nécessaires, problème de contrôle de la ville par les pouvoirs locaux, problèmes d’approvisionnement et d’emplois, problèmes d’adaptation et de changement de culture pour les anciens ruraux.

 

 

2. Nourrir le continent.

 

  • Il existe des causes multiples à l’insécurité alimentaire en Afrique.

- Surfaces agricoles cultivables insuffisamment exploitées

- Mauvaise conditions de stockage des productions agricoles

- Faiblesse des infrastructures agricoles  (matériel agricole rudimentaire, réseaux de distribution peu efficaces…)

- les populations pauvres sont dépendantes des variations des cours mondiaux des produits alimentaires.

 

  • Le problème du « land grabbing » : accaparement des terres agricoles par des puissances ou les firmes étrangères. Les terres agricoles deviennent des ressources stratégiques à la fois pour les groupes financiers et des Etats comme la Chine ou l’Arabie Saoudite ; ces acteurs prennent le contrôle de terres en les louant à fable prix (en Ethiopie, 1 hectare se loue 1,5 euro l'année) pour y développer des agricultures « off shore » destinées à leur propres besoins. La Chine a ainsi pris le contrôle de plus de 10 millions d’hectares en Afrique…

 

2. Surmonter les divisions  et progresser vers une intégration régionale.

 

Il existe une multitude d’organisations régionales en Afrique, ce qui ne favorise pas la résolution de problèmes globaux comme le terrorisme ou le développement économique et les pressions extérieures (FTN, Etats).

 

Exceptée l’Union Africaine (UA,  à vocation politique, économique et sécuritaire) qui rassemble les 54 Etats du continent, les onze autres organisations morcèlent l’Afrique en sous-ensembles distincts qui peuvent se montrer concurrents.

 

3. Les convoitises qu’elle suscite de la part des puissances émergentes :

  • Les IDE augmentent et proviennent surtout des pays émergents et d’Asie (Hong Kong, Inde, Chine). Mais ces IDE sont limités aux industries extractives et ne bénéficient qu’à un petit nombre de pays comme le Nigéria, l’Angola, le Mozambique ou le Soudan.

 

  • L’Afrique dans la stratégie chinoise : en 2007, la Chine est devenue le second partenaire de l’Afrique, après les USA ; avec plus de 50 milliards de dollars d’IDE, la Chine investit massivement dans les secteurs du pétrole, des mines, des infrastructures. Cependant, l’afflux massifs de produits chinois manufacturés à bas coûts perturbe les circuits locaux de production (textile) ; par ailleurs, les conditions de travail des populations employées par les FTN chinoises suscitent des révoltes de la part des ouvriers africains.

 

CONCLUSION.

Il convient de se méfier des images passées et dépassées d’une Afrique misérable : l’Afrique depuis le début de ce siècle vit assurément un basculement malgré les incertitudes.

 

 

 

 

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28 janvier 2017 6 28 /01 /janvier /2017 20:07
Le Sahara: ressources et tensions TERMINALE ES
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Thème 3. Dynamiques des grandes aires continentales

 

L’Afrique : les défis du développement

 

Cours 1. Le Sahara : ressources, conflits (étude de cas)

 

Cours 2. Le continent africain face au développement et à la mondialisation

 

 

Cours 1 : Le Sahara : ressources, conflits (étude de cas)

 

Le Sahara est le plus grand désert du monde. Il s’étend sur plus sur 8,5 millions de km² de l’Atlantique à la Mer Rouge et de la Méditerranée au Tropique du Cancer et couvre une dizaine de pays

Le Sahara, depuis une dizaine d’années, est revenu sur la scène internationale et médiatique : groupes terroristes islamistes, trafics de drogues et d’armes mais aussi d’abondantes ressources.

Le Sahara est un milieu contraignant mais, contrairement aux idées reçues, aux nombreuses ressources. Ces ressources peuvent être une source de richesses favorables au développement des pays qui les possèdent. Mais il faut pour cela qu’elles puissent être mises en valeur, que les revenus profitent aux Etats et aux populations (que les revenus ne partent pas à l’étranger et qu’elles ne soient pas détournées pas les classes dirigeantes, que leur exploitation rentre dans une logique de développement durable)

 

Problématique : Comment et pourquoi cet espace longtemps marginalisé est-il de plus en plus intégré à la mondialisation ?

 

 

 

PLAN.

 

Partie 1. Le Sahara, un milieu très contraignant

 

Partie 2.Mais c'est aussi un espace aux nombreux atouts

 

Partie 3. Un espace stratégique, confronté à une instabilité et convoité par des acteurs nombreux

 

 

 

 

Partie 1. Le Sahara, un milieu très contraignant.

 

1. Un milieu plutôt hostile.

 

- Un espace désertique. Le Sahara est le plus grand désert du monde: 8,5millions de km², 3000km de profondeur. 40% de l'Afrique et 10 millions d'habitants.

 

- Le climat du Sahara, chaud, ensoleillé et aride,

  • Les températures diurnes sont très élevées, pouvant dépasser 50°C, et l'amplitude thermique entre le jour et la nuit est souvent supérieure à 35 ou 40°C.
  • Les précipitations sont très rares et irrégulières et certaines régions, comme le désert de Libye, restent plusieurs années sans pluie. Les pluies peuvent survenir sous la forme d'averses très brutales, et l'eau ruisselle dans les oueds. Les précipitations augmentent dans les massifs montagneux du Hoggar et du Tibesti, et en marge du désert.

 

- Le désert est un désert de sable avec ses ergs mais surtout un désert de roche avec ses regs (déserts rocheux). Les ergs ne couvrent que 20% du Sahara. Le reste est constitué de plateaux  et de massif montagneux comme le Hoggar dont les sommets avoisinent les 3 000m.

 

 

- Il couvre une dizaine de pays.

  • Ainsi le sud de la Libye et des trois États du Maghreb : Maroc, Algérie (l'État qui possède la plus vaste part du Sahara), Tunisie. Le nord de ces pays connaît un climat méditerranéen. À l'exception de la vallée du Nil, l'Égypte est presque entièrement occupée par le désert.
  • Les États situés au sud du désert (Mauritanie, Mali, Niger, Tchad, Soudan) connaissent une situation inverse. Le nord de leur pays est désertique, alors que plus au sud on trouve des steppes qui forment un espace de transition entre le milieu désertique et le milieu tropical. On appelle cet espace le Sahel. Depuis une cinquantaine d'années, le désert du Sahara tend à progresser vers le sud, parfois sur plus d'une centaine de kilomètres.

 

2. Ce désert est surtout humanisé à ses marges.

 

- Concentration de population dans les régions proches des littoraux et dans la vallée du Nil

 

 À l'intérieur c'est un espace de peuplement ponctuel (oasis).

 

- La faiblesse du peuplement s’explique par l’enclavement géographique, les conditions climatiques et les difficultés pour développer des activités économiques, de l’emploi en dehors des activités traditionnelles (élevage transhumant, une petite agriculture vivrière de type oasis) et, si la situation sécuritaire le permet, un peu de tourisme. L’extraction des richesses du sous-sol, activité fortement mécanisée, ne crée pas beaucoup d’emplois et les richesses dégagées par l’exploitation de ces ressources profitent très peu aux populations locales.

 

 

 

Partie 2. Mais c'est aussi un espace aux nombreux atouts.

 

1. Un sous-sol très riche

 

- La ressource essentielle du Sahara est l’eau qu’offrent les oasis aux habitants du Sahara et que l’on trouve surtout au centre du territoire.

  • Le sous-sol du désert dispose en effet d’immenses réservoirs d’eau souterraine, des nappes aquifères fossiles, qui ont été découvertes à l’occasion de prospections pétrolières. Ces réserves sont utilisées pour l’irrigation, mais également pour approvisionner les pôles urbains, en particulier en Afrique du Nord. Grâce à elles, certaines régions bordières du Sahara sont devenues des fronts pionniers agricoles (au Maroc, en Algérie, en Libye).

 

  • La question de la pérennité de l'aquifère se pose donc avec une acuité croissante à mesure que la demande augmente (la recharge par les eaux de pluie est beaucoup plus faible que les prélèvements, qui pourraient épuiser la ressource d’ici 50 à 100 ans au rythme actuel des prélèvements pour le réservoir septentrional du Sahara). Déjà des signes : le niveau des nappes a baissé de 25 à 50m dans certains secteurs ce qui tarit des sources dans les oasis traditionnelles. En même temps on observe une dégradation de la qualité des eaux, dont la concentration en sel augmente. Ensuite, les gisements sont transfrontaliers, ce qui pose donc des problèmes de partage des ressources entre les Etats.

 

- Le sous-sol du désert offre aussi de grandes ressources en hydrocarbures (gaz et pétrole) essentiellement en Algérie, en Libye et en Egypte.

 

- Le Sahara recèle également d’autres richesses naturelles en abondance : les minerais (ex : fer de Mauritanie, uranium au Niger, phosphate au Maroc et en Tunisie…). Les pays qui composent le Sahara dépendent donc largement d’une économie de rente.

 

- Immense potentiel en énergie solaire : degré d’ensoleillement exceptionnel lié à une demande d’énergie des pays méditerranéens qui pourrait doubler d’ici 2020 ou lié à la proximité de l’UE. Mais les investissements nécessaires devraient être très importants

 

- Enfin, le développement du " tourisme d’aventure " représente un nouvel enjeu pour les États sahariens. Basé sur l’imaginaire et la symbolique du désert de sable - erg - (alors que le désert est à 80% composé de cailloux - reg -) le désert permet d’attirer de nombreux touristes chaque année. Mais ce tourisme est dépendant de la sécurité dans la région. D'où sa fragilité actuellement.

 

2. Beaucoup de ces ressources sont destinées au marché mondial, ce qui place le Sahara en plein dans la mondialisation.

 

- Cette exportation massive se réalise par le biais de réseaux de transports nécessaires pour désenclaver le Sahara: gazoducs, oléoducs, routes, lignes de chemins de fer. But: désenclaver le Sahara, c'est-à-dire acheminer les ressources vers des villes portuaires en interface mondiale ou pour satisfaire les besoins des populations concentrées sur le littoral.

 

- Exemples: le réseau de routes transsahariennes sud-nord traversant les pays du Maghreb vers les ports de Tripoli (Lybie), Tunis, Alger, Arzee ou Rabat.

 

- Exemple: le projet du gazoduc allant du Nigéria à l'Algérie sur plus de 4 000km et visant à transporter les ressources gazières nigérianes directement aux ports algériens via le Niger. Le gazoduc transsaharien devrait être doublé par une autoroute et un câble à fibre optique. 

 

- Exemple de réseaux de transport d'eau: stations de pompage, des aqueducs, des canaux: "La Grande Rivière Artificielle" en Libye: un réseau de canalisations (4000 km de tuyaux d'un diamètre de 4 m) et des réservoirs amenant l'eau des nappes souterraines du désert à la région côtière surpeuplée, pour un coût total de 20 milliards de dollars US.

- Donc, aujourd'hui, le Sahara demeure un espace largement tourné vers l'extérieur, sous des formes sans cesse renouvelées. Loin d'être replié sur lui-même et en marge de l'économie mondiale, l'espace saharien est intensément connecté au Maghreb, à l'ouest africain, mais aussi au Moyen-Orient et même à la Chine.

 

3. Mais l’exploitation des ressources n’est pas synonyme de développement, car la rente est confisquée par les détenteurs du pouvoir. De plus, l’économie de rente rend les pays concernés dépendants de la conjoncture internationale. Cela nuit aussi au développement d’une économie diversifiée. Enfin cette rente peut aussi être captée pour l’achat d’armes. et la corruption.

 

4. Développement urbain entraîné par cette mise en valeur du Sahara.

- Le renouveau du désert s’opère depuis les années 50 et se traduit à la fois par une forte croissance démographique ainsi qu’une rapide urbanisation (90% des habitants habitent en ville)

- le Sahara est donc aussi un monde de villes. En 30ans le Sahara a gagné 5 millions d’habitants.

- Des villes nouvelles sont nées de la mise en valeur de richesses du sous-sol (pétrolières ou minières) : Zouerate pour le fer en Mauritanie, Arlit pour l’uranium au Niger, Hassi-Messaoud pour le pétrole en Algérie.

- D’autres sont voulues comme villes de commandement territorial, conçues pour organiser un territoire donné, y représenter les services de l’Etat. Nouakchott en Mauritanie par exemple.

 

 

 

Partie 3. Un espace confronté à une instabilité et convoité par des acteurs nombreux.

 

1. Des facteurs d’instabilité nombreux...

  • Un de ces facteurs concerne les frontières.

- Les Etats du Sahara ont un découpage frontalier hérité de la colonisation/décolonisation (frontières tracées à la règle et intangibilité des frontières admise comme préalable à la décolonisation) ce qui peut poser des problèmes en terme de peuplement car ce découpage « à l’aveugle » peut séparer en plusieurs Etats un même peuple (Touaregs, Toubous)

- Les frontières des Etats dans le Sahara n’existent pas pour ces tribus nomades et n’ont donc pas un rôle de barrières. Le Sahara a toujours été un espace de circulation intense, un espace de mobilité dans lequel le nomadisme reste un mode de vie majeur. Pour les groupes nomades qui utilisent le désert comme territoire de vie, ces frontières sont une entrave à leur fonctionnement quotidien puisqu’ils évoluent dans une « territorialité floue » qui s’oppose à la « territorialité dure » héritées de la colonisation puis de la décolonisation. C’est la raison première qui explique l’instabilité passée et présente de la région avant même la question des ressources. Le Sahara est un espace de mouvement et qui contrôle le mouvement, contrôle le pouvoir, la population, ce qu’ont bien compris les terroristes.

 

  • Autre facteur: la faiblesse des Etats.

On peut ici distinguer deux catégories d’Etats :

- au nord, des Etats riverains de la Méditerranée, qui ont amorcé un décollage économique, ont une certaine maîtrise de leurs ressources et les mettent en valeur : Algérie, Maroc, Lybie, Tunisie. Les territoires sahariens sont alors des arrières pays en voie d’intégration

- La situation est différente dans les Etats du Sud du Sahara, dans la bande sahélienne. Les autorités gouvernementales ont du mal à contrôler ces territoires désertiques, l’appareil de l’Etat y est parfois absent ou cantonné à quelques bourgades. (Niger, Mali notamment). Ces régions sahariennes sont des zones grises. Développement de réseaux islamistes dans le nord-Mali.

 

  • le Sahara, une zone de conflits multiples

- À l’Est, la longue guerre entre le Nord et le Sud du Soudan a abouti en 2011 à la création de deux États. Toutefois, les affrontements se poursuivent par milices interposées car le Soudan et le Soudan du Sud se disputent plusieurs territoires frontaliers riches en pétrole. Le Soudan du Sud a hérité des trois-quarts de la production de pétrole, tandis que le Nord possède les infrastructures permettant de l’exporter via les oléoducs vers Port-Soudan.

- . L’ouest du Sahara se caractérise par un conflit frontalier persistant dont l’enjeu est le Sahara occidental, ancienne colonie espagnole, que se sont partagés le Maroc et la Mauritanie en 1975. Les 450 000 habitants, appelés Sahraouis, se sont éparpillés dans ces deux pays ainsi qu’en Algérie. Certains se sont regroupés au sein du Front Polisario, qui revendique l’indépendance du Sahara occidental. Un cessez-le-feu a été signé en 1991 sous les auspices de l’ONU, mais ni le Maroc, ni le Front Polisario ne renoncent à leurs revendication sur ce territoire. La présence de phosphate dans la région ajoute un enjeu économique à la question territoriale.

- La région sahélo-saharienne sont également marqués par la rébellion des Touaregs, un peuple nomade d’environ deux millions d’habitants partagé entre l’Algérie, le Burkina Faso, la Libye, le Mali, la Mauritanie et le Niger. Plusieurs révoltes ont eu lieu depuis les années 1990 et récemment, le Mouvement National pour la Libération de l’Azawad (MNLA) qui revendique le nord du Mali s’est allié avec le groupe touareg islamiste Ansar Dine et des djihadistes d’Al-Qaida pour tenter de déstabiliser le pouvoir malien.

 

2. Un espace convoité par de nombreux acteurs.

- Longtemps considérée comme une région peu peuplée, peu développée et difficile à contrôler, le Sahara entre de plain-pied dans la mondialisation. Le Sahara est traversé par de nombreux flux de marchandises, souvent informels et illicites, et de migrants espérant pour certains rejoindre l’Europe. Il attire les convoitises des entreprises étrangères et des acteurs locaux pour contrôler le territoire. Il est représentatif d’un continent africain en changement et qui s’intègre dans la mondialisation.

 

Exemple: les flux illicites en transit. La région est marquée par l’essor du trafic de haschisch et de cocaïne (15% de la production mondiale de cocaïne transiterait par l’Afrique de l’Ouest). Depuis 2006 la route sahélo-saharienne est de plus en plus empruntée, en raison de la porosité des frontières et de la faiblesse des systèmes policiers et judiciaires nationaux. Ces flux de produits illicites sont souvent tolérés par les gouvernements ; et même parfois soutenus activement par des personnalités politiques et militaires. Les passages frontaliers permettent aux trafiquants d’être protégés. On a vu aussi depuis la guerre en Libye une accélération rapide des flux d’armes, d’abord légères puis lourdes.

Exemple: le terrorisme.

On trouve dans cette zone plusieurs groupes terroristes, notamment AQMI (Al Qaïda au Maghreb Islamique) depuis 2006. AQMI est aujourd’hui composé de plusieurs groupes, rejoints par certaines populations du Sahel comme les rebelles Touaregs du Niger et du Mali. Depuis 2008 on assiste à une recrudescence des attentats et prises d’otages perpétrés par AQMI. Contrairement aux idéaux revendiqués devant les médias (application stricte de la Charia), AQMI est impliqué dans des trafics de drogues, de cigarettes, d’hydrocarbures et dans le racket des migrants transsahariens. On parle de narcodjihadisme

 

 

Conclusion.

Le Sahara est un espace complexe et représentatif d’une Afrique qui change: un Afrique en développement, insérée dans la mondialisation mais aussi une Afrique traversé par des tensions et ne profitant pas assez de la mondialisation.

 

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14 janvier 2017 6 14 /01 /janvier /2017 17:38
Média et opinion publique 3e partie TERMINALE ES
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3e partie. Les médias, l'opinion publique et les crises politiques de 1945 à la société de la communication.

1. Les médias et l'opinion publique de 1945 aux années 1970.

A. L'essor de la radio et de la télévision.

la presse écrite subit de plus en plus la concurrence de la radio et de la télévision en plein essor.

La radio, déjà fortement implantée avant la guerre, se généralise :

  • Alors que plus de 50% des foyers sont équipés d'un poste de radio avant le conflit, ce sont 90% des foyers qui ont une radio chez eux dans les années 1960. Le nombre de radio dépasse les 10 millions.
  • L'apparition du transistor rend la radio miniaturisée et mobile.
  • La radio continue d'être utilisée par le pouvoir. Pierre Mendès France, chef du Conseil (premier ministre sous la IVe République) de 1954 à 1955, a pour habitude d'expliquer l'actualité du pays aux Français dans ce qu'il nomme ses "causeries".

La télévision connaît aussi un essor spectaculaire :

  • Seules 5% des familles françaises ont un téléviseur en 1958 mais le nombre de téléviseurs est multiplié par 20 dans les années 1960. 61% des foyers en sont équipés en 1968.
  •  

B. Le contrôle de l'État

En 1944, la liberté des médias est réinstaurée. Cependant, l'État exerce un contrôle sur les médias :

  • La radiodiffusion-télévision française (RTF) est créée en 1949 et contrôle les médias. Elle est elle-même sous contrôle du gouvernement qui nomme son directeur.  La télévision est le monopole de l'État.
  • L'apparition  de stations de radio privées ("radios périphériques") comme Radio Luxembourg ou Europe 1 sont plus tournées vers le divertissement.

 

C. Le président de Gaulle, fondateur de la Ve République, accentue le contrôle de l'Etat sur les médias publics.

 

  • la télévision reste la plate-forme de communication du président de Gaulle. Dans ses mémoires de Gaulle affirme que l’audiovisuel entre dans ses prérogatives présidentielles directes.
  • La RTF devient l’ORTF, l’Office de Radiodiffusion Télévision Française en 1964. L'ORTF est placé sous la tutelle du ministère de l'Information, l'Office est doté d'un conseil d'administration propre (nommé par le gouvernement).

 

D. Mai 1968, la contestation du contrôle de l'État

La crise de mai 1968 montre un État qui continue d'exercer son contrôle sur les médias et une opinion publique qui conteste de plus en plus ce rôle :

  • Lorsque la crise éclate, l'ORTF refuse de diffuser les paroles des responsables politiques et syndicaux.
  • En réaction, une grève est déclenchée au sein de l'ORTF, suivie par des journalistes et des techniciens.

Les radios périphériques comme Europe 1  et RTL (Radio Télévision luxembourgeoise) deviennent des acteurs majeurs du conflit.

  • Elles fonctionnent à l’extérieur du territoire français et donc échappent au monopole de l’Etat. Elles  ont pallié les carences d'un service public privé de crédibilité ou muet. Elle donne la parole à ceux qui participent au mouvement comme les responsables politiques, les grévistes, les manifestants, etc. Elle annonce quotidiennement les événements et se déplace sur les lieux des faits pour les couvrir.
  • Elles ont été présentes en rendant compte précisément des manifestations au point qu'on a pu les qualifier de "radios barricades" ou de "radios émeutes". Le gouvernement les accusait d'amplifier les troubles et de guider les étudiants du Quartier latin en signalant les mouvements des forces de l’ordre.
  • Les équipes de reporters des radios périphériques participent aux cortèges et témoignent de la violence des policiers à l'égard des manifestants: leurs commentaires vont dans un sens favorable aux étudiants.
  • Quand la police décidera de suspendre leurs ondes, ils passeront par le téléphone des habitants.

 

Les étudiants placent la critique du poids de l'État dans les médias au centre de leurs revendications et permettent l'émergence de journaux alternatifs tels que L'Enragé. Ce journal rassemble des journalistes et des caricaturistes comme Cabu, Siné ou Wolinsky. Il est à l'origine de Charlie Hebdo.

 

Mais de Gaulle reprend la main sur les médias :

  • Ses allocutions radio-télévisées du 24 et du 30 mai 1968 contribuent à retourner une partie de l'opinion publique inquiète et lassée par le mouvement.
  • Deux cents journalistes de l'ORTF sont licenciés en juin 1968.
  • La majorité des journaux alternatifs nés en 1968 disparaissent rapidement. L'Enragé cesse d'exister en novembre 1968.

 

2. L'avènement de la société de la communication

A. La reconfiguration des médias.

En 1974 et 1982, on observe une libéralisation des médias:

  • En 1974, le nouveau président de la République, Valéry Giscard d'Estaing met fin à l'ORTF et donne l'autonomie aux trois chaînes publiques télévisées.
  • En 1982, Mitterrand met fin au monopole d'État sur les médias audiovisuels. Des chaînes télévisées privées font leur apparition. Canal + et La Cinq sont créées et TF1 est privatisée en 1987.
  • À partir des années 1990, les chaînes thématiques apparaissent.
  • Au début du XXIe siècle, l'apparition de la TNT élargit l'offre télévisée.

On observe aussi un développement d'Internet :

  • À partir de la décennie 1990, les ménages français accèdent de plus en plus à Internet.
  • En 2013, 82% des ménages ont une connexion.

Ce développement des médias audiovisuels et d'Internet reconfigure le paysage médiatique français :

  • La presse écrite continue son déclin. Le nombre de lecteurs diminue, notamment dans la presse d'opinion.
  • Mais la presse écrite s'adapte aussi. Les journaux créent des sites Internet et des blogs dans lesquels les lecteurs peuvent intervenir. La blogosphère devient influente dans la formation de l'opinion publique.
  • Certains médias paraissent exclusivement sur Internet, comme Rue 89. En 2008, Edwy Plenel crée le site Médiapart qui joue désormais un rôle essentiel en France et a permis la révélation de plusieurs affaires politiques, comme "l'affaire Cahuzac".

B. Une tyrannie de l'opinion ?

La multiplication des sondages modifie le rapport de la société aux médias et interroge sur les ambiguïtés de la démocratie d'opinion :

  • L'expression "démocratie d'opinion" désigne un mode de fonctionnement du pouvoir politique dans lequel les décisions sont prises pour répondre le plus vite possible aux désirs de l'opinion publique.
  • La démocratie d'opinion est liée à la multiplication des sondages qui sont censés mesurer et représenter cette opinion.
  • De nombreuses accusations sont émises à l'encontre de ces sondages, notamment sur l'orientation des questions posées qui remettent en cause leur neutralité.
  • Les sondages modifient l'action politique car les hommes politiques cherchent à adapter leurs positions sur les résultats des sondages. Ils sont attentifs à leur cote de popularité.
  • Les sondages comportent une marge d'erreur non négligeable. Ils n'ont, par exemple, pas prévu l'arrivée de Jean-Marie Le Pen au second tour de l'élection présidentielle de 2002.

L'essor de l'expression de l'opinion publique sur Internet, qui est un support de médias, modifie aussi le rapport :

  • Les blogs, les réseaux sociaux et les commentaires sur les sites se multiplient et laissent la parole à tous ceux qui le souhaitent.
  • Les citoyens peuvent alors diffuser et interpréter les informations et les crises.
  • Ce nouveau rôle des citoyens dans les médias brouille la frontière entre l'opinion publique et les médias.
  • La question est aussi posée de la qualité des informations diffusées. Par exemple, les "théories complotistes" rencontrent une large audience et se diffusent.

Le rôle des médias dans les crises change :

  • Lors du référendum de 2005 sur le traité constitutionnel européen, la classe politique et les médias traditionnels dans leur majorité défendent le oui. La mobilisation sur Internet permet la diffusion d'idées en opposition au traité et jouent un rôle de première importance dans la victoire du non.
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3 janvier 2017 2 03 /01 /janvier /2017 18:58
La Chine et le monde depuis 1949 TERMINALE S
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Thème 2

Q2 – Les chemins de la

puissance

 

La Chine et le monde depuis 1949

 

INTRODUCTION

Présentation de la Chine et problématique.

 

Devenue communiste en 1949, la Chine s'est progressivement affirmée comme une puissance majeure dans les relations internationales. Réutilisez la notion de puissance vue dans le cours sur les EU.  D'abord alliée de Moscou, elle s'en est ensuite émancipée sans pour autant renoncer au communisme. Le paradoxe de cette affirmation progressive tient au fait que la stature de la Chine n'a cessé de croître depuis 1949 alors même que le communisme est entré en déclin depuis l'effondrement de l'URSS en 1991.

 

Annonce du plan

 

P. 1. De l'alliance à la rupture avec Moscou (1949-1976)

 

A. Les difficiles débuts de la République populaire de Chine

• Sortis victorieux de la guerre civile qui les oppose aux nationalistes du Kuomintang depuis 1946, les communistes chinois, emmenés par Mao Zedong, proclament en 1949 la République populaire de Chine (RPC). Ils contrôlent l'ensemble du pays à l'exception de l'île de Taïwan où se sont repliés les nationalistes qui y maintiennent l'existence de la République de Chine jusqu'à nos jours.

 

• L'existence de cette Chine concurrente est pour Mao une source de problèmes : en effet, à l'exception de la Grande-Bretagne, soucieuse de conserver son influence sur Hong Kong, l'ensemble des puissances occidentales ne reconnaissent pas la légitimité de son gouvernement et s'accordent pour faire en sorte que ce soit le gouvernement taïwanais qui conserve le siège de la Chine au Conseil de sécurité de l'ONU.

 

• Dans ces conditions qui s'expliquent par le contexte de guerre froide, Mao n'a d'autres solutions que de chercher un appui du côté de l'URSS:

 

- Mao déclare en 1949, « la Russie d’aujourd’hui, c’est la Chine de demain ».

Il ajoute en 1962 que « le socialisme doit nous permettre de réaliser en quelques décennies seulement ce que les sociétés capitalistes ont réussi en matière de développement en un siècle ».

 

- En décembre 1949, Mao se rend à Moscou pour signer avec l’URSS une alliance défensive et de coopération économique

 

- L'aide soviétique permet de commencer une modernisation de l'industrie chinoise.

 

- La guerre de Corée: l'intervention de volontaires chinois du côté nord-coréen met en échec sur le coup l'avancée américaine sous mandat onusien. On peut voir en ceci deux choses: la Chine s'implique indirectement pour défendre la zone d'influence soviétique et répond donc à l'aide économique que lui apporte l'URSS. En même temps, la Chine s'affirme comme puissance capable de résister à l'armée des E-U.

 

- D'ailleurs, la Chine, appuyée par l'URSS, se lance dans une politique expansionniste, envahissant le Tibet en 1950.

B. La rupture avec Moscou

• Mais les relations avec l'URSS se détériorent rapidement, surtout après la mort de Staline en 1953.

Rejetant le modèle soviétique dont il perçoit déjà toutes les limites notamment sur le plan économique, Mao livre sa propre version du communisme qu'il résume dans le Petit livre rouge. D'allié, il devient donc un rival de Moscou, chacun des deux pays prétendant désormais exercer le leadership sur le monde communiste.

 

- Exemple: la conférence de Bandung en 1955. La Chine participe à cette conférence qui réunit les premiers pays décolonisés. C'est le début du lancement du mouvement des pays du Tiers monde marqué par le souci de ne pas jouer le jeu de la guerre froide en étant happé dans la zone d'influence américaine ou soviétique. La Chine s'affirme alors comme une puissance autonome, s'éloignant de l'influence soviétique, et capable d'aider les pays encore colonisés à acquérir leur indépendance sans passer dans la zone d'influence américaine ou soviétique.

 

• La rupture est consommée en 1960, date à laquelle Moscou cesse toutes ses politiques d'assistance à l'égard de la Chine. En 1964, Pékin se dote de l'arme atomique, signant par là son émancipation définitive à l'égard de Moscou. Les deux pays sont même au bord de la guerre en 1969 à propos d'un différend frontalier.

 

• Cette division qui affecte le bloc communiste est évidemment immédiatement mise à profit par les États-Unis. En 1972, le président Nixon se rend en visite officielle à Pékin. L'année précédente, la RPC s'était vue remettre le siège de membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU qui était jusqu'alors resté la propriété de la République de Chine taïwanaise.

C. L'âge d'or du maoïsme

• Les années 1960 constituent pour la Chine un premier âge d'or en termes de rayonnement international. Largement discréditée par les révélations qui se succèdent sur sa face sombre, l'URSS ne fait plus rêver grand monde. De nombreux communistes reportent donc sur la Chine de Mao leurs espérances.

 

• En Occident, de nombreux mouvements de jeunesse se revendiquent ainsi du maoïsme : c'est par exemple le cas en France durant les événements de mai 1968. Dans les pays du tiers-monde, comme au Cambodge ou en Albanie, c'est désormais la Chine qui sert de modèle à ceux qui entendent ne pas s'aligner sur les deux Grands que sont les États-Unis et l'URSS, renvoyés dos à dos.

 

• Mais ces succès du modèle chinois sont plus symboliques que réels : certes le pays rayonne sur tous les continents et y suscite des adeptes, mais sa situation intérieure n'est guère plus reluisante que celle de l'URSS. Exemple: les deux expériences de transformation communiste de la société chinoise

 

- 1er exemple: le "Grand bon en avant" (1958-1962). La collectivisation systématique des campagnes

 

  • La collectivisation de l’agriculture est poussée à son paroxysme. Une expropriation totale des biens est faite, y compris des ustensiles de cuisine. D’immenses fermes collectives rassemblent de 20 à 30 000 personnes.
  •  La commune populaire fournit à tous et gratuitement les repas, le logement, l’éducation, la santé… Mais en échange, la vie familiale est anéantie par le recours à des cantines et des dortoirs.
  • Les communes populaires fondent ainsi un système totalitaire jamais vu à échelle de millions de personnes
  • Les conséquences: un dérégulation de la production agricole et des famines: on estime que les famines sont à l’origine de 36 millions de morts et d’un déficit de 20 millions de naissances entre 1958 et 1961. L’économie agricole est totalement  désorganisée.
  • Les dirigeants ont mis 3 ans pour accepter le désastre et prendre des mesures  d’urgences. En juillet 1962, Deng Xiaoping prononce deux phrases célèbres : « Si elle augmente la production, l’agriculture privée est tolérable. Peu importe que le chat soit noir ou blanc pourvu qu’il attrape des souris ».

 

- 2e exemple: la Révolution culturelle: lancée à partir de 1966 par Mao Tsé-toung, alors contesté à la tête du régime, la «grande Révolution culturelle prolétarienne» a permis au dirigeant d'éliminer toute forme d'opposition, d'intensifier le culte autour de sa personne et de conforter son pouvoir personnel. Véritable guerre civile, cette période a été marquée par une mobilisation de la jeunesse au sein d'unités de gardes rouges censées réprimer les tendances à l'embourgeoisement, par la «rééducation» des intellectuels déportés dans les campagnes et par une anarchie débouchant sur des violences à grande échelle et un recul économique du pays.

 

Partie 2

De la mort de Mao (1976) à aujourd’hui: un statut de superpuissance?

 

A. Les "Quatre modernisations"

 

Des réformes s'imposent qu'il revient à Deng Xiaoping d'opérer à partir de la fin des années 1970. Sans remettre en cause le caractère autoritaire du régime sur le plan politique, ni même l'idéologie communiste, il engage un basculement radical vers le libéralisme économique. La propriété privée des biens de production est autorisée.

 

- La politique de modernisation voulue par Deng Xiaoping s'appuie sur une ouverture de l'économie chinoise à l'international :

  • Il veut attirer les capitaux étrangers (IDE) et notamment ceux de la diaspora chinoise.
  • Il profite de la main-d'œuvre chinoise abondante et peu chère pour faire de la Chine un "pays-atelier". Il espère aussi pouvoir bénéficier d'un transfert de technologies.
  • Il crée des zones économiques spéciales (ZES) installées le long des côtes orientales de la Chine. Les zones économiques spéciales sont des espaces dans lesquels les entreprises bénéficient d'un régime juridique particulier avec notamment une fiscalité avantageuse.
  • Deng Xiaoping multiplie les accords commerciaux avec les pays étrangers et permet la réalisation d'échanges universitaires.
  • Les exportations chinoises augmentent. La Chine, qui enregistre des taux de croissance avoisinant les 10%, devient un acteur incontournable dans le commerce international.
  • La Chine entre au sein de la Banque mondiale et du FMI en 1980.

 

 

Cette stratégie s'avère payante : alors que l'URSS s'enfonce peu à peu dans un marasme économique qui la conduit à son effondrement, la Chine commence à récolter les fruits de sa politique économique réformiste

 

B. Réactions sociales à la mutation.

Le virage opéré par Deng Xiaoping est cependant critiqué car limité au seul secteur de l'économie.

- Un mouvement de contestation se développe et vise à libéraliser également la vie politique, en autorisant par exemple la création de partis politiques rivaux du parti communiste et l'organisation d'élections libres.

- À la fin des années 1980, les équilibres internationaux se modifient avec la crise que traverse l'URSS. En effet, les réformes entreprises par Gorbatchev dans le cadre de la glasnost provoquent une libéralisation de la vie politique en URSS avec la fin du parti unique, le rétablissement d'élections libres et l'instauration de la liberté d'expression. L'URSS vacille, les démocraties populaires se détachent du régime soviétique. Les étudiants chinois espèrent une propagation de cette libéralisation à l'ensemble du monde communiste.

- Ces contestations se cristallisent en 1989 dans un mouvement de protestation étudiante qui se traduit par l'occupation de la place Tian'anmen de Pékin par les jeunes manifestants. En choisissant d'envoyer l'armée réprimer les manifestations au prix de milliers de morts, les autorités chinoises montrent qu'elles n'entendent céder en rien de leurs convictions.

- Cette violente répression, suivie dans le monde entier par la télévision, suscite un puissant mouvement de condamnation internationale. Des sanctions sont prises par de nombreux pays qui placent la Chine sous embargo, notamment pour les ventes d'armes.

 

 

C. Atout et limites.

 

Une puissance incontournable.

Les sanctions internationales liées à la répression du mouvement étudiant ne durent pas car la Chine devient l'usine du monde. D'où son enrichissement au point de devenir le 2e PIB du monde et, selon certains calculs, le 1er. Elle cherche à renforcer son soft power en accueillant des manifestations internationales comme les Jeux Olympiques ou en diffusant la culture chinoise par le biais des Instituts Confucius.

 

En Chine, l'idéologie officielle a évolué. Désormais, le nationalisme est la principale référence des autorités chinoises. Il est en effet difficile de continuer de se revendiquer du marxisme alors que l'économie est devenue capitaliste.

  • Elle bénéficie de la rétrocession de Hong Kong (anciennement britannique) en 1997 et de Macao (anciennement portugaise) en 1999.
  • Elle entreprend une modernisation de son armée en développant le nucléaire militaire et sa marine de guerre qui est déployée dans les mers voisines.
  • Elle joue un rôle dans les institutions internationales. Avec les principaux pays émergents, elle fait partie du groupe des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) et de l'Organisation de coopération de Shanghai qui regroupe des pays asiatiques.
  • Elle participe à des missions de paix sous mandat de l'ONU.
  • Elle se lance dans l'exploration de l'espace. En 2003, elle envoie son premier taïkonaute dans l'espace.
  • Elle multiplie l'organisation de rencontres internationales prestigieuses sur son territoire. En 2008, la Chine organise les Jeux olympiques, et en 2010, elle organise l'Exposition universelle de Shanghai.

Les limites politiques

Le principal problème de la Chine reste le poids prépondérant du PCC et le manque de démocratie. La "5e modernisation" (démocratisation en référence aux Quatre Modernisations menées par Deng Xiaoping) n'a pas eu lieu :

  • Les médias sont contrôlés et censurés.
  • La Chine détient le triste record mondial du nombre de condamnations à mort (plusieurs milliers chaque année).
  • Les journalistes et les militants des droits de l'Homme sont persécutés et enfermés.
  • Ni l'ancien président de la RPC, Hu Jintao, ni le nouveau, Xi Jinping, n'ont entrepris de réelles réformes pour démocratiser le pays.

Liu Xiaobo, prix Nobel de la paix en 2010 est encore emprisonné par le régime chinois.

La Chine n'accepte aucune ingérence sur la question du Tibet, mais elle est confrontée, depuis quelques années, à des actions terroristes dans la province du Xinjiang.

La Chine est perçue, notamment par ses voisins, comme une puissance menaçante :

  • Des tensions régulières éclatent entre la Chine et le Japon à propos de la revendication territoriale des îles Senkaku.
  • La Chine revendique toujours le retour de Taïwan au sein de la RPC.
  • La Chine a aussi des revendications territoriales en mer de Chine.
  • Il existe toujours des sujets de discorde avec l'Inde concernant des tracés frontaliers.
  • La Chine peut susciter des inquiétudes également quand les capitaux chinois sont investis pour racheter des parts de l'économie européenne.

 

 

 

 

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3 janvier 2017 2 03 /01 /janvier /2017 18:28
Médias, opinion publique et crises politiques en France TERMINALE ES
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Médias et opinion publique dans les grandes crises politiques en France depuis l’affaire Dreyfus

 

Cette séquence s’insère dans le thème 2 du programme d’histoire : « Idéologies, opinions en Europe de la fin du XIXe siècle à nos jours ».

 

Les notions autour desquelles vous devez articuler vos analyses et qu'il faut présenter en introduction:

  • opinion publique

L’expression désigne l’ensemble des convictions, des jugements et des valeurs d’une société à une époque donnée. Les médias de masse, qui informent les citoyens et favorisent les débats contradictoires, contribuent à former l’opinion publique.

  • médias de masse

L’expression désigne les médias qui ont une audience suffisamment large pour toucher un large public dans une société démocratique. Les médias de masse sont la presse (dès le milieu  du XIXe siècle), la radio à partir des années 1920, la télévision à partir des années 1950, Internet depuis les années 1990.

  • crise politique

Moment critique dans l’évolution d’un régime politique. Plus ou moins régulièrement, des crises politiques ébranlent la vie politique et sociale de la nation. Les médias peuvent révéler les crises politiques, les nourrir en informant l’opinion, les provoquer aussi parfois lorsqu’ils se trouvent être compromis avec le pouvoir.

Problématique de la séquence

Comment, depuis l’affaire Dreyfus, les crises politiques révèlent-elles l’émergence des médias et de l’opinion publique comme composantes majeures de la démocratie française?

 

Annonce du plan

Partie 1: 1890-1914. La démocratisation de la France, dans le cadre de la IIIe République, va de pair avec constitution d’une opinion publique ; la presse joue un rôle central dans la formation et l’expression de l’opinion publique. La condamnation de Dreyfus pour trahison se transforme en véritable crise politique suite à la révélation de "l'affaire" par la presse. Les médias prennent position et l'opinion publique se divise en deux.

Partie 2: 1914-1944. Ce rôle dynamique que la presse joue dans l'opinion publique française est mis entre parenthèses durant la Première Guerre mondiale, à cause de la censure. Durant l'entre-deux-guerres, la radio fait son apparition mais c'est encore la presse écrite qui joue un rôle essentiel durant les crises politiques. Le 6 février 1934, les incidents se déroulant en marge de la manifestation des ligues d'extrême droite provoquent une importante mobilisation de la presse et de l'opinion publique. Ces émeutes permettent la constitution du Front populaire. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les médias sont censurés et il faut attendre la Libération pour que la liberté de la presse soit réinstaurée.

Partie 3: 1944-nos jours. La télévision conquiert de plus en plus de place dans la société française, mais comme la radio qui est désormais présente dans la majorité des foyers, elle est contrôlée par l'État. La liberté de la presse suscite d'importants débats durant le mouvement social de mai 1968 durant lequel la société française critique le rôle trop important que joue l'État dans la diffusion des informations. Il faut attendre 1974 et surtout 1981 pour que l'ensemble des médias jouissent d'une complète liberté.

La sphère médiatique subit de profondes transformations depuis les années 1990. La presse écrite décline et la plus grande facilité à s'exprimer permise par Internet brouille la séparation classique entre médias et opinion publique.

 

 

 

1ère partie.

Presse et opinion au temps
de l’affaire Dreyfus (1890-1914)

 

Pourquoi laffaire Dreyfus?

-c'est une crise majeure de la société française en voie de démocratisation

-elle manifeste le rôle central du seul média de masse de l'époque, la presse, qui connaît alors son âge dor

- c'est l'acte de naissance des « intellectuels » au rôle considérable sur lopinion publique

Problématique

Il s’agit de montrer comment la presse favorise la bipolarisation de l’opinion publique au temps de l’Affaire Dreyfus

 

1. L'âge d'or de la presse écrite (1880 − 1914)

 

A. Contexte qui a permis à la presse de jouer un rôle central dans l'affaire Dreyfus.

Une liberté inégalée pour la presse va favoriser la sur-médiatisation de l'Affaire Dreyfus.
La IIIe République s'est engagée au début des années 1880 dans une grande bataille pour les libertés: celle de la presse en particulier. La liberté de la presse est un des aspects fondamentaux de la liberté d'expression et elle est garantie par la loi du 29 juillet 1881. La loi française sur la liberté de la presse est considérée comme la plus libérale au monde. Article 1er de la loi de 1881 : « l’imprimerie et la librairie sont libres ». Ses seules limites ou "délits de presse" sont les provocations aux crimes, aux délits et à la diffamation.

La médiatisation de l'Affaire Dreyfus sera aussi favorisée par une demande d'informations à échelle de l'ensemble de la population française. Ce marché de l'information à échelle nationale est rendu possible par plusieurs facteurs techniques:

- Les textes sont directement tapés sur un clavier sans passer par les anciennes pratiques issues du XVe siècle. Le gain de temps et de productivité rendra, en termes de coûts, le journal accessible à tous.

- L'amélioration des transports (chemins de fer, bateau à vapeur puis à moteur) et des moyens de communication (téléphone, télégraphe et notamment le télégraphe atlantique qui permet de recevoir des informations des États-Unis) permet aux journalistes de se déplacer et d'avoir accès à des informations plus rapidement.

- La photographie, les illustrations et les caricatures rendent les journaux plus attrayants

- Les vendeurs de journaux à la criée relance l'offre à tous les jours et en tous lieux

Des facteurs favorisant un accès généralisé à l'écrit:

- l'école gratuite et obligatoire depuis les lois Ferry de 1882 fait progresser l'alphabétisation. Conséquence: la culture de l'écrit se répand dans les classes populaires.

Conclusion: la presse devient, dans ces conditions, un média de masse et donc un pouvoir dans la société française du XIXe siècle. En même temps, la France des débuts de la IIIe République voit le développement d'une opinion publique

B. Presse populaire et presse d'opinion

La majorité des journaux vendus sont ceux de la presse populaire, qui mettent en avant les faits divers, le divertissement et le sensationnel :

  • Le Petit Journal est un des journaux les moins chers de la fin du XIXe siècle (5 centimes contre 15 centimes en moyenne pour les autres journaux). Il se prétend apolitique mais prend position lors de l'affaire Dreyfus. Le Petit Journal connaît un essor considérable en couvrant les faits divers sensationnels et il est imprimé à plus d'un million d'exemplaires dans les années 1890, ce qui en fait un des journaux les plus imprimés au monde.
  • Le Petit Parisien est un des principaux journaux de la IIIe République. Il est tiré à un million d'exemplaires dans les années 1890. Il est plutôt de tendance de gauche mais garde une position très modérée.

La presse d'opinion touche un public moins large :

  • L'Humanité, fondée par Jean Jaurès en 1904, est un journal de gauche.
  • L'Assiette au beurre est un journal satirique français inspiré par les idées anarchistes et socialistes.
  • La Croix est un journal catholique conservateur.
  • L'Action française de Charles Maurras et La Libre Parole d'Édouard Drumont sont des journaux d'extrême droite.

C. Les courants politiques sous la IIIe République impliqués dans l'affaire Dreyfus

  • extrême droite : royalistes, catholiques conservateurs, antisémites
  • droite : plus ou moins ralliée à l’idée d’une république
  • centre : républicains modérés
  • gauche : républicains radicaux
  • extrême gauche : socialistes à tendance marxiste.

 

2. La crise politique principale de la IIIe République: l'"Affaire Dreyfus"

 

  1. L'affaire Dreyfus est un scandale que la presse révèle et dont elle se fait l'écho :

 

 

  • 1894: Le Figaro révèle l’existence d’une enquête au sein de l’état-major, à la suite d’une affaire d’espionnage au profit de l’Allemagne. Le 29 octobre 1894, alors que l'enquête n'est encore que préliminaire et secrète, La Libre Parole d'extrême-droite et antisémite lance une campagne de presse contre le ministre de la guerre en l'accusant de cacher la faute des officiers d'avoir placé un juif à un poste de responsabilité Cette campagne de presse pousse l’état major a accéléré le procès et à condamner Dreyfus. La presse ne fait pas que rapporter des faits, elle fait pression sur le gouvernement et l'armée.

 

  • D’origine alsacienne, de confession juive, la capitaine Albert Dreyfus est accusé par l’enquête d’avoir livré des secrets importants à l’Allemagne. En réalité, il a été accusé parce qu’il était juif. Il était en butte à l’hostilité des officiers de l’état-major qui étaient monarchistes, catholiques et antisémites.  L’antisémitisme est très répandu dans toutes les couches de la population depuis le scandale de Panama (1892) qui avait ruiné des milliers d’épargnants en compromettant des hommes politiques et des banquiers juifs.

 

  • 1894, Dreyfus est condamné à la déportation  pour espionnage. Il sera dégradé et exilé en Guyane. La presse et l'opinion publique condamnent unanimement Dreyfus.

 

- À partir de 1897, l'affaire prend un nouveau tour. La culpabilité de Dreyfus est remise en cause. L'affaire prend l'allure d'un feuilleton à rebondissements dans lequel chaque jour est l'occasion d'un nouvel épisode.

 

  1. La politisation de l’affaire Dreyfus avec l’intervention de la presse à partir de 1897.

 

La presse prend parti dans l'affaire et l'opinion se divise autour de la question :

  • La majorité des journaux soutiennent la culpabilité de Dreyfus, tels que La Croix, Le Petit Journal. Ce sont les anti-dreyfusards.
  • D'autres journaux affirment l'innocence de Dreyfus, ce sont les dreyfusards. Le 13 janvier 1898, Zola publie dans le journal L'Aurore un article intitulé "J'accuse" qui est édité à plus de 200 000 exemplaires et qui défend l'innocence de Dreyfus. Ces personnes qui prennent position pour Dreyfus seront qualifiées avec mépris d'"intellectuels".
  • L'opinion publique est aussi traversée par cette division entre les dreyfusards et les anti-dreyfusards.

Cette crise, et la manière dont s'en sont emparées la presse et l'opinion publique, ont des conséquences :

  • Dans cette crise majeure, la presse montre sa puissance pour influencer l'opinion publique. C'est elle qui crée l'"Affaire Dreyfus". Elle est omniprésente et transforme un procès pour espionnage en combat d’opinions orchestré par les journaux.

 

  • La caricature devient une arme redoutable : son caractère simplificateur et direct en fait un instrument de propagande. Voir les analyses faites en cours et s'en inspirer en composition.

 

  • La société française, par le biais de la presse, s'est interrogée sur les valeurs de la République. Pour les antidreyfusards (monarchistes, républicains conservateurs ou cléricaux intransigeants),  pas question de toucher à l’honneur de l’armée qui garantit l’indépendance nationale, pas question de lui infliger un affront et de la démoraliser.  Pour les dreyfusards les droits de la personne humaine doivent être placés au-dessus de toute considération : justice et vérité quel qu’en soit le prix. 
  • L'affaire a révélé l'antisémitisme d'une partie de l'opinion et de la presse. Cette affaire enracine les stéréotypes sur les Juifs dans l'opinion publique. Maurice Barrès écrit à propos de Dreyfus : "Que Dreyfus est coupable de trahir, je le conclus de sa race".

 

 

2e partie. Médias et opinion publique d'une guerre mondiale à l'autre (1914-1945)

 

1. La Première Guerre mondiale change le rôle de la presse

À la veille de la Première Guerre mondiale, la presse écrite est très diffusée au sein des foyers français. En 1914, ce sont plus de 9 millions de journaux qui sont imprimés quotidiennement.

Le déclenchement de la guerre provoque la suspension de la liberté de la presse. Pour soutenir l'effort de guerre, les divisions politiques doivent être étouffées et l'Union sacrée doit être maintenue.

La censure frappe la presse qui doit obtenir des autorisations avant de publier. Les journaux reprennent le discours officiel, ils exaltent le patriotisme et méprisent l'ennemi. L'expression de "bourrage de crâne" est utilisée pour définir cette propagande officielle.

Le Canard enchaîné est un journal satirique qui paraît pour la première fois en 1915 et cherche à maintenir par des procédés comiques une certaine liberté d'expression. Le Canard enchaîné a pour sous-titre Journal satirique paraissant le mercredi et pour slogan « La liberté de la presse ne s’use que quand on ne s’en sert pas », ce qui résume assez bien la ligne éditoriale de l’hebdomadaire : dénoncer tous les scandales publics survenant en France mais aussi dans les autres pays. Dénoncer la propagande et la censure, le bourrage de crâne.

 

2. De 1918 à 1939, la presse et la montée de l’extrême droite en France et du totalitarisme en Europe.

 

A. La fin de la Première Guerre mondiale annonce le retour de la liberté de la presse. Cette période est marquée par une diversification des médias:

La radio apparaît dans l'entre-deux-guerres :

  • La radio se diffuse au sein des foyers français dans l'entre-deux-guerres. Plus de la moitié des Français est équipée d'un poste de radio dans la fin des années 1930.
  • Le pouvoir exerce cependant un contrôle sur les radios qui ne prennent pas part aux débats politiques.

B. La crise du 6 février 1934 et le Front populaire

La France est traversée dans les années 1930 par une crise économique et politique :

  • La crise économique qui démarre aux États-Unis touche la France plus tardivement que ses voisins européens mais aussi plus longuement. Cette crise a pour conséquence une montée du chômage et de la pauvreté.
  • L'antiparlementarisme se développe dans les années 1930. Les communistes critiquent la République parlementaire assimilée à une "République bourgeoise" et les ligues d'extrême droite, dont l'audience augmente, critiquent un système qu'elles jugent trop faible et corrompu. L'extrême droite, depuis la fin du XIXe siècle, souhaite la mise en place d'un régime avec un exécutif fort. La presse d'opinion est le porte-parole de ces différentes positions.
  • À la fin de l'année 1933, l'affaire Stavisky implique des ministres et des députés de gauche dans une affaire de corruption et amplifie l'antiparlementarisme.
  • L'extrême droite triomphe en Italie (fascisme de Mussolini) et en Allemagne (nazisme: Hitler arrive au pouvoir en 1933)

Le 6 février 1934, les ligues d'extrême droite appellent à manifester :

  • La presse d'extrême-droite comme L'Action française, journal royaliste de Charles Maurras, appelle à la manifestation: "Contre les voleurs, contre le régime abject, TOUS, CE SOIR, DEVANT LA CHAMBRE" c'est-à-dire devant l'Assemblée nationale
  • Les manifestants tentent de se rendre devant l'Assemblée nationale et la manifestation se transforme en une émeute qui fait quinze morts et plusieurs centaines de blessés.
  • L'événement est repris dès le lendemain dans la presse. La presse d'extrême droite dénonce la répression des "assassins" alors que la presse de gauche parle de la menace d'un "coup d'État" des fascistes en France.
  • Le gouvernement démissionne: la crise politique est donc totale.

Cette crise montre le poids que la presse et l'opinion publique jouent désormais dans la politique française :

  • Pour la première fois, l'opinion et la presse font chuter un gouvernement.
  • La presse de gauche, en développant l'idée de la menace fasciste, réussit à solidariser la gauche qui manifeste unie le 14 juillet 1935 et permet la victoire du Front populaire en 1936.

 

3. La « guerre des ondes » au moment de la défaite de 1940.

  • la radio commence à concurrencer la presse à partir des années 1930.
  •  Elle joue un rôle particulier au cours de l’été 1940: le maréchal Pétain  et le général de Gaulle s’affrontent par ondes radio interposées.
  •  Le premier cherche à convaincre les Français de cesser le combat. Message radiophonique du 17 juin 1940.
  •  Le second utilise ce nouveau média de masse pour persuader les Français de poursuivre la lutte
  •  Chacun a compris l’importance de mobiliser la radio pour mobiliser une opinion publique déstabilisée par la défaite.
  •  Pétain dans l’appel du 17 juin : modulation de la voix solennelle / Posture du chef ou du patriarche en qui le peuple peut remettre toute sa confiance. Esprit de sacrifice : « don de sa personne pour atténuer » les malheurs du pays.

 

3e partie. Les médias, l'opinion publique et les crises politiques de 1945 à la société de la communication.

Un autre article a été publié pour la 3e partie du cours

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29 décembre 2016 4 29 /12 /décembre /2016 19:54
Croquis sur les espaces maritimes TERMINALES ES
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Le croquis est à monter à partir des diapositives ci-dessus et du cours sur les espaces maritimes

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