Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
26 avril 2017 3 26 /04 /avril /2017 10:35

Une gouvernance économique mondiale depuis le sommet du G6 de 1975

 

Le dernier thème du programme d'histoire propose d'analyser en trois cours les façons dont notre monde est gouverné et cela, a trois niveaux ou trois échelles différents: à l'échelle mondiale, à l'échelle de l'union européenne et à l'échelle nationale.

Le cours présenté ici se place au niveau mondial et commence à la fin de la période de grande croissance économique des pays industrialisés qui a été appelée les Trente Glorieuses.

 

Gouvernance : mode collectif de prise de décision réalisé par plusieurs acteurs de natures différentes (États, Institutions internationales, FTN, ONG…). La gouvernance propose un nouveau mode de gestion des relations internationales à mi-chemin entre un gouvernement mondial, qui reste irréalisable, et la simple coopération entre nations. Elle remet en cause le monopole de l’État sur les affaires mondiales. Elle suppose des règles qui s'imposent aux Etats.

Au cours des années1970, on assiste à la fin de l’ordre économique mis en place au lendemain de la Seconde Guerre mondiale (conférence de Bretton Woods, (1944). Ce système, qui s’appuyait sur la création d’institutions internationales comme le FMI et sur le rôle pivot des États-Unis et du dollar, est en effet remis en cause en raison des difficultés de l’économie américaine, des chocs pétroliers et de l’accélération de la mondialisation.

Il semble alors urgent d’instaurer de nouvelles normes internationales pour régler les problèmes économiques, c’est-à-dire une nouvelle gouvernance internationale. C’est un des objectifs du sommet de Rambouillet en France en 1975 et de la création du G6.

Comment une gouvernance économique mondiale est-elle mise en œuvre depuis 1975?

Deux périodes sont à distinguer: de 1975 au milieu des années1990, la gouvernance économique issue de l’après-guerre est remise en cause (P1); depuis le milieu des années1990 s’affirme la volonté d’une véritable gouvernance mondiale.

 

Partie I.À la recherche d’une gouvernance économique mondiale (1975-années1990)

L'économie mondiale connait au début des années 1970 une période de ralentissement qui touche les pays développés puis les pays en développement. Il y a plusieurs causes à ce ralentissement économique.

1.L’effondrement du système de Bretton Woods

En 1944, les pays alliés sauf l'URSS mettent en place, sous la conduite des EU, des institutions internationales comme le FMI ou la Banque mondiale et acceptent de prendre le dollar comme monnaie international. Ce sont les accords de Bretton Woods (EU). A l'époque, l'économie des EU était prépondérante.

Dès la fin des années 1960, les États-Unis connaissent des difficultés économiques et ils sont de plus en plus déficitaires :

  • La guerre froide, et en particulier la guerre du Viêt Nam, augmentent les dépenses américaines.
  • Les États partenaires des États-Unis, qui utilisent le dollar comme monnaie internationale,ont de moins en moins confiance dans le dollar et ils échangent les dollars dont ils disposent contre de l'or.

Richard Nixon annonce en 1971 la fin de la convertibilité du dollar en or qui assurait le dollar d'être une monnaie internationale dans le cadre des accords de Bretton Woods. Cette décision marque la fin de la gouvernance mondiale décidée à Bretton Woods

2. Les conséquences des chocs pétroliers

Les tensions au Proche-Orient ont pour conséquence deux chocs pétroliers :

  • En 1973, suite à la guerre du Kippour, les pays arabes de l'OPEP (l'Organisation des pays exportateurs de pétrole conduite par les pays du Moyen-Orient) décident d'augmenter le prix du pétrole pour les pays qui soutiennent Israël et provoquent le premier choc pétrolier.
  • En 1979, suite à la révolution islamiste en Iran, les prix du pétrole connaissent une nouvelle flambée.

Cette hausse des cours du pétrole entraîne une crise mondiale :

  • Cette crise touche dans un premier temps les pays industrialisés. En effet, un des fondements de la croissance économique des Trente Glorieuses était la possibilité de disposer d'un approvisionnement en énergie peu cher. Avec la hausse des cours du pétrole, les coûts de production augmentent et les pays industrialisés deviennent moins compétitifs. Le chômage devient massif.
  • Cette crise est accentuée par le recours de plus en plus fréquent des entreprises aux délocalisations, afin d'aller produire dans des pays dans lesquels la main-d'œuvre est peu chère, notamment dans les nouveaux pays industrialisés asiatiques: les NPIA de la 1ère génération ou "Dragons", c'est-à-dire la Corée du Sud, Taïwan, Singapour et Hong Kong.

Les pays en développement sont eux aussi touchés par la crise :

  • Ils subissent la baisse de la demande et l'effondrement des cours des matières premières.
  • Beaucoup de ces pays s'endettent massivement, surtout en Amérique latine.

3. Or la crise économique montre les limites des institutions internationales héritées del’après‑guerre

  • Le FMI et la Banque mondiale, fondés pour favoriser la stabilité monétaire et le développement, imposent aux pays du Sud, très endettés, des politiques de rigueur qui aggravent leurs difficultés.
  • Les pays développés ne parviennent pas à résoudre le problème d'un chômage de masse.

3. En réponse à cette crise économique, les idées néolibérales sont peu à peu appliquées dans l'économie mondiale.

Le néolibéralisme désigne une théorie économique qui a fourni un cadre aux politiques économiques des pays capitalistes à partir des années 1980. Il se caractérise par :

  • une limitation du rôle de l'Etat en matière économique, sociale et juridique ;
  • l'ouverture de nouveaux domaines d'activité à la loi du marché
  • une vision de l'individu en tant qu'"entrepreneur de lui-même" ou "capital humain" que celui-ci parviendra à développer et à faire fructifier s'il sait s'adapter, innover...

L'application du néolibéralisme se fait d'abord aux États-Unis présidés par Ronald Reagan et au Royaume-Uni gouverné par Margaret Thatcher.

  • Les dépenses publiques sont réduites. Les prestations sociales diminuent drastiquement.
  • Les entreprises publiques sont privatisées.
  • Les impôts diminuent pour les catégories les plus aisées.
  • Les marchés financiers sont dérégulés et ont pour conséquence une financiarisation de l'économie. En effet, les flux financiers augmentent et sont de moins en moins connectés avec l'économie réelle.

Cette libéralisation des économies touche aussi les pays en développement, notamment ceux qui font appel aux institutions financières pour régler le problème de la dette :

  • Le FMI et la Banque mondiale conditionnent ces aides à la mise en place de Plans d'ajustement structurel (PAS) qui imposent des mesures drastiques de libéralisation de l'économie et de baisse des dépenses publiques.

Cette libéralisation de l'économie provoque un recul de l'intervention des États dans l'économie : les acteurs privés jouent un rôle de plus en plus important (FTN, agences de notation, fonds de pension, banques, compagnies d'assurance)

4.Vers une nouvelle forme de gouvernance?

  • En 1975, lors du sommet de Rambouillet, les chefs d’État et de gouvernement de six pays industrialisés (États-Unis, Japon, RFA, France, Royaume-Uni, Italie) se réunissent en un «Groupe des six» (G6). Il s’agit de relancer une coopération économique internationale mise à mal par la crise économique. En 1976, ils sont rejoints par le Canada (G7).
  • Cependant, cette organisation ne débouche sur aucun résultat concret; de plus, elle est perçue de l’extérieur comme un «club de riches».

 

Partie II.Une gouvernance économique mondiale enmarche(depuis les années1990)

1.Un contexte nouveau

  • La fin de l'URSS en 1991 marque la victoire du capitalisme à l'échelle mondiale. Les États-Unis sont les grands vainqueurs de la guerre froide, et l'idéologie néolibérale, qui se développe depuis la fin des années 1970, peut désormais s'appliquer à l'ensemble du globe
  • En 1998, la Russie rejoint le G7, qui devient alors G8.
  • L’affirmation des pays émergents à partir des années1990 (Chine, Inde, Brésil) remet en cause le leadership des pays industrialisés.
  • L’essor des mouvements altermondialistes à partir de la fin des années1990 provoque une remise en cause de la mondialisation libérale et pose la question de sa régulation.

2.La réorganisation du commerce mondial

  • En 1995, le GATT est remplacé par l’OMC (Organisation mondiale du commerce): l'OMC travaille, comme le GATT, pour élargir le libre échange dans les échanges de marchandises mais ses compétences s'étendent à d'autres domaines comme  les services. Elle peut juger et condamner les Etats qui ne respectent pas le libre échange. La prise de décision est démocratisée (une voix par État).
  • Cependant, le fonctionnement de l’OMC reste dominé par les pays riches.

3.Du G8 au G20

  • En1999, le G8 s’élargit à un certain nombre de puissances émergentes en se transformant en G20. Il reflète ainsi mieux l’organisation polycentrique du monde et la montée des pays émrgents.
  • Le G20 comprend des pays tels que la Chine, l’Inde et le Brésil, mais aussi l’Afrique du Sud, la Turquie, l’Arabie Saoudite ou encore l’Indonésie.

4.Les difficultés de la gouvernance mondiale

La crise économique mondiale des subprimes qui commence en 2007-2008 a montré les limites de la gouvernance mondiale actuelle

La crise des subprimes

  • Aux États-Unis, profitant de la déréglementation des finances, des banques et des assurances ont proposé des prêts subprimes afin de financer des achats immobiliers :
    • Les prêts subprimes permettent à des ménages à faibles revenus de s'endetter pour acheter des maisons.
    • Ces prêts deviennent des produits financiers vendus sur le marché mondial
    •  
  • Dès 2006- 2007, le système rencontre des difficultés quand des millions de foyers américains pauvres ne peuvent plus rembourser leurs créances.
  • En 2007, le marché américain de l'immobilier s'effondre et la banque pivot de ce marché Lehman Brothers est en faillite.
  • Comme nombre de ces "créances pourries" ont été vendues à l'étranger, la crise devient mondiale. Il s'agit de la plus grosse crise économique depuis celle de 1929.

Les institutions internationales réagissent dans l'urgence mais leurs actions restent limitées

  • le G20 n'est pas  parvenu à impulser une réforme du système financier international dont la puissance et la dérégulation sont responsables de la crise. Le scandale des "Panama papers" en 2016 montre que les Etats et les organisations internationales n'ont pas réussi à vraiment contrôler ces zones grises de la finance que sont les paradis fiscaux.
  • L'OMC n'a pas trouvé de solution à la crise des subprimes
  • Le FMI, quand il intervient, le fait toujours avec des politiques libérales d'austérité pour les populations (exemple: la Grèce)
  • Ce sont les Etats qui ont été obligés de se ré-impliquer dans leur économie pour renflouer les banques avec l'argent des contribuables.
  • Aucun leader mondial ne paraît susceptible de coordonner une véritable coopération internationale comme le firent États-Unis à partir de 1944.

Conclusion

[Réponse à la problématique] Ainsi, depuis 1975, la mise en œuvre d’une gouvernance économique mondiale est chaotique: d’abord confrontés à de graves difficultés économiques, les États ne parviennent plus à faire fonctionner les institutions internationales de l’après-guerre; puis, à partir des années 1990 ils tentent de mettre en place de nouvelles formes de gouvernance mais, très vite, ces formes de gouvernance se trouvent confrontées à une crise financière et économique de très grande ampleur et leurs limites apparaissent.

 [Ouverture] D'autres crises sont déjà attendues. Dans un monde désormais multipolaire, une nouvelle forme de gouvernance économique reste à inventer.

 

 

 

Repost 0
Published by france
commenter cet article
24 avril 2017 1 24 /04 /avril /2017 19:50
  • COURS 2.
  • Japon - Chine: concurrences régionales et ambitions mondiales
  • C'est le second et dernier cour sur l'Asie en géographie. Le premier a pour titre: l'Asie du Sud et de l'Est: croissance et population

 

L’étude de cette question comporte une approche comparative du rôle joué en Asie et dans le monde par les deux puissances majeures de la région: Japon et Chine

Le Japon et la Chine sont deux puissances économiques mondiales majeures. Mais on observe cependant de nombreuses différences. Alors que le Japon bénéficie d'une économie diversifiée et orientée vers les hautes technologies, il souffre cependant d'une croissance faible. La Chine a une économie moins diversifiée, une technicité moins avancée, mais profite d'une forte croissance économique.

Les deux pays sont en concurrence pour assurer le leadership en Asie mais, en même temps, les économies des deux pays sont en voie d'intégration: les relations d'interdépendances sont très fortes entre les deux économies.

Cette volonté partagée de devenir la première puissance asiatique provoque des tensions d'ordre géostratégique

Annonce du plan.

 

Partie 1. Des puissances économiques mondiales.

 

1. La puissance économique du Japon.

Le Japon est en 2016 la troisième puissance mondiale :

  • Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la puissance industrielle du Japon s'est construite sur une montée en gamme progressive: voir le cours sur croissance et population en Asie. Aujourd'hui, Ii dispose d'un savoir-faire dans les hautes technologies (robotique, électronique, nanotechnologies, etc.) grâce à des investissements importants dans la recherche et le développement (3,5% de son PIB)
  • C'est une puissance financière et il est le premier créancier mondial en 2014.
  • Il dispose de grandes FTN (Toyota, Sony, Mitsubishi, etc.) qui exportent dans le monde entier.
  • Le Japon est le 4e exportateur mondial.
  • Tokyo, plus grande ville au monde, est une métropole mondiale qui dispose du plus grand nombre de sièges parmi les 500 plus grandes multinationales.

Or, l'économie japonaise connaît aussi des limites :

  • Le Japon connaît une faible croissance depuis quelques années et doit affronter l'émergence de nouveaux partenaires dans la région.
  • Sa population, confrontée au problème du vieillissement, diminue. On assiste aussi à un accroissement de la précarisation. C'est un des facteurs de cette faible croissance.


2. L'économie chinoise

La Chine est la deuxième puissance économique et représente environ 15% du PIB mondial.

Le pays est officiellement un régime communiste depuis l'arrivée au pouvoir de Mao en 1949. Mais face aux ravages provoqués par les réformes du régime dans les années 1960, Deng Xiaoping opère la transition de l'économie chinoise vers un modèle capitaliste.

Depuis 30 ans, la Chine connaît une forte croissance de son économie. Elle est désormais un pôle de l'économie mondiale :

  • Elle fonde sa puissance sur une production à bas coût qui repose sur une main-d'œuvre peu chère, nombreuse et flexible mais aussi sur une politique d'exonération fiscale dans des ZES ou zones économiques spéciales. Cette situation permet l'afflux de nombreux IDE.
  • Elle est ainsi le premier exportateur de produits manufacturés au monde (11,5% des exportations mondiales).
  • Actuellement considérée comme "l'atelier du monde", l'économie chinoise connaît une montée en gamme de sa production et aspire à devenir le "laboratoire du monde".
  • La Chine se tourne de plus en plus vers l'extérieur et depuis 2000, les investissements chinois à l'étranger ont été multipliés par 20. Elle investit notamment en Afrique.

Mais l'économie chinoise fait aussi face à des limites :

  • Une grande partie du pays est confrontée à de graves problèmes de développement.
  • L'économie chinoise reste moins moderne que celle du Japon et l'agriculture est le secteur qui fournit le plus d'emplois.
  • Malgré une technicité des produits qui s'améliore, la technologie chinoise est encore en retard par rapport aux produits américains et japonais.
  • Enfin, la population est de plus en plus critique sur le manque de démocratie, la corruption, les problèmes environnementaux. De plus, la politique des bas salaires montre ses limites ; en effet, de nombreux ouvriers, après des mouvements sociaux, ont obtenu des augmentations.

 

 

Partie 2. L'influence internationale de la Chine et du Japon

1. Des influences politiques inégales.

La Chine est une puissance politique qui ne cesse de s'affirmer :

  • La Chine dispose de l'arme nucléaire et d'un siège de membre permanent au Conseil de sécurité de l'ONU.
  • Elle augmente ses dépenses militaires (2e budget militaire au monde), investit dans le domaine spatial et développe sa marine de guerre afin d'assurer ses approvisionnements et de s'imposer dans les mers asiatiques. Elle a d'ailleurs construit des ports militaires sur les territoires de ses alliés (le "collier de perles") à Myanmar, au Sri Lanka, en Afrique de l'Est.
  • Elle dispose de l'armée la plus nombreuse au monde (2,3 millions de soldats).

Le Japon est souvent considéré comme un "nain politique" :

  • Son armée est limitée depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et sa défense repose sur la protection des États-Unis.
  • Il n'est pas membre du Conseil de sécurité et ne possède pas la bombe atomique.
  • De plus, sa constitution limite ses forces militaires à la légitime défense.
  • Cependant, le Japon cherche à affirmer son poids politique sur la scène internationale. Il augmente son budget militaire (le 8e au monde en 2015), participe à des opérations internationales de maintien de la paix sous l'égide de l'ONU (Irak, etc.) et revendique une place de membre permanent au Conseil de sécurité de l'ONU.

 

2. Des soft powers différents

Le Japon dispose d'un important Soft power :

  • Sa culture est mondialement connue (manga, jeux vidéo, etc.). Sa gastronomie est répandue sur l'ensemble de la planète.

La Chine cherche à affirmer son influence culturelle dans le monde :

  • Elle a organisé les Jeux olympiques de Pékin en 2008 et l'Exposition universelle de Shanghai en 2010.
  • Dans le but de promouvoir la culture chinoise, des instituts Confucius ont été créés dans le monde.
  • L'apprentissage du chinois (le mandarin) est en progression, mais avant tout pour des raisons commerciales.
  • Enfin, la Chine bénéficie du relais de son importante diaspora qui compte plus de 50 millions d'individus dans le monde et contribue à mettre en avant la culture chinoise (gastronomie chinoise, Nouvel an chinois à Paris, à New York, etc.).
  • Malgré ses efforts, la Chine continue de pâtir d'une image négative (question des droits de l'Homme, de l'occupation du Tibet, etc.).

 

Partie 3. Une concurrence régionale

 

1. La période contemporaine a été le théâtre de tensions très fortes entre les deux pays liées au développement d'une idéologie nationaliste accentuée par les partis au pouvoir (PCC en Chine et Parti nationaliste au Japon).

  • Les archipels en mer de Chine, qui disposent de réserves en hydrocarbures, sont des sources de tensions entre la Chine et le Vietnam.
  • Enfin, la Chine et le Japon s'opposent au sujet des îles Senkaku (en japonais) ou îles Diaoyutai (en chinois) qui sont sous contrôle des Japonais mais sont réclamées par les Chinois. Fréquemment, des bateaux chinois entrent dans la zone dominée par les Japonais et provoquent de vives réactions de la part du Japon..

 

2. Une concurrence économique régionale

La Chine et le Japon sont en concurrence pour le leadership économique en Asie. Ce sont les deux géants économiques du continent, ils représentent 70% du PIB asiatique.

Bien que le Japon domine dans les secteurs de la recherche, des hautes technologies et par sa présence économique internationale (les FTN japonaises), la Chine s'est imposée comme la première puissance mondiale et donc régionale.

Malgré cette concurrence, les deux économies sont de plus en plus intégrées :

  • Historiquement, le Japon est à l’origine de la diffusion du développement économique de l'Asie de l'Est (voir cours sur population et croissance en Asie de l'Est et du Sud) par ses investissements et ses délocalisations industrielles, il a suscité le décollage économique des pays voisins, y compris la Chine.
  • Les entreprises japonaises délocalisent en Chine et le Japon est le premier importateur d'IDE en Chine. Plus de 20 000 entreprises japonaises sont désormais présentes en Chine.
  • La Chine est le premier partenaire économique du Japon. Le Japon est le deuxième partenaire économique de la Chine, derrière les États-Unis.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

.

 

 

Repost 0
Published by france
commenter cet article
14 avril 2017 5 14 /04 /avril /2017 12:42
L'Asie du Sud et de l'Est TERMINALE S
L'Asie du Sud et de l'Est TERMINALE S
L'Asie du Sud et de l'Est TERMINALE S
L'Asie du Sud et de l'Est TERMINALE S
L'Asie du Sud et de l'Est TERMINALE S
L'Asie du Sud et de l'Est TERMINALE S
L'Asie du Sud et de l'Est TERMINALE S
L'Asie du Sud et de l'Est TERMINALE S
L'Asie du Sud et de l'Est TERMINALE S

 

L’Asie du Sud et de l’Est : les défis de la population et de la croissance économique

 

 

INTRODUCTION

  • Définir de quel espace il s’agit: la Chine, le Japon, l’Inde, les deux Corée et le Sud Est asiatique
  • C’est un espace de grande diversité : un espace éclaté, un poids démographique important : 3,5 milliards de personnes, cet espace comprend donc la majeure partie de la population mondiale. Des statuts politiques très différents : démocratie parlementaire comme l’Inde ou le Japon, dictature totalitaire comme la Corée du Nord ou un totalitarisme qui laisse la société plus libre sur le plan économique comme dans le cas de la Chine.
  • Mais 2 points communs: c’est la 1ère zone de croissance de la planète et c’est l’espace qui comprend le plus de personnes pauvres, ce qui suppose donc que son essor économique ne permet pas pour l’instant de répondre aux besoins de sa très nombreuse population.

 

  • Problématique. Quels sont les liens entre population et croissance économique dans l'espace le plus peuplé du monde?

 

  • Annonce du plan

 

P. 1. Les défis démographiques du premier foyer de peuplement

 

1. Le premier foyer de peuplement au monde

A. Une population nombreuse et inégalement répartie

L'Asie du Sud et de l'Est est le premier foyer de peuplement au monde, cette zone compte plus de 3,5 milliards d'habitants, soit plus de la moitié de la population mondiale sur seulement 17% des terres émergées.

Mais la répartition de la population est inégale :

  • La Chine et l'Inde sont deux géants démographiques avec respectivement 1,37 milliard et 1,28 milliard d'habitants. Ces deux États représentent à eux seuls 37% de la population mondiale et 65% de la population de l'Asie du Sud et de l'Est.
  • Alors que certaines zones, dont les plaines alluviales et les deltas sont densément peuplées (Bangladesh, Gange en Inde, etc.) certaines régions ont des densités très faibles (Laos, Cambodge, Ouest de la Chine, etc.)

B. Des évolutions démographiques contrastées

Tous les pays de l'Asie du Sud et de l'Est sont engagés dans la transition démographique, mais la perspective de croissance démographique varie d'un pays à un autre :

  • En Asie de l'Est (Chine, Japon, etc.), la croissance démographique est faible et la fécondité moyenne est inférieure à la moyenne mondiale. En Chine, cela s'explique par les politiques de limitation de la natalité engagées dans les années 1970 (aujourd'hui abolies). Au Japon, la population diminue.
  • L'Inde a une croissance qui reste supérieure à celle de la Chine mais qui s'affaiblit aussi.
  • Ce sont les pays de l'Asie du Sud (Thaïlande, Indonésie, etc.) mais aussi quelques États de l'Asie de l'Est (Philippines) qui sont à l'origine de la majorité de la croissance démographique actuelle dans la région. La population est jeune et les taux de fécondité sont élevés.

 

2. Une urbanisation rapide

 

A. Une forte croissance urbaine dans une région majoritairement rurale

L'Asie est encore un continent majoritairement rural : 58% de la population vit encore à la campagne.

Cependant, cette situation est inégale :

  • Certains pays sont déjà majoritairement urbanisés (Corée du Sud 83%, Japon 92%).
  • 54% des Chinois sont urbains en 2014.
  • Certains pays ont une population largement rurale (Inde 32% d'urbains, Vietnam 33% d'urbains).

Mais le nombre d'urbains augmente. On compte en moyenne 40 millions d'urbains supplémentaires par an dans la région par exode rural.

 

B. La métropolisation

La croissance des métropoles millionnaires est rapide :

  • Sur les 500 premières métropoles au monde, 200 sont asiatiques.
  • Parmi les 30 plus grandes mégapoles (villes de plus de 10 millions d'habitants), 15 sont asiatiques, dont les six premières (Tokyo, 37 millions d'habitants ; Jakarta, 30 millions d'habitants ; Séoul 26 millions d'habitants ; Manille, 25 millions ; Karachi, 24 millions d'habitants ; Shanghai, 24 millions).

C. Les défis démographiques.

Cette croissance inégale mais soutenue de la population ainsi que la métropolisation (le développement des villes) comprend de nombreux défis :

  • Le problème auquel doivent déjà faire face certains pays est celui du vieillissement de la population. En effet, ce vieillissement a pour conséquence une diminution de la main-d'œuvre et pose avec acuité le problème du financement des retraites. Le vieillissement concerne en priorité le Japon qui voit sa population diminuer.
  • Le déséquilibre des sexes est aussi un problème démographique en Asie et notamment en Inde et en Chine. En effet, de nombreuses sociétés asiatiques, dans le cadre d'une baisse de la fécondité, accordent leur préférence aux garçons (avortements sélectifs).

Enfin la métropolisation comporte des défis :

  • Les métropoles asiatiques sont caractérisées par de profondes inégalités sociales. Plus du tiers de la population urbaine asiatique vit dans des bidonvilles. À Mumbai, plus de 6 millions d'habitants habitent dans des slums.
  • Mais cette métropolisation représente aussi un atout avec l'apparition de métropoles mondiales, relais de la mondialisation et lieux dynamiques comme Shanghai.

 

 

P. 2. Une zone de forte croissance économique

 

1. Le pôle le plus dynamique de l'économie mondiale

- L'Asie produit 40% du PIB mondial en 2014 et 25% du commerce mondial.

- C'est aussi la zone qui enregistre la plus forte croissance économique au monde. Le FMI note une croissance de 7% pour les économies en voie de développement de l'Est de l'Asie.

- La région est devenue "l'usine du monde" et domine de nombreux secteurs industriels comme le textile, la construction navale, la sidérurgie, l'informatique, etc. Mais sa croissance ne s'appuie pas que sur l'industrie à faible technicité, l'Inde exporte des services en informatique, le Japon est spécialisé dans les produits de haute technologie et la robotique. La Chine n'est plus seulement l'usine de produits à faible technicité: elle cherche à se spécialiser sur des produits à plus forte technicité.

- Plusieurs facteurs expliquent cette forte croissance :

  • La main-d'œuvre est nombreuse et bon marché, elle attire les investissements étrangers.
  • Les économies asiatiques sont très exportatrices.
  • L'État a soutenu la croissance et a encadré la mise en place du capitalisme.
  • La demande intérieure augmente avec l'augmentation des classes moyennes
  • Les diasporas (chinoise ou indienne) ont réalisé de nombreux investissements.

Cependant, cette croissance est inégale :

  • Les pays les plus développés ont une croissance faible. Le Japon a réalisé 1,6% de croissance en 2013.
  • La Chine a une croissance de 7% mais cette croissance ralentit.
  • Les principales économies du Sud et du Sud-Est (Indonésie, Thaïlande, Inde etc.) ont une croissance autour de 5%.
  • Les plus petits pays enregistrent de forts taux de croissance (Cambodge 7%, Laos 8%). Cependant, ces pays sont des pays pauvres connaissant de nombreux problèmes de sous-développement.

 

2. Une région très intégrée

 

A. Des décollages économiques successifs

Le décollage des économies de l'Asie du Sud et de l'Est est le résultat d'une série de décollages nationaux successifs et liés entre eux.

  • Le Japon est le premier État de la région à s'être industrialisé.
  • Les NPIA de la 1ère génération (nouveaux pays industrialisés asiatiques) ont suivi : Hong Kong, Singapour, Corée du Sud, Taïwan.
  • D'autres pays émergent désormais : la Thaïlande, la Malaisie, l'Indonésie, les Philippines. Ce sont les NPIA de la seconde génération
  • Cet effet d'entraînement économique consiste en une remontée des filières industrielles. Il s'agit d'un modèle de développement économique selon lequel un pays devient exportateur d'un produit à faible valeur ajoutée ou à faible technicité qu'il abandonne ensuite pour un autre produit à plus forte technicité, permettant à un autre pays de la région de se lancer, à sa suite, dans le processus d'industrialisation du premier produit. Et ainsi de suite.

B. Le développement du commerce intrarégional

La croissance économique se fait en parallèle d'une intégration croissante entre les différentes économies :

  • La plupart des échanges d'un pays à l'autre dans cette région  sont des circulations entre les différentes filiales d'une même entreprise.
  • D'où l'importance du commerce intrarégional
  • Une division régionale du travail s'opère entre les pays les plus avancés qui délocalisent vers les pays les moins avancés.
  • Le libre-échange progresse dans la zone. L'ASEAN est une association de libre-échange des pays de l'Asie du Sud-Est auxquels s'associent la Chine, le Japon et la Corée du Sud.
  • Cette intégration économique crée un phénomène d'interdépendance des économies asiatiques.

C. Le "corridor économique"

Le "corridor maritime" s'étend de Tokyo à Singapour. Il s'agit d'un couloir qui met en relation une série de villes et de régions et qui est un des chaînons économique les plus actifs de la mondialisation:

  • On y retrouve les plus grandes métropoles, dont Shanghai, Hong Kong, Séoul, Mumbai, et la mégalopole japonaise qui comprend plus de 100 millions d'habitants.
  • Ces métropoles disposent de zones industrialo-portuaires.
  • L'ensemble de ces ports représente la plus importante façade maritime au monde.

 

P. 3. De nombreux défis

 

1. Une amélioration inégale du niveau de vie

D'une manière générale, les conditions de vie de la population se sont améliorées en Asie. Par exemple, le nombre de pauvres est passé de 1 milliard en 1981 à 161 millions en 2011 en Asie de l'Est.

 

Cependant, de profondes inégalités demeurent à toutes les échelles :

  • L'Asie demeure le continent où le nombre de pauvres (2 milliards) est le plus important en chiffres absolus. La pauvreté touche encore 32% des Indiens contre moins de 1% des Thaïlandais.
  • Alors que certains États profitent de la croissance, d'autres pays sont en marge de la mondialisation (Népal, Bhoutan, etc.).
  • Certaines régions, notamment les régions littorales, s'enrichissent alors que d'autres demeurent dans un état de sous-développement (intérieur de la Chine)
  • Les campagnes sont plus pauvres que les villes.
  • À l'intérieur des villes, le tiers de la population vit dans des conditions insalubres.

2. Les problèmes environnementaux

La croissance économique des États asiatiques, l'augmentation du niveau de vie, l'industrialisation, l'utilisation massive des énergies fossiles (dont le charbon, très polluant) sont autant de facteurs qui expliquent la dégradation de l'environnement en Asie de l'Est et du Sud :

Cependant, la question du développement durable vient à peine d'être plus ou moins prise au sérieux pour de nombreux États de la région, dont la Chine qui est le premier pollueur au monde.

3. Les tensions politiques

Il existe de nombreuses tensions en Asie entre États :

  • Les deux Corées sont en conflit.
  • La Chine s'oppose au Vietnam en mer de Chine pour l'appropriation des réserves d'hydrocarbures et continue de revendiquer l'île de Taïwan. Elle militarise de plus en plus la mer de Chine orientale.
  • Les tensions perdurent entre l'Inde et le Pakistan, entre l'Inde et la Chine.

À l'intérieur des États, les tensions sont aussi présentes :

  • La Chine est confrontée à des mouvements autonomistes au Tibet et Xinjiang.
  • À l'intérieur des États, les inégalités sociales et la pauvreté peuvent conduire à des troubles (mouvements sociaux au Bangladesh).

 

 

CONCLUSION.

L'Asie du Sud et de l'Est est donc un espace de croissance forte, fondée sur une population nombreuse et maîtrisée. Cependant, pour devenir un nouveau « centre du monde », la région doit encore harmoniser les rapports entre population et croissance économique autant du point de vue des inégalités sociales que des conséquences environnementales de cette croissance. .

Repost 0
Published by france
commenter cet article
14 avril 2017 5 14 /04 /avril /2017 11:48

 

3e échelle de gouvernement

 

La gouvernance économique mondiale depuis 1944

 

Introduction.

Gouvernance : mode collectif de prise de décision réalisé par plusieurs acteurs de natures différentes (États, Institutions internationales, FTN, ONG…). La gouvernance propose un nouveau mode de gestion des relations internationales à mi-chemin entre un gouvernement mondial, qui reste irréalisable, et la simple coopération entre nations. Elle remet en cause le monopole de l’État sur les affaires mondiales. Elle suppose des règles qui s'imposent aux Etats.

Problématique. La gouvernance mondiale a pris plusieurs formes depuis 1944. L’après Seconde Guerre mondiale marque une étape majeure dans la prise de conscience de la nécessité d’une échelle mondiale de gouvernement plaçant les Etats-Unis en situation de domination. Le système qui se met en place fonctionne sur un mode de coopération interétatique peu à peu renforcée en fonction du processus de la mondialisation et de la fin de la guerre froide. Au fur et à mesure qu'on entre dans la mondialisation, le nombre d'acteurs participant à cette gouvernance mondiale se diversifiera.

Annonce du plan.

 

Partie I - La recherche d’une gouvernance mondiale se fait à l’intérieur du système de Bretton Woods. (1944 – années 70)

 

1. Une première forme de gouvernance née à la fin de la guerre.

En 1944, le but est d’abord de reconstruire l’économie mondiale, de développer les échanges après une période pendant laquelle les économies nationales s’étaient refermées sur elles-mêmes, d’assurer la stabilité monétaire.

L'objectif d'une gouvernance mondiale est en 1944 d'éviter les désordres économiques afin de créer les conditions permettant une paix durable :

  • Un moyen essentiel de cette gouvernance est de mettre en place une coopération économique permettant la stabilité des monnaies et constituant ainsi les bases d'une croissance économique solide..
  • Enfin, l'ouverture des frontières doit être encouragée afin de rendre les économies solidaires entre elles et de développer les échanges internationaux. C'est aussi une condition de paix dans l'après-guerre.

 

2. Les institutions internationales dominées par les États-Unis

Les États-Unis ont renforcé leur puissance économique pendant la guerre. Leur capacité productive a augmenté : au sortir de la guerre, ils possèdent les deux tiers des réserves mondiales d'or. Pour assurer des débouchés à leur industrie et éviter une progression du communisme, ils mettent en place le plan Marshall afin de venir en aide aux économies dévastées par la guerre.

Leur poids prépondérant dans l'économie mondiale leur permet de dominer les institutions créées, sous leur influence et aux EU, pour assurer la gouvernance mondiale :

  • Lors des accords de Bretton Woods en 1944, le Système monétaire international (SMI) confirme le rôle central du dollar qui devient la seule monnaie convertible en or. La valeur des autres monnaies est fixée sur le dollar (avec un taux de variation autorisé de 1%). Le billet vert devient ainsi l'étalon monétaire international. Le SMI répond à la volonté d'assurer une stabilité monétaire.
  • Le Fonds monétaire international (FMI), qui siège à Washington, a pour mission de contrôler le bon fonctionnement du SMI et d'aider les pays en difficulté afin d'éviter une crise identique à celle de 1929.
  • La Banque internationale de reconstruction et de développement (BIRD), qui est aussi située dans la capitale américaine, aide à la reconstruction du Japon et de l'Europe. Elle finance à partir des années 1960 des projets dans les pays décolonisés.
  • Les accords du GATT (General Agreement on Tariffs and Trade), signés en 1947, organisent des conférences internationales (des "rounds") visant à développer le libre-échange. Ils constituent un moyen pour les États-Unis d'élargir leurs marchés.
  • La contribution financière à ces organisations et le rôle dans la prise de décision sont proportionnels à la place que les pays occupent dans le commerce international. Ce mécanisme assure une place dominante aux États-Unis.

3. Succès, limites et critiques du système de Bretton Woods

Le système de Bretton Woods permet d'accompagner la croissance économique :

  • Les États-Unis maintiennent leur poids dans l'économie mondiale et les FTN américaines se développent.
  • Les pays occidentaux enregistrent une forte croissance et le niveau de vie de leurs populations augmente.

Cependant, plusieurs pays sont à l'écart du système de Bretton Woods :

  • Le bloc de l'Est refuse le libéralisme et applique une politique communiste avec des économies dirigées.
  • Un marché commun entre les États communistes existe (Le COMECOM (ou CAEM).

Les pays "non alignés" (pays du Tiers-monde), qui se regroupent à Bandung en 1955 et qui sont rejoints ensuite par les autres pays décolonisés, contestent les règles de la gouvernance mondiale, qui ne tiennent pas compte des déséquilibres des échanges :

  • En 1964, ils créent le G77 au sein de l'ONU dont le but est de promouvoir les intérêts économiques de ses membres et de peser sur les négociations au sein de l'ONU.
  • La Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) en 1964 vise à améliorer l'équilibre des échanges entre pays riches et pays pauvres.
  • Cependant, ces tentatives se soldent par des échecs et la gouvernance mondiale reste dominée par les pays riches.

La création de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) en 1960 montre une volonté de la part des pays producteurs de pétrole d'avoir une influence dans la détermination des tarifs des hydrocarbures.

 

Partie 2 Nouvelle gouvernance et instabilité économique (1971 1991)

 

A. L'abandon des taux de change fixes et du système de Bretton Woods

 

- Au cours des années 1960, le déficit de la balance des paiements américaine s’est fortement aggravé et l’excédent commercial a reculé. La concurrence des Européens et des Japonais se fait sentir.

- Par ailleurs, le déficit est imputable aussi aux énormes dépenses militaires engagées dans les conflits de la guerre froide et surtout le Vietnam.

- L’inflation est devenue préoccupante puisque qu’il y a en 1971 5 fois plus de $ en circulation que d’or pour le garantir. Cela conduit le président Nixon à annoncer en août 1971 la fin de la convertibilité du $ en or et donc la fin d'un pilier central de la gouvernance économique mondiale basée sur les accords de Bretton Woods. Les monnaies s’apprécient désormais les unes par rapport aux autres selon l'offre et la demande.

- Les États-Unis profitent de ce système. Suite à la suppression de la convertibilité du dollar en or, ils dévaluent leur monnaie et lui font perdre de sa valeur. Le dollar étant moins cher, ils peuvent s'endetter à moindre coût.

2. Les conséquences des chocs pétroliers

Les tensions au Proche-Orient ont pour conséquence deux chocs pétroliers :

  • En 1973, suite à la guerre du Kippour des pays arabes contre Israël, les pays de l'OPEP décident d'augmenter le prix du pétrole pour les pays qui soutiennent Israël, ce qui provoque le premier choc pétrolier.
  • En 1979, suite à la révolution en Iran et l'arrivée des islamistes au pouvoir, les prix du pétrole connaissent une nouvelle flambée.

Cette hausse des cours du pétrole entraîne une crise mondiale :

  • Cette crise touche dans un premier temps les pays industrialisés. En effet, un des fondements de la croissance économique des Trente Glorieuses était la possibilité de disposer d'un approvisionnement en énergie peu cher. Avec la hausse des cours du pétrole, les coûts de production augmentent et les pays industrialisés deviennent moins compétitifs.
  • Pour les pays anciennement industrialisés, cette crise est accentuée par le recours de plus en plus fréquent des entreprises aux délocalisations, afin d'aller produire dans des pays dans lesquels la main-d'œuvre est peu chère, notamment dans les nouveaux pays industrialisés asiatiques (NPIA de la première génération) c'est-à-dire la Corée du Sud, Taïwan, Singapour et Hong Kong.
  • En conséquence, les pays industrialisés rentrent dans une période nommée les "Vingt piteuses" qui sont marquées par une forte inflation et l'apparition d'un chômage massif.

Les pays en développement sont eux aussi touchés par la crise :

  • Ils subissent la baisse de la demande et l'effondrement des cours des matières premières.
  • Certains s'endettent massivement, surtout en Amérique latine.
  • En 1982, le Mexique annonce qu'il n'est pas en mesure de rembourser sa dette et 14 pays en développement se déclarent eux aussi en cessation de paiement.

3. Les débuts de la libéralisation de l'économie

Pour répondre à la crise économique, certains États, dont les précurseurs sont les États-Unis sous la présidence de Ronald Reagan et la Grande-Bretagne dirigée par Margaret Thatcher, décident d'appliquer les idées néolibérales:

  • Les dépenses publiques sont réduites. Les prestations sociales diminuent drastiquement.
  • Les entreprises publiques sont privatisées.
  • Les impôts diminuent pour les catégories les plus aisées.
  • Les marchés financiers sont dérégulés et ont pour conséquence une financiarisation de l'économie. En effet, les flux financiers augmentent et sont de moins en moins connectés avec l'économie réelle.

Cette libéralisation des économies touche aussi les pays en développement, notamment ceux qui font appel aux institutions financières pour régler le problème de la dette :

  • Les pays en développement endettés cherchent à obtenir des rééchelonnements de la dette et des aides pour leur développement.
  • Le FMI et la Banque mondiale conditionnent ces aides à la mise en place de Plans d'ajustements structurels (PAS) qui imposent des mesures drastiques de libéralisation de l'économie et de baisse des dépenses publiques.

Cette libéralisation de l'économie provoque un recul de l'intervention des États dans l'économie :

  • Les acteurs privés jouent un rôle de plus en plus important (FTN, agences de notations, etc.)
  • Les banques centrales s'émancipent de la tutelle des États.
  • La mondialisation en plein essor, qui se caractérise par une augmentation des flux matériels et immatériels, contribue à limiter le contrôle des États sur l'économie.

 

Partie 3. La recherche d’une nouvelle gouvernance 1990-2010

 

1. Une gouvernance économique libérale

L'Organisation mondiale du commerce (l'OMC)

  • La fin de l'URSS en 1991 marque la victoire du capitalisme à l'échelle mondiale. Les États-Unis sont les grands vainqueurs de la guerre froide et l'idéologie libérale, qui se développe depuis la fin des années 1970, peut désormais s'appliquer à l'ensemble du globe. La Russie rejoint le G7 en 1998 qui devient le G8.
  • L'OMC est créée en 1995 pour remplacer le GATT. Son objectif, inscrit dans la doctrine libérale, est de favoriser l'ouverture commerciale des États et de régler les conflits commerciaux entre ses États membres

La multiplication des regroupements régionaux

  • La logique de ces unions régionales reste une logique libérale puisqu'elles visent à mettre en place des zones de libre-échange: l'UE, le Mercosur (marché commun d'Amérique du Sud), l'ALENA et l'ASEAN
  • Cependant, cette tendance à la multiplication des pôles économiques (multipolarisation) semble contribuer à la marginalisation des pays pauvres.

 

2. Quelle gouvernance face à la crise économique de 2007 ?

La crise des subprimes

  • Aux États-Unis, profitant de la déréglementation des finances, des banques et des assurances ont proposé des prêts subprimes afin de financer des achats immobiliers :
    • Les prêts subprimes permettent à des ménages à faibles revenus de s'endetter pour acheter des maisons.
    • Ces prêts deviennent des produits financiers vendus sur le marché mondial
  • Dès 2006, le système rencontre des difficultés et provoque une crise économique d'ampleur mondiale :

- En 2006, avec l'augmentation des taux, plus de deux millions de foyers ne peuvent plus rembourser leurs prêts. Les créances immobilières qui ne pourront pas être remboursées s'élèvent à 500 milliards de dollars.

- En 2007, le marché américain de l'immobilier s'effondre et la banque Lehman Brothers est en faillite.

- Comme nombre de ces "créances pourries" ont été vendues à l'étranger, la crise devient mondiale.

Il s'agit de la plus grosse crise économique depuis celle de 1929.

 

Les difficultés de la gouvernance mondiale face à la crise

Les institutions de la gouvernance internationale éprouvent de nombreuses difficultés pour remédier à la crise.

  • Le FMI intervient auprès de certains États, notamment européens (Islande, Portugal, Grèce, Espagne), en recapitalisant les banques afin d'éviter la faillite. Mais les aides du FMI restent conditionnées à des politiques libérales de rigueur qui sont à l'origine de la crise des subprimes.
  • Le G20 créé en 1999 (qui regroupent les pays du G7 plus les pays émergents) se réunit en 2008 afin de trouver des solutions. Quelques décisions sont prises, notamment en ce qui concerne les paradis fiscaux, mais elles n'aboutissent pas réellement.

 

3. Les contestations de la gouvernance économique mondiale libérale

 

Les acteurs de la critique de la gouvernance

Différentes voix se lèvent contre la gouvernance libérale de l'économie mondiale. C'est le cas du mouvement altermondialiste :

  • En 1999, des heurts éclatent à Seattle lors d'une rencontre de l'OMC.
  • À partir de 2001, le Forum Social Mondial (FSM) se rencontre chaque année afin de discuter des alternatives aux politiques de l'OMC, du FMI et de la Banque mondiale.
  • La crise de 2008 voit l'apparition de mouvements citoyens contestant l'ordre libéral. C'est le cas des "indignés", d'"occupy Wall Street", etc.
  • La crise en Europe voit l'arrivée de nouveaux partis de gauche telle que Podemos en Espagne ou Syriza en Grèce.

Les critiques

Les critiques de ces mouvements sur le système actuel sont nombreuses :

  • Le climat est une de leurs préoccupations. En effet, le réchauffement climatique provoqué par les activités humaines constitue une menace à laquelle les différents sommets étatiques (Kyoto en 1997, Johannesburg en 2002, Copenhague en 2009) n'ont pas su répondre de manière efficace.
  • La remise en cause de la politique économique libérale appliquée à l'ensemble de la planète. Ces mouvements dénoncent les PAS (plans d'ajustement structurel du FMI) qui ont eu pour conséquence une augmentation du chômage et des inégalités et n'ont pas permis de relancer la croissance.

Les conséquences de cette contestation

Les résultats de ces contestations sont modérés :

  • Le mouvement altermondialiste manque de cohésion et d'unité.
  • Le FMI et la Banque mondiale ont remis en cause le consensus de Washington en reconnaissant la nécessité de l'intervention de l'État et le contrôle des flux de capitaux. Le G20 de 2012 prône la régulation bancaire.
  • Nombreux sont ceux qui reprochent à ces organisations des transformations de façade et maintiennent leurs critiques, d'autant plus que les volontés de réformes semblent s'être atténuées.

 

Conclusion : La gouvernance économique mondiale a réussi à restaurer le système monétaire international et à relancer le commerce mondial. Mais, ce faisant, elle a abouti à une impasse : le néo- libéralisme absolu a débouché sur des déséquilibres commerciaux et mondiaux à l'origine des actuelles crises à répétition qui frappent le monde. Il a ainsi contribué à alimenter un débat sur la gouvernance mondiale.

 

 

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by france
commenter cet article
12 avril 2017 3 12 /04 /avril /2017 18:38
Le Proche et le Moyen-Orient TERMINALE ES
Le Proche et le Moyen-Orient TERMINALE ES
Le Proche et le Moyen-Orient TERMINALE ES
Le Proche et le Moyen-Orient TERMINALE ES
Le Proche et le Moyen-Orient TERMINALE ES
Le Proche et le Moyen-Orient TERMINALE ES
Le Proche et le Moyen-Orient TERMINALE ES
Le Proche et le Moyen-Orient TERMINALE ES
Le Proche et le Moyen-Orient TERMINALE ES
Le Proche et le Moyen-Orient TERMINALE ES
Le Proche et le Moyen-Orient TERMINALE ES
Le Proche et le Moyen-Orient TERMINALE ES
Le Proche et le Moyen-Orient TERMINALE ES
Le Proche et le Moyen-Orient TERMINALE ES
Le Proche et le Moyen-Orient TERMINALE ES

 

Thème 3 : Puissances et tensions dans le monde de la fin de la Première Guerre Mondiale à nos jours

TES

 

Chapitre 3 : Le Proche et le Moyen-Orient, un foyer de conflits depuis la fin de la Première Guerre mondiale

 

INTRODUCTION.

 

 

L’expression « Proche et Moyen-Orient » désigne la zone comprise qui s’étend depuis la Méditerranée jusqu’aux frontières entre l’Iran et le Pakistan. l’Europe (en Turquie). L’appellation Proche-Orient est issue de la diplomatie française de la fin du XIXe siècle : l’Orient désigne l’Asie et l’adjectif proche fait référence à la partie de l’Asie la plus proche de la France (celle située au bord de la Méditerranée). L’appellation Moyen-Orient, issue de la diplomatie britannique du début du XX siècle, désigne un territoire plus large que le Proche-Orient : le Moyen-Orient englobe aussi l’ensemble des Etats situés autour du Golfe persique.

Le Moyen-Orient abrite une grande diversité de peuples. Les Arabes sont présents de la péninsule arabique jusqu'aux rives de la Méditerranée, ainsi qu'en Égypte. On trouve aussi des Turcs sur le territoire de l'actuelle Turquie et des Perses en Iran. Par ailleurs sont également présents des Kurdes. Chacun de ces peuples possède sa propre langue et ses propres traditions..

Carrefour de civilisations et berceau des trois monothéismes, la région concentre aussi les rivalités religieuses, politiques et culturelles ainsi que les enjeux stratégiques, et notamment le contrôle des ressources pétrolières et des ressources en eau qui en font un foyer permanent de tensions et d'instabilités.

Pourquoi le Proche et le Moyen-Orient constituent-ils un foyer de conflits majeurs depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale ?

Il faudra au bac, au fur et à mesure de la composition, montrer les différents facteurs qui font de cette région une des plus violentes de la planète mais aussi montrer les résonnances internationales des tensions qui la traversent.

 

 

 

Partie 1. De la fin de la Première Guerre mondiale à la fin de la guerre froide: une région sous influence étrangère et travaillée par le nationalisme arabe.

 

1. La période anglo-française de 1914 à la SGM

 

 

A. Un partage sur les ruines de l'Empire ottoman

  • Un empire multiculturel

Toute la région est dominée jusqu'à la fin de la Première Guerre mondiale par l'Empire ottoman, vaste empire multiculturel dirigé par un sultan turc qui porte le titre de calife (commandeur des croyants) car l'Empire contrôle La Mecque.

 

  • Les espoirs des peuples

Lors de la Première Guerre mondiale, l'Empire ottoman s'engage aux côtés de l'Allemagne. Les Anglais suscitent alors en 1916 une révolte des populations arabes en leur promettant de retrouver leur indépendance.

 

  • Le système des mandats

En réalité, les Européens, essentiellement les Français et les Anglais, envisagent de mettre la région sous tutelle et d'établir un partage. Les enjeux de la région pour la France et le RU: elle est un carrefour stratégique entre Europe et Asie + les gisements de pétrole. C'est l'objet des accords Sykes-Picot signés en mai 1916 qui partage le Moyen-Orient en zones d'influence françaises et anglaises.

En 1918, l'Empire ottoman s'effondre. Le traité de Sèvres établit son partage en 1920. La France et l'Angleterre reçoivent des mandats de la Société des nations pour administrer les territoires. Syrie et Liban pour la France, Irak, Jordanie, Palestine pour l'Angleterre.

 

  • L'Arabie Saoudite reçoit la région de La Mecque, et son roi contrôle désormais les lieux saints de l'Islam.

 

  • L'Etat laïc turc est fondé par Mustapha Kemal
     

B. Vers les premières indépendances

• Diviser pour régner
Les Européens tracent des frontières qui ne respectent pas toujours la répartition des différents peuples. Ils répriment les révoltes et les volontés d'indépendance.

 

• Vers l'autonomie
Cependant, dans les années 1930, les Anglais comprennent la nécessité d'accorder une certaine autonomie aux territoires qu'ils contrôlent. L'Égypte, sous tutelle britannique depuis le XIXe siècle, est indépendante en 1922. En 1932, l'Irak accède à l'indépendance. Plus tardivement, en 1943, la France donne l'indépendance au Liban, puis en 1946 à la Syrie.

 

 

2. La constitution d'un « foyer national juif »: la région devient un enjeu pour le mouvement sioniste.

 

A. Depuis la fin du XIXe siècle, il existe parmi les juifs d'Europe un mouvement sioniste, fondé par Theodor Herzl, qui souhaite le retour des juifs en Palestine.

En 1917, une déclaration de Lord Balfour, ministre des affaires étrangères britannique, accepte la constitution d'un « foyer national juif » en Palestine. L'immigration juive s'intensifie.

 

 

B. Le désengagement britannique, le plan de partage et son échec


À la fin de la Seconde Guerre mondiale, de nombreux juifs d'Europe, rescapés de la Shoah, souhaitent s'installer en Palestine, ce qui pose le problème de l'indépendance de ce territoire, où cohabitent difficilement Arabes et Juifs.

 
En 1947, l'ONU réalise un plan de partage de la Palestine qui prévoit un État juif et un État arabe de superficies égales. Jérusalem, ville sainte des trois monothéismes, devait avoir un statut international.


Ce plan ne sera jamais appliqué. Le 14 mai 1948, lorsque les Anglais se retirent, les Juifs proclament la naissance de l'État d'Israël. Le lendemain, les États arabes voisins attaquent Israël. Ils sont vaincus et Israël occupe 78 % du territoire de la Palestine. Le reste est annexé par les États arabes. Les Palestiniens fuient en masse la Palestine et se réfugient dans les Etats voisins (année de la "Nakba", catastrophe, pour les Palestiniens).

 

3. Le Moyen-Orient: un enjeu dans la guerre froide.

 

A. les Etats-Unis au Moyen Orient: alliance et zone d'influence

 

  1. Pacte du Quincy

Le 14 Février 1945 sur le bateau Quincy, le roi Abdelaziz ben Abderrahmane Al Saoud (Ibn Saoud) rencontre le président américain Franklin Roosevelt. Les EU s'engagent pour assurer la sécurité du royaume et, en échange, l'Arabie saoudite s'engage à assurer l'approvisionnement des E-U en pétrole. Le pacte a été renoué avec le président George W Bush.

Ce pacte marque le recul des Européens dans la région et l’intervention d’un nouvel acteur: les E-U

  1. Pacte de Bagdad 1955.

Le pacte de Bagdad signé par la Turquie, la Syrie, l'Irak et l'Iran avec le Royaume-Uni rejoint par les EU s'inscrit dans la stratégie d'endiguement pour limiter l'expansion communiste dans le monde. Il permet d'élargir la zone d'influence dans la région. La Turquie appartient déjà à l'OTAN. L'Iran ne voulait pas de ce pacte mais la CIA s'est chargé de renverser le premier ministre pour amener l'Iran à accepter cette alliance. Lorsque la révolution islamiste éclatera en 1979 en Iran ce pays quittera l'alliance.

 

B. L'URSS, elle, cherche à se rapprocher des pays arabes par des accords commerciaux ou par des prise de position diplomatique. Mais ces alliances sont souvent instables.

 

Exemple la crise de Suez en 1956 à la croisée de plusieurs enjeux

 

- Le dirigeant égyptien Nasser souhaite construire un barrage sur le Nil, afin de réguler le fleuve. Cette régulation permettra de répondre aux besoins de l’agriculture et de produire de l’électricité. Pour sa construction, Nasser sollicite l’aide financière et technique des Etats-Unis, mais ceux-ci refusent en raison de l'attitude trop ambiguë du dirigeant qui refuse toujours de s'aligner sur les positions américaines. Le pacte de Bagdad a conduit l'Egypte à se rapprocher de Moscou. En représailles, Nasser décide de nationaliser la compagnie du canal de Suez, dont les revenus permettront de financer la construction du barrage. La France et le R-U perdent les droits de péage qu'ils possédaient sur cette voie maritime  capitale qui relie la Méditerranée à la mer Rouge. Ceci entraîne l'intervention armée d'Israël, de la France et du R-U. Le conflit prendra fin sous la pression des Etats-Unis et  surtout de l'URSS. Dans cette affaire, l'URSS gagne en prestige au MO et resserre beaucoup son alliance avec l'Égypte.

 

- Mais à partir des années 1970, le nouveau chef de l'Egypte, Anouar El-Sadate s'éloigne de l'URSS (les conseillers soviétiques qui épaulaient l'armée égyptienne doivent partir) et se rapproche des E-U et d'Israël. Un sommet américano- israélo-égyptien a lieu aux E-U à Camp David qui se terminera par la reconnaissance d'Israël par l'Egypte et la normalisation des relations entre les deux Etats. Quelques années plus tard, le président égyptien sera assassiné par des islamistes.

 

- La crise de Suez est donc à la croisée de plusieurs enjeux: la montée du tiers-monde représentée par Nasser et sa décision de nationaliser le canal / la lutte entre EU et URSS  pour se constituer des zones d'influence dans la région / l'opposition arabe à Israël impliqué dans l'attaque sur le canal.

 

 

P. 2

Proche et Moyen-Orient de la fin de la guerre froide à nos jours: la montée en puissance de l'engagement américain et de l'islamisme politique

 

1. L'exemple irakien: divisions religieuses et enjeux internationaux.

  • Un Etat au cœur de la conflagration chiites contre sunnites

L’exemple de l’Irak permet de montrer et comprendre que l’opposition entre les courants sunnites (20 % des Irakiens) et chiites (55 %) est devenu un enjeu majeur du Moyen-Orient. Cela se voit aussi aujourd’hui dans le conflit syrien.

Sunnisme : courant majoritaire de l’islam (90 % environ des croyants) qui s’appuie sur la sunna (tradition = ensemble des paroles, des actions et des jugements du Prophète

Chiisme : courant de l'islam (9 % environ des croyants) né du schisme des partisans d'Ali à propos de la désignation du successeur du Prophète au VIIe siècle

En Irak, les chiites sont majoritaires. Les sunnites et les kurdes sont des minorités

Saddam Hussein était sunnite et a favorisé cette minorité aux dépens des chiites. De 1979 et 2003, les Arabes sunnites furent largement favorisés dans l’accès à l’emploi et aux responsabilités politiques, tandis que les chiites, plus de la moitié de la population, ont été privés de leurs droits politiques et se sont vus réduire leurs libertés religieuses

Dans la 1ère guerre du Golfe (1991), George Bush n'a pas voulu abattre le dictateur irakien pour ne pas déstabiliser le pays. Dans la 2e guerre du Golfe (2003), son fils l'a fait arrêter et juger. Son projet idéologique d'un "Grand Moyen-Orient" rendait nécessaire cette chute (voir cours sur la puissance des E-U)

Aujourd'hui, après sa chute, c'est le contraire. : les partis politiques d’obédience chiite ont dominé les élections législatives successives depuis 2005 – ce qui irrite non seulement les sunnites irakiens, mais aussi les régimes du monde arabe sunnites (Arabie Saoudite) qui ne sont pas sans craindre une influence élargie de l’Iran (Etat chiite) dans la région.

Les développements de l'islamisme politique et du terrorisme de l'Etat islamique (EI) sont liés à cette situation: l'EI se veut le défenseur des sunnites.

  • L’Irak et le pétrole

La 1ère guerre du Golfe a permis aux EU de renforcer leur présence dans la région et contrôler davantage la première région productrice d'hydrocarbure.

La 2e guerre du Golfe avait un but idéologique lié au projet d'un "Grand Moyen-Orient" mais le renforcement du contrôle sur l'Irak c'est-à-dire un des pays parmi les plus importants producteurs de pétrole, a aussi été un objectif pour les EU. (Voir cours sur la puissance des EU)

 

2. Les Etats-Unis et les tensions israélo-arabes.

- Les échecs militaires des Etats arabes pour battre Israël conduisent l'Egypte a opéré un tournant majeur dans les années 1970

Le nouveau chef de l'Egypte, Anouar El-Sadate s'éloigne de l'URSS (les conseillers soviétiques qui épaulaient l'armée égyptienne doivent partir) et se rapproche des E-U et d'Israël. Un sommet américano- israélo-égyptien a lieu aux E-U à Camp David qui se terminera par la reconnaissance d'Israël par l'Egypte et la normalisation des relations entre les deux Etats. Quelques années plus tard, le président égyptien sera assassiné par des islamistes.

 

 

- La fin de la guerre froide et la fin du soutien de l'URSS conduit l'organisation palestinienne dirigée par Yasser Arafat (l'Organisation de libération de la Palestine ou OLP) à abandonner les actions terroristes et à conclure les accords d'Oslo (ou de Washington) avec le premier ministre israélien Yitzhak Rabin en 1993.

 

Les Palestiniens reconnaissent Israël et, en échange, Israël reconnait l'existence d'une Autorité palestinienne, embryon d'un futur Etat palestinien. Bill Clinton, le président américain, est personnellement engagé dans ce rapprochement.

 

Le processus de paix échoue à cause des extrémistes des deux camps: Yitzhak Rabin est assassiné par un extrémiste israélien et le mouvement islamiste Hamas se crée affaiblissant les Palestiniens en les divisant.

 

3. Les formes de l'islamisme politique.

- Définition: l'objectif de l’islamisme est de "ré-islamiser" les sociétés en s'appuyant sur une conception traditionnaliste de l’islam .

 L’islamisme prend plusieurs formes:

  • Soit il vise  la prise du pouvoir légalement ou pas. pour "ré-islamiser" la société. C’est le cas des Frères musulmans que l'on voit en Egypte ou en Tunisie. C'est aussi le cas du parti islamiste turc l'AKP qui arrive légalement au pouvoir et gère la Turquie depuis déjà longtemps
  • Soit il vise le djihadisme comme Al Qaïda ou l’Organisation de l'Etat islamique (OEI).
  • Soit Il prend la forme d’une doctrine conservatrice au service d’un pouvoir établi, comme le wahhabisme (salafisme)  en Arabie saoudite
  • Soit il oscille entre les deux dernières options comme l’a fait l’Iran dans son histoire récente.

 

- Exemple de l'Iran.

 

1979, une révolution renverse le pouvoir impérial et pro-occidental en place  et met au pouvoir un ayatollah (chef du clergé chiite)  traditionnaliste: Khomi

L’Iran est une république théocratique islamique avec un double pouvoir: un président et un parlement désignés au suffrage universel et un guide religieux qui contrôle le pouvoir politique.

Khomeini prêche une révolution islamique mondiale visant la destruction d'Israël, du capitalisme incarné par les E-U et du communisme représenté par l'URSS ou la Chine.

Une longue guerre entre l'Irak et l'Iran épuisera les ressources de l'Iran.

Aujourd'hui, l'Iran cherche à normaliser ses relations sauf avec Israël toujours menacé de destruction.

Le sentiment d'encerclement que les dirigeants iraniens ont aujourd'hui pourrait les conduire à s'équiper de l'arme nucléaire. D'où les négociations et les sanctions en cours décidés par les membres permanents du Conseil de sécurité.

 

- Le projet d'un djihadisme mondial a été repris par Al Qaida puis par l'Organisation de l'Etat islamique (OEI).

 

Al Qaida est constitué de réseaux éparpillés au Maghreb, dans la péninsule arabique, en Syrie ou en Afghanistan et tous liés à un chef, Ben Laden puis, aujourd'hui, Ayman Al-Zaouahiri.

 

OEI c'est un territoire, contrairement à Al Qaida, étendu entre Irak et Syrie avec à sa tête un chef qui s'est proclamé calife c'est-à-dire successeur du prophète. Pour s'affirmer, il utilise des méthodes ultraviolentes et une médiatisation sophistiquée de ses actions. Son recrutement est international.

 

 

 

 

Repost 0
Published by france
commenter cet article
12 avril 2017 3 12 /04 /avril /2017 11:17
Japon et Chine TERMINALE ES
Japon et Chine TERMINALE ES
Japon et Chine TERMINALE ES
Japon et Chine TERMINALE ES
Japon et Chine TERMINALE ES
Japon et Chine TERMINALE ES
Japon et Chine TERMINALE ES
Japon et Chine TERMINALE ES
Japon et Chine TERMINALE ES
Japon et Chine TERMINALE ES
Japon et Chine TERMINALE ES
  • COURS 2.
  • Japon - Chine: concurrences régionales et ambitions mondiales

 

L’étude de cette question comporte une approche comparative du rôle joué en Asie et dans le monde par les deux puissances majeures de la région: Japon et Chine

Le Japon et la Chine sont deux puissances économiques mondiales majeures. Mais on observe cependant de nombreuses différences. Alors que le Japon bénéficie d'une économie diversifiée et orientée vers les hautes technologies, il souffre cependant d'une croissance faible. La Chine a une économie moins diversifiée, une technicité moins avancée, mais profite d'une forte croissance économique.

Ces deux pays cherchent aussi à conforter leur influence mondiale. Le Japon tire partie de son influence culturelle dans le monde mais n'a que peu d'influence sur le plan international. Sa force armée est réduite à une force d'autodéfense. La Chine affirme, elle, progressivement son influence culturelle et jouit d'un poids politique international important.

Les deux pays sont en concurrence pour assurer le leadership en Asie mais, en même temps, les économies des deux pays sont en voie d'intégration.

Cette volonté partagée de devenir la première puissance asiatique provoque des tensions d'ordre géostratégique

Annonce du plan.

 

Partie 1. Des puissances économiques mondiales.

 

1. La puissance économique du Japon.

Le Japon est en 2015 la troisième puissance mondiale :

  • C'est une ancienne puissance industrielle, le pays est industrialisé depuis la fin du XIXe siècle et possède une économie très diversifiée.
  • Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la puissance industrielle du Japon s'est construite sur une montée en gamme progressive: voir le cours sur croissance et population en Asie. Aujourd'hui, Ii dispose d'un savoir-faire dans les hautes technologies (robotique, électronique, nanotechnologies, etc.) grâce à des investissements importants dans la recherche et le développement (3,5% de son PIB)
  • C'est une puissance financière et il est le premier créancier mondial en 2014.
  • Il dispose de grandes FTN (Toyota, Sony, Mitsubishi, etc.) qui exportent dans le monde entier.
  • Le Japon est le 4e exportateur mondial.
  • Tokyo, plus grande ville au monde, est une métropole mondiale qui dispose du plus grand nombre de sièges parmi les 500 plus grandes multinationales.

Or, l'économie japonaise connaît aussi des limites :

  • Le Japon est dépendant des importations de matières premières.
  • Le Japon connaît une faible croissance depuis quelques années et doit affronter l'émergence de nouveaux partenaires dans la région.
  • Sa population, confrontée au problème du vieillissement, diminue. On assiste aussi à un accroissement de la précarisation. C'est un des facteurs de cette faible croissance.
  • Le pays est vulnérable aux risques naturels (séisme et tsunami à Fukushima en 2011).


2. L'économie chinoise

La Chine est la deuxième puissance économique et représente environ 15% du PIB mondial.

Le pays est officiellement un régime communiste depuis l'arrivée au pouvoir de Mao en 1949. Mais face aux ravages provoqués par les réformes du régime dans les années 1960, Deng Xiaoping opère la transition de l'économie chinoise vers un modèle capitaliste.

Depuis 30 ans, la Chine connaît une forte croissance de son économie. Elle est désormais un pôle de l'économie mondiale :

  • Elle fonde sa puissance sur une production à bas coût qui repose sur une main-d'œuvre peu chère, nombreuse et flexible mais aussi sur une politique d'exonération fiscale. Cette situation permet l'afflux de nombreux IDE.
  • Elle est ainsi le premier exportateur de produits manufacturés au monde (11,5% des exportations mondiales).
  • Suite à la crise de 2008, la Chine cherche à ce que son économie repose moins sur les exportations et vise le développement de son marché intérieur. Pour atteindre cet objectif, elle mise sur l'accroissement de la classe moyenne et des grands projets de construction d'infrastructures (TGV chinois).
  • Actuellement considérée comme "l'atelier du monde", l'économie chinoise connaît une montée en gamme de sa production et aspire à devenir le "laboratoire du monde".
  • La Chine se tourne de plus en plus vers l'extérieur et depuis 2000, les investissements chinois à l'étranger ont été multipliés par 20. Elle investit notamment en Afrique.

Mais l'économie chinoise fait aussi face à des limites :

  • Une grande partie du pays est confrontée à de graves problèmes de développement.
  • L'économie chinoise reste moins moderne que celle du Japon et l'agriculture est le secteur qui fournit le plus d'emplois.
  • Elle est souvent critiquée par ses partenaires commerciaux (Europe, États-Unis, Japon, etc.) pour sa politique qui consiste à maintenir une monnaie faible afin de doper ses exportations.
  • Elle est très souvent accusée de mener une politique agressive et d'utiliser l'espionnage industriel.
  • Malgré une technicité des produits qui s'améliore (notamment grâce au transfert de technologie), la technologie chinoise est encore en retard par rapport aux produits américains et japonais.
  • Enfin, la population est de plus en plus critique sur le manque de démocratie, la corruption, les problèmes environnementaux. De plus, la politique des bas salaires montre ses limites ; en effet, de nombreux ouvriers, après des mouvements sociaux, ont obtenu des augmentations.

 

 

 

 

Partie 2. L'influence internationale de la Chine et du Japon

 

1. Des influences politiques inégales.

 

La Chine est une puissance politique qui ne cesse de s'affirmer :

  • La Chine dispose de l'arme nucléaire et d'un siège de membre permanent au Conseil de sécurité de l'ONU.
  • Elle augmente ses dépenses militaires (2e budget militaire au monde), investit dans le domaine spatial et développe sa marine de guerre afin d'assurer ses approvisionnements et de s'imposer dans les mers asiatiques. Elle a d'ailleurs construit des ports militaires sur les territoires de ses alliés (le "collier de perles") à Myanmar, au Sri Lanka, en Afrique de l'Est.
  • Elle dispose de l'armée la plus nombreuse au monde (2,3 millions de soldats).

Le Japon est souvent considéré comme un "nain politique" :

  • Son armée est limitée depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et sa défense repose sur la protection des États-Unis.
  • Il n'est pas membre du Conseil de sécurité et ne possède pas la bombe atomique.
  • De plus, sa constitution limite ses forces militaires à la légitime défense.
  • Cependant, le Japon cherche à affirmer son poids politique sur la scène internationale. Il augmente son budget militaire (le 8e au monde en 2015), participe à des opérations internationales de maintien de la paix sous l'égide de l'ONU (Irak, etc.) et revendique une place de membre permanent au Conseil de sécurité de l'ONU.

 

2. Des soft powers différents

Le Japon dispose d'un important Soft power :

  • Sa culture est mondialement connue (manga, jeux vidéo, etc.). Sa gastronomie est répandue sur l'ensemble de la planète et est très à la mode et notamment les sushis.
  • Il distribue une importante aide publique au développement (APD) en Afrique, en Asie et en Amérique du Sud et est un important financeur de la Banque asiatique de développement.

La Chine cherche à affirmer son influence culturelle dans le monde :

  • Elle a organisé les Jeux olympiques de Pékin en 2008 et l'Exposition universelle de Shanghai en 2010.
  • Dans le but de promouvoir la culture chinoise, des instituts Confucius ont été créés dans le monde.
  • L'apprentissage du chinois (le mandarin) est en progression, mais avant tout pour des raisons commerciales.
  • Enfin, la Chine bénéficie du relais de son importante diaspora qui compte plus de 50 millions d'individus dans le monde et contribue à mettre en avant la culture chinoise (gastronomie chinoise, Nouvel an chinois à Paris, à New York, etc.).
  • Malgré ses efforts, la Chine continue de pâtir d'une image négative (question des droits de l'Homme, de l'occupation du Tibet, etc.).

 

Partie 3. Une concurrence régionale

 

1. La période contemporaine a été le théâtre de tensions très fortes entre les deux pays.

  • En 1931, le Japon a envahi la Chine et est responsable de massacres. Le massacre de Nankin dure six semaines et plusieurs centaines de milliers de Chinois y trouvent la mort. Des dizaines de milliers de femmes et d'enfants sont violés par les troupes japonaises.
  • De plus, les pays sont tous les deux marqués par une idéologie nationaliste accentuée par les partis au pouvoir (PCC en Chine et Parti nationaliste au Japon).

 

2. Une concurrence économique régionale

La Chine et le Japon sont en concurrence pour le leadership économique en Asie. Ce sont les deux géants économiques du continent, ils représentent 70% du PIB asiatique.

Bien que le Japon domine dans les secteurs de la recherche, des hautes technologies et par sa présence économique internationale (les FTN japonaises), la Chine s'est imposée comme la première puissance mondiale et donc régionale.

Malgré cette concurrence, les deux économies sont de plus en plus intégrées :

  • Historiquement, le Japon est à l’origine de la diffusion du développement économique à l'échelle régionale; par ses investissements et ses délocalisations industrielles, il a suscité le décollage économique des pays voisins, y compris la Chine. Son modèle de  développement  a entraîné dans sa dynamique la quasi totalité de l’Asie orientale
  • Depuis l'ouverture de l'économie chinoise dans les années 1970 et l'entrée de la Chine dans l'OMC en 2001, les échanges entre les deux pays se sont intensifiés. Le commerce entre ces deux pays représente 3% de l'ensemble des échanges internationaux.
  • Les entreprises japonaises délocalisent en Chine et le Japon est le premier importateur d'IDE en Chine. Plus de 20 000 entreprises japonaises sont désormais présentes en Chine. La Chine est son premier partenaire économique.
  • Le Japon est le deuxième partenaire économique de la Chine, derrière les États-Unis.

Les flux de personnes sont aussi en augmentation :

  • 500 000 Chinois sont installés au Japon et sont majoritairement des étudiants.
  • 130 000 Japonais vivent en Chine, dont la plupart sont des employés des entreprises japonaises.

Cependant, les concurrences entre la Chine et le Japon constituent un frein à l'instauration d'une réelle coopération économique dans la région :

  • La Chine se satisfait du partenariat avec l'ASEAN + 3 (Corée, Japon et Chine).
  • Le Japon veut étendre la coopération à d'autres pays, avec notamment l'Inde, l'Australie et la Nouvelle-Zélande, afin de diminuer le poids relatif de la Chine.

3. Une concurrence géopolitique

 

Des tensions subsistent avec les voisins de la Chine, notamment autour des questions frontalières :

  • Les archipels en mer de Chine, qui disposent de réserves en hydrocarbures, sont des sources de tensions entre la Chine et le Vietnam. Des émeutes contre la communauté chinoise ont éclaté en 2014 au Vietnam et ont eu pour conséquence le rapatriement de 4000 travailleurs chinois.
  • La frontière entre l'Inde et la Chine dans le Cachemire et au Tibet est aussi cause de tensions entre les deux États.
  • Enfin, la Chine et le Japon s'opposent au sujet des îles Senkaku (en japonais) ou îles Diaoyutai (en chinois) qui sont sous contrôle des Japonais mais sont réclamées par les Chinois. Fréquemment, des bateaux chinois entrent dans la zone dominée par les Japonais et provoquent de vives réactions de la part du Japon..

Malgré la persistance de ces tensions, des élans de solidarité entre les deux pays se sont manifestés lors du tremblement de terre au Sichuan en Chine en 2008 et lors du tsunami au Japon en 2011.

 

 

 

 

.

 

 

Repost 0
Published by france
commenter cet article
29 mars 2017 3 29 /03 /mars /2017 15:46

L’Asie du Sud et de l’Est: les défis de la population et de la croissance

 

INTRODUCTION.

  • Définir de quel espace il s’agit: la Chine, le Japon, l’Inde, les deux Corée et le Sud Est asiatique
  • C’est un espace de grande diversité : un espace éclaté, un poids démographique important : 3,5 milliards de personnes, cet espace comprend donc la majeure partie de la population mondiale. Des statuts politiques très différents : démocratie parlementaire comme l’Inde ou le Japon, dictature totalitaire comme la Corée du Nord ou un totalitarisme qui laisse la société plus libre sur le plan économique comme dans le cas de la Chine.
  • Mais 2 points communs: c’est la 1ère zone de croissance de la planète et c’est l’espace qui comprend le plus de personnes pauvres, ce qui suppose donc que son essor économique ne permet pas pour l’instant de répondre aux besoins de sa très nombreuse population.

 

  • Problématique. Quels sont les liens entre population et croissance économique dans un espace encore assez largement à la recherche d’un véritable développement ?

Plan:

P1. LA DÉMOGRAPHIE : ASPECTS, ATOUTS, CONTRAINTES

- foyers de population

- transition démographique

- une population nombreuse: atout ou contrainte pour le développement

P2. CROISSANCE ET DÉVELOPPEMENT

1. L’intégration à la mondialisation : sans cesse accrue, toujours plus profitable

2. Différents niveaux d’émergence

3. Limites et fragilités

 

 

P. 1 LA DÉMOGRAPHIE : ASPECTS, ATOUTS, CONTRAINTES

 

1. L'Asie du Sud et l’Asie de l’Est correspondent aux principaux foyers de peuplement mondiaux. La population de l'Asie du Sud et de l'Est approche les 4 milliards d'habitants. On la divise en 3 foyers de population:

  • - L’Asie du Sud, correspondant au souscontinent indien, marqué par la civilisation indienne, l’hindouisme mais aussi l’islam. 3 Etats dominants: l'Union Indienne (1,210 milliard), le Pakistan (175 millions) et le Bangladesh (152 millions).
  • - L’Asie du SudEst, aux confins des influences indiennes, chinoises et malaises dispose de 600 millions d’habitants ; les pays les plus peuplés sont l’Indonésie (237 millions), les Philippines (92 millions) le Viêtnam (86 millions) la Thaïlande (67 millions) et la Birmanie (53 millions)
  • - L’Asie de l’Est, marqué la civilisation chinoise et sa culture confucianiste, abrite 1,590 milliard d’habitants : 1,355 milliard en Chine, 126 millions au Japon, 50 millions en Corée du Sud.

 

  1.   Les zones littorales de l'Asie orientale et les vallées des grands fleuves, par exemple le Gange, présentent des densités très élevées: les plaines alluviales et les deltas (Gange en Asie du Sud, Mékong en Asie du SudEst) ont des densités de population rurale dépassant 1 000 hab./km Le processus de mondialisation et une fulgurante urbanisation ont encore renforcé leur poids. Sur les cinq villes les plus peuplées du monde, trois sont situées en Asie du Sud et de l’Est.

 

 

3. Des évolutions démographiques convergentes mais décalées dans le temps. Si dans l'ensemble de cet espace, la transition démographique est en voie d'achèvement, la région présente une grande disparité:

-  Maintien d'une forte fécondité et d'une forte mortalité infantile dans les pays pauvres (Laos, Népal, Afghanistan)

- Mais des pays ont achevé leur transition démographique (Japon, Chine). En Chine, la fécondité est désormais basse, au prix d'une politique autoritaire de contrôle des naissances qui vient d'ailleurs d'être remise en cause pour ralentir un vieillissement rapide de la population chinoise.

- L'Inde est dans une position intermédiaire. Elle gagne 19 millions d'habitants chaque année, ce qui devrait faire d’elle le pays le plus peuplé de la planète vers 2030

4.  La présence d'une maind'œuvre abondante a assuré les bases de la croissance, notamment dans l'agriculture, puis dans l'industrie. Cette force du nombre est une des caractéristiques de la région. Cette très nombreuse population est un aiguillon pour la croissance économique (maind’œuvre) importante, jeune et de plus en plus souvent bien formée). Elle représente aujourd'hui également un immense marché de consommateurs potentiels.

5. Mais le poids démographique représente également de véritables défis car:

- les déséquilibres démographiques sont dangereux
La maîtrise de la croissance en Chine et en Inde ont conduit, pour des raisons culturelles, à favoriser, par l'avortement des filles, la naissance de garçons. Ceci conduit à un déficit en femmes. Dans certaines régions de l'Inde, on compte 120 hommes pour 100 femmes. Par ailleurs, compte tenu de la faible fécondité, la population de certains États connaît un important vieillissement, comme au Japon. La Chine elle-même commence à connaître ce processus.

-  Des déséquilibres socio-économiques
Les écarts sociaux sont importants dans la plupart des pays de la région. En Inde et en Chine, la classe moyenne est relativement réduite en nombre, environ 15 % de la population. La population reste caractérisée par une réelle pauvreté : la moitié des Indiens vivent avec 2 euros par jour
. D'où les défis que représente ce poids démographique de la région en termes de santé, d’éducation, de logement, et parfois même encore d’accès à l’alimentation.

 

 

P. 2. CROISSANCE ET DÉVELOPPEMENT

 

La croissance économique marquée que connaissent aujourd’hui les pays asiatiques est susceptible de les aider à surmonter ces difficultés. En effet, l’Asie est devenue le moteur de l’économie mondiale, Chine en tête : en 30 ans, grâce à un taux de croissance annuel moyen supérieur à 7,5%, la part de l’Asie émergente dans le PIB mondial a grimpé de 10 à 35%.

1. L’intégration à la mondialisation est sans cesse accrue et s'est faite par le biais de l'industrialisation.

En s'ouvrant, les économies asiatiques ont su tirer parti de la mondialisation mais selon des processus d’émergence nationaux différenciés et décalés dans le temps.

- Ainsi, pour le Japon, l’amorce du développement industriel remonte à la fin du XIXe siècle, avec l'ère Meiji . Après la Seconde Guerre mondiale, l'industrialisation, soutenue et coordonnée par l'Etat, s’appuie sur l’action de puissantes firmes comme Mitsubishi, Sony ou Toyota.

- Sous l’impulsion du Japon, la stratégie de la remontée des filières industrielles (passer d'un produit à plus faible valeur ajoutée à un produit à plus forte valeur ajoutée) a permis une croissance élevée, et a diffusé cette croissance en Asie de l’Est et du SudEst par délocalisation des industries moins compétitives.

- D’où les succès des NPIA de la première génération  (nouveaux pays industriels asiatiques comme la Corée du Sud, Taïwan, Singapour, Hong Kong) depuis les années 1970: ils ont repris la même stratégie de remontée des filières industrielles. Dans leur sillage, les NPIA de 2e génération (Malaisie, Indonésie, Thaïlande, Philippines, ViêtNam) se sont également lancés dans une politique d'ouverture économique, ainsi que la Chine à partir de 1978, et l’Inde beaucoup plus récemment.

- La production industrielle joue donc un rôle fondamental dans la croissance de la région : produits de haute technologie au Japon et en Corée, produits et montages de produits à bas coût compétitifs en Chine, dont la production industrielle a dépassé en volume celle des ÉtatsUnis. Les délocalisations industrielles venues d'Europe et d'Amérique du Nord ont contribué à cet accroissement de la production industrielle Aujourd'hui, en Chine, l'industrie se tourne de plus en plus vers le marché intérieur, et plus seulement vers l'exportation..

- De grands groupes industriels japonais (Toyota, Sony), coréens (Samsung, Hyundai), chinois (Lenovo ou Geely qui a racheté Volvo), et aujourd’hui indiens (Reliance, Tata qui a racheté Jaguar et Land Rover), sont partis à la conquête des marchés mondiaux.

- Cette industrie a été littoralisée de façon à optimiser les coûts de transport et à réduire les délais. Les interfaces maritimes de l’Asie sont parmi les plus actives au monde.

- Les services et la R&D (recherche et développement) jouent également un rôle éminent dans certaines émergences, notamment celle de l’Inde : si la Chine est le nouvel « l’atelier du monde », pour certains l’Inde est en passe de devenir « le bureau du monde » (spécialité en traitement des données informatiques). L’Inde monte en gamme et en puissance grâce à ses secteurs de pointe comme l'informatique ou l’industrie pharmaceutique.

- Les bourses de Tokyo puis de Shanghai et de Hong Kong sont de premier rang, devant celles de Taipei, Shenzhen et Séoul.

2. Différents niveaux d’émergence à toutes les échelles: à échelle de l'Asie du Sud et du Sud-Est, à échelle des pays et dans les pays.

  • À l’échelle du continent : hiérarchies nationales

- La locomotive économique de la région reste le Japon, même si le PIB chinois a dépassé en valeur absolue (mais pas par habitant) le PIB japonais.

- Les NPIA de la 1ère génération (Corée du Nord, Taïwan, Singapour et Hong Kong) ont désormais un profil économique qui les rattache à des pays industriels développés.

- Les autres pays asiatiques présentent des profils très variés: les NPIA de la seconde génération (Indonésie, Philippines...) prometteurs mais encore fragiles aux PMA comme le Cambodge ou le Bangladesh..

  • À l’échelle des États : les inégalités entre villes et campagnes restent énormes dans les Etats émergents

En Chine, les inégalités sont profondes entre les régions littorales, moteurs de la croissance, et l’intérieur où des poches de pauvreté persistent.

En Inde, certains économistes estiment qu’il y a de la croissance sans réel développement en dehors de quelques poches urbaines. C’est souvent le cas dans l’ensemble de l’Asie émergente, où le fossé villescampagnes se creuse dangereusement.

- Si l’on assiste à un spectaculaire recul de l’extrême pauvreté, celuici est très inégal: l'Asie demeure le continent qui compte le plus de pauvres: 2,2 milliards de personnes en Asie du Sud et de l'Est

3. Limites et fragilités

A. Les fragilités du modèle économique

  • La région ne dispose en effet que de très peu d'hydrocarbures, qui doivent être presque tous importés du MoyenOrient.
  • Les économies asiatiques sont également très dépendantes de leurs exportations et donc à la merci d'une contraction des marchés en cas de crise : notion d’extraversion économique
  • Les fragilités environnementales. Confrontée à l'urgence du développement, la croissance asiatique s'est souvent effectuée sans respect pour l'environnement :
  • - Le recours au charbon et l'accroissement du trafic automobile ont fait depuis 2006 de la Chine le premier pays émetteur de gaz à effet de serre.
  • - La destruction des forêts primaires pour y installer des plantations commerciales en Indonésie

B. Les risques divers, accentués par les fortes densités de peuplement y sont importants : inondations au Bangladesh, séismes en Indonésie160, en Chine et au japon, tsunami sur les littoraux, risques liés aux évolutions climatiques (remontée du niveau de la mer au Bengladesh)                 


C. De sérieuses tensions géopolitiquesDans la région demeurent par ailleurs de nombreuses tensions : partage de la région du Cachemire entre l'Inde et le Pakistan, question du Tibet, convoitises de la Chine sur Taïwan, volonté de Pékin d'accroître son espace maritime en mer de Chine, guérillas aux Philippines...

  • Les organisations internationales régionales comme l’ASEAN (Association of South East Asian Nations) peinent à régler ces différends.

 

 

Repost 0
Published by france
commenter cet article
28 mars 2017 2 28 /03 /mars /2017 16:39

Proche et Moyen-Orient: un foyer de conflits depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale


INTRODUCTION

L’expression « Proche et Moyen-Orient » désigne la zone comprise qui s’étend depuis la Méditerranée jusqu’aux frontières entre l’Iran et le Pakistan.

Le Proche-Orient est un terme utilisé par les occidentaux depuis le XIXème siècle en diplomatie. Il regroupe les pays bordant la Méditerranée orientale. Le Moyen-Orient est une zone plus large englobant l'Iran, le Caucase et la péninsule Arabique.

Le Moyen-Orient abrite une grande diversité de peuples. Les Arabes sont présents de la péninsule arabique jusqu'aux rives de la Méditerranée, ainsi qu'en Égypte. On trouve aussi des Turcs sur le territoire de l'actuelle Turquie et des Perses en Iran. Par ailleurs sont également présents des Kurdes. Chacun de ces peuples possède sa propre langue et ses propres traditions..

Carrefour de civilisations et berceau des trois monothéismes, la région concentre aussi les rivalités religieuses, politiques et culturelles ainsi que les enjeux stratégiques, et notamment le contrôle des ressources pétrolières et des ressources en eau qui en font un foyer permanent de tensions et d'instabilités.

Pourquoi le Proche et le Moyen-Orient constituent-ils un foyer de conflits majeurs depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale ?

Il faudra au bac, au fur et à mesure de la composition, montrer les différents facteurs qui font de cette région une des plus violentes de la planète mais aussi montrer les résonnances internationales des tensions qui la traversent.

 

P. 1

Proche et Moyen-Orient dans la Guerre froide: la rivalité entre les États-Unis et l’URSS et les tensions régionales

 

1. Une région bouleversée dès la fin de la Seconde Guerre mondiale

  1. Fin de la domination européenne une vague d'indépendances

A la fin de la Première Guerre mondiale, la France et le Royaume-Uni se partagent la région. La Seconde Guerre mondiale modifie la situation au Proche et au Moyen-Orient. C’est la fin de la domination européenne avec l'indépendance de tous les pays du Moyen-Orient

  • L'Irak était déjà indépendant depuis 1932. Le Liban, la Syrie et la Jordanie le deviennent en 1946. Le Royaume-Uni quitte la Palestine en 1948 et accorde l’indépendance au Koweït en 1961, au Yémen en 1967, puis aux émirats du Golfe en 1971.

Dans l'ébullition des indépendances, le nationalisme arabe, se propage dans la région.

  • Il s'agit d'une idéologie qui entend d'une part redorer la fierté des Arabes en affirmant leur indépendance vis-à-vis des impérialismes européens, et qui a d'autre part pour objectif d'aboutir à une réunion des différents pays arabes en un seul.
  • D'ailleurs la Ligue arabe se crée en 1945: c'est une association d'États arabes indépendants, destinée à promouvoir leur coopération et qui existe toujours.
  1. La naissance d’Israël en 1948

Depuis la fin du XIXe siècle, il existe parmi les juifs d'Europe un mouvement sioniste, fondé par Theodor Herzl, qui souhaite le retour des juifs en Palestine.. Dans les années 30, l'immigration juive s'intensifie.


À la fin de la Seconde Guerre mondiale, de nombreux juifs d'Europe, rescapés de la Shoah, tentent de s'installer clandestinement en Palestine. L'idée d'un Etat juif semble s'imposer aux Occidentaux ce qui pose le problème de l'indépendance de ce territoire, où cohabitent difficilement Arabes et Juifs. Le mouvement sioniste est perçu comme agressif. Pour les peuples Arabes l’Etat d’Israël paraît comme un nouvel Etat croisé. Certains états arabes ont d’ailleurs soutenu activement certains criminels de guerre nazis dans leur fuite (la Syrie et l'Egypte)


En 1947, l'ONU réalise un plan de partage de la Palestine qui prévoit un État juif et un État arabe de superficies égales. Jérusalem, ville sainte des trois monothéismes, devait avoir un statut international.


Ce plan ne sera jamais appliqué. Le 14 mai 1948, lorsque les Anglais se retirent, les Juifs proclament la naissance de l'État d'Israël. Le lendemain, les États arabes voisins attaquent Israël. Ils sont vaincus et Israël occupe 78 % du territoire de la Palestine. Le reste est annexé par les États arabes. Les Palestiniens fuient en masse la Palestine et se réfugient dans les Etats voisins (année de la "Nakba", catastrophe, pour les Palestiniens).

 

2. Le Moyen-Orient: enjeu de la guerre froide

  1. Les E-U dans la guerre froide au Moyen-Orient.
  1. Pacte du Quincy

Le 14 Février 1945 sur le bateau Quincy, le roi Abdelaziz ben Abderrahmane Al Saoud (Ibn Saoud) rencontre le président américain Franklin Roosevelt. Les EU s'engagent pour assurer la sécurité du royaume et, en échange, l'Arabie saoudite s'engage à assurer l'approvisionnement des E-U en pétrole. Le pacte a été renoué avec le président George W Bush.

Ce pacte marque le recul des Européens dans la région et l’intervention d’un nouvel acteur: les E-U

  1. Pacte de Bagdad 1955.

Le pacte de Bagdad signé par la Turquie, l'Irak et l'Iran avec le Royaume-Uni rejoint par les EU s'inscrit dans la stratégie d'endiguement pour limiter l'expansion communiste dans le monde. Il permet d'élargir la zone d'influence dans la région. La Turquie appartient déjà à l'OTAN. L'Iran ne voulait pas de ce pacte mais la CIA s'est chargé de renverser le premier ministre pour amener l'Iran à accepter cette alliance. Lorsque la révolution islamiste éclatera en 1979 en Iran ce pays quittera l'alliance.

  1. L'URSS cherche aussi des alliés dans la région.

L’URSS s’appuie sur l’Egypte, la Syrie. Cela donne naissance au Panarabisme de Nasser qui souhaite unifier cette zone.

 

  1. Exemple de la crise de Suez en 1956.

Le dirigeant égyptien Nasser souhaite construire un barrage sur le Nil, afin de réguler le fleuve.. Pour sa construction, Nasser sollicite l’aide financière et technique des Etats-Unis, mais ceux-ci refusent en raison de son hostilité à Israël et de l’orientation pro soviétique de l’Egypte. 

En représailles, Nasser décide de nationaliser la compagnie du canal de Suez, dont les revenus permettront de financer la construction du barrage. La France et le R-U perdent les droits de péage qu'ils possédaient sur cette voie maritime  capitale qui relie la Méditerranée à la mer Rouge. Ceci entraîne l'intervention armée d'Israël, de la France et du R-U.

Le conflit prendra fin sous la pression des Etats-Unis et  surtout de l'URSS. qui menace directement les pays qui ont attaqué l'Egypte.  Dans cette affaire, l'URSS gagne en prestige au MO et resserre beaucoup son alliance avec l'Égypte qu'elle aidera.

 

P. 2

Proche et Moyen-Orient de la fin de la guerre froide à nos jours: la montée en puissance de l'engagement américain et de l'islamisme politique

 

1. L'exemple irakien: divisions religieuses et enjeux internationaux.

A. L’exemple de l’Irak permet de montrer et comprendre l’opposition entre les courants sunnites

 

  •  Répartition de la population en Irak en fonction de critères religieux et culturels: sunnites 20 % et chiites 55 %, Kurdes 25 %. En Irak, les chiites sont donc majoritaires

 

Sunnisme : courant majoritaire de l’islam dans le monde (90 % environ des croyants) qui s’appuie sur la sunna (tradition = ensemble des paroles, des actions et des jugements du Prophète

Chiisme : courant de l'islam (9 % environ des croyants) né du schisme des partisans d'Ali à propos de la désignation du successeur du Prophète au VIIe siècle

  • L'Instrumentalisation des groupes religieux par les pouvoirs politiques en Irak.

- Saddam Hussein était sunnite et a favorisé cette minorité aux dépens des chiites. De 1979 et 2003, les Arabes sunnites furent largement favorisés dans l’accès à l’emploi et aux responsabilités politiques, tandis que les chiites, plus de la moitié de la population, ont été privés de leurs droits politiques et se sont vus réduire leurs libertés religieuses

- Dans la 1ère guerre du Golfe (1991), George Bush n'a pas voulu abattre le dictateur irakien pour ne pas déstabiliser le pays.

- Dans la 2e guerre du Golfe (2003), son fils l'a fait arrêter et juger. Son projet idéologique d'un "Grand Moyen-Orient" rendait nécessaire cette chute (voir cours sur la puissance des E-U). Cette intervention a déstabilisé le pays et favorisé l'intervention d'Al Qaida puis la naissance de l'Etat islamique en Irak

- Aujourd'hui, après sa chute, c'est le contraire. : les partis politiques d’obédience chiite ont dominé les élections législatives successives depuis 2005 – ce qui irrite non seulement les sunnites irakiens, mais aussi les régimes du monde arabe sunnites (Arabie Saoudite) qui ne sont pas sans craindre une influence élargie de l’Iran (chiite) dans la région.

- Les développements de l'islamisme politique et du terrorisme de l'Etat islamique (EI) sont liés à cette situation: l'EI se veut le défenseur des sunnites et fait des chiites ses ciblés préférées.

 

B. Second facteur de tension: l’Irak et le pétrole

La 1ère guerre du Golfe a permis aux EU de renforcer leur présence dans la région et contrôler davantage la première région productrice d'hydrocarbure.

La 2e guerre du Golfe avait un but idéologique lié au projet d'un "Grand Moyen-Orient": voir cours sur la puissance des EU en histoire (projet de G. W. Bush). Mais le renforcement du contrôle sur l'Irak c'est-à-dire un des pays parmi les plus importants producteurs de pétrole, a aussi été un second objectif pour les EU. 

 

2. Les Etats-Unis et les tensions israélo-arabes.

  • Les échecs militaires des Etats arabes pour battre Israël conduisent l'Egypte a opéré un tournant majeur dans les années 1970

Le nouveau chef de l'Egypte, Anouar El-Sadate s'éloigne de l'URSS (les conseillers soviétiques qui épaulaient l'armée égyptienne doivent partir) et se rapproche des E-U et d'Israël. Un sommet américano- israélo-égyptien a lieu aux E-U à Camp David qui se terminera par la reconnaissance d'Israël par l'Egypte et la normalisation des relations entre les deux Etats. Quelques années plus tard, le président égyptien sera assassiné par des islamistes.

 

  • La fin de la guerre froide et la fin du soutien de l'URSS conduit l'organisation palestinienne dirigée par Yasser Arafat (l'Organisation de libération de la Palestine ou OLP) à abandonner les actions terroristes et à conclure les accords d'Oslo (ou de Washington) avec le premier ministre israélien Yitzhak Rabin en 1993.

 

Les Palestiniens reconnaissent Israël et, en échange, Israël reconnait l'existence d'une Autorité palestinienne, embryon d'un futur Etat palestinien. Bill Clinton, le président américain, est personnellement engagé dans ce rapprochement.

 

  • Le processus de paix échoue à cause des extrémistes des deux camps: Yitzhak Rabin est assassiné par un extrémiste israélien et le mouvement islamiste Hamas se crée affaiblissant les Palestiniens en les divisant.

 

3. Les formes de l'islamisme politique.

  • Définition : l'objectif de l’islamisme est de "réislamiser" les sociétés en s'appuyant sur une conception traditionnaliste de l’islam.

 

  •  L’islamisme politique prend plusieurs formes:

Soit il vise  la prise du pouvoir légalement ou pas. pour "réislamiser" la société. C’est le cas des Frères musulmans que l'on voit en Egypte ou en Tunisie. C'est aussi le cas du parti islamiste turc l'AKP qui arrive légalement au pouvoir et gère la Turquie depuis déjà longtemps

Soit il vise le djihadisme comme Al Qaïda ou l'Etat islamique (EI).

Soit Il prend la forme d’une doctrine conservatrice au service d’un pouvoir établi, comme le wahhabisme (salafisme)  en Arabie saoudite

Soit il oscille entre les deux dernières options comme l’a fait l’Iran dans son histoire récente.

 

  • Exemple de l'Iran.

 

1979, une révolution renverse le pouvoir impérial et pro-occidental en place  et met au pouvoir un ayatollah (chef du clergé chiite)  traditionnaliste: Khomeini

L’Iran est une république théocratique islamique avec un double pouvoir: un président et un parlement désignés au suffrage universel et un guide religieux qui contrôle le pouvoir politique.

Khomeini prêche une révolution islamique mondiale visant la destruction d'Israël, du capitalisme incarné par les E-U et du communisme représenté par l'URSS ou la Chine.

Une longue guerre entre l'Irak et l'Iran épuisera les ressources de l'Iran.

Aujourd'hui, l'Iran cherche à normaliser ses relations sauf avec Israël toujours menacé de destruction.

Le sentiment d'encerclement que les dirigeants iraniens ont aujourd'hui pourrait les conduire à s'équiper de l'arme nucléaire. D'où les négociations et les sanctions en cours décidés par les membres permanents du Conseil de sécurité.

 

  • Le projet d'un djihadisme mondial a été repris par Al Qaida puis par l'Etat islamique (EI).

 

Al Qaida est constitué de réseaux éparpillés au Maghreb, dans la péninsule arabique, en Syrie ou en Afghanistan et tous liés à un chef, Ben Laden puis, aujourd'hui, Ayman Al-Zaouahiri.

 

L'Etat islamique ou Daech: c'est un territoire avec des frontières fluctuantes, une population et une amorce d'organisation étatique. Elle n'a donc pas du tout la même stratégie que Al-Qaïda qui est un ensemble de réseaux liés à un centre. L'EI est étendu entre Irak et Syrie avec à sa tête un chef qui s'est proclamé calife c'est-à-dire successeur du prophète. Pour s'affirmer, il utilise des méthodes ultraviolentes et une médiatisation sophistiquée de ses actions. Son recrutement est international.

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by france
commenter cet article
26 mars 2017 7 26 /03 /mars /2017 16:27
Mumbai TERMINALE ES
Mumbai TERMINALE ES
Mumbai TERMINALE ES
Mumbai TERMINALE ES
Mumbai TERMINALE ES
Mumbai TERMINALE ES
Mumbai TERMINALE ES
Mumbai TERMINALE ES
Mumbai TERMINALE ES
Mumbai TERMINALE ES
Mumbai TERMINALE ES

THEME 3 : DYNAMIQUES GEOGRAPHIQUES DE GRANDES AIRES CONTINENTALES

 

L’ASIE DU SUD ET DE L’EST : LES ENJEUX DE LA CROISSANCE

 

ETUDE DE CAS

MUMBAI : MODERNITE, INEGALITES

 

 

 

Introduction

 

3 idées essentielles traversent le cours et sont à souligner en composition

 

  • Mumbai est une capitale économique et financière de l’Inde, Mumbai compte environ 20 millions d’habitants et elle est  la métropole la plus puissante du pays. Vitrine de la modernité et symbole de l’émergence indienne,
  • En conséquence, Mumbai connaît des transformations importantes de l’organisation de l’espace urbain. Or ces transformations posent d’importants problèmes d’aménagement en raison de son site urbain (presqu’île) et de sa croissance rapide et désordonnée.
  • Enfin, la ville de Mumbai reste marquée par la persistance voire l’aggravation des inégalités avec la cohabitation de populations aux conditions de vie très différentes.

Problématique :

En quoi Mumbai symbolise-t-elle le dynamisme économique de l’Asie du Sud et de l’est ainsi que la persistance des inégalités socio-spatiales ?

 

                          

  1. MUMBAI, UNE VILLE MONDIALE

 

1.  Mumbai: une mégapole installées sur une presque-île.

 

- Sa situation privilégiée sur la mer d’Oman dans l’océan indien fait d’elle la porte du commerce vers l’Afrique et l’Europe et explique l’intérêt qu’elle a suscité chez les puissances coloniales des le XVIIème siècle.

 

- La ville a été transformée  par le pouvoir britannique tout au long du XIXème siècle : remblaiement des 7 îles, 1er réseau d’eau, réseau ferré.

 

- Place de Mumbai dans l’émergence indienne : 2ème métropole de l’Union indienne pour le nombre d’habitants (seulement dépassée par la capitale politique Delhi), ville la plus riche du pays (environs 4%  du PNB, ¼ de la production industrielle, près de 50% du commerce extérieur, 1/3 de la collecte des impôts), capitale économique et culturelle

 

2. Une ville insérée dans la mondialisation :

  • une forte concentration de sièges sociaux dans le CBD (BKC) de Mumbai : accumulation de fonctions décisionnelles importantes : concentration du tertiaire supérieur
  • Ville est aussi un centre financier avec sa bourse d'échange : National stock Exchange, première bourse d'Inde et notamment la bourse au diamant renommée dans le monde entier. Mais la bourse de Mumbai ne rivalise pas encore avec les grandes bourses du Nord comme NY (capitalisation boursière dix fois supérieure) ou Londres et même avec les autres bouses asiatiques comme Shanghai. Un rôle de capitale financière en construction certes mais dont le poids est à relativiser.
  • ville qui produit avec les studios de Bollywood plus de 1000 films par an soit la première industrie cinématographiques au monde (en nombre d'entrée, pas en recettes) : capacité de diffusion du cinéma qui commence à s'étendre à une partie de l'Asie, Moyen-Orient, Maghreb. Mumbai = capitale du soft power indien
  • Un réseau d'écoles spécialisées de recherche fondamentale (institut TATA), technologie de l'information, commerce international, finance
  • Ville est avec New Delhi la porte d'entrée de l'Inde = The Gateway of India. La ville est parfaitement insérée dans les flux mondiaux avec le port, premier port indien, interface ouverte sur le monde et son aéroport international (HUB qui accueille 50% du trafic passager indien intérieur) qui rivalise avec celui de New Delhi.

 

 

3. C'est une ville mondiale mais de second rang

Son produit urbain brut (un peu moins de 100 milliards de $) reste modeste au regard des autres grandes villes internationales (500 pour Paris, + de 1700 pour Tokyo). Malgré cela, il représente 4 à 5 % du PIB de l’Inde et joue un rôle stratégique pour l’intégration de son économie nationale dans l’économie mondiale.

Autre raison qui explique son second rang dans les villes mondiales: une partie importante de son activité est liée à la sous-traitance et à l’externalisation des activités par des firmes originaires des pays de la Triade: informatique, services financiers, centres d’appel, services de santé ou juridiques. D’où une certaine dépendance.

Mumbai est une ville mondiale dans la même catégorie que Moscou, Sao Paulo.

 

  1. UNE CROISSANCE ECONOMIQUE FORTE QUI MARQUE LE TERRITOIRE METROPOLITAIN

 

1. vaste région métropolitaine qui s’étale, urbanisation rapide et mal maîtrisée :

 

- la ville s’organise selon une double opposition :

Nord/Sud : port et centre des affaires localisés à la pointe de la presqu’île / banlieues situées au Nord et se développant le long des voies ferrées (6 millions de voyageurs / jour)

Est/Ouest : quartiers les plus aisés le long du littoral, quartiers ouvriers et pauvres à l’Est

 

 

2. un espace qui se recompose de 3 manières:

 

- La mégapole devient polycentrique: développement de nouveaux centres directionnels comme la zone économique spéciale Santa Cruz (ZES) au nord de la ville, près de l'aéroport international: absence de droits de douane, avantages fiscaux, infrastructures (proximité de l’aéroport international), spécialisation dans l’électronique puis de logiciels informatiques, production tournée vers l’exportation

 

- Reconversion des zones industrielles situées près du port en résidences aisées ou en centres commerciaux (tertiarisation et gentrification),

 

- Les bidonvilles situés au centre comme celui de Dharavi représentent un capital foncier convoité. Pour attirer des entreprises étrangères (IDE), la ville contraint les populations des bidonvilles à se déplacer et planifie la création de nouveaux centres (ex : nouveau quartier d’affaires de Bandra Kurla Complex) Gentrification.

 

3. Mais cette transformation urbaine n'est pas assez organisée et contrôlée:

 

Des atteintes à l’environnement de plus en plus fréquentes: le parc Sanjay Gandhi est grignoté par un habitat informel / des constructions illégales au bord du littoral

 

 

 

  1. UNE VILLE MARQUEE PAR LES INEGALITES SOCIO-SPATIALES

 

 

1. métropole émergente marquée par de fortes inégalités sociales

  • émergence  des classes moyennes qui correspondent aux catégories supérieures de la société : catégories gagnantes de l’ouverture du pays depuis 1991, mode de vie à l’occidentale avec la multiplication des centres commerciaux, accession à la propriété…
  • installation de grandes fortunes à Mumbai (ex : la famille Tata)
  • persistance de la pauvreté : la moitié de la population de la ville vit dans des bidonvilles (slums), les de la population active travaillent dans le secteur informel, inégalités en termes d’alphabétisation, de santé, d’espérance de vie, faible accès à l’eau potable

 

2. fragmentation spatiale :

 

Les différentes catégories sociales occupent des espaces différents pour le logement ou le travail

 

ex : slum de Dharavi : le plus grand bidonville d’Asie avec une population d’env.1 million d’habitants pour une superficie de 175 ha, importance des emplois informels, projet de rénovation lancé en 2002

 

ex : quartier de Marine Drive (3 km le long du littoral, immeubles modernes pour population aisée), quartier de Tardeo au Sud de la ville avec la maison la plus chère du monde (Antilia House appartenant à la plus grande fortune indienne, la famille Ambani, propriétaire du groupe Reliance Industries)

 

3. Des tensions sociales importantes entre les communautés (élément de fragilité): oppositions entre hindous et musulmans (émeutes en décembre 1992-janvier 1993 ayant fait 900 morts et 2000 blessés, attentats terroristes en mars 1993, pendant l’été 2003 et en 2006).

 

 

Conclusion

 

Mumbai, symbole de la modernité et de  l’émergence de l’Union indienne, est devenue une véritable métropole au niveau mondial même si elle n’est qu’un centre secondaire de l’archipel métropolitain mondial. Malgré des inégalités socio-spatiales qui tendent à se creuser, Mumbai dispose d’atouts importants pour renforcer son poids au niveau mondial (principale ville d’un Etat en forte croissance économique, située au cœur d’une région économique puissante).

 

 

 

Repost 0
Published by france
commenter cet article
19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 11:42
L'Afrique face au développement et à la mondialisation TERMINALE S
L'Afrique face au développement et à la mondialisation TERMINALE S
L'Afrique face au développement et à la mondialisation TERMINALE S
L'Afrique face au développement et à la mondialisation TERMINALE S
L'Afrique face au développement et à la mondialisation TERMINALE S
L'Afrique face au développement et à la mondialisation TERMINALE S
L'Afrique face au développement et à la mondialisation TERMINALE S
L'Afrique face au développement et à la mondialisation TERMINALE S
L'Afrique face au développement et à la mondialisation TERMINALE S

L'Afrique et les défis du développement.

 

COURS 2.

Le continent africain face au développement et à la mondialisation

 

Le cours 1 était consacré à l'étude de cas sur le Sahara.

Un croquis est demandé au bac: il est présenté en images ci-dessus. La légende est divisée en trois partie. Un fond de carte suit la troisième partie de la légende.

 

INTRODUCTION.

 

L’Afrique est un continent qui, à l’échelle mondiale cumule les indicateurs économiques, sociaux et environnementaux défavorables, auxquels s’ajoutent de multiples conflits locaux, des problèmes de gouvernances et une place marginale dans la mondialisation.

En réalité, le continent africain n’est pas homogène en termes de développement et les situations ne sont pas figées. Des formes de décollage économique existent, malgré la persistance de problèmes aigus.

De même, on ne peut plus considérer que l’Afrique est à l’écart du monde. Le continent est largement placé en relation subordonnée dans les échanges mondialisés, mais des exemples d’adaptation aux mutations liés à la mondialisation doivent être soulignés, même si là encore, les réalités du continent sont très hétérogènes.

 

Quelle est la situation de l’Afrique face aux questions de développement ? Le continent connait-il un réel décollage économique ? Quels défis l’Afrique doit-elle encore relever ?

 

PLAN.

 

I. l’Afrique, un continent à l’écart du développement et du monde ?

A. Un continent qui cumule les indicateurs défavorables

B. Des freins multiples au développement

II. Une intégration marginale mais croissante dans la mondialisation.

A. Un décollage économique récent.

B Mais d’importants défis à relever.

 

 

 

Partie I. l’Afrique, un continent à l’écart du développement et du monde ?

 

A. Un continent qui cumule les indicateurs défavorables

 

1. La situation sociale et sanitaire du continent reste problématique : 300 millions d’Africains (près du tiers de la population du continent) n’ont pas accès à l’eau potable. La même proportion vit avec moins de 1 dollar par jour. La sous-alimentation et l’insécurité alimentaire touchent environ un tiers de la population. Une majorité de personnes n’ont pas accès à l’éducation, aux soins médicaux alors que c’est la région du monde la plus touchée par le sida : presque 24 millions de personnes sont atteintes du VIH (ce qui explique la baisse actuelle de l’espérance de vie dans plusieurs États).

 

La pauvreté est extrêmement répandue dans les campagnes, mais également dans les vastes bidonvilles et dans les villes elles-mêmes, puisque le taux de chômage y avoisine les 25 %. Cette situation est la source de tensions sociales qui traversent tout le continent. Celles-ci sont à l’origine des révolutions qui ont parcouru l’Afrique du Nord depuis 2011: les "printemps arabes". Elles représentent un défi pour l’ensemble des gouvernements africains, y compris dans les États les plus riches :

 

 

2. La situation de l’Afrique n’est toutefois pas homogène : si l’on procède à une analyse intra-africaine, on constate que les écarts entre Etats sont importants.

- Par exemple,  le Maghreb affiche un IDH relativement élevé (entre 0,65 et 0,8) ce qui est le signe d’un développement tangible. De même, l’Afrique du Sud, le Botswana ou encore la Namibie ont un IDH situé au-dessus de la moyenne continentale.

- l’Afrique du Sud qui est le pays le plus riche du continent mais il compte plus de 50 millions d’habitants vivant sous le seuil de pauvreté et son IDH est en baisse du fait de l’épidémie de sida qui a fait reculer l’espérance de vie sous les 60 ans au cours des vingt dernières années.

 

 

B. Des freins multiples au développement

 

  • Le premier obstacle au développement est l’instabilité politique. L’Afrique reste le continent qui a connu le plus grand nombre de conflits (inter et intra-étatiques) depuis la fin de la Guerre froide : elle est en ce sens une zone d’instabilité majeure. 20 % de la population africaine reste à la merci des conflits armés et les régimes autoritaires demeurent plus nombreux que les démocraties (même si ces dernières progressent). La corne de l’Afrique, mais également l’Afrique de l’Ouest et une partie de l’Afrique du Nord sont situés dans « l’arc des crises » et la guerre civile est quasiment permanente dans certains États telle que la République démocratique du Congo ou au Soudan. Les régimes démocratiques n’échappent pas eux-mêmes à la corruption et à la violence politique qui gangrènent la majorité des États africains.

 

  • La fuite illicite des capitaux en lien plus ou moins étroit avec la corruption des élites et la puissance des économies informelles expliquent également la faiblesse du développement.

Les estimations (délicates car il s’agit de flux illégaux) font état de plus de 800 milliards de dollars illégalement transférés depuis 40 ans d’Afrique vers le monde développé.

Cette richesse est détournée au profit d’une élite africaine et au profit des économies non africaines dans lesquelles elle est investie. Elle aurait pu financer des programmes de développement ambitieux ou servir par exemple à la construction d’infrastructures (éducation, santé, énergie…).

 

 

Partie II. Une intégration marginale mais croissante dans la mondialisation

 

A. Un décollage économique récent

 

  • L’Afrique connait encore aujourd’hui une intégration marginale dans le commerce international. Le commerce africain pèse financièrement très peu dans la mondialisation (363 milliards de dollars en 2007 soit 9 fois moins que l’Asie-Océanie, 13.67 fois moins que l’Europe par exemple).

 

Toutefois, l’Afrique capte de plus en plus d’IDE (1% en 2000 contre 4.5% en 2010). Les échanges commerciaux entre l’Afrique et le reste du monde ont triplé au cours des dix dernières années.

 

  • Dans certains domaines, l’Afrique s’insère rapidement dans la mondialisation. En témoigne par exemple le boom de la téléphonie mobile : 44% d’augmentation, 475 millions de connexions mobiles (sur 1 milliard d’habitants en 2012). Second marché mondial en nombre d’abonnés, ce secteur attise la convoitise des grandes firmes internationales mais nécessite à terme une amélioration des équipements par les Etats.

 

  • Une classe moyenne africaine est en formation dans beaucoup de pays africains. Le consommateur africain intéresse désormais les entreprises mondiales.

 

  • le pourcentage de la population en deçà du seuil de pauvreté absolue est passé de 66 % à 60 %.

 

  • Ces perspectives de développement attirent de nouveaux partenaires au premier rang desquels s’impose la Chine suivie de près par les pays d’Amérique du Sud et plus généralement par les grands pays émergents comme le Brésil. Ces nouveaux partenaires s’ajoutent aux puissances déjà présentes comme les Etats-Unis et les anciennes puissances colonisatrices qui ont souvent gardé des liens forts avec les Etats africains devenus indépendants (néocolonialisme économique)

 

B. D'importants défis à relever.

 

1. Faire face à la croissance démographique la plus forte de la planète.

 

- L'Afrique concentrera presque toute la progression démographique mondiale. Sa part dans la population mondiale devrait passer de 14,8% en 2010 (1 milliard) à 23,6% en 2050 (2,2 milliards). La population africaine devrait être de 3,6 milliards à la fin du siècle.

La quasi-totalité de la croissance démographique d'ici à la fin du XXI e siècle sera due à l'Afrique en raison d'une fécondité qui ne baisse que très lentement.

L’Afrique dispose d’une population jeune. Dans de nombreux pays subsahariens, la proportion des moins de 15 ans dépasse les 40%.

 

Cette croissance suppose des besoins énormes (nourriture, eau, travail, logement, soins, éducation…), besoins auxquels les Etats africains par manque de moyens ou de volonté politique ne répondent globalement pas

 

-.

 

 

 

 

- L'explosion démographique va de pair avec une explosion urbaine:

Un exode rural massif et la gestion de mégapoles constituent des défis majeurs pour l'Afrique du XXIe siècle

 

 

2. Nourrir le continent.

 

  • Il existe des causes multiples à l’insécurité alimentaire en Afrique.

- Surfaces agricoles cultivables insuffisamment exploitées

- Mauvaise conditions de stockage des productions agricoles

- Faiblesse des infrastructures agricoles  (matériel agricole rudimentaire, réseaux de distribution peu efficaces…)

- les populations pauvres sont dépendantes des variations des cours mondiaux des produits alimentaires.

 

  • Le problème du « land grabbing » : accaparement des terres agricoles par des puissances ou les firmes étrangères. Les terres agricoles deviennent des ressources stratégiques à la fois pour les groupes financiers et des Etats comme la Chine ou l’Arabie Saoudite ; ces acteurs prennent le contrôle de terres en les louant à fable prix (en Ethiopie, 1 hectare se loue 1,5 euro l'année) pour y développer des agricultures « off shore » destinées à leur propres besoins. La Chine a ainsi pris le contrôle de plus de 10 millions d’hectares en Afrique…

 

2. Surmonter les divisions  et progresser vers une intégration régionale.

 

Il existe une multitude d’organisations régionales en Afrique, ce qui ne favorise pas la résolution de problèmes globaux comme le terrorisme ou le développement économique et les pressions extérieures (FTN, Etats).

 

Exceptée l’Union Africaine (UA,  à vocation politique, économique et sécuritaire) qui rassemble les 54 Etats du continent, les onze autres organisations morcèlent l’Afrique en sous-ensembles distincts qui peuvent se montrer concurrents.

 

 

 

CONCLUSION.

 

Les défis restent nombreux à relever pour que l’Afrique sorte du sous-développement et s’intègre dans la mondialisation : maîtriser la croissance démographique et la croissance urbaine, subvenir aux besoins alimentaires et sanitaires des populations, surmonter l’instabilité politique et progresser dans la voie de l’intégration régionale.

 

Le développement durable, qui n’est pour l’instant pas une priorité pour les dirigeants africains, devra mieux être pris en considération, en particulier pour assurer aux populations africaines un accès plus équitable aux revenus générés par les richesses et les potentialités du continent.

 

 

 

Repost 0
Published by france
commenter cet article