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27 septembre 2016 2 27 /09 /septembre /2016 17:09

DOCUMENT1.  Discours de de Gaulle en 1944.

 

 

Introduction: présentation / Problématique: de Gaulle prononce les premiers mots officiels (il est le chef de la resistance) qui doivent fixer ce qui s'est passé en France au cours de la guerre. Quelle image va renvoyer de la France aux Français / annonce du plan.

 

1. De Gaulle met en place ce qui deviendra le mythe du résistancialisme.

 

- Citation: "mais Paris libéré ! libéré par lui-même, libéré par son peuple avec le concours des armées de la France, avec l'appui et le concours de la France tout entière, de la France qui se bat, de la seule France, de la vraie France, de la France éternelle."

 

- Analyse de la citation: il insiste sur le fait qu'il n'y a toujours qu'une France. La répétion de "la France" sert à marquer l'évidence de ce qu'il dit. Le style lyrique et le ton solennel et déterminé avec lequel il dit cette phrase (voir l'enregistrement cinématographique) apportent toute l'émotion dont la construction d'une mémoire a besoin. Cette image d'une France toute entière héroïque devient dés lors sacrée. Rappelez la définition de "mémoire"

 

- Derrière ce qu'il dit, il y a une grande part très importante de dissimulation: il oublie la défaite de 1940, il oublie aussi que la France officielle et légale c'est celle du maréchal Pétain.

 

- Il sous estime le rôle des Alliés ramenés à un partenaire secondaire: "Il ne suffira même pas que nous l'ayons, avec le concours de nos chers et admirables alliés, chassé de chez nous /.../" . Le débarquement de Normandie et l'immense effort des Britanniques et des Américains sont placés dans la phrase comme en annexe au sujet principal qui est la France.

 

2. Ce qu'il dit ce soir là il le justifie à la fin du discours.

 

Citation: " tous les hommes qui sont ici et tous ceux qui nous entendent en France savent qu'il exige l'unité nationale"

 

Analyse. Il faut un mythe auquel tous doivent croire pour arrêter les règlements de compte et reconstruire le pays le plus vite possible. Un mythe héroïque et le refoulement de la réalité noire pour préserver l'unité nationale.

 

Revenez au cours et utilisez ce qui est dit du mythe du résistancialisme en P.1 paragraphes 1 et 2

 

 

3. Mais ce n'est pas avec un discours seulement qu'on établit un mythe: il faut beaucoup d'autres facteurs.

 

Et là il faut utliser le cours: voilà une partie du cours à exploiter:

Lors du retour de De Gaulle au pouvoir en 1958 (naissance de la Ve Répubique), le mythe résistancialiste est à son apogée. Il est volontairement entretenu dans un contexte difficile pour la France engagée et divisée dans la guerre d'Algérie :

  • Les commémorations de la Résistance se multiplient.
  • Le mémorial de la France combattante est inauguré au Mont-Valérien en 1960.
  • En 1964, les cendres de Jean Moulin sont transférées au Panthéon et la cérémonie est retransmise à la radio. Ce moment est considéré comme l'apogée du mythe résistancialiste.
  • Ce mythe résistancialiste n'est pas entretenu que par le pouvoir, il est assez répandu au sein de la population. Le film La Grande Vadrouille en 1966 met en avant le soutien de nombreux Français à la Résistance.

 

 

 

DOCUMENT 2. Manuel d'histoire en 1964.

INTRODUCTION.

Présentez le document / Posez la problématique: un manuel scolaire d'histoire est en principe régi par le souci de la plus grande objectivité possible. Il est d'ailleurs le produit de spécialistes des sciences historiques et de pédagogues. Or, là, même si la présentation de l'histoire est vraie au sens des faits, elle est traversée par une vision idéologique qui fausse la réalité.  / Annoncez le plan

 

1. La résistance est ce que les élèves doivent retenir dans la France de 1964.

 

- Une fois la défaite mentionnée, le texte met immédiatement en avant la résistance: le paragraphe est composé de 7 lignes est le plus long de la leçon. Il présente deux héros qui sont deux Français: le général de Gaulle et le général Leclerc. Les Alliés sont présentés comme des acteurs secondaires associés aux troupes françaises: " Des troupes françaises nouvelles combattent, avec les Anglais et les Américains". La libération de Paris est due seulement aux troupes françaises.

 

- Cette leçon d'histoire à destination des enfants de 1964 reprend donc exactement la vision mise en place par le général de Gaulle dans son discours de l'Hôtel de Ville 20 ans auparavant! (Mentionnez les idées principales de ce discours). Spectacularisation de l'action des résistants, sous évaluation de l'action des Alliés et occultation de l'Etat de Vichy dont il n'est fait aucune référence: la France est passée de la IIIe à la IVe République avec une guerre entre les deux et sans rien d'autre. Alors même que Pétain a accédé légalement au pouvoir et a reçu des députés de l'Assemblée nationale les pleins pouvoirs en 1940!

 

- Ce manuel est donc un des rouages qui entretient puissamment et subrepticement le mythe du résistancialisme en France. Utilisez le cours pour expliquer la mise en place du mythe du résistancialisme

 

2. Ce manuel met aussi en valeur le rôle des historiens à cette époque pour reproduire et renforcer le mythe d'une France héroïque.

 

- Définissez la notion d'historien: voir introduction du cours

- Sous couvert d'histoire "objective", le manuel scolaire fait passer une vision faussée du passé. Il montre donc à quel point les historiens sont amenés à entretenir le mythe. Reprenez en introduction le passage où l'historien peut être mis sous pression sociale et dévier son interprétation du passé en fonction de ce que souhaite la société.

 

- Prenez dans le cours l'exemple d'un historien Robert Aron et sa thèse sur le glaive et le bouclier: sa thèse renforce le résistancialisme

 

3. Réutilisez le cours pour montrer ce qui à cette époque et en dehors du manuel constitue une machine à reproduire la même mémoire de la SGM.

 

La partie du cours à utiliser c'est celle-ci:

 

Lors du retour de De Gaulle au pouvoir en 1958 (naissance de la Ve Répubique), le mythe résistancialiste est à son apogée. Il est volontairement entretenu dans un contexte difficile pour la France engagée et divisée dans la guerre d'Algérie :

  • Les commémorations de la Résistance se multiplient.
  • Le mémorial de la France combattante est inauguré au Mont-Valérien en 1960.
  • En 1964, les cendres de Jean Moulin sont transférées au Panthéon et la cérémonie est retransmise à la radio. Ce moment est considéré comme l'apogée du mythe résistancialiste.
  • Ce mythe résistancialiste n'est pas entretenu que par le pouvoir, il est assez répandu au sein de la population. Le film La Grande Vadrouille en 1966 met en avant le soutien de nombreux Français à la Résistance.

 

 

 

DOCUMENT 3. Le témoignage de Simone Veil.

Introduction

Présentez le document / Problématique: l'auteure expliquerla difficulté qu'ont eu les juifs rescapés pour construire une mémoire de leur histoire dans le conflit mondialdeux temps: elle met en évidence l'indifférence de la société française puis, dans un second temps, elle pointe la responsabilité des historiens.

Annoncez le plan

 

Premier plan: la société française. Le témoignage des juifs français ne débouchera sur aucune mémoire collective (définissez la notion de mémoire) par le refus plus ou moins marqué ou explicite de la société française de prendre en compte leur histoire ("personne ne voulait le savoir"). Les causes de ce désintérêt ( "la Shoah n'intéressait personne")  sont:

 

- le mythe résistancialiste qui s'est imposé du sommet vers la base de la nation dès le 25 août 1944, a tenté de mettre un point final à ce qui s'était passé d'autre (de non héroïque) de 1940 à 1944. Définissez plus longuement le mythe du résistancialisme en utilisant le cours nettement.  Seule l'image du résistant est alors intéressante. Or "nous n'étions pas des résistants" mais "des témoins indésirables": l'opposition de ces deux figures dit bien le drame à ne pas voir une mémoire acceptée par la société toute entière. Il faut utiliser le cours pour expliquer ce qu'est ce mythe et comment il a pu influencer toute la société.

 

- La nécessité de reconstruire le pays et, pour les individus, de se reconstruire le plus vite possible en oubliant le passé coupable explique aussi ce désintérêt. Faites références au discours de de Gaulle. Utilisez le cours pour montrer que les Français voulaient tourner la page.

 

- La difficulté de trouver les mots pour décrire l'extermination nazie a contribué également à ce non-dit de l'histoire des juifs français. Montrez que l'extermination des juifs et des Tziganes est un phénomène qui est difficilement concevable Qu'est-ce que le génocide? Voir votre cours de première

 

Le second plan désigne les historiens et leur refus clairement exprimé, selon l'auteure, de prendre en compte les témoignages des juifs. Définissez ce qu'est le métier d'historien et les risques qu'il y a à faire ce métier quand la recherche porte sur un point sensible: voir l'introduction.Le prétexte fallacieux invoqué selon Simone Veil par ces historiens: la subjectivité des témoignages suceptibles de déformer la réalité du génocide. La charge de la preuve n'était pas du côté des historiens mais du côté de ces victimes. La réalité du génocide n'était pas reconnue à l'époque. L'explication de l'attitude des historiens tient à la pression collective entretenue par le mythe sacré du résistancialisme, pression à laquelle les historiens n'ont pas assez, selon Simone Veil, résisté. Utilisez l'exemple de Robert Aron qui lui aussi est allé dans le sens du résistancialisme et cela jusqu'à penser que Pétain avait pu lui aussi résisté.

 

En conclusion, montrez que cela changera à partir des années 1970: expliquez pourquoi la mémoire juive se réveillera à ce moment.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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18 septembre 2016 7 18 /09 /septembre /2016 19:08

Thème 1 introductif :

Comprendre la complexité du monde à partir de cartes.

 

Ce cours vise 3 buts:

1. Permettre de prendre conscience,  par le biais de cartes, de la complexité du monde actuel et la rendre compréhensible par l’utilisation de 4 points de vue différents:

  • Une approche géopolitique: relations entre les Etats, effacement relatif des frontières, etc.
  • Une approche géoéconomique: inégalités de développement, massification des échanges, etc.
  •  une approche géoculturelle: limites de l'uniformisation culturelle.
  •  une approche géo environnementale: problème de la durabilité des développement des territoires

2. développer une analyse critique de ce qu'est une carte: elle ne reflète pas la réalité mais construit une image partielle et intéressée du monde.

Au Bac, ce thème ne donnera pas lieu à une composition mais à une étude critique de une ou deux cartes.

 

Première idée: une carte est le résultat d'un choix fait par le cartographe: La carte est un outil qui permet de représenter une réalité en la simplifiant. Mais une carte n’est pas neutre. Elle est construite par un acteur qui a fait des choix et qui a une vision précise du phénomène qu’il veut représenter. Ces choix peuvent même être guidés par des habitudes intellectuelles ou par une idéologie. 

 

 

Deuxième idée: le cartographe réalise ce choix à partir de certains outils comme:

- Le centrage: c’est le choix cartographique qui privilégie l’espace placé au centre de la carte. Il modifie la vision qu'on a du monde en la centrant sur tel ou tel territoire

- L’échelle c’est le cadrage choisi par une carte: local, régional, national, sous continental, global. L'échelle choisie permet de mettre en valeur les détails de tel phénomène ou, au contraire, oblige à simplifier ce phénomène. Les détails d'un phénomène ne peuvent pas être cartographiés dans une carte à échelle global ou continental mais, en revanche, on peut facilement comparer beaucoup de territoires entre eux.

- La projection: c’est le procédé choisi pour représenter à plat la Terre qui est une sphère. Il en existe plus de 200 mais aucune n’est absolument exacte car on ne peut représenter une sphère en deux dimensions sans intégrer certaines déformations.

 

Conclusion. Les cartes sont une interprétation du réel mais jamais le réel. La réalisation d'une carte est en effet toujours le résultat d'une série de choix qui portent à la fois sur les éléments représentés, la façon de les représenter, les échelles de mesure et de répartition, les critères et seuils de représentation.... Or, tout cela dépend d'une manière de voir, d'une appréciation, d'une intention, mais aussi souvent d'une approximation en fonction des données statistiques et de la nature du phénomène cartographié.

 

Du point de vue méthodologique au bac, voici les questions qu'il faut se poser face à une carte:

Que veulent montrer et démontrer les cartes ?

Quels procédés ces cartes utilisent-elles pour représenter le sujet cartographié?

Quelles sont les limites de chaque carte ?

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18 septembre 2016 7 18 /09 /septembre /2016 19:05
Enseignement moral et civique TES et TS

La question posée à propos des samouraï (voir image ci-dessus) permet de moduler la définition de la morale travaillée en classe. Pouvez-vous y répondre?

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10 septembre 2016 6 10 /09 /septembre /2016 17:03

- La correction du discours du président Holande en 2014 à propos de la commémoration du débarquement de Normandie est en ligne: elle répond aux questions posées par certains d'entre vous sur le rôle de l'Etat dans la construction d'une mémoire de la guerre aujourd'hui. 

 

- Pour Jeudi 15 septembre, vous lirez la partie 1 du cours et vous me poserez les questions que vous voulez.

Mais si vous avez relativement compris cette partie 1, alors, pour aller un peu plus vite, je vous demande de choisir un des 3 exercices mis en ligne et de commencer à y répondre. Chaque exercice porte un document et une consigne. Ils sont de type bac.

Le premier concerne un discours très bref que le général de Gaulle prononce en août 1944 à Paris, le jour de la libération de la ville. Il va en quelques mots fixer officiellement la mémoire de la Seconde Guerre mondiale. Le second exercice porte sur un manuel scolaire d'histoire de 1964 et sur la leçon réservée à la Seconde Guerre mondiale en France. Le troisième concerne le témoignage d'une juive française survivante de l'extermination nazie. 

 

Les attendus pour ce travail sont:

- extraire des informations précises du document choisi comme on l'a fait pour le discours du président (citations de mots clés ou d'expressions clés,)

- classer ces différents types d'informations pour éviter la simple paraphrase.

- utiliser précisément le cours en ligne pour donner sens ou expliquer les informations choisies.

- Compléter l'apport de ce document en fonction du cours c'est-à-dire aller plus loin que ce seul document en fonction de la consigne

 

Tous les travaux seront ramassés vendredi 16 septembre en fin de cours et seront notés. Jeudi, et vendredi, vous aurez de l'aide si vous en avez besoin.

Si entre jeudi et vendredi vous modifiez ou compléter votre travail écrit, en fonction de tout ce qui sera dit par les élèves comme par le professeur, ces modifications seront considérées comme des améliorations et ajoutées en fin de votre devoir. L'évaluation portera sur la totalité du devoir: le devoir + ses améliorations.

Vous pouvez travailler en groupe (3 personnes au maximum). Vous pouvez rédigez votre devoir sur traitement de texte. Vous pouvez poser des questions à hist.jycee@gmail.com

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10 septembre 2016 6 10 /09 /septembre /2016 11:52
Exercice: document 3. (TES et TS)
Exercice: document 3. (TES et TS)

DOCUMENT 3. Les juifs français  survivants et de retour en France.

 

 

CONSIGNE. Aprés avoir présenté le texte (ci-dessus en format image), vous expliquerez les difficultés des juifs français, rescapés de l'extermination nazie, à se construire une mémoire dans la société française.

 

 

Présentation de l'auteure.

 

Simone Veil,  née  en 1927 à Nice, est une femme politique française. Rescapée de la Shoah, elle entre dans la magistrature comme fonctionnaire jusqu'à sa nomination comme ministre de la santé en 1974. A ce poste, elle fait adopter la "loi Veil" promulguée le 17 janvier 1975 qui dépénalise le recours par une femme à l'interruption volontaire de grossesse.

Lors d'un contrôle effectué dans la rue par deux SS, Simone Jacob, alors âgée de 16 ans et qui se fait appeler Simone Jacquier, est arrêtée le 30 mars 1944, à Nice, où elle réside chez son professeur de lettres classiques. /.../ Simone transite par le camp de Drancy (le camp de Drancy, près de Paris, est dirigé par la Gestapo mais est gardé par des gendarmes français). Son père et son frère Jean sont déportés en  Lituanie. Simone Veil ne les a jamais revus. Le 13 avril 1944, soit deux semaines après leur arrestation, Simone, sa mère et sa sœur Madeleine sont envoyées de  Drancy (convoi no 71) à destination d'Auschwitz-Birkenau, un des camps d'extermination nazis, où elles arrivent le 15 avril au soir. Un prisonnier parlant français lui conseille de se dire âgée de plus de 18 ans pour passer la sélection et éviter l’extermination. Elle reçoit le matricule 78651 qui lui est  tatoué sur le bras. Le travail forcé consiste alors à « décharger des camions d'énormes pierres » et « à creuser des tranchées et aplanir le sol ».

Au total, 76 000 Juifs ont été déportés de France vers les camps nazis, soit un quart de la population juive qui résidait dans notre pays en 1940. Seuls 2 500 d'entre eux ont échappé à l'extermination.
   Avec les 3 000 juifs morts dans les camps français d'internement et le millier de Juifs exécutés ou massacrés sommairement, le bilan avoisine les 80 000 victimes.

 

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10 septembre 2016 6 10 /09 /septembre /2016 11:45
Exercice: document 2 (TES et TS)

 

DOCUMENT 2. L'enseignement de l'histoire à l'école française en 1964.

 

CONSIGNE. Après avoir  présenté le document, vous montrerez son intérêt dans la construction d'une mémoire de la Seconde Guerre mondiale en France.

 

 

Extrait d'un manuel d'histoire du CM1, école élémentaire.

 

"La Deuxième Guerre mondiale.


1. L'invasion de la France
En septembre 1939, l'Angleterre et la France ont déclaré la guerre à Hitler, le chef de l'Allemagne, pour défendre leur alliée, la Pologne, envahie à la fois par les Allemands et par les Russes. Cette nouvelle guerre est, plus encore que la guerre de 1914, une guerre mondiale. L'Italie et le Japon combattent avec les Allemands. Les Russes puis les Américains deviennent les alliés de la France et de l'Angleterre.
L'armée française, mal préparée à la guerre, est rapidement vaincue par les Allemands en mai-juin 1940. La défaite entraîne la fin de la Troisième République. Les ennemis occupent notre pays.


2. La Résistance et la Victoire
Un certain nombre de Français ont pu, à ce moment, quitter la France. Ils créent à Londres, en Angleterre, un gouvernement dirigé par le général de Gaulle. Ils organisent, en France même, la résistance contre les Allemands.
Des troupes françaises nouvelles combattent, avec les Anglais et les Américains, les armées allemandes en Afrique du Nord et en Italie. Le 6 juin 1944 une puissante armée anglo-franco-américaine débarque en Normandie. Paris est libéré le 24 août 1944 par les résistants insurgés, soutenus par les blindés du général Leclerc. Puis l'Allemagne est envahie à son tour et vaincue par les armées alliées. Elle capitule le 8 mai 1945.

 

3. La Quatrième et la Cinquième République
Un nouveau gouvernement, celui de la Quatrième République, est établi en France après la Libération et la défaite allemande. Au début de 1959, une autre constitution crée le gouvernement de la Ve République. Le général de Gaulle est élu Président de la république.

 

Résumé
1. La France est vaincue par les Allemands en 1940.
2. Le général de Gaulle organise la Résistance. La France est libérée en 1944.
3. La IVe République commence en 1946. Elle est remplacée en 1959 par la Cinquième République."

 

Source : A. Bonifacio, P. Maréchal, Histoire de France - Cours moyen 1e année (CM1), Hachette, Paris, 1964, p. 119.

 

 

 

 

 

 

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10 septembre 2016 6 10 /09 /septembre /2016 11:40
Exercice: document 1 (TES et TS)

 

DOCUMENT 1. La libération de Paris le 25 août 1944.

 

CONSIGNE: après avoir présenté le document, vous expliquerez de quelle manière et pourquoi ce discours s'inscrit dans une construction de la mémoire du conflit mondial en France.

 

Discours du général de Gaulle à l’hôtel de ville de Paris le 25 août 1944

 

"Paris ! Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! mais Paris libéré ! libéré par lui-même, libéré par son peuple avec le concours des armées de la France, avec l'appui et le concours de la France tout entière, de la France qui se bat, de la seule France, de la vraie France, de la France éternelle.


Eh bien ! Puisque l'ennemi qui tenait Paris a capitulé dans nos mains, la France rentre à Paris, chez elle. Elle y rentre sanglante, mais bien résolue. Elle y rentre, éclairée par l'immense leçon, mais plus certaine que jamais, de ses devoirs et de ses droits.


Je dis d'abord de ses devoirs, et je les résumerai tous en disant que, pour le moment, il s'agit de devoirs de guerre. L'ennemi chancelle mais il n'est pas encore battu. Il reste sur notre sol. Il ne suffira même pas que nous l'ayons, avec le concours de nos chers et admirables alliés, chassé de chez nous pour que nous nous tenions pour satisfaits après ce qui s'est passé. Nous voulons entrer sur son territoire comme il se doit, en vainqueurs. /.../

Ce devoir de guerre, tous les hommes qui sont ici et tous ceux qui nous entendent en France savent qu'il exige l'unité nationale. Nous autres, qui aurons vécu les plus grandes heures de notre Histoire, nous n'avons pas à vouloir autre chose que de nous montrer, jusqu'à la fin, dignes de la France. Vive la France !"

 

Charles de Gaulle, après avoir reçu l'acte de capitulation des troupes d'occupation de Paris, se rend à l'Hôtel de Ville de Paris. Là, on lui demande de proclamer le République mais il refuse en répliquant: « Non, la République n'a jamais cessé d'être. Vichy fut toujours et demeure nul et non avenu ».

Sur la place de l'Hôtel de Ville, devant une foule enthousiaste, il prononce ce discours en partie improvisé et aussitôt retransmis à la radio et filmé: https://www.youtube.com/watch?v=Yuv_vbxu4lI

Le lendemain, le général de Gaulle devient le chef  du Gouvernement provisoire de la République française.

10 septembre 2016 6 10 /09 /septembre /2016 10:50
Correction à propos du discours du président Hollande en Normandie (TES et TS)

Consigne.

 

En vous appuyant sur l'introduction du cours en ligne ("Historien et mémoires de la Seconde Guerre mondiale en France), vous montrerez si ce discours relève de la "mémoire" ou de l'"histoire".

 

Ouistreham, vendredi 6 juin 2014

" Mesdames, Messieurs les chefs d’Etat et de gouvernement,

Vous représentez ici 19 pays rassemblés avec la France pour marquer la réconciliation, la réunion, l’hommage que nous devons à tous ces vétérans ici présents et que je veux d’abord saluer parce qu’ils sont les témoins vivants de ce qui s’est produit ici le 6 juin 1944.

Cette cérémonie du 70ème anniversaire du Débarquement exceptionnelle : exceptionnelle par son ampleur, nous en avons la démonstration ; exceptionnelle par la ferveur populaire qu’elle suscite ; exceptionnelle aussi dans ce moment précis où nous nous rassemblons.

/.../

Le Général BRADLEY avait dit que tous ceux qui avaient mis le pied un jour, ce jour-là, le 6 juin 1944, sur la plage d’Omaha étaient des héros ; oui, ils étaient des héros, tous ceux-là qui avançaient, qui avançaient encore pour notre liberté !

Nous sommes en Normandie. La bataille qui se déroula tout au long de l’été 1944 fut la plus grande bataille aéronavale de l’histoire. 5 000 navires, 10 000 avions, 140 000 soldats britanniques, canadiens, américains. Le seul 6 juin, 3 000 d’entre eux furent tués, .3 000 !

/.../

Voilà pourquoi je souhaite au nom de la France que les plages du débarquement soient inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO, car ici nous sommes sur un patrimoine mondial de l’humanité. Cette inscription rappellera le caractère sacré de ces lieux pour les préserver à tout jamais et surtout pour accueillir toutes les générations qui viendront en visiter les sites lorsqu’elles voudront comprendre, lorsqu’elles voudront voir où le sort de l’humanité s’est joué, où il s’est décidé un 6 juin 1944.

En venant ici, nous sommes tous quel que soit notre âge, quelle que soit notre condition, quelles que soient nos origines, saisis par une émotion. Ce qui frappe encore lorsque nous allons de lieu en lieu et parfois de cimetière en cimetière, c’est le courage des soldats qui ont lutté ici, /.../ le courage de tous ces jeunes venus du monde entier conquérir mètre après mètre les plages et les dunes, le courage des résistants français qui ont facilité la réussite de l’opération, le courage des français libres ralliés à l’appel du général de GAULLE, le courage des populations civiles de Normandie qui ont souffert sous les bombes, qui ont subi des pertes considérables et qui ne savaient plus si elles devaient partager leur douleur ou leur joie, leur douleur d’avoir perdu un être cher, leur joie aussi d’avoir reconquis leur liberté. /.../"

 

 

 

 

                                                           CORRECTION POSSIBLE.

     Le discours du président Hollande est engagé dans un travail de mémoire beaucoup plus que d'histoire car, régulièrement dans ses phrases, le président charge l'événement qu'il présente d'enjeux et de valeurs. Comment?

- en le présentant à tous comme un modèle: utilisation de la notion de dette due aux acteurs passé comme les vétérans au 1er paragraphe.

- grâce à l'ampleur du rassemblement dont la commémoration du 6 juin 2014 témoigne: au 1er paragraphe, le nombre impressionnant de pays représentés par leur chef d'Etat ou de gouvernement; au 2e paragraphe, par la répétition de "exceptionnelle" pour qualifier cette cérémonie.

- en valorisant les acteurs passés: au 3e et 4e paragraphe, ils sont présentés comme des héros très nombreux à se sacrifier pour nous. Là aussi, la notion de dette et donc de devoir de mémoire est activée.

- en prenant une initiative symbolique: faire de ces plages un lieu inscrit au patrimoine commun de l'humanité.

 

    Ce discours est donc un exemple d'une action de l'Etat pour ré-officialiser une certaine image d'un événement et instituer un devoir de mémoire.

La mémoire partagée collectivement et sacralisée est un élément essentiel de l'identité d'une société. Commémorer un souvenir commun et sacré est un moyen de renforcer la cohésion entre les individus de cette société. Or la société française est particulièrement divisée en ce moment. D'où l'importance de ce type de cérémonie et l'insistance sur le devoir de mémoire

 

 

COMPLEMENT A LA REPONSE.

 

" /.../le courage des populations civiles de Normandie qui ont souffert sous les bombes, qui ont subi des pertes considérables et qui ne savaient plus si elles devaient partager leur douleur ou leur joie, leur douleur d’avoir perdu un être cher, leur joie aussi d’avoir reconquis leur liberté."

Ces lignes viennent à la fin d'un long paragraphe qui, pour l'essentiel, est consacré à renforcer la mémoire traditionnellement valorisée du débarquement de Normandie. Elles officialisent une autre mémoire de l'événement lié à un groupe nouvellement reconnu: les habitants de Normandie qui ont souffert des bombardements alliés en Normandie en juin et juillet 1944. Jusqu'à présent, on évitait de parler des effets négatifs de débarquement (occultation). Là, ce n'est plus le cas.

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29 août 2016 1 29 /08 /août /2016 11:28
L'historien et les mémoires de la Seconde Guerre mondiale en France (TS)
L'historien et les mémoires de la Seconde Guerre mondiale en France (TS)
L'historien et les mémoires de la Seconde Guerre mondiale en France (TS)
L'historien et les mémoires de la Seconde Guerre mondiale en France (TS)
L'historien et les mémoires de la Seconde Guerre mondiale en France (TS)
L'historien et les mémoires de la Seconde Guerre mondiale en France (TS)

 

Thème 1. Le rapport des sociétés à leur passé.

ETUDE DE CAS.

Les historiens et les mémoires de la Seconde Guerre mondiale en France 

 

 

Introduction : 

 

 

La mémoire collective d'un événement :

- c'est une représentation du passé liée à un vécu que partage un groupe et dont il entretient le souvenir. Elle est donc subjective, liée à l'émotion et n'intègre que les informations qui la confortent. Elle est parfois du registre du sacré, de la croyance collective.

- Dans une mémoire construite à propos d'un événement  il y a toujours une part de spectacularisation et une part d'occultation ou de refoulement par le rejet de ce qu’elle refuse de voir.  


- La  mémoire fait parfois l'objet de décision de l'Etat pour lui rendre hommage et en faire une mémoire officielle. Exemple: lorsqu'un lieu entre dans le patrimoine national parce que des événements s'y sont déroulés. Autre exemple: des jours deviennent fériés et des cérémonies y sont organisées. Autre exemple: les programmes scolaires se doivent d'intégrer tel événement au nom d'une reconnaissance officielle de l'événement.

 

Le travail de l'historien face aux mémoires.

L'historien a pour tâche de restituer le passé de la manière la plus objective possible. Il s'appuie sur une étude critique des sources (écrites, orales, archéologiques, etc.). Ainsi, mémoires et histoire ont des différences quant au type de questionnements adressés au passé. Les mémoires veulent réhabiliter, "sauver de l'oubli", alors que l'histoire veut comprendre et expliquer le passé. Même si l'historien ne doit pas, dans un souci d'objectivité, être soumis aux enjeux des mémoires, il peut être influencé par la pression collective de la société dans laquelle il vit et travaille. Il existe ainsi de nombreux liens et interactions entre mémoires et historiens.

 

Problématiques du cours :  

La Seconde Guerre mondiale en France représente un traumatisme majeur: l'armée française a été rapidement battue par les Allemands, le nouveau dirigeant français, le maréchal Pétain, a très vite renoncé à toute résistance et a collaboré avec les Nazis.  

Dès lors quelle(s) représentation(s) les Français vont-ils construire après-coup de leur participation à ces événements des 1944, année de la libération du territoire, jusqu'à nos jours? Et quel fut le travail des historiens?

 

Annonce du plan:

Pendant plus de vingt ans, de 1944 jusqu'au début des années 1970, les Français vécurent avec l'idée que la France avait été totalement résistante (Partie 1). C'est seulement après 1970 que cette mémoire sera remise en question et que les historiens pourront commencer à vraiment travailler de façon plus objective sur l'attitude des Français au cours de la SGM (Partie 2).

 

Partie 1.  Le mythe résistancialiste: de la Libération (1944) au début des années 1970.

 

 

1. Priorité à l'union nationale.

L'objectif au lendemain de la guerre est de mettre en avant l'unité du pays dans son combat contre l'occupant allemand :

  • L'ordonnance du 9 août 1944 indique que "la forme du Gouvernement est et demeure la République. En droit, celle-ci n'a pas cessé d'exister". L'Etat autoritaire et xénophobe de Pétain (le régime de Vichy) ne peut pas, officiellement, être considéré comme légitime.  L'objectif est de minimiser la responsabilité de la France et des Français dans le régime de Vichy, que De Gaulle considère comme "nul et non avenu".
  • Le terme de "mythe résistancialiste" est utilisé par l'historien Henry Rousso pour décrire la lecture héroïque d'une France qui aurait été totalement résistante.

Lors du retour de De Gaulle au pouvoir en 1958 (naissance de la Ve Répubique), le mythe résistancialiste est à son apogée. Il est volontairement entretenu dans un contexte difficile pour la France engagée et divisée dans la guerre d'Algérie :

  • Les commémorations de la Résistance se multiplient.
  • Le mémorial de la France combattante est inauguré au Mont-Valérien en 1960.
  • En 1964, les cendres de Jean Moulin sont transférées au Panthéon et la cérémonie est retransmise à la radio. Ce moment est considéré comme l'apogée du mythe résistancialiste.
  • Ce mythe résistancialiste n'est pas entretenu que par le pouvoir, il est assez répandu au sein de la population. Le film La Grande Vadrouille en 1966 met en avant le soutien de nombreux Français à la Résistance.

 

2. Les communistes français construisent une mémoire qui, en glorifiant leur engagement contre les nazis, va dans le même sens et renforcent le mythe résistancialiste.

Les communistes ne veulent pas laisser aux seuls gaullistes la glorification de la Résistance :

  • Ils présentent le Parti communiste comme le "parti des 75 000 fusillés". Ce chiffre est exagéré puisque les historiens estiment à 30 000 le nombre de fusillés dont une majorité est communiste.
  • Dans un contexte de début de guerre froide, les communistes souhaitent entretenir le prestige dont ils jouissent auprès de la population. Ils veulent aussi faire oublier leur soutien au pacte germano-soviétique de 1939.

3. Les autres mémoires sont refoulées.

- La mémoire des victimes des génocides: les Juifs et les Tsiganes

Personne pour écouter prendre en charge les Juifs déportés revenus (env. 2500/80 000). Lesquels ont la plus grande difficulté à récupérer des biens, à trouver des coupables à leur déportation. En outre, ils ont un sentiment de culpabilité d’être survivant. Ils ont une difficulté à exprimer par des mots ce qu’ils ont vécu, difficulté à se faire entendre car ce qu'ils ont à dire n’entrent pas dans la mémoire qui est en train d’être forgée, celle du résistant.

 

4. Dans ce contexte, le travail d'historien devient très difficile:

- la pression du mythe résistancialiste rend difficile une mise à distance critique

-  Aucune archive publique n’est accessible en France avant 1979.

- D'où  cette thèse parue dans Histoire de Vichy, en 1954, de l'intellectuel Robert Aron: il énonce la théorie du "glaive et du bouclier" selon laquelle Pétain aurait été le bouclier de la France et l'aurait protégée des nazis alors que de Gaulle aurait été le glaive qui, de Londres, tentait d'affaiblir l'ennemi commun. Robert Aron développe donc l'idée d'un double-jeu de Pétain face à Hitler.  

- Ce livre est resté une référence jusqu'au début des années 1970 où les travaux d'un autre historien, Robert Paxton l'ont remis en question.

 

 

Partie 2. Le réveil des mémoires à partir des années 1970

 

 

1. La fin du mythe résistancialiste

Les historiens français, après la guerre, ont épargné le régime de Vichy et la collaboration.. Il faut attendre la fin des années 1960 et surtout les années 1970 pour assister à un retour des mémoires et voir se briser le mythe résistancialiste.

 

Plusieurs facteurs expliquent cette évolution :

  • Le parti communiste décline lors des élections et perd de son prestige. De plus, le général de Gaulle meurt en 1970.
  • Les nouvelles générations n'ont pas vécu le conflit et ne sont pas prisonnières de cette volonté de glorifier le rôle des Français pendant la guerre.

 

Plusieurs acteurs vont agir pour remettre en question le mythe du résistancialisme.

1er acteur: en 1971, Marcel Ophüls, dans un film-documentaire, Le Chagrin et la pitié, retrace le quotidien des Français à Clermont-Ferrand pendant la guerre. Ce documentaire bouscule les idées reçues sur les Français pendant la guerre.

  • Il montre que la Résistance était minoritaire et que la majorité de la population, quand elle n'était pas pétainiste, était très passive face au régime de Vichy.
  • La télévision publique refuse de diffuser ce reportage, mais lors de sa sortie au cinéma en 1971, ce sont plus de 500 000 personnes qui assistent à sa diffusion.

2e acteur: en 1972, l'historien américain Robert Paxton, à partir d'un travail sur les archives allemandes, publie l'ouvrage La France de Vichy. Il y montre la complicité active du régime de Vichy avec le régime nazi:

  • la collaboration de la France avec l'Allemagne n'a pas été imposée, comme on le croyait, par les nazis vainqueurs mais c'est Vichy qui proposa une collaboration d'Etat, c'est-à-dire une association à part entière avec l'Allemagne nazie.
  • La France de Vichy avait, montre Paxton, de tous les pays occupés, fourni le plus d'ouvriers à l'Allemagne pour dynamiser son économie.
  • L'historien américain met également en valeur le fait que la France de Vichy a pleinement participé à la Solution finale et aidé, de son plein gré, à les déportations des 75 000 juifs français.

 

2. Le réveil de la mémoire de la Shoah

Après la guerre, les témoignages des Juifs rescapés des camps de concentration, lorsqu'ils sont exprimés, sont peu entendus. Après le temps du refoulement vient le temps de la prise de conscience des mémoires refoulées. Des personnes jouent un rôle dans la construction d'une mémoire juive. Ce sont:

  • Serge Klarsfeld, historien et avocat franco-israelien, et sa femme Beate mènent une action militante pour la reconnaissance de la Shoah. Ils pourchassent les criminels nazis, en s'appuyant sur la loi de 1964 qui rend imprescriptibles les crimes contre l'humanité. En 1987, le procès de Klaus Barbie, chef de la Gestapo lyonnaise et responsable de la torture et de l'exécution de Jean Moulin, le condamne à la perpétuité.
  • Claude Lanzmann réalise Shoah, un reportage de 10 heures expliquant le génocide et s'appuyant sur des témoignages et des prises de vue sur les lieux du génocide.

Mais ce réveil de la mémoire juive provoque, en réaction, une montée du négationnisme en France. C'est le cas en 1987, quand Jean-Marie Le Pen expliquera dans une émission radiophonique à RTL que les "chambres à gaz sont un point de détail de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale" et le répétera dix ans plus tard à un journaliste du magazine américain New Yorker.

 

3. Le rôle de l'Etat face au réveil des mémoires.

L'État français, depuis le général de Gaulle, n'a pas reconnu le rôle de la France en précisant que "Vichy, ce n'était pas la République".

  • Pour lutter contre le négationnisme, l’Etat  met en place, sous la présidence de Mitterrand, la loi mémorielle Gayssot qualifiant de délit la contestation de l’existence  des crimes contre l’humanité. Une loi mémorielle est une loi dont le rôle est de veiller au respect des mémoires

Avec le président Jacques Chirac, l'Etat français reconnait officiellement et solennellement les crimes de l'État français :Le 16 juillet 1995, Jacques Chirac reconnaît officiellement la responsabilité de la France dans la déportation des Juifs et déclare que la France a "commis l'irréparable".  On parle alors de repentance publique. Des entreprises comme la SNCF qui ont joué un rôle dans la déportation des juifs feront aussi acte de repentance.

 

4. Le rôle des historiens face au réveil des mémoires et à l'action de l'Etat.

 

    - Cette prise de responsabilité de l'Etat et de la société dans la déportation des juifs le résultat d'une prise en compte des travaux des historiens sur la question.

 

   - Mais les historiens s'interrogent sur les lois mémorielles:

  • En 2005, des historiens, dont Benjamin Stora, lancent la pétition "Liberté pour l'histoire" pour dénoncer les lois mémorielles comme la loi Gayssot. Ce texte, signé par plus de 600 personnes, critique ces lois qui "ont restreint la liberté de l'historien" et indique que ce n'est pas "le Parlement ou l'autorité qui doit définir la vérité historique".

 

- Les historiens vont progressivement nuancer l'attitude des Français sous l'occupation. L'historien Pierre Laborie permet, avec ses travaux, de sortir de l'opposition traditionnelle entre collaborateurs et résistants. Il confirme que la Résistance était un phénomène minoritaire, mais il indique qu'elle n'aurait jamais pu tenir sans le soutien silencieux d'une majorité de la population. Ainsi, l'histoire, en retraçant la complexité du passé, permet de sortir d'une vision manichéenne de la société.

 

- Les historiens contribuent aussi à faire émerger des mémoires qui sont marginales.

·       Le génocide des Tziganes tient une place marginale dans les commémorations des victimes de la guerre. Emmanuel Filhol utilise le terme de "mauvaises victimes". Il montre que les traces de ce génocide ont été ensevelies et que, par exemple, de nombreuses communes refusent d'admettre l'existence de camps de Tziganes sur leur territoire pendant la guerre.

 

CONCLUSION.

Après la période de deuil et d’unanimité qui suit la libération, les différentes mémoires de la Seconde Guerre mondiale n’ont jamais cessé de s’affronter. La France a réussi sa réconciliation avec l’Allemagne, mais pas avec elle-même. Le mythe résistancialiste a refoulé Vichy pendant un quart de siècle, puis dans les années 70, le mythe s'est effondré et un sentiment de culpabilité diffus s’est installé pour un nouveau quart de siècle jusqu'à ce que les historiens nuancent la connaissance que l'on a de ces réalités passées.

 

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29 août 2016 1 29 /08 /août /2016 11:02
L'historien et les mémoires de la Seconde Guerre mondilae en France (TES)
L'historien et les mémoires de la Seconde Guerre mondilae en France (TES)
L'historien et les mémoires de la Seconde Guerre mondilae en France (TES)
L'historien et les mémoires de la Seconde Guerre mondilae en France (TES)

Thème 1. Le rapport des sociétés à leur passé.

ETUDE DE CAS.

Les historiens et les mémoires de la Seconde Guerre mondiale en France 

 

Résumé du cours.

 

En 1945, le mythe résistancialiste, c'est-à-dire le mythe d'une France unie derrière la Résistance, s'impose. La mémoire du régime de Vichy et de la Shoah est refoulée, comme celle des massacres des minorités. La priorité est à la reconstruction et à l'unité nationale.

Des travaux de cinéastes et d'historiens ainsi que des procès permettent de porter un nouveau regard sur la Seconde Guerre mondiale. Le mythe résistancialiste est critiqué et la Shoah est reconnue. Différents groupes mémoriels défendent leur vision du conflit. Bien qu'il existe de nombreux liens entre l'histoire et la mémoire, les historiens cherchent à prendre du recul face à ce réveil mémoriel. Ainsi, la participation d'historiens en tant que témoins experts, lors de certains procès, provoque le débat sur le rôle qu'ils doivent jouer.

Cependant, le travail historique, en expliquant la complexité des événements, contribue à un apaisement des mémoires et à la reconnaissance officielle du rôle de la France et des Français dans le conflit.

 

Introduction : 

 

Première notion à définir: la mémoire collective d'un événement :

- c'est une représentation du passé liée à un vécu que partage un groupe et dont il entretient le souvenir. Elle est donc subjective, liée à l'émotion et n'intègre que les informations qui la confortent. Elle est parfois du registre du sacré, de la croyance collective.

- Elle est plurielle: il n’y a pas une mémoire mais des mémoires d’un même événement rapportés aux différents groupes  qui en ont été les acteurs et qui en construisent des images différentes. 

- Elle est l'objet d'une construction souvent a posteriori et peut évoluer selon les contextes.

- Dans une mémoire construite à propos d'un événement  il y a toujours une part de spectacularisation et une part d'occultation ou de refoulement par le rejet de ce qu’elle refuse de voir.  


- La  mémoire fait parfois l'objet de décision de l'Etat pour lui rendre hommage et en faire une mémoire officielle. Ce sont les politiques de la mémoire. Exemple: lorsqu'un lieu entre dans le patrimoine national parce que des événements s'y sont déroulés. Autre exemple: des jours deviennent fériés et des cérémonies y sont organisées. Autre exemple: les programmes scolaires se doivent d'intégrer tel événement au nom d'une reconnaissance officielle de l'événement.

Seconde notion à définir: le travail de l'historien face aux mémoires.

L'historien a pour tâche de restituer le passé de la manière la plus objective possible. Il s'appuie sur une étude critique des sources (écrites, orales, archéologiques, etc.). Ainsi, mémoires et histoire ont des différences quant au type de questionnements adressés au passé. Les mémoires veulent réhabiliter, "sauver de l'oubli", alors que l'histoire veut comprendre et expliquer le passé. Même si l'historien ne doit pas, dans un souci d'objectivité, être soumis aux enjeux des mémoires, il peut être influencé par la pression collective de la société dans laquelle il vit et travaille. Il existe ainsi de nombreux liens et interactions entre mémoires et historiens.

Problématiques du cours :  

La Seconde Guerre mondiale en France représente un traumatisme majeur: l'armée française a été rapidement battue par les Allemands, le nouveau dirigeant français, le maréchal Pétain, a très vite renoncé à toute résistance et a collaboré avec les Nazis.  

Dès lors quelle(s) représentation(s) les Français vont-ils construire après-coup de leur participation à ces événements des 1944, année de la libération du territoire, jusqu'à nos jours? Et quel fut le travail des historiens?

 

Pendant plus de vingt ans, de 1944 jusqu'au début des années 1970, les Français vécurent avec l'idée que la France avait été totalement résistante (Partie 1). C'est seulement après 1970 que cette mémoire sera remise en question et que les historiens pourront commencer à vraiment travailler de façon plus objective sur l'attitude des Français au cours de la SGM (Partie .

 

Partie 1.  Le mythe résistancialiste: de la Libération (1944) au début des années 1970.

 

1. Une société traumatisée

La France sort de la guerre désunie et affaiblie :

  • La France a subi de nombreuses pertes humaines avec plus de 500 000 morts.
  • Les bombardements ont détruit de nombreuses villes et des installations industrielles.
  • La France est divisée entre les collaborateurs (environ 55 000 personnes ont servi avec les forces allemandes ou pétainistes) et les résistants (200 000 personnes possèdent la carte de combattant de la Résistance) sur environ 40 millions de personnes.

2. La priorité à l'union nationale

L'objectif au lendemain de la guerre est de mettre en avant l'unité du pays dans son combat contre l'occupant allemand :

  • L'ordonnance du 9 août 1944 indique que "la forme du Gouvernement est et demeure la République. En droit, celle-ci n'a pas cessé d'exister". L'Etat autoritaire et xénophobe de Pétain (le régime de Vichy) ne peut pas, officiellement, être considéré comme légitime.  L'objectif est de minimiser la responsabilité de la France et des Français dans le régime de Vichy, que De Gaulle considère comme "nul et non avenu".
  • Le terme de "mythe résistancialiste" est utilisé par l'historien Henry Rousso pour décrire la lecture héroïque d'une France qui aurait été totalement résistante.

Lors du retour de De Gaulle au pouvoir en 1958 (naissance de la Ve Répubique), le mythe résistancialiste est à son apogée. Il est volontairement entretenu dans un contexte difficile pour la France engagée et divisée dans la guerre d'Algérie :

  • Les commémorations de la Résistance se multiplient.
  • Le mémorial de la France combattante est inauguré au Mont-Valérien en 1960.
  • En 1961, le Concours national de la Résistance et de la déportation est créé afin de permettre de maintenir vivant la mémoire de la Résistance auprès des jeunes Français.
  • En 1964, les cendres de Jean Moulin sont transférées au Panthéon et la cérémonie est retransmise à la radio. Ce moment est considéré comme l'apogée du mythe résistancialiste.
  • Ce mythe résistancialiste n'est pas entretenu que par le pouvoir, il est assez répandu au sein de la population. Le film La Grande Vadrouille en 1966 met en avant le soutien de nombreux Français à la Résistance.

3. Les communistes français construisent une mémoire qui, en glorifiant leur engagement contre les nazis, va dans le même sens et renforcent le mythe résistancialiste.

Les communistes ne veulent pas laisser aux seuls gaullistes la glorification de la Résistance :

  • Ils présentent le Parti communiste comme le "parti des 75 000 fusillés". Ce chiffre est exagéré puisque les historiens estiment à 30 000 le nombre de fusillés dont une majorité est communiste.
  • Dans un contexte de début de guerre froide, les communistes souhaitent entretenir le prestige dont ils jouissent auprès de la population. Ils veulent aussi faire oublier leur soutien au pacte germano-soviétique de 1939.

4. Les autres mémoires sont refoulées.

- La mémoire des victimes des génocides: les Juifs et les Tsiganes

Personne pour écouter prendre en charge les Juifs déportés revenus (env. 2500/80 000). Lesquels ont la plus grande difficulté à récupérer des biens, à trouver des coupables à leur déportation. En outre, ils ont un sentiment de culpabilité d’être survivant. Ils ont une difficulté à exprimer par des mots ce qu’ils ont vécu, difficulté à se faire entendre car ce qu'ils ont à dire n’entrent pas dans la mémoire qui est en train d’être forgée, celle du résistant.

5. Dans ce contexte, le travail d'historien devient très difficile:

- la pression du mythe résistancialiste rend difficile une mise à distance critique

-  Aucune archive publique n’est accessible en France avant 1979.

- D'où  cette thèse parue dans Histoire de Vichy, en 1954, de l'intellectuel Robert Aron: il énonce la théorie du "glaive et du bouclier" selon laquelle Pétain aurait été le bouclier de la France et l'aurait protégée des nazis alors que de Gaulle aurait été le glaive qui, de Londres, tentait d'affaiblir l'ennemi commun. Robert Aron développe donc l'idée d'un double-jeu de Pétain face à Hitler.  

- Ce livre est resté une référence jusqu'au début des années 1970 où les travaux d'un autre historien, Robert Paxton l'ont remis en question.

 

 

 

Partie 2. Le réveil des mémoires à partir des années 1970

 

 

1. La fin du mythe résistancialiste

Les historiens français, après la guerre, ont épargné le régime de Vichy et la collaboration.. Il faut attendre la fin des années 1960 et surtout les années 1970 pour assister à un retour des mémoires et voir se briser le mythe résistancialiste.

Plusieurs facteurs expliquent cette évolution :

  • Le parti communiste décline lors des élections et perd de son prestige. De plus, le général de Gaulle meurt en 1970.
  • Les nouvelles générations n'ont pas vécu le conflit et ne sont pas prisonnières de cette volonté de glorifier le rôle des Français pendant la guerre.

Plusieurs acteurs vont agir pour remettre en question le mythe du résistancialisme.

1er acteur: en 1971, Marcel Ophüls, dans un film-documentaire, Le Chagrin et la pitié, retrace le quotidien des Français à Clermont-Ferrand pendant la guerre. Ce documentaire bouscule les idées reçues sur les Français pendant la guerre.

  • Il montre que la Résistance était minoritaire et que la majorité de la population, quand elle n'était pas pétainiste, était très passive face au régime de Vichy.
  • La télévision publique refuse de diffuser le reportage, mais lors de sa sortie au cinéma en 1971, ce sont plus de 500 000 personnes qui assistent à sa diffusion.

2e acteur: en 1972, l'historien américain Robert Paxton, à partir d'un travail sur les archives allemandes, publie l'ouvrage La France de Vichy. Il y montre la complicité active du régime de Vichy avec le régime nazi:

·      la collaboration de la France avec l'Allemagne n'a pas été imposée, comme on le croyait, par les nazis vainqueurs mais c'est Vichy qui proposa une collaboration d'Etat, c'est-à-dire une association à part entière avec l'Allemagne nazie.

·      La France de Vichy avait, montre Paxton, de tous les pays occupés, fourni le plus d'ouvriers à l'Allemagne pour dynamiser son économie.

·      L'historien américain met également en valeur le fait que la France de Vichy a pleinement participé à la Solution finale et aidé, de son plein gré, à les déportations des 75 000 juifs français.

 

2. Le réveil de la mémoire de la Shoah

Après la guerre, les témoignages des Juifs rescapés des camps de concentration, lorsqu'ils sont exprimés, sont peu entendus. Après le temps du refoulement vient le temps de la prise de conscience des mémoires refoulées.

Le procès d'Eichmann en Israël, en 1961, constitue un choc dans la mémoire de la Shoah car ce procès libère la parole des témoins de la Shoah.

  • ·          Une mémoire émerge progressivement sur le sort particulier subi par les Juifs lors de la Seconde Guerre mondiale.

Les différents travaux, ainsi que les procès, permettent à la mémoire de la Shoah de s'intégrer progressivement dans la mémoire nationale :

  • Serge Klarsfeld et sa femme Beate adoptent une "stratégie judiciaire". Ils pourchassent les criminels nazis, en s'appuyant sur la loi de 1964 qui rend imprescriptibles les crimes contre l'humanité. En 1987, le procès de Klaus Barbie, chef de la Gestapo lyonnaise et responsable de la torture et de l'exécution de Jean Moulin, le condamne à la perpétuité.
  • En 1985, Claude Lanzmann réalise Shoah, un reportage de 10 heures expliquant le génocide et s'appuyant sur des témoignages et des prises de vue sur les lieux du génocide.

Mais ce réveil de la mémoire juive provoque, en réaction, une montée du négationnisme en France:

·      Exemples: Louis Darquier de Pellepoix, ancien commissaire général de la question juive de Vichy, déclare en 1978 dans un magazine français : "À Auschwitz, on n'a gazé que des poux." Robert Faurisson publie en 1979 une tribune dans Le Monde intitulée "Le problème des chambres à gaz, ou la rumeur d'Auschwitz". Dès 1987, Jean-Marie Le Pen expliquera dans une émission radiophonique à RTL que les "chambres à gaz sont un point de détail de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale" et le répétera dix ans plus tard à un journaliste du magazine américain New Yorker.

 

·      Le négationnisme consiste ainsi à prétendre, notamment par la négation de l'existence des chambres à gaz ou de la volonté d'extermination des Juifs d'Europe par les nazis, que la réalité de ces crimes relèverait de mythes

 

3. Le rôle de l'Etat face au réveil des mémoires.

L'État français, depuis le général de Gaulle, n'a pas reconnu le rôle de la France en précisant que "Vichy, ce n'était pas la République".

Dans le cadre de la préparation des commémorations des 50 ans de la rafle du Vélodrome d'Hiver en 1992, un scandale naît autour du rôle joué par François Mitterrand durant le régime de Vichy :

  • Mitterrand a été fonctionnaire du régime de Vichy avant de rejoindre les rangs de la Résistance. Il fait partie du groupe des "vichysto-résistants", c'est-à-dire des personnes qui ont suivi le régime de Vichy avant de s'en détacher pour rejoindre les rangs de la Résistance.
  • La presse indique que le président fleurit chaque année la tombe de Pétain.
  • Mitterrand annonce alors en 1993 la création d'une journée nationale des victimes des persécutions racistes et antisémites.
  • Il est aussi l'artisan de la réconciliation franco-allemande.
  • Pour lutter contre le négationnisme, l’Etat  met en place, sous la présidence de Mitterrand, la loi mémorielle Gayssot qualifiant de délit la contestation de l’existence  des crimes contre l’humanité. (1990). Une loi mémorielle est une loi dont le rôle est de veiller au respect des mémoires

Avec le président Jacques Chirac, l'Etat français reconnait officiellement et solennellement les crimes de l'État français :

  • Le 16 juillet 1995, Jacques Chirac reconnaît officiellement la responsabilité de la France dans la déportation des Juifs et déclare que la France a "commis l'irréparable".
  • Cette prise de position est le résultat d'une prise en compte des travaux des historiens sur la question.

Depuis la repentance de Jacques Chirac, de nombreuses journées mémorielles sont instituées et les mémoriaux se multiplient.

 

4. Le rôle des historiens face au réveil des mémoires et à l'action de l'Etat.

Les historiens s'interrogent sur cette résurgence des mémoires et son incidence sur leur travail :

  • En 2005, des historiens, dont Benjamin Stora, lancent la pétition "Liberté pour l'histoire" pour dénoncer les lois mémorielles comme la loi Gayssot. Ce texte critique ces lois qui "ont restreint la liberté de l'historien" et indique que ce n'est pas "le Parlement ou l'autorité qui doit définir la vérité historique".

 

  • L'historien Pierre Laborie permet avec ses travaux d'éclairer le rôle des Français pendant le régime de Vichy et de sortir de l'opposition traditionnelle entre collaborateurs et résistants. Il confirme que la Résistance était un phénomène minoritaire, mais il indique qu'elle n'aurait jamais pu tenir sans le soutien silencieux d'une majorité de la population. Ainsi, l'histoire, en retraçant la complexité du passé, permet de sortir d'une vision manichéenne de la société.

 

Les historiens contribuent aussi à faire émerger des mémoires qui sont marginales.

·       Le génocide des Tziganes tient une place marginale dans les commémorations des victimes de la guerre. Emmanuel Filhol utilise le terme de "mauvaises victimes". Il montre que les traces de ce génocide ont été ensevelies et que, par exemple, de nombreuses communes refusent d'admettre l'existence de camps de Tziganes sur leur territoire pendant la guerre.

 

CONCLUSION.

Depuis la fin de la guerre en France, les différentes mémoires de la Seconde Guerre mondiale n’ont jamais cessé de s’affronter. La France a réussi sa réconciliation avec l’Allemagne, mais pas avec elle-même. Le mythe résistancialiste a refoulé Vichy pendant un quart de siècle, puis dans les années 70, le mythe s'est effondré et un sentiment de culpabilité diffus s’est installé pour un nouveau quart de siècle. Le négationnisme n'a pas disparu.

 

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