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10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 19:21

La mondialisation en fonctionnement

 

Cours 1: un produit mondialisé: l'iPhone

 

Cours 2. La mondialisation:
processus, acteurs et débats

Introduction.

Depuis les années 1980, la mondialisation est le nom associé à une organisation du monde qui intensifie  et diversifie de façon vertigineuse les relations entre les territoires, les hommes et les organisations. La Terre est devenue suivant l'expression de Marshall MacLuhan, une sorte de « village global ».

Reprenez la définition de la mondialisation donnée dans l'introduction du cours sur l'iPhone.

Le fonctionnement de la mondialisation est complexe et suscite débats et contestations (Cette dernière phrase énonce la problématique). En effet, la mondialisation est issue de plusieurs processus qui se sont associés les uns aux autres (P.1). Les acteurs qui pilotent ce système-monde sont multiples (P.2). La mondialisation a suscité de vifs débats en rapport avec les inégalités sociales, les crises économiques, l'"uniformisation" des cultures ou les limites de la planète à supporter nos économies (P.3).

 

P1. Plusieurs processus à l'oeuvre dans la mise en place de la mondialisation

 

La mondialisation est le fruit de plusieurs logiques croisées.

1. Le fruit de plusieurs siècles de mondialisation

• L'Europe et la découverte du monde
À la fin du XVe siècle, les Européens se sont lancés à la découverte, puis à la conquête du monde. Espagnols et Portugais développent le premier système d'échange à l'échelle du monde entre l'Europe d'une part et l'Amérique et l'Asie d'autre part

• Les héritages des xixe et xxe siècles
Au xixe siècle, la colonisation européenne, essentiellement britannique et française, développe elle aussi un système d'échanges mondiaux, marqué par la domination politique du monde et la constitution d'immenses empires en Afrique et en Asie.

La mondialisation libérale
Au xxe siècle, à mesure que s'accroît le poids des États-Unis et que s'efface le système colonial, les échanges dans le monde s'intensifient et sont régis essentiellement par les règles du libéralisme économique. Le libéralisme économique vise la baisse progressive des taxes douanières et la libéralisation des échanges. Ces règles triomphent avec la fin du bloc soviétique puis de l'URSS en 1991.

- La montée en puissance du BRICS dans les années 2000 crée un monde polycentrique

2. Une révolution des transports

- Des transports plus rapides et plus efficaces
Tous les types de transport sont devenus plus performants et ont contribué à l'intensification du processus de mondialisation. Dans les transports terrestres, on voit se développer les réseaux autoroutiers et ferroviaires (trains à grande vitesse comme le TGV en France ou le Shinkansen au Japon). Les transports maritimes sont marqués par la conteneurisation. Le transport aérien s'est fortement intensifié.

- Une organisation des transports qui devient complexe
La mondialisation des marchandises ou des passagers repose désormais sur le croisement des différents moyens de transport dans des lieux stratégiques (aéroports, gares, ports) dans le but de fluidifier le trafic. On parle de « multimodalité ». Par ailleurs, dans certains lieux, les flux  sont déviés et concentrés dans des « hubs » d'où ils sont redirigés vers d'autres lieux: c'est le cas des plus grands aéroports ou ports du monde. C'est aussi le cas pour les flux d'informations qui parcourent le monde à la vitesse de la lumière.

 

3. Une révolution des communications

Le développement des ordinateurs, de la téléphonie mobile, la mise en réseaux (internet), la pose de câbles, de fibres optiques,  sont autant de facteurs qui tendent à rendre les déplacements d'informations instantanés et presque partout dans le monde.

 

4. Une nouvelle division internationale du travail

Tout ce processus a pour conséquence une baisse réelle du coût des transports, à tel point que les FTN (Firmes transnationales) ont pu chercher à tirer profit des avantages comparés des différents territoires sans que l'éloignement des uns et des autres restent un problème central comme dans le passé: ces avantages comparés par pays sont ceux des coûts de production, des coûts salariaux, des régulations ou au contraire de l’absence de règles sociales, environnementales etc.. Les territoires du monde sont donc mis en concurrence les uns par rapport aux autres. Cela se voit à toutes les échelles: associations de pays, pays, régions, villes.

A partir de là, la division internationale du travail a connu un nouvel essor, au point que l’on parle désormais de Nouvelle Division Internationale du Travail (NDIT) qui serait l’un des marqueurs les plus forts de la  mondialisation actuelle.

 

5. La financiarisation de l'économie.

L’augmentation massive des échanges a été accompagnée par une augmentation très grande des flux financiers (capitaux, investissements).

La mondialisation financière témoigne aussi d’une recherche de profits immédiats dans une logique spéculative bien plus que de la volonté de porter des investissements sur le long terme. C’est aspect là est très vivement critiqué et fut plusieurs fois objet de volonté de contrôle de la part des Etats (notamment après la crise de 2008-2011), tant les conséquences sociales pour les populations (Nord d’abord puis par ricochet Sud ensuite) sont dévastatrices (banqueroutes, faillites, chômage, choix budgétaires draconiens de la part des Etats, radicalisation de certaines franges de la population – votes extrêmes ou mouvement contestataires violents).

 

P.2 – Les principaux acteurs des processus de la mondialisation

Il est possible de répartir les acteurs de la mondialisation en trois groupes pour en faire une typologie: d'abord les sociétés privés, ensuite les acteurs publics, puis les organisations non-gouvernementales et les individus.

1. Les acteurs privés

 

LES FIRMES TRANSNATIONALES. Toutes les sociétés de grandes tailles profitent de la mondialisation, en dépendent et l'influencent. Les plus emblématiques sont les firmes transnationales (FTN) ou multinationales (FMN).les entreprises intégrées à la mondialisation. Les acteurs privés regroupent

- Ces grandes compagnies, environ 100 000 entreprises, réalisent leurs activités dans plusieurs pays. Elles réalisent plus de la moitié des échanges mondiaux.

- Elles sont encore souvent originaires des pays du Nord et très souvent américaines. Elles contribuent à une nouvelle division internationale du travail en ce sens qu'elles profitent pleinement de l'industrialisation des pays du Sud: le Mexique, le Brésil, l'Inde, la Chine, les pays d'Asie du sud-est ou l'Afrique du Sud. Les entreprises du Nord y ont délocalisé une partie de leurs activités de production soit parce que la main d'oeuvre y est moins chère, soit parce qu'elle y est plus flexible, soit pour les deux raisons à la fois. Utilisez ici l'exemple de la production de l'iPhone.FTN- Les

- Mais à partir des années 2000, des FTN originaires du Sud sont apparues, ce qui rend très discutable la fameuse délimitation Nord (pays industriels et développés)/Sud (pays peu industrialisés et peu développés). Si la plupart sont d’origine asiatique (chinoises ou indiennes, mais pas seulement), on assiste aujourd’hui à l’émergence de FTN d’origine sud américaine. Exemple: Natura (Bresil) leader des cosmétiques, Haier (Chine), dans l'électroménager, Turkish Airlines (Turquie) ou Etihad Airways (Emirats Arabes Unis) dans le domaine des transports aériens, Huawei (Chine) dans le secteur des smartphones. Au final, ces FTN du Sud seraient aujourd’hui presque 30% du total des FTN. Elles redessinent donc la carte des échanges, notamment en introduisant de puissants flux Sud-Sud : rachat par des entreprises chinoises ou indiennes d'entreprises syriennes ou colombiennes dans l'activité pétrolière, investissements chinois vers l’Afrique, etc.

 

 

Les ORGANISATIONS ILLEGALES

. Se rajoutent comme acteurs privés les organisations illégales, notamment celles engagées dans la production, le transport et le trafic de drogues. Les cartels colombiens et les réseaux de passeurs mexicains sont des acteurs mondialisés.

 


2. Les acteurs publics

    Les acteurs publics désignent les Etats et les associations d'Etats que sont les organisations internationales.

Les ETATS.

  - Traditionnellement, les États peuvent favoriser ou limiter leur ouverture vis-à-vis du reste du monde, notamment sur le plan économique par leur politique douanière ou leur législation (marché réglementé, limitation des investissements étrangers, choix de normes contraignantes, etc.). Les États sont en concurrence entre eux pour attirer les investissements des FTN: ils mettent en avant leurs avantages comparatifs dans la NDIT avec, par exemple, une baisse de la pression fiscale sur le bénéfices des FTN ou une politique de limitation de l'augmentation des salaires.

- Le principal acteur étatique, le plus puissant et qui influence presque tous les autres, c'est les États-Unis. Leur rôle est essentiel dans la diffusion du libre-échange (actuellement le TAFTA ou traité de libre échange entre les Etats-Unis et l'UE en cours de négociation.

- Certains États sont presque fermés fermés aux échanges internationaux, y compris diplomatiques : c'est le cas du Bhoutan qui est un Etat installé dans la chaîne de l'Himalaya. Il accueille seulement deux ambassades (celles de l'Inde et du Bangladesh). Le royaume était fermé au tourisme jusqu'en 1974. Il limite aujourd'hui fortement les entrées touristiques pour préserver l'environnement et le mode de vie des habitants. presque- Certains États sont

 

LES ORGANISATIONS INTERNATIONALES GLOBALES ou REGIONALES.

- Les États se regroupent au sein d'organisations internationales à échelle globale ou mondiale: les Nations unies, l'Organisation mondiale du commerce (OMC) qui travaille à développer le libre échange, le Fonds monétaire international (FMI) qui intervient dans les pays en crise économique ou la Banque mondiale qui favorise le développement économique des pays, le FAO (Food and Agriculture Organization) qui dépend de l'ONU et dont le but est d'éradiquer la faim dans le monde, etc.

- D'autres organisations sont régionales comme l'Union européenne, l'Union africaine, l'ASEAN+3 (Association of Southeast Asian Nations qui regroupe dix pays d'Asie du Sud-Est+ 3 qui sont la 
Chine, le Japon et la Corée du Sud). Vis-à-vis de la mondialisation, le rôle de ces organisations peut être de favoriser les échanges ou de les réguler.

 

3. Les ONG et les individus

- Les organisations non-gouvernementales (ONG) regroupent des associations caritatives, ou des groupes de pression. Plusieurs de ces ONG sont régulièrement en confit avec les entreprises privées, les États et les organisations internationales. Exemples: Les organisations non-gouvernementales (ONG)-

·      Greenpeace (protection de l'environnement) dont le siège est à Amsterdam,

·      Croix-Rouge (humanitaire), à Genève

·      Human Rights Watch (droits humains) à New York

·      Médecins sans frontières (humanitaire), à Genève

·      Amnesty International (droits des prisonniers), à Londres, etc.

- Quant aux individusleur rôle en temps qu'acteurs est assez limité étant donné leur grande variété. Certains se rassemblent au sein de groupes de pression, qui peuvent être des ONG, des associations de consommateurs ou des syndicats. Ils s'opposent à une mondialisation libérale des échanges qui met en concurrence acharnée les Etats, les entreprises et donc les travailleurs eux-mêmes. Ils forment le mouvement de l'« altermondialisme », présent dans de nombreux pays, dénonçant les effets négatifs de la mondialisation et du libre échange.Quant aux individus-

 

Les relations entre les acteurs de la mondialisation varie donc de la coopération à la confrontation.

 

 

Partie 3. Une mondialisation en débat

 

1. La mondialisation a eu des aspects positifs incontestables:

- dans le monde, la proportion des personnes vivant dans la très grande pauvreté (moins de 1,25 dollar par jour) recule régulièrement : 46% en 1990, 22% en 2008, peut être 15% en 2015.

- Ces dernières décennies, des centaines de millions de personnes sont sorties de la pauvreté en Chine et en Inde. Les NPIA, Nouveaux Pays Industrialisés Asiatiques, et certains autres pays émergents ont connu un développement économique et social très marqué (Chili, Malaisie, Venezuela).

- La mondialisation des échanges a aussi permis: un accès plus facile à la culture, une coopération scientifique internationale dans de multiples domaines (climat, alertes, recherche), un développement des soins (campagnes de vaccination par ex)

 

 

2. Mais ce processus d'intensification des échanges et des conditions dans lesquelles il se réalise peuvent soulever des débats.

A. La mondialisation n’a pas mis fin au cycle des crises : celle qui se déroule depuis 2008 et a provoqué la dégradation de l’emploi et de l’activité économique ; l’OCDE a connu un pic historique de 8,5% des actifs en chômage en 2009 (48 millions de personnes), les BRICS ont vu leur croissance ralentir : 2,7% au Brésil en 2011 contre 7,5% en 2010.

Il faut également citer les crises alimentaires dues non pas tant aux aléas climatiques qu'à la hausse des cours mondiaux des produits agricoles et ce malgré de bonnes récoltes: une hausse importante des prix agricoles s’est manifestée depuis 2007. Elle a ralentit le rythme de réduction de la sous- alimentation dans le monde ; des centaines de millions de personnes restent sous-alimentées parce que les produits de base comme les céréales sont devenues trop chères (925 M en 2008, + d’1 milliard en 2009, 868 millions en 2011).

B. Depuis quelques années, la mondialisation est souvent accusée dans les pays du nord de précariser le travail en mettant en concurrence les travailleurs des pays développés avec ceux des pays du sud bien moins protégés socialement et aux salaires plus faibles. Certains réclament le retour au protectionnisme.

C. Le débat porte ensuite sur les effets environnementaux de cette intensification des échanges mondiaux. Les transports consomment toujours plus d’énergie ; les économies de carburant réalisées grâce au progrès technique sont effacées par la hausse des kilomètres parcourus et la croissance du parc automobile mondial (environ 1 milliards de véhicules particuliers, une croissance de 30 à 40 millions de véhicules par an). A l’heure actuelle les réserves prouvées de pétrole sont de 44 ans et celles de charbon de 183 ans.

3. Le mouvement altermondialiste propose des projets alternatifs.

- Plus de 50 000 Organisation Non Gouvernementales contribuent à atténuer et à contester les dérives de la mondialisation libérale. Des ONG comme Greenpeace, Oxfam, MSF, Amnisty International sont devenues d’incontournables acteurs. On pourrait également citer les syndicats et les associations qui interviennent dans le débat sur la mondialisation.

- Partout dans le monde des citoyens estiment que la mondialisation libérale présente des aspects néfastes : ils ne contestent pas la mondialisation mais souhaitent que celle ci soit moins dictée par les règles du libéralisme, on parle alors d’altermondialistes.

- Ils agissent continuellement, avec parfois des temps forts comme les forums sociaux mondiaux qu’ils organisent au moment des sommets du G8. Ce sont ces mêmes citoyens qui aujourd’hui s’affirment dans des mouvements très médiatisés (occupy wall street, mouvement des indignés…).

- Dans les faits, bien peu d’alternatives existent en réalité. La plus poussée d’entre elles étant liée au commerce équitable et au développement durable.

- On voit mal aujourd’hui encore leur poids dans les processus de mondialisation. Depuis l’éclatement de la crise de 2008, ils sont inaudibles, car les populations sont plus sensibles aux discours sur la croissance (et la création d’emplois), qu’aux initiatives pour la préservation de l’environnement.

 

 

 

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Published by france
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