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12 octobre 2016 3 12 /10 /octobre /2016 11:39

La mondialisation en fonctionnement

 

Cours 1:un produit mondialisé: l'iPhone

 

Cours 2. La mondialisation:
acteurs, flux et débats

 

Introduction.

Utilisez la définition de la mondialisation construite en introduction du cours sur l'iPhone.

Depuis les années 1980, la mondialisation est le nom associé à une organisation du monde qui intensifie  et diversifie de façon vertigineuse les relations entre les territoires, les hommes et les organisations. La Terre est devenue suivant l'expression de Marshall MacLuhan, une sorte de « village global ».

 

Le fonctionnement de la mondialisation est complexe et suscite débats et contestations (Cette dernière phrase énonce la problématique).

 

En effet, la mondialisation est pilotée par plusieurs types d'acteurs (P.1). Elle a généré des flux sans précédent (P. 2). La mondialisation a suscité de vifs débats en rapport avec les inégalités sociales, les crises économiques ou les limites de la planète à supporter nos économies (P.3).

 

Partie 1. Des acteurs multiples participent à l'organisation des échanges dans le monde

 

Il est possible de répartir les acteurs de la mondialisation en trois groupes pour en faire une typologie: d'abord les sociétés privés, ensuite les acteurs publics, puis les organisations non-gouvernementales et les individus.

1. Les acteurs privés

 

LES FIRMES TRANSNATIONALES. Les acteurs privés regroupent les entreprises intégrées à la mondialisation. Toutes les sociétés de grandes tailles profitent de la mondialisation, en dépendent et l'influencent. Les plus emblématiques sont les firmes transnationales (FTN) ou multinationales (FMN).

- Ces grandes compagnies, environ 100 000 entreprises, réalisent leurs activités dans plusieurs pays. Elles réalisent plus de la moitié des échanges mondiaux.

- Les FTN sont encore souvent originaires des pays du Nord et très souvent américaines. Elles contribuent à une nouvelle division internationale du travail en ce sens qu'elles profitent pleinement de l'industrialisation des pays du Sud: le Mexique, le Brésil, l'Inde, la Chine, les pays d'Asie du sud-est ou l'Afrique du Sud. Les entreprises du Nord y ont délocalisé une partie de leurs activités de production soit parce que la main d'oeuvre y est moins chère, soit parce qu'elle y est plus flexible, soit pour les deux raisons à la fois. Utilisez ici l'exemple de la production de l'iPhone.

- Mais à partir des années 2000, des FTN originaires du Sud sont apparues, ce qui rend très discutable la fameuse délimitation Nord (pays industriels et développés)/Sud (pays peu industrialisés et peu développés). Si la plupart sont d’origine asiatique (chinoises ou indiennes, mais pas seulement), on assiste aujourd’hui à l’émergence de FTN d’origine sud américaine. Exemple: Natura (Bresil) leader des cosmétiques, Haier (Chine), dans l'électroménager, Turkish Airlines (Turquie) ou Etihad Airways (Emirats Arabes Unis) dans le domaine des transports aériens, Huawei (Chine) dans le secteur des smartphones. Au final, ces FTN du Sud seraient aujourd’hui presque 30% du total des FTN. Elles redessinent donc la carte des échanges, notamment en introduisant de puissants flux Sud-Sud : rachat par des entreprises chinoises ou indiennes d'entreprises syriennes ou colombiennes dans l'activité pétrolière, investissements chinois vers l’Afrique, etc.

 

Les ORGANISATIONS ILLEGALES. Se rajoutent comme acteurs privés les organisations illégales, notamment celles engagées dans la production, le transport et le trafic de drogues. Les cartels colombiens et les réseaux de passeurs mexicains sont des acteurs mondialisés.


2. Les acteurs publics

Les acteurs publics désignent les États, leurs institutions (agences, ministères et fondations dépendant d'un gouvernement) ainsi que les organisations supranationaux (regroupant plusieurs États).

 

Les ETATS.

- Traditionnellement, les États peuvent favoriser ou limiter leur ouverture vis-à-vis du reste du monde, notamment sur le plan économique par leur politique douanière ou leur législation (marché réglementé, limitation des investissements étrangers, choix de normes contraignantes, etc.). Les États sont en concurrence entre eux pour attirer les investissements des FTN: ils mettent en avant leurs avantages comparatifs dans la NDIT avec, par exemple, une baisse de la pression fiscale sur le bénéfices des FTN ou une politique de limitation de l'augmentation des salaires. 

- Le principal acteur étatique, le plus puissant et qui influence presque tous les autres, c'est les États-Unis. Leur rôle est essentiel dans la diffusion du libre-échange (actuellement le TAFTA ou traité de libre échange entre les Etats-Unis et l'UE en cours de négociation.

- Certains États sont presque fermés aux échanges internationaux, y compris diplomatiques : c'est le cas du Bhoutan qui est un Etat installé dans la chaîne de l'Himalaya. Il accueille seulement deux ambassades (celles de l'Inde et du Bangladesh). Le royaume était fermé au tourisme jusqu'en 1974. Il limite aujourd'hui fortement les entrées touristiques pour préserver l'environnement et le mode de vie des habitants.

 

LES ORGANISATIONS INTERNATIONALES GLOBALES ou REGIONALES.

- Les États se regroupent au sein d'organisations internationales à échelle globale ou mondiale: les Nations unies, l'Organisation mondiale du commerce (OMC) qui travaille à développer le libre échange, le Fonds monétaire international (FMI) qui intervient dans les pays en crise économique ou la Banque mondiale qui favorise le développement économique des pays, le FAO (Food and Agriculture Organization) qui dépend de l'ONU et dont le but est d'éradiquer la faim dans le monde, etc.

- D'autres organisations sont régionales comme l'Union européenne, l'Union africaine, l'ASEAN+3 (Association of Southeast Asian Nations qui regroupe dix pays d'Asie du Sud-Est+ 3 qui sont la 
Chine, le Japon et la Corée du Sud). Vis-à-vis de la mondialisation, le rôle de ces organisations peut être de favoriser les échanges ou de les réguler.

 

3. Les ONG et les individus

- Les organisations non-gouvernementales (ONG) regroupent des associations caritatives, ou des groupes de pression. Plusieurs de ces ONG sont régulièrement en confit avec les entreprises privées, les États et les organisations internationales. Exemples:

·      Greenpeace (protection de l'environnement) dont le siège est à Amsterdam,

·      Croix-Rouge (humanitaire), à Genève

·      Human Rights Watch (droits humains) à New York

·      Médecins sans frontières (humanitaire), à Genève

·      Amnesty International (droits des prisonniers), à Londres, etc.

- Quant aux individus, leur rôle en temps qu'acteurs est assez limité étant donné leur grande variété. Certains se rassemblent au sein de groupes de pression, qui peuvent être des ONG, des associations de consommateurs ou des syndicats. Ils s'opposent à une mondialisation libérale des échanges qui met en concurrence acharnée les Etats, les entreprise et donc les travailleurs eux-mêmes. Ils forment le mouvement de l'« altermondialisme », présent dans de nombreux pays, dénonçant les effets négatifs de la mondialisation et du libre échange.

 

Les relations entre les acteurs de la mondialisation varie donc de la coopération à la confrontation.

 

Partie 2. Des flux polarisés.

 

Ces différents acteurs génèrent des flux entre eux. Il s'agit de flux de marchandises, de flux humains et de flux immatériels (données et services). Ces flux sont tous en augmentation.

1. Les flux de marchandises ont connu une amplification sans précédent dans les échanges mondiaux. La valeur des flux a été multipliée par 300 en 60 ans passant de 59 Md$ à plus de 18 000 Md$. en2013.

Cette croissance s’explique de multiples facteurs dont les plus importants sont les révolutions du transport et des Technologies d’Information de Communication (TIC), le développement du libre-échange, la NDIT et la généralisation du capitalisme financier.

- les produits agricoles : Ils représentent 9% des produits échangés (1 600 Md$ en 2013).

- le commerce des hydrocarbures, du charbon et des minerais a également fortement progressé. Il a doublé en 30 ans. Il représente 23% des échanges soit environ 4 100Md$ en 2013.
Les pays pétroliers sont au Moyen-Orient, en Afrique de l’Ouest (Nigeria) et du Nord (Algérie, Lybie), en Amérique latine (Venezuela) et en Russie.

- les produits manufacturés: ils représentent 66% du commerce mondial pour un total de 12 000Md$. Le commerce international de produits manufacturés a sextuplé en 30 ans témoignant d’une nouvelle Division Internationale du Travail (DIT) à laquelle recourent les FTN s’installant dans des pays-ateliers.

2. Les flux de services sont également concernés par le processus de mondialisation. Ils représentent actuellement 21% des échanges mondiaux en valeur. " Les " flux invisibles " ont connu un accroissement spectaculaire. S’il est une expression caractéristique de la mondialisation, c’est sans doute celle de "village planétaire". Le développement des nouveaux médias (télévision, radio, Internet) favorise la transmission des informations à travers les quatre coins de la planète, faisant de chacun un membre du "village planétaire". Les grands réseaux d’information, comme CNN, sont reçus partout à travers le monde.

3. Les flux de capitaux.

Les réseaux financiers
Les flux financiers relient entre eux les grandes Bourses mondiales. Tous les ans, près de 10 000 milliards de dollars circulent entre les grandes places financières mondiales. Les principaux pôles qui structurent ces flux sont les Bourses de New York (Wall Street et NASDAQ), Londres (la City) et Tokyo (Tokyo Stock Exchange). Les flux financiers se développent cependant de plus en plus vers des places émergentes, notamment les Bourses de Shanghai ou Hong Kong.

• Les flux d'IDE
Les Investissements directs à l'étranger (IDE) sont les mouvements de capitaux provenant des entreprises ou du fonds souverain d'un État et qui sont investis dans  tel ou tel secteur de l'économie d'un autre Etat . On distingue les IDE entrants et les IDE sortants. On constate que les membres de la Triade polarisent 65 % de ces deux types d'IDE, mais que certains pays émergents comme le Brésil et la Chine bénéficient de flux entrants importants qui soutiennent la croissance de leur économie.

4. Les mobilités humaines.

- Les migrations internationales constituent bien un autre aspect de la mondialisation.

- Depuis 1980, le nombre de migrants dans le monde a triplé. Il y aurait actuellement plus de 230 millions de personnes vivant hors de leur pays de naissance (Les migrants représentent environ 3% de l’humanité.


Les motifs de départ sont nombreux: les raisons familiales (mariages, regroupement familiale),- les réfugiés qui fuient les violences mais aussi les catastrophes naturelles,
- les étudiants qui pour certains resteront travailler dans le pays où ils ont effectué leurs études, - les migrations économiques.

- Ces flux lient les pays développés aux pays moins développés et qui leur sont le plus proche : Amérique latine et Asie pour l’Amérique du Nord, Afrique et Asie pour l’Europe, Asie pour l’Océanie.

- Parmi les pays émergents, certains constituent donc des pôles d’immigration : les pays pétroliers du Moyen-Orient, le Brésil et le Venezuela en Amérique latine, ou des pays côtiers d’Afrique de l’Ouest (Sénégal, Cote d’Ivoire) pour les pays sahéliens.

- le tourisme international.


- Le tourisme international illustre une autre facette de la mise en relation du monde. Près d’un milliard de touristes internationaux était comptabilisé chaque année. La France, l’Espagne, les Etats-Unis et l’Italie sont les quatre principales destinations avec près du tiers des déplacements observés. Activité motrice du développement économique pour certaines régions du monde, c’est un secteur sujet à de nombreuses variations en fonction des conjonctures économiques ou des situations de crises, notamment pour les pays du Sud méditerranéen.

Bilan de cette partie 2. La mondialisation des flux produit donc deux phénomènes: une amplification des flux matériels et immatériels mais aussi une inégalité des territoires qui participent à ces flux.

Partie 3. Une mondialisation en débat

 

1. La mondialisation a eu des aspects positifs incontestables:

- dans le monde, la proportion des personnes vivant dans la très grande pauvreté (moins de 1,25 dollar par jour) recule régulièrement : 46% en 1990, 22% en 2008, peut être 15% en 2015.

- Ces dernières décennies, des centaines de millions de personnes sont sorties de la pauvreté en Chine et en Inde. Les NPIA, Nouveaux Pays Industrialisés Asiatiques, et certains autres pays émergents ont connu un développement économique et social très marqué (Chili, Malaisie, Venezuela).

- La mondialisation des échanges a aussi permis: un accès plus facile à la culture, une coopération scientifique internationale dans de multiples domaines (climat, alertes, recherche), un développement des soins (campagnes de vaccination par ex)

2. Mais ce processus d'intensification des échanges et des conditions dans lesquelles il se réalise peuvent soulever des débats.

A. Le premier problème est un problème de gouvernance: les FTN et les acteurs financiers ont un pouvoir inédit à échelle mondiale. Quelles limites y-a-t-il à leur pouvoir?

- La crise financière puis économique qui se déroule depuis 2008, a, pour origine, les risques insensés pris par les acteurs financiers (banques, investisseurs) et par la grande liberté de manoeuvre dont ils bénéficient. Cette crise a provoqué la dégradation de l’emploi et de l’activité économique: les pays développés ont connu un pic historique de 8,5% des actifs en chômage en 2009 (48 millions de personnes ont perdu leurs emplois dans cette crise et dans ce type de pays). Les BRICS ont vu leur croissance ralentir et là encore le chômage et les faillites d'entreprises ont progressé.

Les Etats ont des difficultés à contrôler la finance internationale et à en limiter la prise de risques.

B. Depuis quelques années, la mondialisation est souvent accusée dans les pays du nord de précariser le travail en mettant en concurrence de façon déloyale les travailleurs des pays développés avec ceux des pays du sud bien moins protégés socialement et aux salaires plus faibles. Certains réclament le retour au protectionnisme c'est-à-dire à une remise en question du libre échange.

C. Le débat porte ensuite sur les effets environnementaux de cette intensification des échanges mondiaux. Les transports consomment toujours plus d’énergie ; les économies de carburant réalisées grâce au progrès technique sont effacées par la hausse des kilomètres parcourus et la croissance du parc automobile mondial (environ 1 milliards de véhicules particuliers, une croissance de 30 à 40 millions de véhicules par an).

3. Le mouvement altermondialiste propose des projets alternatifs.

- Plus de 50 000 Organisation Non Gouvernementales contribuent à atténuer et à contester les dérives de la mondialisation libérale. Des ONG comme Greenpeace, Oxfam, MSF, Amnisty International sont devenues d’incontournables acteurs. On pourrait également citer les syndicats et les associations qui interviennent dans le débat sur la mondialisation.

- Partout dans le monde des citoyens estiment que la mondialisation libérale présente des aspects néfastes : ils ne contestent pas la mondialisation mais souhaitent que celle ci soit moins dictée par les règles du libéralisme, on parle alors d’altermondialistes.

- Ils agissent continuellement, avec parfois des temps forts comme les forums sociaux mondiaux où toutes les composantes du mouvement altermondialiste se retrouvent dans une ville et mettent en forme des propositions de contrôle de la mondialisation. Ce sont ces mêmes citoyens qui, il y a quelques années, s’affirment dans des mouvements très médiatisés (occupy wall street aux Etats-Unis, mouvement des indignés en Espagne ou en Grèce ou Nuit debout en France…).

- Dans les faits, bien peu d’alternatives existent en réalité. La plus poussée d’entre elles étant liée au commerce équitable et au développement durable.

- On voit mal aujourd’hui encore le poids du mouvement altermondialiste dans les processus de mondialisation. Depuis l’éclatement de la crise de 2008, ils sont inaudibles, car les populations sont plus sensibles aux discours sur la croissance (et la création d’emplois), qu’aux initiatives pour la préservation de l’environnement.

 

 

 

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