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13 novembre 2016 7 13 /11 /novembre /2016 12:12
Les Etats-Unis et le monde depuis 1945 TERMINALE S
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Thème 2. Grandes puissances et conflits dans le monde depuis 1945.

 

Question 1. Les chemins de la puissance

 

Cours 1. Les Etats-Unis et le monde depuis 1945.

 

 

 

INTRODUCTION.

 

Le cours est basé sur la notion de « puissance » (avec la formulation de la question 1: « les chemins de la puissance »). Il faut donc définir cette notion: un État est une "puissance" lorsqu'il dispose d’atouts économiques, militaires, politiques et culturels lui permettant d’avoir de l’influence sur les autres États.

La période 1945-1947 est un tournant dans la politique extérieure des États-Unis : eux qui ont longtemps étaient très réticents à intervenir en dehors du continent américain ( c'est ce qu'on appelle "isolationnisme"), ils assument désormais, à partir de 1945, un rôle dominant au niveau global.

Problématique: comment les Etats-Unis vont-ils établir et maintenir une puissance sur le monde  et cela, dans trois contextes très différents?

Le premier contexte est marqué par la fin de la Seconde Guerre mondiale (1944-1947) (P1), le second, par la guerre froide qui les oppose à l'URSS (1947-1991) (P2) et le troisième dans le monde actuel (1991 à nos jours) (P3). A chaque fois, la notion d'affirmation puissance des Etats-Unis dans le monde se réalisera différemment

 

Partie 1. Gérer l’après-guerre (1945-1947)

 

a. La puissance militaire

Si la victoire est partagée avec les deux autres «superpuissances » (l’Union soviétique et le Royaume-Uni), seuls les Etats-Unis sortent de la Seconde Guerre mondiale renforcés :


- leur territoire a été épargné (en comparaison de l’Europe et de l’Asie de l’Est en ruines), renforçant leur puissance économique (ils sont au premier rang mondial depuis 1900) ;


- ils ont eu relativement peu de pertes (environs 400 000 tués), à comparer avec les 20 millions de morts soviétiques estimés;


- ils ont le monopole de l’arme nucléaire (11 bombes) et des bombardiers à long rayon d’action capables de les larguer.

- Les forces armées américaines ont 16 millions d’hommes sous l’uniforme à la fin 1945, dont la moitié est déployée en Europe et en Asie. La marine américaine domine totalement les océans, représentant à la fin 1945 environ 70 % du tonnage militaire mondial (avec notamment 28 porte- avions).

 

b. Réorganiser le monde

- Le partage de l’Europe en deux zones d’influence est négocié avec Staline, Churchill et Roosevelt à Yalta (4 au 11 février 1945). La Corée est également partagée, le nord sous influence soviétique et le sud sous influence américaine. Le Japon passe également dans l'aire de contrôle américaine.

- Au niveau mondial, le gouvernement des États-Unis impose à ses alliés ses idées sur la coopération internationale, tout comme en 1919 le président Wilson avait été à l’origine de la Société des Nations lors de la conférence de Paris. En1945 s’ouvre la conférence de San Francisco qui débouche le 26 juin de la même année sur la signature de la Charte des Nations unies. Au Conseil de sécurité de l'ONU, 5 pays reconnus comme les vainqueurs de la SGM reçoivent un siège permanent et le droit de veto. Les E-U en font bien sûr partie. Le siège de l'ONU est à New York.

L’Organisation des Nations unies (ONU) doit promouvoir le dialogue pour éviter les guerres. Elle doit favoriser la diffusion des droits de l'homme et la solidarité face aux problèmes de développement par une coopération économique des nations membres de l'ONU.

La principale contribution au financement de l’organisation est assurée par les États-Unis.

- En parallèle, les États-Unis négocient la refonte de l’économie mondiale sur de nouvelles bases avec les accords de Bretton Woods du 1er au 22 juillet 1944 :


  • le dollar américain devient la seule monnaie de réserve de toutes les banques centrales (dollar as good as gold), la seule convertible en or, les autres monnaies ayant un taux de change presque fixe vis-à-vis du dollar jusqu’en 1971 ;

  • fondation de l’International Monetary Fund (en français « Fonds monétaire international », FMI), chargé de la stabilité financière et installé à Washington ;

  • fondation de l’International Bank for Reconstruction and Development ( en français
« Banque internationale pour la reconstruction et le développement », BIRD) chargé de financer la reconstruction. Son siège est aussi à Washington ;
 c'est ce qu'on appelle aujord'hui la Banque mondiale
  • enfin est signé en1947 le General agreement on tariffs and trade (GATT, en français
« Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce ») qui doit faciliter le commerce international en développant le libre échange et donc la mondialisation. Cette organisation est aujourd'hui l'OMC ou Organisation mondiale du commerce (Voir cours sur la mondialisation)

 

 

Partie 2. Mener la guerre froide (1947-1991)

 

A. Contenir le communisme

Empêcher le développement du communisme et la mainmise de l'URSS sur d'autres territoires est l'objectif central de la nouvelle stratégie de l'endiguement (containment) lancée par le président Truman en 1947.

Les E-U renoncent ainsi à la vieille "doctrine Monroe" qui prônait un isolationnisme des E-U sur le continent américain et une non-intervention dans les affaires des autres territoires. Désormais, les E-U endossent définitivement un rôle mondial dans une guerre de longue durée: la guerre froide.

D'où:

- le 5 juin 1947, le nouveau secrétaire d’État George Marshall annonce le lancement d’un programme d’aides massives envers les économies européennes. C'est le plan Marshall: il est composé de dons, de prêt.  Ce plan conduit les pays d'Europe occidentale à passer encore plus étroitement dans la zone d'influence américaine. Il conduit également ces pays à s'organiser eux-mêmes pour se partager cette aide: d'où la première forme de coopération européenne.

- la réaction américaine au blocus de Berlin (1948-1949) est là pour témoigner que les E-U n'abandonneront aucun de leurs alliés: les EU mettent en place un gigantesque pont aérien pour ravitaille Berlin Ouest pendant presque un an.

- En s'engageant militairement dans la guerre de Corée déclenchée par la Corée du Nord communiste pour envahir la Corée du Sud non communiste, les E-U veulent empêcher toute progression du communisme. C'est là encore une conséquence de la stratégie d'endiguement.

- La mise en place de la CIA comme organisation de renseignement et d'actions subversives leur donne un bras armé secret qui leur permet d'agir aussi bien dans les pays alliés (la CIA aidera en Italie les partis opposés au parti communiste italien à remporter des élections) que dans les pays communistes (tentatives pour assassiner ou déstabiliser Raoul Castro qui a pris le contrôle de Cuba et s'est rallié au communisme). La CIA aidera aussi de nombreux dictateurs d'Amérique latine à prendre et à garder le pouvoir (le général Pinochet au Chili)

- les E-U signeront de nombreux traités d'alliance avec des pays dans le but de créer une zone sécurisée autour de l'URSS et de la Chine devenue communiste elle aussi. C'est le cas de l'OTAN: alliance militaire regroupant les E-U, le Canada, des pays d'Europe occidentale et la Turquie.

 

B. Maintenir son influence.

L’influence américaine dans le monde s’exprime massivement et globalement depuis le début de la guerre froide dans tous les domaines de la puissance:

- sur le plan idéologique avec l'exportation de l'American Way of life: les films hollywoodiens, le star system, la musique, la danse, la mode vestimentaire ou alimentaire sont des vecteurs de l'exportation du modèle de l’american way of life.

- économique: avec la puissance des firmes américaines qui exportent les produits étasuniens mais aussi les nouvelles formes de management

- financier: le dollar reste la principale monnaie internationale

- L’attractivité des États-Unis est telle qu’elle génère un brain drain (migration des diplômés vers les E-U) à l’échelle mondiale (Ex. le recrutement des ingénieurs de la Silicon Valley).

Cette force de séduction a été qualifiée de "soft power". Elle peut être utilisée comme arme de déstabilisation. Elle peut faciliter le travail des diplomates américains pour persuader les pays de les rejoindre ; elle est pour cela surnommée le soft power, traduisible par « puissance douce ».

 

D.  Faire monter les enchères

- Si la suprématie mondiale américaine est assurée par le monopole du nucléaire, l’explosion d’une arme nucléaire soviétique (« Joe-1 » pour les Américains) le 29 août 1949 change la donne. La même année, l’Union soviétique devient une menace pour le territoire des États- Unis grâce à leurs premiers bombardiers longue distance.

La notion de dissuasion nucléaire se met alors en place dans la stratégie américaine: attaquer l'adversaire n'est plus possible sans accuser des pertes insupportables.

- Il faut donc défier l'URSS sur d'autres terrains que la confrontation militaire directe.

  • D'où une course effrénée aux armements dans le but de (dé)montrer la supériorité du modèle américain sur le modèle soviétique. C'est une véritable course de vitesse vers la technologie de destruction de masse et vers la conquête de l'espace. L'objectif minimum: ne pas se faire distancer par l'adversaire comme les E-U l'ont été dans la course à l'espace (Gagarine) et si possible doubler l'adversaire ("alunissage" américain en 1969)
  • Les EU utiliseront quand même la guerre pour défendre leurs intérêts mais en prenant soin de ne pas se retrouver face à face avec l'URSS. D'où la stratégie d'agression du pays tiers. Exemple: l’intervention militaire au Viêt Nam vise l'arrêt de la diffusion du communisme en Asie du sud-est mais pas l'URSS qui la soutient. Elle se soldera par une défaite des EU en 1975

- Enfin dans les années 1980, sous la présidence de Reagan, la course aux armements s’intensifie pour défier encore une fois l'URSS en la poussant à bout économiquement. C'est le cas avec le Strategic Defense Initiative : IDS ou bouclier spatial en français ou avec la dernière crise directe de la guerre froide entre les deux superpuissances qui a lieu en 1984 avec le déploiement de missiles américains en Europe occidentale (Pershing II) en Europe, déclenchant la « crise des euromissiles ».

- Peu après, le nouveau dirigeant de l'URSS (Gorbatchev 1985-1991) fait le constat de l'épuisement économique de son pays et tente de se retirer de la course aux armements. Il essaiera de réformer son pays pour sauver le communisme mais ne pourra y parvenir et démissionnera en 1991. Cette démission signe la fin de l'URSS et le triomphe absolue des E-U comme seule superpuissance mondiale.

 

P3. Dominer l’après guerre froide (1990-2015)

À partir des années 1980, l’URSS, en proie à une stagnation économique, ne peut plus suivre les États-Unis dans la course aux armements. L’Union soviétique cesse d’exister en 1991.

Première puissance globale de l’histoire, les Etats-Unis font face à de nouvelles responsabilités et ont de nouvelles ambitions.

Se pose alors la question de l'exercice de leur leadership par une stratégie multilatérale (agir en fonction de leurs intérêts mais en concertation avec les institutions internationale) ou unilatérale (agir en fonction de leurs intérêts et sans l'accord des institutions internationales et en dehors de toute légalité internationale)

a. Etre le gendarme du monde

- 1er test: la première guerre du Golfe en 1990-1991

Les E-U ont un objectif: installer des bases militaires au Moyen-Orient et accroître leur influence dans cette région hautement importante pour eux en raison de ces richesses pétrolières.

A la base de l’invasion du Koweit et de l’engagement américain il y a un piège et des entreprises de désinformation.

Mais pour atteindre leur but les E-U ne s’engagent pas seuls et sans l’accord de l’ONU.

- Cet engagement dans le cadre du multilatéralisme se répète plusieurs fois dans les années 1990.

Les EU interviennent sous mandat de l’ONU (Somalie 1992-1994 ; Bosnie 1993-1995 ; Haïti 1994-1996) En Bosnie, ils sont présents par le biais de l’OTAN. Ils pallient les faiblesses des casques bleus

- Mais les EU refusent de participer à la convention de Kyoto en décembre 1997 (réduction de l’émission de gaz à effet de serre), d’Ottawa en 1997 (sur l’interdiction des mines anti- personnelles) et de Rome en 1998 (créant la Cour pénale internationale). Cela marque les limites de leur engagement au côté de l'ONU et de la gouvernance mondiale

 


b. S’adapter aux changements

 

A. Les attentats du 11 septembre 2001 à New York et à Washington changent la donne. Le gouvernement de George Bush junior (président de 2001 à 2009) annonce une « guerre contre le terrorisme ».

  • Bush ne fait pas que désigner Al Qaïda comme ennemi des E-U, il décide de considérer « le monde comme un champ de bataille »: tous les Etats, toutes les organisations susceptibles de soutenir directement ou indirectement le terrorisme ou de mettre en danger la sécurité du monde deviennent des cibles à abattre. C’est la signification de ce que président nomme: « l’axe du mal ».
  • Le président Bush transforme les deux interventions (en Afghanistan, en 2001, contre le régime islamiste qui accueille Al Qaïda et Ben Laden puis l'Irak en 2003) en une croisade des forces du bien contre les forces du mal.

- Le 11 septembre 2001, les Américains sont pour la première fois de leur histoire frappés directement sur leur sol ; ils se considèrent dès lors en guerre, et leur gouvernement réagit en intervenant en Afghanistan, avec un mandat des Nations Unies, pour mettre hors d’état d’agir les auteurs de ces attentats.

- En mars 2003, toujours au nom de la lutte contre le terrorisme, et cette fois en recherchant les Armes de Destruction Massive, soi-disant détenues par le régime irakien, les Etats-Unis lancent leurs troupes sur l’Irak, mais cette fois sans mandat de l’ONU.

- Dans les deux cas, Washington rencontre un succès, en tout cas militaire, puisque le régime des Talibans en Afghanistan, et la dictature de Saddam Hussein en Irak, sont renversés rapidement.

- Derrière ces opérations militaires, il y a l’idée de l’administration Bush de bouleverser politiquement le Moyen-Orient, et cette idée s’inscrit dans une « Initiative pour le Grand Moyen-Orient ». Le projet de « Grand Moyen-Orient » est avant tout un projet politique: instaurer la démocratie dans un ou deux pays de la zone et, par un effet domino, les régimes autoritaires des autres pays voisins tomberont.

  • C’est une guerre nouvelle, sans frontière et sans fin, que les E-U organisent avec une montée en puissance du rôle des forces spéciales américaines hors de tout contrôle du Congrès et des lois internationales de la guerre c’est-à-dire hors de tout cadre légal et partout où il est nécessaire sur la planète.

- Exemple: le programme de transports illégaux de prisonniers opérés par la CIA. Après enquête, le Conseil de l’Europe et le Parlement européen confirment que les services secrets américains et notamment la CIA ont utilisé l'espace aérien et certains aéroports des pays de l'Union européenne afin de transporter des prisonniers détenus en toute illégalité. Ces prisonniers étaient conduits vers des lieux secrets pour être l'objet de tortures et de sévices divers contraires aux droits de l'homme et caractérisant même la notion de crimes de guerre.

 - Exemple: dans la prison américaine d’Abou Ghraïb en Irak, les tortures sont programmées et les torturés photographiés. Fin 2001, alors que le nouveau programme de capture et d'assassinat atteint son rythme de croisière, le numéro 3 de la CIA, Buzzy Krongard, déclare que "dans une large mesure, les Etats-Unis gagneront (cette guerre) grâce à des forces dont vous ne savez rien, à des opérations dont vous ne verrez rien et à des méthodes que vous préféreriez ne pas connaître. »

 

B. La présidence d’Obama (2008-2016) a-t-elle mis fin à cette guerre secrète et sans frontières?

  • Dans une certaine mesure oui avec le désengagement limité des forces américaines d'Afghanistan et d'Irak.
  • Mais non sur le fond d'une guerre mondiale, secrète et hors de tout cadre légal contre ce qui touche les intérêts américains et pas seulement le terrorisme.

- Exemple: les services de renseignement américains l(a NSA) espionnent l'ambassade de France à Washington, mais aussi les institutions européennes, et ont mis en place un système de surveillance des utilisateurs de Google, Facebook ou Skype.

- Exemple: Les Etats-Unis ont fait de l'assassinat un élément central de leur politique de sécurité nationale.

Régulièrement est mise à jour une « kill list » – terroristes confirmés, apprentis terroristes, suspects de terrorisme... bref, tous ceux que les services secrets américains considèrent comme une menace pour les Etats-Unis. Cette liste est présentée au président Obama pour qu'il y appose son paraphe. Ni procès ni jugement : le jour où leur nom apparaît sur la liste, ces hommes sont morts — même quand ils sont citoyens américains. L'utilisation des drones tueurs est généralisée en Asie et en Afrique.

La mission des forces spéciales (JSOC) lancées à leurs trousses tient en trois mots : find (« traquer ») ; fix (« débusquer ») ; et finish (« achever »). Voir le livre de Jeremy Scahill, Dirty Wars. Le nouvel art de la guerre.

 

 

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Published by france
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