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14 janvier 2017 6 14 /01 /janvier /2017 17:38
Média et opinion publique 3e partie TERMINALE ES
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3e partie. Les médias, l'opinion publique et les crises politiques de 1945 à la société de la communication.

1. Les médias et l'opinion publique de 1945 aux années 1970.

A. L'essor de la radio et de la télévision.

la presse écrite subit de plus en plus la concurrence de la radio et de la télévision en plein essor.

La radio, déjà fortement implantée avant la guerre, se généralise :

  • Alors que plus de 50% des foyers sont équipés d'un poste de radio avant le conflit, ce sont 90% des foyers qui ont une radio chez eux dans les années 1960. Le nombre de radio dépasse les 10 millions.
  • L'apparition du transistor rend la radio miniaturisée et mobile.
  • La radio continue d'être utilisée par le pouvoir. Pierre Mendès France, chef du Conseil (premier ministre sous la IVe République) de 1954 à 1955, a pour habitude d'expliquer l'actualité du pays aux Français dans ce qu'il nomme ses "causeries".

La télévision connaît aussi un essor spectaculaire :

  • Seules 5% des familles françaises ont un téléviseur en 1958 mais le nombre de téléviseurs est multiplié par 20 dans les années 1960. 61% des foyers en sont équipés en 1968.
  •  

B. Le contrôle de l'État

En 1944, la liberté des médias est réinstaurée. Cependant, l'État exerce un contrôle sur les médias :

  • La radiodiffusion-télévision française (RTF) est créée en 1949 et contrôle les médias. Elle est elle-même sous contrôle du gouvernement qui nomme son directeur.  La télévision est le monopole de l'État.
  • L'apparition  de stations de radio privées ("radios périphériques") comme Radio Luxembourg ou Europe 1 sont plus tournées vers le divertissement.

 

C. Le président de Gaulle, fondateur de la Ve République, accentue le contrôle de l'Etat sur les médias publics.

 

  • la télévision reste la plate-forme de communication du président de Gaulle. Dans ses mémoires de Gaulle affirme que l’audiovisuel entre dans ses prérogatives présidentielles directes.
  • La RTF devient l’ORTF, l’Office de Radiodiffusion Télévision Française en 1964. L'ORTF est placé sous la tutelle du ministère de l'Information, l'Office est doté d'un conseil d'administration propre (nommé par le gouvernement).

 

D. Mai 1968, la contestation du contrôle de l'État

La crise de mai 1968 montre un État qui continue d'exercer son contrôle sur les médias et une opinion publique qui conteste de plus en plus ce rôle :

  • Lorsque la crise éclate, l'ORTF refuse de diffuser les paroles des responsables politiques et syndicaux.
  • En réaction, une grève est déclenchée au sein de l'ORTF, suivie par des journalistes et des techniciens.

Les radios périphériques comme Europe 1  et RTL (Radio Télévision luxembourgeoise) deviennent des acteurs majeurs du conflit.

  • Elles fonctionnent à l’extérieur du territoire français et donc échappent au monopole de l’Etat. Elles  ont pallié les carences d'un service public privé de crédibilité ou muet. Elle donne la parole à ceux qui participent au mouvement comme les responsables politiques, les grévistes, les manifestants, etc. Elle annonce quotidiennement les événements et se déplace sur les lieux des faits pour les couvrir.
  • Elles ont été présentes en rendant compte précisément des manifestations au point qu'on a pu les qualifier de "radios barricades" ou de "radios émeutes". Le gouvernement les accusait d'amplifier les troubles et de guider les étudiants du Quartier latin en signalant les mouvements des forces de l’ordre.
  • Les équipes de reporters des radios périphériques participent aux cortèges et témoignent de la violence des policiers à l'égard des manifestants: leurs commentaires vont dans un sens favorable aux étudiants.
  • Quand la police décidera de suspendre leurs ondes, ils passeront par le téléphone des habitants.

 

Les étudiants placent la critique du poids de l'État dans les médias au centre de leurs revendications et permettent l'émergence de journaux alternatifs tels que L'Enragé. Ce journal rassemble des journalistes et des caricaturistes comme Cabu, Siné ou Wolinsky. Il est à l'origine de Charlie Hebdo.

 

Mais de Gaulle reprend la main sur les médias :

  • Ses allocutions radio-télévisées du 24 et du 30 mai 1968 contribuent à retourner une partie de l'opinion publique inquiète et lassée par le mouvement.
  • Deux cents journalistes de l'ORTF sont licenciés en juin 1968.
  • La majorité des journaux alternatifs nés en 1968 disparaissent rapidement. L'Enragé cesse d'exister en novembre 1968.

 

2. L'avènement de la société de la communication

A. La reconfiguration des médias.

En 1974 et 1982, on observe une libéralisation des médias:

  • En 1974, le nouveau président de la République, Valéry Giscard d'Estaing met fin à l'ORTF et donne l'autonomie aux trois chaînes publiques télévisées.
  • En 1982, Mitterrand met fin au monopole d'État sur les médias audiovisuels. Des chaînes télévisées privées font leur apparition. Canal + et La Cinq sont créées et TF1 est privatisée en 1987.
  • À partir des années 1990, les chaînes thématiques apparaissent.
  • Au début du XXIe siècle, l'apparition de la TNT élargit l'offre télévisée.

On observe aussi un développement d'Internet :

  • À partir de la décennie 1990, les ménages français accèdent de plus en plus à Internet.
  • En 2013, 82% des ménages ont une connexion.

Ce développement des médias audiovisuels et d'Internet reconfigure le paysage médiatique français :

  • La presse écrite continue son déclin. Le nombre de lecteurs diminue, notamment dans la presse d'opinion.
  • Mais la presse écrite s'adapte aussi. Les journaux créent des sites Internet et des blogs dans lesquels les lecteurs peuvent intervenir. La blogosphère devient influente dans la formation de l'opinion publique.
  • Certains médias paraissent exclusivement sur Internet, comme Rue 89. En 2008, Edwy Plenel crée le site Médiapart qui joue désormais un rôle essentiel en France et a permis la révélation de plusieurs affaires politiques, comme "l'affaire Cahuzac".

B. Une tyrannie de l'opinion ?

La multiplication des sondages modifie le rapport de la société aux médias et interroge sur les ambiguïtés de la démocratie d'opinion :

  • L'expression "démocratie d'opinion" désigne un mode de fonctionnement du pouvoir politique dans lequel les décisions sont prises pour répondre le plus vite possible aux désirs de l'opinion publique.
  • La démocratie d'opinion est liée à la multiplication des sondages qui sont censés mesurer et représenter cette opinion.
  • De nombreuses accusations sont émises à l'encontre de ces sondages, notamment sur l'orientation des questions posées qui remettent en cause leur neutralité.
  • Les sondages modifient l'action politique car les hommes politiques cherchent à adapter leurs positions sur les résultats des sondages. Ils sont attentifs à leur cote de popularité.
  • Les sondages comportent une marge d'erreur non négligeable. Ils n'ont, par exemple, pas prévu l'arrivée de Jean-Marie Le Pen au second tour de l'élection présidentielle de 2002.

L'essor de l'expression de l'opinion publique sur Internet, qui est un support de médias, modifie aussi le rapport :

  • Les blogs, les réseaux sociaux et les commentaires sur les sites se multiplient et laissent la parole à tous ceux qui le souhaitent.
  • Les citoyens peuvent alors diffuser et interpréter les informations et les crises.
  • Ce nouveau rôle des citoyens dans les médias brouille la frontière entre l'opinion publique et les médias.
  • La question est aussi posée de la qualité des informations diffusées. Par exemple, les "théories complotistes" rencontrent une large audience et se diffusent.

Le rôle des médias dans les crises change :

  • Lors du référendum de 2005 sur le traité constitutionnel européen, la classe politique et les médias traditionnels dans leur majorité défendent le oui. La mobilisation sur Internet permet la diffusion d'idées en opposition au traité et jouent un rôle de première importance dans la victoire du non.

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Published by france
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