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23 février 2017 4 23 /02 /février /2017 11:40
L'Afrique face au développement et à la mondialisation TERMINALE ES
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L'Afrique et les défis du développement.

 

COURS 2.

Le continent africain face au développement et à la mondialisation

 

Le cours 1 était consacré à l'étude de cas sur le Sahara.

 

INTRODUCTION.

 

L’Afrique est un continent qui, à l’échelle mondiale cumule les indicateurs économiques, sociaux et environnementaux défavorables, auxquels s’ajoutent de multiples conflits locaux, des problèmes de gouvernances et une place marginale dans la mondialisation.

En réalité, le continent africain n’est pas homogène en termes de développement et les situations ne sont pas figées. Des formes de décollage économique existent, malgré la persistance de problèmes aigus.

De même, on ne peut plus considérer que l’Afrique est à l’écart du monde. Le continent est largement placé en relation subordonnée dans les échanges mondialisés, mais des exemples d’adaptation aux mutations liés à la mondialisation doivent être soulignés, même si là encore, les réalités du continent sont très hétérogènes.

 

Visions contradictoires de l’Afrique entre optimisme et pessimisme. Par conséquent, quand on parle du continent, il faut privilégier le pluriel au singulier, il convient de raisonner en termes d’Afriques

 

Quelle est la situation de l’Afrique face aux questions de développement ? Le continent connait-il un réel décollage économique ? Quels défis l’Afrique doit-elle encore relever ?

 

PLAN.

 

I. l’Afrique, un continent à l’écart du développement et du monde ?

A. Un continent qui cumule les indicateurs défavorables

B. Des freins multiples au développement

II. Une intégration marginale mais croissante dans la mondialisation.

A. Un décollage économique récent.

B Mais d’importants défis à relever.

 

UN CROQUIS est demandé au Bac sur l'Afrique face au développement et la mondialisation. Il est présenté en images ci-dessus et en 3 temps correspondant aux trois parties de la légende.

 

Partie I. l’Afrique, un continent à l’écart du développement et du monde ?

 

A. Un continent qui cumule les indicateurs défavorables

 

1. La situation sociale et sanitaire du continent reste problématique : 300 millions d’Africains (près du tiers de la population du continent) n’ont pas accès à l’eau potable. La même proportion vit avec moins de 1 dollar par jour. La sous-alimentation et l’insécurité alimentaire touchent environ un tiers de la population. Une majorité de personnes n’ont pas accès à l’éducation, aux soins médicaux alors que c’est la région du monde la plus touchée par le sida : presque 24 millions de personnes sont atteintes du VIH (ce qui explique la baisse actuelle de l’espérance de vie dans plusieurs États).

 

La pauvreté est extrêmement répandue dans les campagnes, mais également dans les vastes bidonvilles et dans les villes elles-mêmes, puisque le taux de chômage y avoisine les 25 %. Cette situation est la source de tensions sociales qui traversent tout le continent. Celles-ci sont à l’origine des révolutions qui ont parcouru l’Afrique du Nord depuis 2011. Elles représentent un défi pour l’ensemble des gouvernements africains, y compris dans les États les plus riches :

 

 

2. La situation de l’Afrique n’est toutefois pas homogène : si l’on procède à une analyse intra-africaine, on constate que les écarts entre Etats sont importants.

- Par exemple,  le Maghreb affiche un IDH relativement élevé (entre 0,65 et 0,8) ce qui est le signe d’un développement tangible. De même, l’Afrique du Sud, le Botswana ou encore la Namibie ont un IDH situé au-dessus de la moyenne continentale.

- l’Afrique du Sud qui est le pays le plus riche du continent mais il compte plus de 50 millions d’habitants vivant sous le seuil de pauvreté et son IDH est en baisse du fait de l’épidémie de sida qui a fait reculer l’espérance de vie sous les 60 ans au cours des vingt dernières années.

 

 

B. Des freins multiples au développement

 

  • Le premier obstacle au développement est l’instabilité politique. L’Afrique reste le continent qui a connu le plus grand nombre de conflits (inter et intra-étatiques) depuis la fin de la Guerre froide : elle est en ce sens une zone d’instabilité majeure. 20 % de la population africaine reste à la merci des conflits armés et les régimes autoritaires demeurent plus nombreux que les démocraties (même si ces dernières progressent). La corne de l’Afrique, mais également l’Afrique de l’Ouest et une partie de l’Afrique du Nord sont situés dans « l’arc des crises » et la guerre civile est quasiment permanente dans certains États telle que la République démocratique du Congo ou au Soudan. Les régimes démocratiques n’échappent pas eux-mêmes à la corruption et à la violence politique qui gangrènent la majorité des États africains.

 

  • La fuite illicite des capitaux en lien plus ou moins étroit avec la corruption des élites et la puissance des économies informelles expliquent également la faiblesse du développement.

Les estimations (délicates car il s’agit de flux illégaux) font état de plus de 800 milliards de dollars illégalement transférés depuis 40 ans d’Afrique vers le monde développé.

Cette richesse est détournée au profit d’une élite africaine et au profit des économies non africaines dans lesquelles elle est investie. Elle aurait pu financer des programmes de développement ambitieux ou servir par exemple à la construction d’infrastructures (éducation, santé, énergie…).

 

 

Partie II. Une intégration marginale mais croissante dans la mondialisation

 

A. Un décollage économique récent

 

  • L’Afrique connait encore aujourd’hui une intégration marginale dans le commerce international. Le commerce africain pèse financièrement très peu dans la mondialisation (363 milliards de dollars en 2007 soit 9 fois moins que l’Asie-Océanie, 13.67 fois moins que l’Europe par exemple).

 

  • Toutefois, l’Afrique capte de plus en plus d’IDE (1% en 2000 contre 4.5% en 2010). Les échanges commerciaux entre l’Afrique et le reste du monde ont triplé au cours des dix dernières années. Selon le FMI, la part de l’Afrique dans la croissance mondiale était négligeable à la fin du XX (moins de 0,3% ….) ; cette part a atteint 2,5% depuis l’an 2000 et c’est un signe encourageant mais sans commune mesure avec la part de la Chine (20% !!).

 

 

  • Dans certains domaines, l’Afrique s’insère rapidement dans la mondialisation. En témoigne par exemple le boom de la téléphonie mobile : 44% d’augmentation, 475 millions de connexions mobiles (sur 1 milliard d’habitants en 2012). Second marché mondial en nombre d’abonnés, ce secteur attise la convoitise des grandes firmes internationales mais nécessite à terme une amélioration des équipements par les Etats.

 

  • Une classe moyenne africaine est en formation dans beaucoup de pays africains. Le consommateur africain intéresse désormais les entreprises mondiales.

 

  • le pourcentage de la population en deçà du seuil de pauvreté absolue est passé de 66 % à 60 %.

 

  • Ces perspectives de développement attirent de nouveaux partenaires au premier rang desquels s’impose la Chine suivie de près par les pays d’Amérique du Sud et plus généralement par les grands pays émergents comme le Brésil. Ces nouveaux partenaires s’ajoutent aux puissances déjà présentes comme les Etats-Unis et les anciennes puissances colonisatrices qui ont souvent gardé des liens forts avec les Etats africains devenus indépendants (néocolonialisme économique)

 

B. D'importants défis à relever.

 

1. Faire face à la croissance démographique la plus forte de la planète.

 

- L'Afrique concentrera presque toute la progression démographique mondiale. Sa part dans la population mondiale devrait passer de 14,8% en 2010 (1 milliard) à 23,6% en 2050 (2,2 milliards). La population africaine devrait être de 3,6 milliards à la fin du siècle.

La quasi-totalité de la croissance démographique d'ici à la fin du XXI e siècle sera due à l'Afrique en raison d'une fécondité qui ne baisse que très lentement.

L’Afrique dispose d’une population jeune. Dans de nombreux pays subsahariens, la proportion des moins de 15 ans dépasse les 40%.

 

Cette croissance suppose des besoins énormes (nourriture, eau, travail, logement, soins, éducation…), besoins auxquels les Etats africains par manque de moyens ou de volonté politique ne répondent globalement pas

 

 

 

- L'explosion démographique va de pair avec une explosion urbaine:

 

  • Actuellement, il y a plus de 400 millions d’urbains en Afrique soit un taux d’urbanisation de 40% ; d’ici 2050, le taux d’urbanisation devrait atteindre 60% soit 1,2 milliards d’urbains….47 villes dépassent le million d’habitants, dont Le Caire Lagos > à 15 m d’hab, Kinshasa autour de 8 m.

 

  • Un exode rural massif et la gestion de mégapoles constituent des défis majeurs pour l'Afrique du XXIe siècle. Problèmes que ce phénomène pose : problèmes des infrastructures nécessaires, problème de contrôle de la ville par les pouvoirs locaux, problèmes d’approvisionnement et d’emplois, problèmes d’adaptation et de changement de culture pour les anciens ruraux.

 

 

2. Nourrir le continent.

 

  • Il existe des causes multiples à l’insécurité alimentaire en Afrique.

- Surfaces agricoles cultivables insuffisamment exploitées

- Mauvaise conditions de stockage des productions agricoles

- Faiblesse des infrastructures agricoles  (matériel agricole rudimentaire, réseaux de distribution peu efficaces…)

- les populations pauvres sont dépendantes des variations des cours mondiaux des produits alimentaires.

 

  • Le problème du « land grabbing » : accaparement des terres agricoles par des puissances ou les firmes étrangères. Les terres agricoles deviennent des ressources stratégiques à la fois pour les groupes financiers et des Etats comme la Chine ou l’Arabie Saoudite ; ces acteurs prennent le contrôle de terres en les louant à fable prix (en Ethiopie, 1 hectare se loue 1,5 euro l'année) pour y développer des agricultures « off shore » destinées à leur propres besoins. La Chine a ainsi pris le contrôle de plus de 10 millions d’hectares en Afrique…

 

2. Surmonter les divisions  et progresser vers une intégration régionale.

 

Il existe une multitude d’organisations régionales en Afrique, ce qui ne favorise pas la résolution de problèmes globaux comme le terrorisme ou le développement économique et les pressions extérieures (FTN, Etats).

 

Exceptée l’Union Africaine (UA,  à vocation politique, économique et sécuritaire) qui rassemble les 54 Etats du continent, les onze autres organisations morcèlent l’Afrique en sous-ensembles distincts qui peuvent se montrer concurrents.

 

3. Les convoitises qu’elle suscite de la part des puissances émergentes :

  • Les IDE augmentent et proviennent surtout des pays émergents et d’Asie (Hong Kong, Inde, Chine). Mais ces IDE sont limités aux industries extractives et ne bénéficient qu’à un petit nombre de pays comme le Nigéria, l’Angola, le Mozambique ou le Soudan.

 

  • L’Afrique dans la stratégie chinoise : en 2007, la Chine est devenue le second partenaire de l’Afrique, après les USA ; avec plus de 50 milliards de dollars d’IDE, la Chine investit massivement dans les secteurs du pétrole, des mines, des infrastructures. Cependant, l’afflux massifs de produits chinois manufacturés à bas coûts perturbe les circuits locaux de production (textile) ; par ailleurs, les conditions de travail des populations employées par les FTN chinoises suscitent des révoltes de la part des ouvriers africains.

 

CONCLUSION.

Il convient de se méfier des images passées et dépassées d’une Afrique misérable : l’Afrique depuis le début de ce siècle vit assurément un basculement malgré les incertitudes.

 

 

 

 

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Published by france
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