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23 février 2017 4 23 /02 /février /2017 11:58
Les Etats-Unis et le monde depuis 1918 TERMINALE ES
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Les Etats-Unis et le monde depuis 1918 TERMINALE ES

Thème 3 - Puissances et tensions dans le monde de la fin de la Première Guerre mondiale à nos jours

Les chemins de la puissance

* les États-Unis et le monde depuis les « 14 points » du Président Wilson (1918).

* La Chine et le monde depuis 1949 ».

 

Il s’agit d’expliquer comment les Etats-Unis et la Chine se sont hissés ou se hissent chacun à leur façon et à leur rythme à la tête du monde

 

Notion de puissance dans les relations internationales:

- La puissance désigne la capacité d’un acteur à obtenir des autres acteurs qu’ils infléchissent leurs actions et leurs conduites dans le sens de ses propres intérêts, sans consentir en retour de concessions de même valeur

 

Cours 1.

Les Etats-Unis et le monde depuis les « Quatorze points » du président Wilson (1918 à nos jours)

 

Même si aujourd’hui s’est imposée l’image de la superpuissance étatsunienne active partout dans le monde, cette « évidence » est, en fait, issue d’une histoire particulière et parfois animée de tendances contradictoires qui a progressivement conduit les E-U à assumer des responsabilités mondiales. C’est cette histoire qu’il faut problématiser ici.

Lors de leur naissance, en 1776, les Etats-Unis ne sont constitués que de treize anciennes colonies britanniques ayant rompu avec leur métropole. Avec l’entrée dans l’ère industrielle, les Etats-Unis prennent une place de plus en plus importante dans le monde leur permettant même, à partir de la fin de la Première Guerre mondiale, d’influer sur la marche du monde.

Comment les Etats-Unis sont-ils devenus une grande puissance mondiale ? Comment cette puissance s’exerce-t-elle ? La puissance américaine est-elle aujourd’hui en déclin ?

Plan chronologique en 3 étapes

 

1ère partie. D’une guerre mondiale à l’autre (1918-1941)

 

  1. Passage de l’isolationnisme à l’engagement dans la 1ère guerre mondiale (1918-1921).

 

  1. La doctrine Monroe
  • 1823, le président James Monroe annonce que les E-U ne s’immisceront pas dans les affaires européennes à condition que les puissances européennes renoncent à leurs ambitions américaines. Il défend la mise du continent sous protection étatsunienne et la liberté commerciale.
  • Les E-U délimitent 2 hémisphères: l’Est dominé par l’Europe c’est-à-dire le Vieux Monde et l’Ouest qui est pour eux le Nouveau Monde. Ce dernier hémisphère doit échapper aux influences européennes. Les E-U s’affirment donc comme puissance régionale au XIXe.
  • Se forge également la certitude que les Américains. ont leur destin entre leurs mains et que leur société est idéale. Fondements: Bible, démocratie et économie libérale. Les E-U sont porteurs de valeurs qui peuvent servir de modèle au monde. C’est le mythe de la Destinée manifeste qui s’étend sur le continent américain tout entier

 

  1. L'engagement américain dans la PGM.
  • Les E-U ne souhaitent pas prendre part à la Première Guerre Mondiale. Le premier vingtième siècle est celui d’une puissance qui ne veut pas s’engager sur la scène internationale autrement que par son action économique.
  • Mais en 1917, les E-U s’engagent militairement. Pourquoi?
  • Entre 1914 et 1917, les E-U appuient l’effort de guerre franco-britannique (produits, énergie, capitaux sous forme d’emprunts). Il y a aussi des volontaires américains en Europe au sein d’armées étrangères (canadienne, britannique mais surtout française).
  • 1915, torpillage du Lusitania par un sous-marin allemand. 1 200 victimes civiles dont 128 Américains. Très vive émotion. D’autres torpillages suivront. Modification de l’opinion publique qui penche vers l’interventionnisme
  • Début 1917, l’Allemagne déclare la « guerre sous-marine à outrance ». Les navires neutres deviennent des cibles militaires. Télégramme Zimmemann: intention du Reich de se rapprocher du Mexique pour prendre à revers les E-U dans une action de guerre conjointe.

Tous ces éléments conduisent les E-U à entrer en guerre le 2 avril 1917. En fait, ils rentrent en guerre surtout parce que leurs intérêts commerciaux sont en jeu

 

  1. Les E-U vont essayer peser sur le Traité de Versailles.

- Les Etats-Unis contribuent de façon déterminante à la victoire de l’Entente contre l’Allemagne en 1918. Le président Wilson n’a alors pas de difficulté à convaincre l’opinion mondiale qu’une nouvelle diplomatie mondiale (« new diplomacy ») est nécessaire et il avance ses « Quatorze Points » pour la rédaction du Traité de Versailles

- Ses « 14 Points » se veulent une transposition à l’échelle internationale des valeurs de la démocratie libérale:

– Les cinq premiers points, de portée générale, préconisent la fin de la diplomatie secrète, la liberté des mers, le libre-échange, la réduction des armements et le droit des peuples colonisés à disposer d'eux-mêmes.

– Les points suivants se rapportent au règlement du conflit : restitution de l'Alsace-Lorraine à la France, création d'un État polonais indépendant...!

– Le dernier point, reflétant l'idéalisme du président, annonce la création d'une Société des Nations.

Cela donnera naissance à la SDN (Société des Nations)

 

2. Echec du président Wilson et retour vers un isolationnisme mais limité.

  • Wilson, au retour aux E-U, se heurte à une très forte réaction isolationniste et par deux fois, le Sénat refuse de ratifier le traité de Versailles
  • Le retour des républicains au pouvoir en 1920 marque le renouveau d’une politique isolationniste : le Sénat ne permettra pas aux E-U d’intégrer la SDN
  • Ils refusent de jouer le rôle que leur confère pourtant leur statut de première puissance mondiale. Leur priorité est de préserver les conditions nécessaires au développement (inégalé) de leur économie. C’est « l’Amérique d’abord » (selon le slogan du président Harding).
  • La croissance économique des années 20 est toutefois remise en cause en 1929 lors du krach boursier à l’origine de la crise des années 30 qui constitue l’autre priorité pour les Américains (Le New Deal est une politique de 1933 du président Roosevelt pour relancer l’économie et faire baisser le taux de chômage) .
  • Ce repli sur soi est à son maximum au milieu des années 30 et est symbolisé par les lois de neutralité de 1935-1936. La Loi de neutralité proscrit le commerce de matériel de guerre avec des nations belligérantes et interdit aux citoyens américains de voyager sur des vaisseaux appartenant à des nations belligérantes.

 

  1. Nouvel engagement progressif dans les affaires du monde: l’entrée en guerre des E-U en 1941
  • Mais à la fin des années 1930 (1937 alors que le Japon lance la Seconde Guerre Mondiale par l’invasion de la Chine), le président Roosevelt souhaite sortir le pays de l’isolationnisme alors que la guerre se profile, mais il doit attendre 1941 pour lancer la loi prêt-bail (les Etats-Unis prêtent au Royaume-Uni resté seul en guerre contre l’Axe) et la Charte de l’Atlantique (Roosevelt entreprend avec Churchill de jeter les fondements d'une nouvelle politique internationale prévue pour après la guerre).
  • Les Etats-Unis ne sortent véritablement de leur isolationnisme qu’en décembre 1941 après l’attaque japonaise contre leur base navale de Pearl Harbor.

Au final, l’isolationnisme américain est une réalité qu’il faut relativiser. Lorsque les intérêts économiques sont en jeux, les Etats-Unis savent durcir leur position et intervenir.

 

Partie 2. 1941 - 1991, la superpuissance assumée.

 

 

  1. Les Etats –Unis en 1945, une superpuissance qui impose un nouvel ordre mondial.

 

  • Dès les derniers mois de la Seconde Guerre mondiale, les Alliés mettent en place les bases de reconstruction d'un nouvel ordre mondial. Les Etats-Unis dominent un monde en ruine, auréolés de leur image de défenseurs de la liberté et pénétrés du sentiment qu’ils représentent le meilleur modèle de développement économique. Les pertes militaires américaines ont été faibles par rapport millions de morts soviétiques, européens ou chinois. Leur territoire a été sauvegardé de tout bombardement. Leur économie tourne à plein régime. Ils ont concentré une grande part du stock d’or mondial.
  • Ils imposent la mise en place d'institutions qui confortent la puissance américaine. Les accords de Bretton Woods de juillet 1944 créent le Fonds Monétaire International (il doit permettre la régulation du système monétaire mondial) et la BIRD (future Banque mondiale, elle doit financer les projets de reconstruction d'un monde meurtri, aider les pays pauvres). Ces deux institutions ont leur siège à Washington. De même les Etats-Unis sont à l’origine de la création de l’ONU en 1945. C’est une institution chargée de promouvoir la paix, mais aussi le libéralisme économique et de lutter contre la pauvreté dans le monde. L’ONU est donc une institution diplomatique et politique, mais aussi économique et sociale. Pour les Etats-Unis, les deux vont de pairs : la diplomatie ne peut aller sans des actions économiques et sociales.
  • La mission des Etats-Unis est donc élargie : libéralisme économique, libéralisation des échanges (GATT 1947), lutte contre la pauvreté, diffusion de la démocratie libérale dans le monde.

Cependant, le "rêve" d'un nouvel ordre mondial pacifié est vite contrarié par les tensions entre les deux grands vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale

 

2. Les E-U à la tête du « monde libre » pendant la guerre froide

A/ Contenir le communisme

  • Afin d'empêcher le communisme de se répandre au-delà de sa sphère d'influence d'alors, le Président des Etats-Unis énonce, dans son discours au Congrès du 12 mars 1947, la doctrine Truman s'appuyant sur l'idée du « containment ».
  • Les Etats-Unis s'affirment à travers celle-ci comme un modèle politique, celui de la démocratie libérale, dont l'objectif est le triomphe des valeurs dont ils se veulent porteurs : démocratie, liberté, capitalisme. Cela marque le début de la guerre froide et de la bipolarisation planétaire.
  • Afin de concrétiser la doctrine Truman, est mis en place le plan Marshall (5 juin 1947) d'aide à la reconstruction de l'Europe. Celui-ci constitue bien une intervention économique et politique, car la reconstruction de l'Europe doit permettre d'intégrer celle-ci dans la sphère d'influence étasunienne et consolider les intérêts des Etats-Unis tout en favorisant la libéralisation des échanges.
  • De plus, les tensions de la guerre froide amènent les Etats-Unis à intervenir politiquement à l'étranger et à intégrer un nombre croissant d'Etats dans des systèmes alliances militaires (OTAN en 1949).
  • Cet interventionnisme repose sur l'entretien d'une force armée très importante (plus de 3 millions de soldats en 1953) mais également sur le développement d'agences spécialisées comme la C.I.A.
  • Par exemple, les Etats-Unis ont ainsi mis fin au blocus de Berlin ouest (1947-48) et sont intervenus sous mandat de l’ONU dans la guerre de Corée (1950-53) ou plus tard au Vietnam (1964-73) afin d’endiguer et même de repousser (le « roll back ») la progression du communisme.
  • Mais les interventions sont parfois plus souterraines. C'est notamment le cas avec le soutien apporté à la réalisation de coups d'Etat contre des dirigeants dont la politique intérieure apparaît comme nuisible aux intérêts américains : par exemple en 1973, la CIA soutient le coup d’Etat du général Pinochet contre le gouvernement socialiste d’Allende au Chili La dictature se prolongera jusqu’en 1990.

 

B. Maintenir son influence.

L’influence américaine dans le monde s’exprime massivement et globalement depuis le début de la guerre froide dans tous les domaines de la puissance et surtout sur le plan idéologique (avec l'exportation de l'American Way of life), économique (avec la puissance des firmes américaines) et financier (le dollar reste la principale monnaie internationale, malgré la fin de sa convertibilité en or en 1971).

- Les films hollywoodiens, le star system, la musique, la danse, la mode vestimentaire ou alimentaire sont des vecteurs de l'exportation du modèle de l’american way of life. L’attractivité des États-Unis est telle qu’elle génère un brain drain (migration des diplômés vers les E-U) à l’échelle mondiale (Ex. le recrutement des ingénieurs de la Silicon Valley).

Cette force de séduction peut être utilisée comme arme de déstabilisation. Elle aussi peut faciliter le travail des diplomates américains pour persuader les pays de les rejoindre ; elle est pour cela surnommée le soft power, traduisible par « puissance douce ».

 

B/. Faire monter les enchères

- Si la suprématie mondiale américaine est assurée par le monopole du nucléaire, l’explosion d’une arme nucléaire soviétique le 29 août 1949 change la donne. La même année, l’Union soviétique devient une menace pour le territoire des États- Unis grâce à leurs premiers bombardiers longue distance.

La notion de dissuasion nucléaire se met en place dans la stratégie américaine: attaquer l'adversaire n'est plus possible sans accuser des pertes insupportables. Il faut lancer des défis à l'URSS mais  sur d'autres terrains que la confrontation militaire directe. D'où une course effrénée aux armements dans le but de (dé)montrer la supériorité du modèle américain sur le modèle soviétique. C'est une véritable course de vitesse vers la technologie de destruction de masse et vers la conquête de l'espace. L'objectif minimum: ne pas se faire distancer par l'adversaire comme les E-U l'ont été dans la course à l'espace (Gagarine) et si possible doubler l'adversaire ("alunissage" américain en 1969)

Cette situation entraîne un « équilibre de la terreur », une situation temporairement gelée par la menace d’une destruction mutuelle.

- La période de « détente » des années 1970 (correspondant aux présidences de Nixon, Ford et Carter) correspond à une pause dans la course aux armements et à une sorte de co-gestion du monde. La charge financière de la course aux armements est écrasante et les deux superpuissances tentent de la ralentir sinon de l'arrêter. D'où des traités comme:

  • la signature du traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (Treaty on the Non-Proliferation of Nuclear Weapons) en 1968,
  • puis celui de limitation des armements (Strategic Arms Limitation Talks : SALT I)
  • et la Convention sur les armes biologiques (Biological Weapons Convention : BWC) en 1972

- Enfin dans les années 1980 (présidences de Reagan), la course aux armements s’intensifie pour les armes nucléaires: 983, Strategic Defense Initiative : IDS ou bouclier spatial en français

- Peu après, le nouveau dirigeant de l'URSS (Gorbatchev 1985-1991) fait le constat de l'épuisement économique de son pays et tente de se retirer de la course aux armements. Il essaiera de réformer son pays pour sauver le communisme mais ne pourra y parvenir et démissionnera en 1991. Cette démission signe la fin de l'URSS et le triomphe absolue des E-U comme seule superpuissance mondiale.

 

P3. Dominer l’après guerre froide (1991 à nos jours)

 

À partir des années 1980, l’URSS, en proie à une stagnation économique, ne peut plus suivre les États-Unis dans la course aux armements. L’Union soviétique cesse d’exister en 1991.

Première puissance globale de l’histoire, les Etats-Unis font face à de nouvelles responsabilités et ont de nouvelles ambitions.

Se pose alors la question de l'exercice de leur leadership par une stratégie multilatérale (agir en fonction de leurs intérêts mais en concertation avec les institutions internationale) ou unilatérale (agir en fonction de leurs intérêts et sans l'accord des institutions internationales et en dehors de toute légalité internationale)

 

a. Etre le gendarme du monde

- 1er test: la première guerre du Golfe en 1990-1991

Les E-U ont un objectif: installer des bases militaires au Moyen-Orient et accroître leur influence dans cette région hautement importante pour eux en raison de ces richesses pétrolières.

A la base de l’invasion du Koweit et de l’engagement américain il y a un piège et des entreprises de désinformation.

Mais pour atteindre leur but les E-U ne s’engagent pas seuls et sans l’accord de l’ONU.

- Cet engagement dans le cadre du multilatéralisme se répète plusieurs fois dans les années 1990.

Les EU interviennent sous mandat de l’ONU (Somalie 1992-1994 ; Bosnie 1993-1995 ; Haïti 1994-1996) En Bosnie, ils sont présents par le biais de l’OTAN. Ils pallient les faiblesses des casques bleus

- Mais les EU refusent de participer à la convention de Kyoto en décembre 1997 (réduction de l’émission de gaz à effet de serre), d’Ottawa en 1997 (sur l’interdiction des mines anti- personnelles) et de Rome en 1998 (créant la Cour pénale internationale). Cela marque les limites de leur engagement au côté de l'ONU et de la gouvernance mondiale

 


b. S’adapter aux changements

 

A. Les attentats du 11 septembre 2001 à New York et à Washington changent la donne. Le gouvernement de George Bush junior (président de 2001 à 2009) annonce une « guerre contre le terrorisme ».

 

  • Bush ne fait pas que désigner Al Qaïda comme ennemi des E-U, il décide de considérer « le monde comme un champ de bataille »: tous les Etats, toutes les organisations susceptibles de soutenir directement ou indirectement le terrorisme ou de mettre en danger la sécurité du monde deviennent des cibles à abattre. C’est la signification de ce que président nomme: « l’axe du mal ».

 

  • Le président Bush transforme les deux interventions (en Afghanistan, en 2001, contre le régime islamiste qui accueille Al Qaïda et Ben Laden puis l'Irak en 2003) en une croisade des forces du bien contre les forces du mal.

- Le 11 septembre 2001, les Américains sont pour la première fois de leur histoire frappés directement sur leur sol ; ils se considèrent dès lors en guerre, et leur gouvernement réagit en intervenant en Afghanistan, avec un mandat des Nations Unies, pour mettre hors d’état d’agir les auteurs de ces attentats.

- En mars 2003, toujours au nom de la lutte contre le terrorisme, et cette fois en recherchant les Armes de Destruction Massive, soi-disant détenues par le régime irakien, les Etats-Unis lancent leurs troupes sur l’Irak, mais cette fois sans mandat de l’ONU.

- Dans les deux cas, Washington rencontre un succès, en tout cas militaire, puisque le régime des Talibans en Afghanistan, et la dictature de Saddam Hussein en Irak, sont renversés rapidement.

- Derrière ces opérations militaires, il y a l’idée de l’administration Bush de bouleverser politiquement le Moyen-Orient, et cette idée s’inscrit dans une « Initiative pour le Grand Moyen-Orient ». Le projet de « Grand Moyen-Orient » est avant tout un projet politique: instaurer la démocratie dans un ou deux pays de la zone et, par un effet domino, les régimes autoritaires des autres pays voisins tomberont.

 

  • C’est une guerre nouvelle, sans frontière et sans fin, que les E-U organisent avec une montée en puissance du rôle des forces spéciales américaines hors de tout contrôle du Congrès et des lois internationales de la guerre c’est-à-dire hors de tout cadre légal et partout où il est nécessaire sur la planète.

- Exemple: dans la prison américaine d’Abou Ghraïb en Irak, les tortures sont programmées et les torturés photographiés. Fin 2001, alors que le nouveau programme de capture et d'assassinat atteint son rythme de croisière, le numéro 3 de la CIA, Buzzy Krongard, déclare que "dans une large mesure, les Etats-Unis gagneront (cette guerre) grâce à des forces dont vous ne savez rien, à des opérations dont vous ne verrez rien et à des méthodes que vous préféreriez ne pas connaître. »

 

B. La présidence d’Obama (2008-2016) a-t-elle mis fin à cette guerre secrète et sans frontières?

 

  • Dans une certaine mesure oui avec le désengagement limité des forces américaines d'Afghanistan et d'Irak.

 

  • Mais non sur le fond d'une guerre mondiale, secrète et hors de tout cadre légal contre ce qui touche les intérêts américains et pas seulement le terrorisme.

- Exemple: les services de renseignement américains l(a NSA) espionnent l'ambassade de France à Washington, mais aussi les institutions européennes, et ont mis en place un système de surveillance des utilisateurs de Google, Facebook ou Skype.

- Exemple: Les Etats-Unis ont fait de l'assassinat un élément central de leur politique de sécurité nationale.

Régulièrement est mise à jour une « kill list » – terroristes confirmés, apprentis terroristes, suspects de terrorisme... bref, tous ceux que les services secrets américains considèrent comme une menace pour les Etats-Unis.

Cette liste est présentée au président Obama pour qu'il y appose son paraphe. Ni procès ni jugement : le jour où leur nom apparaît sur la liste, ces hommes sont morts — même quand ils sont citoyens américains. L'utilisation des drones tueurs est généralisée en Asie et en Afrique.

Voir le livre de Jeremy Scahill, Dirty Wars. Le nouvel art de la guerre.

 

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Published by france
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